Le débat sur la tenue des élections sénatoriales à Madagascar tourne court pour le moment. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a clairement indiqué qu’elle n’envisage pas de proposer un calendrier électoral avant la fin de la concertation nationale en cours. Cette position, confirmée par le président de la CENI, Thierry Rakotonarivo, signifie qu’aucune date d’élection n’est encore fixée, et qu’en conséquence le Sénat restera sans membres, créant un véritable vide institutionnel jusqu’à nouvel ordre.
Thierry Rakotonarivo a expliqué dans une vidéo publiée sur la page Facebook de la CENI que l’organe électoral préfère attendre que les Malgaches se soient exprimés lors de la concertation nationale sur la période qu’ils estiment la plus opportune pour organiser les sénatoriales. Selon lui, il est crucial que les orientations issues de ces discussions guident la planification des élections, afin d’éviter une démarche précipitée qui pourrait manquer de légitimité politique.
À l’origine, la CENI avait prévu de tenir les élections sénatoriales le 11 décembre 2025, de sorte que les nouveaux sénateurs puissent entrer en fonction autour du 18 janvier 2026. Cependant, la Haute Cour constitutionnelle (HCC) a rappelé que les élections n’ont pas eu lieu, en raison de la conjoncture socio-politique dans le pays et de l’indisponibilité des crédits budgétaires nécessaires pour les organiser. La fonction législative est désormais exercée uniquement par l’Assemblée nationale, Madagascar fonctionnant dans une configuration monocamérale provisoire.
Le vide institutionnel créé par l’absence de sénateurs est réel. Depuis l’expiration du mandat des sénateurs, Madagascar ne dispose plus d’une seconde chambre pour assurer la représentation territoriale au Parlement. La Constitution malgache prévoit un bicamérisme, mais laisse une marge dans les situations exceptionnelles : la HCC a estimé dans un avis que le pouvoir législatif peut être exercé par une seule chambre lorsque les circonstances l’exigent, tout en interdisant la prorogation des mandats par principe d’intangibilité des législatures.
La concertation nationale, lancée en décembre 2025, est au centre de cette dynamique. Le gouvernement a présenté un calendrier indicatif qui répartit les consultations sur plusieurs mois, visant à recueillir les contributions des collectivités locales, des organisations sociales, des partis politiques et de la société civile. Les autorités ont indiqué que la phase préparatoire s’étendrait au premier semestre 2026, suivie des consultations elles-mêmes et de la rédaction des conclusions, qui serviront de base pour d’éventuelles réformes institutionnelles et électorales.
Dans ce contexte, la CENI insiste sur la nécessité d’une approche consensuelle et ordonnée. Proposer un calendrier avant la conclusion de la concertation, affirment ses responsables, risquerait d’ignorer les attentes de la population et de fragiliser davantage la démocratie. En attendant, le Sénat reste inopérant, un symbole fort du défi institutionnel que traverse Madagascar. La question de son renouvellement devrait occuper une place centrale dans les résolutions à venir, alors que le pays cherche à consolider ses bases politiques et sociales dans une période de transition.
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Vos commentaires
En tous cas on ne regrette pas les RATS nommés par Rainilainga et on cite : Sylvain RABETSAROANA , Nicolas RABEMANANJARA , Lalatiana RAKOTONDRAZAFY , Tahina Andrianandrasana ...
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Ces personnages devraient se cacher six pieds sous terre s’ils avaient une once de Dignité , et la liste n’est pas exhaustive ...
Quand on les écoutait s’exprimer , c’était la honte de cette Institution .
Tous étaient imbus de leurs Personnalités , alors que leurs interventions étaient vides de sens .
Qui a déclaré haut et fort que le Sénat est budgétivore et devrait être dissout ?
C’est l’ancien Chef d’Etat qui a pris la poudre d’escampette dès que le vent a tourné ...
Quand on observe les anciens membres du Sénat , aucun n’a un Charisme pour assumer cette fonction , mais ils étaient tous bon pour chanter la gloire de leur Calife .
Vous trouvez pas que c’est cher payé de vivre les injustices causées par le défunt régime en laissant ces individus bedonnants accomplir leurs basses besognes ?
En tout cas , la population en avait marre de l’ancien Pouvoir .
Quand est ce que le peuple Malagasy comprendra que le Salut viendra de la prise de conscience et de responsabilité de chacun , et qu’il est temps de prendre le taureau ...ou Zébu par les cornes .
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Devoir de mémoire...
De la deuxième à la quatrième République !
Selon la disposition prise, il y aura aussi une expédition des "affaires" courantes au sein du Sénat...alors que dans cette institution, des fonctionnaires de l’Etat y travaillent...
Encore de l’intérim... qui est assuré par "Iaban’i Kemba"...
Iaban’i Kemba, Ndremanjary Jean André, un ancien professeur d’éducation physique, un tenor et apparatchik de la deuxième République de l’Amiral, un ancien ministre du sport et ancien Conseiller Suprême de la Révolution, un haut cadre du parti Arema de l’Amiral...
Il fait partie du quota de sénateur désigné par l’ancien français président et fugitif qui avait pillé et saccagé le pays...
Un témoin vivant du régime ’oyé oyé... oyé "
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Un choix SENSÉ
En complément des argumentaires évoqués ci dessus,
Le Sénat est aujourd’hui INUTILE pour la mise en place d’un NOUVEL ORDRE CONSTITUTIONNEL et POLITIQUE
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