Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
jeudi 27 août 2026
Antananarivo | 14h11
 

Editorial

Les chroniques de Ragidro

Le lieu où tenir – Chapitre 2. Les bâtisseurs interrompus

lundi 10 août | Lalatiana Pitchboule |  2519 visites  | 11 commentaires 

Le problème malgache n’est pas tant un manque de bâtisseurs et de vision, mais l’absence d’une architecture institutionnelle pour survivre à leur départ.
Sans contrat fiscal et sans autonomie financière de l’État (pression fiscale à 10-11%), aucune vision politique ne peut tenir dans la durée.
Il est temps de passer du procès moral (chercher un sauveur) au procès institutionnel (construire un système).

« Précisons l’ambiguïté : être en capacité de planifier sa succession politique (cf Andry) ne fait pas automatiquement d’un dirigeant un bâtisseur d’État. La nuance est fondamentale entre l’art de se maintenir au pouvoir et la capacité à bâtir des structures économiques et fiscales pérennes. »

Des visions, il y en eut

Certains mauvais penseurs objecteront — mais combien avec raison — que le diagnostic du volet précédent est trop commode : à force de parler de structures, on finit par disculper les hommes. Or l’histoire malgache, contrairement au fatalisme ambiant, a connu des dirigeants capables de penser à vingt ans.

Elle a seulement manqué, systématiquement, d’un endroit où cette vision puisse survivre à celui qui la portait.

Andrianampoinimerina, qui règne sur l’Imerina de 1787 à 1810, en offre l’exemple le plus abouti. Son œuvre d’irrigation des rizières, son unification progressive du royaume ne relevaient pas du coup d’éclat ni d’une vision de Miami sur Pangalanes… mais d’une accumulation patiente, étalée sur vingt-trois années, sans rupture majeure.

Ce n’est pas un hasard si c’est précisément la durée — et non la seule qualité de la vision — qui permet à l’œuvre de prendre racine : un système d’irrigation ne se juge pas sur une saison, mais sur des générations de rizières entretenues.

Radama Ier construit, lui, durant dix-huit ans sur un autre registre : ouverture d’écoles, transcription du malgache en caractères latins, envoi d’élèves à Maurice et à Londres. Une œuvre de bâtisseur, incontestablement… [1] Et pourtant défaite en quelques années à peine par Ranavalona Ire, après sa mort.

La vision ne manquait pas. Ce qui manquait, c’était un mécanisme capable de la faire tenir indépendamment de la survie physique et politique de son auteur.

Penser loin ne suffit pas

Il serait toutefois faux de réduire l’histoire malgache moderne à de seuls échecs de transmission. Ratsiraka avait bien pensé sur le temps long, avec la Révolution socialiste de 1975. Mais penser loin ne suffit pas si le cap est erroné. Une vision sur vingt ans mal orientée produit un désastre de vingt ans.

On n’a pas fini de se relever des errements de cette expérience… Ou bien aurait-il fallu aller au bout du bout ??? Aurait-on pu avoir un succès différé ? No lo se…

L’évaluation a posteriori de Ravalomanana, avec son MAP — Madagascar Action Plan 2007-2012 —, n’est pas moins ambigüe : un plan participatif sur dix ans, construit avec un souci réel de méthode (même s’il faisait à mon goût trop laboratoire Banque mondiale)… rompu net par le coup de force de 2009.

Je posais déjà en 2009, sur ce même blog, la question de la sincérité et de la pertinence de cette vision. Elle reste ouverte ; il serait malhonnête de la trancher avec une assurance rétrospective que les faits ne permettent pas. Mais quelle que soit la réponse, le sort du MAP illustre la même leçon : aucune vision, si bien conçue et honnêtement portée soit-elle, ne survit à une rupture de régime si rien n’a été bâti, en amont, pour la protéger.

Du procès moral au procès institutionnel

La leçon la plus dérangeante de cette évaluation en quatre séquences est ici. Andrianampoinimerina, Radama Ier, Ratsiraka, Ravalomanana : quatre visions réelles… quatre œuvres emportées… Il ne s’agit donc plus de désigner un coupable.

La leçon déplace le jugement du terrain moral vers le terrain institutionnel : juger un homme referme un dossier ; juger un système interdit d’attendre, encore une fois, le prochain dirigeant enfin différent. Qu’il s’appelle Andry, Dada, Michael ou autre : il faut arrêter d’espérer le prochain sauveur.

La vertu et la compétence ne suffisent pas sans une architecture pour les faire durer. Ce déplacement est plus exigeant : il retire la satisfaction facile du coupable désigné, et impose de construire plutôt que d’espérer. Le motif commun à ces quatre trajectoires n’est donc pas un déficit de bâtisseurs. C’est l’absence, obstinément répétée, d’une architecture capable de faire survivre l’œuvre à son auteur… ou à son moment politique.

Le paradoxe de la durée

Un paradoxe traverse ces quatre séquences : plus le règne dure sans rupture — les vingt-trois années d’Andrianampoinimerina en sont l’exemple le plus net —, plus l’œuvre prend racine. Non que la vision s’améliore avec le temps : la durée elle-même finit par produire ce que l’architecture institutionnelle n’a jamais offert, une garantie de continuité.

À l’inverse, chaque interruption prématurée — la mort de Radama à trente-cinq ans, le coup de 2009 — ne se contente pas d’arrêter un projet : elle démontre, chaque fois un peu plus, qu’aucun projet malgache n’a été pensé pour survivre à son porteur.

On ne construit pas une école pour qu’elle referme ses portes à la disparition de celui qui l’a ouverte. C’est pourtant ce schéma qui s’est répété, avec une régularité presque clinique, sur deux siècles d’histoire politique malgache — à l’exception peut-être de la séquence rajoelienne, que l’on savait prête à construire sa succession. [2]

L’assiette, nerf de la vision

Cette absence n’est pas qu’une affaire de grands hommes. Une vision ne tient que si l’État dispose des moyens propres de la financer au-delà de l’élan qui l’a lancée — sans quoi elle dépend, comme le pouvoir lui-même, de la survie de son auteur… ou de la bonne volonté des bailleurs.

C’est là que la mécanique la plus prosaïque de l’État rejoint la question des grands hommes : leur capacité, ou leur incapacité, à se financer par eux-même.

Andrianampoinimerina l’avait compris mieux que quiconque, même s’il n’en avait pas le vocabulaire : le fanompoana mobilisé pour creuser les canaux n’était pas une dépense, c’était un investissement dans l’assiette de l’impôt elle-même : chaque rizière gagnée augmentait le surplus agricole qui, l’année suivante, alimentait le tribut… donc les moyens du royaume.

La vision et son financement ne sont pas deux chantiers séparés, mais un seul et même geste. C’est cette différence de nature — construire l’assiette ou l’emprunter — qui sépare déjà, deux siècles avant l’ère du FMI et de Moscou, le bâtisseur Andrianomponimerina des survivants Andry ou Michael.

Une fiscalité sans contrat

Le taux de pression fiscale malgache plafonne en fait entre dix et onze pour cent du PIB, contre une moyenne subsaharienne de 16,8 %. L’objectif de 18 % fixé pour 2028 a toutes les chances de ne pas être atteint… comme les précédents objectifs qui l’ont précédé… Les problèmes de la Jirama ou du coût à la pompe de l’essence – tant qu’ils ne seront pas pris à bras le corps autrement que par des mesurettes de changement de fournisseurs – sont là pour le contredire.

Ce chiffre n’est pas un accident conjoncturel. Il traduit un socle structurel : une informalité qui représente 95 % de l’emploi et, selon les estimations, entre 47 et 80 % de l’activité hors agriculture. S’y ajoutent les zones franches : des exonérations jusqu’à quinze ans pour plus de quatre cents entreprises employant quelque deux cent mille personnes — un renoncement légal, assumé, à une part significative de l’assiette.

La réforme de l’IRSA de 2026 resserre la charge sur les contribuables déjà captifs du secteur formel plutôt que d’élargir la base. Le lien est direct : un État qui ne finance que dix pour cent de son fonctionnement par un impôt négocié n’a, mécaniquement, jamais eu à construire le contrat fiscal-représentatif qui est le socle de toute pensée d’État à long terme.

En fait, le défaut est hérité de longue date : les colonisateurs prélevaient beaucoup, mais sans jamais négocier ce prélèvement — un impôt de capitation imposé par la force, recouvré sans contrepartie ni concertation.

La Première République en hérite tel quel : quinze ans après l’indépendance, même destination, même absence de dialogue. La révolte du Sud de 1971, réprimée dans le sang, en paie le prix. Son abolition en 1972-1975 répond au symptôme, jamais à la maladie : une soustraction, pas une négociation — remplacée aussitôt par la rente d’État de la Révolution socialiste. Le problème survit, sous un autre nom.

L’arbitrage du survivant

La faiblesse du recouvrement douanier complète le tableau : un autre pan de l’assiette échappe structurellement à l’État — non par accident, mais parce qu’aucun pouvoir n’a eu d’intérêt politique immédiat à s’y attaquer sérieusement. Le bénéfice d’un recouvrement renforcé se mesure sur plusieurs années budgétaires ; son coût politique, lui, se paie tout de suite, auprès d’importateurs et d’opérateurs qui comptent parmi les soutiens de toute coalition au pouvoir.

On retrouve, à l’échelle administrative la plus terre-à-terre, le même arbitrage temporel que celui qui gouverne le choix d’un partenaire diplomatique : le bénéfice différé sacrifié au coût immédiat évité.

Corruption : renverser la causalité

Il faut ici corriger un raccourci trop souvent répété, y compris dans ces colonnes : celui qui voudrait que « la corruption favorise l’informalité ». L’explication est séduisante, mais trop faible pour porter, seule, un phénomène qui touche 95 % de l’emploi.

On ne corrompt pas un pays entier. Ce chiffre décrit un dualisme structurel — une économie de subsistance et une industrialisation restée embryonnaire — qui n’a rien à voir, dans son ampleur, avec la corruption.

À la marge, en revanche, la corruption agit bien comme une désincitation à la formalisation : l’Enterprise Survey relève que 32 % des entrepreneurs malgaches déclarent avoir subi des demandes de pots-de-vin — et ce sont toujours, le patronat le constate lui-même, les mêmes entreprises formelles qui paient.

On peut même retourner la causalité : c’est souvent une fiscalité mal calibrée qui nourrit la corruption, plutôt que l’inverse. La « politique du ventre » et sa lecture de l’État rhizome [3] offrent ici la grille la plus juste : certains segments de l’administration ont un intérêt actif à préserver le flou entre formel et informel, parce que ce flou est précisément la technologie de leur pouvoir discrétionnaire.

Ce qui ne tient pas

Ce qui se dessine, à travers l’histoire des bâtisseurs interrompus comme à travers l’anatomie de l’assiette fiscale, c’est une même incapacité à faire tenir quoi que ce soit au-delà de l’instant qui l’a produit — règne, mandat ou exercice budgétaire.

Reste à comprendre d’où vient, historiquement, cette incapacité à construire une autonomie qui dure. C’est l’objet du volet suivant : III. Le raccourci qui n’existait pas.

Le volet 1 est ici : I. Le survivant et le bâtisseur

Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - 7 Août 2026
Les Chroniques de Ragidro

-----

Notes

[1Il est frappant de réaliser que leur vision des deux mamelles de la Nation malagasy était les infrastructures et l’éducation… Que ne les a-t-on pas copiés.

[2L’épisode rajoelien pourrait infirmer la thèse de la nécessaire durée. Mais Rajoelina n’a jamais porté de vision d’État : seize ans de pouvoir au service d’une oligarchie familiale et affairiste, dont la nationalité française acquise en secret dès 2014 est l’aveu — une sortie de secours personnelle. Cas le plus pur du tétraptyque : la durée n’y a servi que ceux qui en profitaient déjà.

[3Jean-François Bayart.

11 commentaires

Vos commentaires

  • 10 août à 10:05 | Yet another Rabe (#4812)

    Bonjour à tous,

    Couvrez ce sein que je ne saurais voir

    Cordialement

  • 10 août à 11:50 | canal baobab 13 (#11848)

    Interrompu par le quoi "coup de force "
    À mon goût Patrick refoule quelque chose car faut nommer les choses par leurs noms pour tirer un constat et "bâtir "
    Mot employé bâtisseurs par les macs loge vaticane et si bien sûr que la maçonnerie est noble à l origine quand j ai lu l article en faisant pratiquement l éloge y a peu ici 1 remontez au moins au régime de vichy ...
    Au moins en même temps c est le fady français je sais de quoi je parle les banks étaient à la bourboule que surplombe la banne d ordanche ...sous son sommet ma maison...spoilé disent des communautés ...occupé je dis je suis né à Clermont-Ferrand mais Corrèzien Limousin dont le plus illustre maçon est Georges Guingouin dit le préfet du maquis...consacré à la fin de sa vie mais qui malgré il soit communiste était proche des masons ayant une rigueur morale dont sont dépourvus la plupart des marioles d aujourd’hui ...
    Bref à vos moteurs de recherche j ai changé du mien gogole m a volé mon adresse historique avec des mails de chantage ( toujours avec un lien avec Madagascar et son ministre de l éducation qui dedouannne à tamatave du matériel américain pour orpailler en juln 99 ) et les raclures de raketeurs dont du dévoyé mason ...ces salopards qui ont détruit la république depuis pompidou..."à mon goû"t ( clin d œil)

  • 10 août à 12:32 | Vohitra (#7654)

    Bonjour Lalatiana Pitchboule,

    Ces derniers temps, vous n’aviez cessé de marteler la partie émergeante du contexte délétère, c’est à votre honneur bien sûr.

    Mais pour ma part, je voudrais aborder la feinte avérée et voulue afin de masquer en toute connaissance de cause l’essence et l’engagement dans la "vision en tant que projet de société".

    Pour faire simple, une vision proposée dans le cadre d’un mandat, républicain s’entend, c’est la situation et l’état ou encore l’objectif spécifique à laisser au bout de l’exercice d’autorité définie par le contrat constitutionnel ayant reçu l’approbation de la volonté populaire.

    Autrefois, en s’inspirant de votre illustration historique, le grand Ombalahibemaso avait annoncé une vision claire et sans ambiguïté : mon principal ennemi est la famine... Et par la suite, sa vision s’était transformée en une réalité indéniable.

    Et au cours des cinquante dernières années post-independance, ni le "paradis socialiste" prôné par le livre rouge, ni le "humanisme et écologique", ni le "fahamarinana et fahamasinana", et le pire de tous, le fameux "Velirano", n’étaient assortis d’un engagement clair et facilement compréhensible par la conscience et l’imaginaire collectif !

    Ce n’étaient pas des flous "artistiques" ou des "slogans captivants", non, pas du tout, mais des "initiatives de tromperie avérée" et des "aventures pour un parcours sans destination exacte ".

    La vénération à titre de "raiamandreny" n’avait finalement amené et produite que des ruines et desolations, et des constats avérés de detournement et pillage à l’échelle industrielle...

    Bref, le peuple de Zanahary devrait apprendre à bien décortiquer les tenants et aboutissants de ce que c’est une vision, devrait faire aussi l’effort d’acquérir la capacité d’exiger la fourniture des marques évidentes des résultats attendus d’une vision partagée, mais aussi et surtout, la volonté de faire des investigations sérieuses sur le promoteur de la vision, de son passé, de son comportement societal, de son historique familiale, de ses liens et attitudes vis-à-vis de l’argent, de ses engagements antérieurs...

    Disons que ces informations devraient être prises en tant que pré-requis avant l’expression de choix ou préférence en faveur ou non du marchand de vision...

    Cordialement

  • 14 août à 13:26 | spliff (#5871)

    Pitch, Vohitra,
    Bonjour

    Quelques observation sur le MAP.
    Sans avoir détenu d’enjeu perso dans ce projet, ni avoir été politiquement engagé sous quelconque bannière à aucun moment, je peux néanmoins me porter garant de la probité de celui qui en était techniquement en charge, Andry Ralijaona dont l’engagement était strictement motivé par le service à la nation, fort de ses compétences. Peut-être il y eut-il des erreurs, rien n’est parfait ici bas, mais l’engagement de cette personnalité était tout à fait « propre » (madio).

    La majeure partie de ton article porte sur la réalité, la nature, la source et le caractère autonome des moyens rendus disponibles pour la mise en œuvre de la « vision ».
    Avec toutefois - en ce qui concerne le MAP - la reconnaissance que l’écueil qui l’a abattu a été la « rupture » politique aux dépens de l’initiateur du projet, en observant « qu’avoir bâti en amont pour protéger le projet » eut été judicieux pour assurer la pérennité de celui-ci.
    Dans cette proposition, comment alors insères-tu la réalité de l’absence systématique de continuité de tout ce qui est marque de fabrique politique d’un régime donné à chaque « alternance » politique ? (En l’occurrence ici du MAP).
    De quel type de protection « préparée en amont » le MAP aurait-il bien pu bénéficier compte tenu des méthodes d’alternance politiques que l’on a connu à Madagascar ces dernières décennies ?
    Qui dit « alternance » politique chez nous reconnaît implicitement la mort systématique des projets du régime évincé, particulièrement lorsqu’ils incarnent l’image de celui-ci, indépendamment de la pertinence de leur contenu.

    Par ailleurs Vohitra, je suis curieux de votre évaluation de ce qui ne tenait pas la route à propos du MAP en tant que projet - indépendamment du positionnement politique de son initiateur. Si toutefois la dissociation du contenu concret du projet et de l’engagement politique de son initiateur est un tant soit peu possible.

    Merci !!

    • 14 août à 20:15 | Vohitra (#7654) répond à spliff

      Bonsoir Spliff,

      Veuillez m’en excuser car ce n’est que maintenant je suis tombé par hasard sur votre post du midi.

      Pour essayer de résumer mon point de vue, le MAP n’est qu’un alignement "d’objectifs de différents niveaux" qui prêchent par manque de cohérence par rapport à la situation de départ là où les interventions vont devoir agir...

      Dès fois, beaucoup d’indicateurs sont abstraits, peu mesurables dans le concret par rapport à l’état initial et la conformité avec la capacité d’appropriation des bénéficiaires...

      Dans le fond, les changements attendus ne peuvent être efficacement séquencés par rapport à deux mandats républicains successifs...

      Mais en tout cas, dans le niveau d’objectif correspondant aux "activités", on ne peut nier que des services de qualité ont été offerts, et avaient été reçus et appropriés...

      Bref, il y a eu effectivement une ébauche palpable de développement, mais c’est dans la transformation de ce développement en progrès humain concret et durable que des lacunes avaient été décelé.

      Le défaut de découpage en séquences cohérentes des interventions a été l’origine des failles observées.

      J’espère avoir pu vous avoir donné un éclairage par rapport à vos questionnements...

    • 14 août à 20:51 | spliff (#5871) répond à spliff

      Absolument Vohitra.
      Tout à fait le type d’observations que j’attendais.
      L’efficacité sur le terrain et les résultats concrets au regard d’objectifs finaux en termes d’impacts sur l’humain.

      Effectivement, les technocrates ont besoin de matière concrète du terrain avant de mettre en œuvre leur partie du boulot dans la définition des stratégies.
      Si écouter la Base avec attention est le « minimum syndical », comprendre celle-ci avec justesse appelle sensibilités et ressentis particuliers.
      Dans notre contexte, diriez-vous que le « bourgeois » bien né qui a brillamment gravi les échelons des enseignements théoriques supérieurs pèche par défaut de cette sensibilité et de cette compréhension ? (D’où ainsi les défauts du MAP)…. Tout cela transposable dans nombre de domaines divers et variés ?

    • 14 août à 22:15 | Vohitra (#7654) répond à spliff

      Spliff,

      Rien ne peut se substituer au contact humain, rien ne peut remplacer le réel ressenti dans un milieu destiné à recevoir des interventions de développement.

      De là découle une vraie expression des aspirations ainsi que les attentes dans le parcours attendu vers le cheminement proposé.

      La théorie n’est qu’un outil dans la quête de point d’ancrage, mais le mouvement nécessite une réelle compréhension. L’homme, ses valeurs societales et transmises, ses capacités et disponibilités par rapport au changement à négocier, ses limites par rapport à l’approche entamée, et ses objectifs de vie, et surtout ses marques et témoignages de réussite dans la dynamique societale.

      Et ces démarches font parfois cruellement défaut dans les interventions parachutées et formulées hors contexte (à l’exemple du Velirano), ou copiées à partir de modélisation dans des soucis d’uniformité (un fort habillage du MAP par les méthodes du PNUD).

      Bref, la conception d’un projet de société ne se fait pas par rapport aux sources et modèle de financement disponible, encore moins par rapport à un cadrage de changement à inculquer...

      Cordialement

    • 14 août à 22:20 | spliff (#5871) répond à spliff

      Thanks Vohitra

  • 15 août à 10:23 | Maestro (#7313)

    Reste à comprendre d’où vient, historiquement, cette incapacité à construire une autonomie qui dure.

    Mr Ragidro ! L’excuse historique c’est ce qui fait que Mcar est aujourdhui un Pays très Pauvre. J’ai eu la chance d’accompagner un des Jeunes Téchniciens invité par le Colonel au Gabon et j’ai compris où se trouve le Problème. Si on pouvait enfermer certains Pékno bien pensant , lol , Malgaches aujourdhui et lacher la Horde de jeunes Diplômés et Insolent demain Mcar sera sur de bons rails.
    Le Colonel devrait faire avaler la Couleuvre à certains Brasseurs de Vents car No Pain No Gain dixit Donald trump et Putin.

  • 15 août à 12:36 | bekily (#9403)

    @ Maestro
    On peut passer son temps à philosopher.
    Diplômé signifie pas forcément mature politiquement.

    En effet
    tant que le POUVOIR est affaire de routards politiques veules , corrompus ou corruptibles qui se succèdent...
    *** Il est impossible pour Madagascar de sortir de son sous développement chronique et entretenu.
    *** Alors que nous avons les POTENTIALITÉS pour nous hisser au moins au niveau du Vietnam ou du Maroc.

    HS

    Sans compter le rêve insensé de certains de retour aux frontières des royaumes d’avant 1896...avec un FÉDÉRALISME qui devrait au préalable DEMEMBRER L’ÉTAT UNITAIRE.
    A l’inverse d’autres, comme Ravalomanana, tiennent au maintien de l’Etat unitaire, avec arrière pensée de centralisme autocratique.

    Aucune personnalité
    Ne developpe la DECENTRALISATION POLITIQUE
    PAR REGIONALISME POLITIQUE
    avec REGIONS AUTONOMES
    dans un État unitaire non démantelé, mais respectueux de DEMOCRATIE LOCALE comme le fédéralisme .

    Nous sommes pauvres du fait de notre turpitude.
    Il y a un système vicieux entretenu par des individus non moins vicieux.

    Constituant 60% de la population il est temps que les jeunes s’ériget en VRAIE FORCE POLITIQUE .
    La force vive privée d’avenir, entre 23 et 45 ans , devrait se manifester ( plus de 50% en situation de précarité par l’informel où le chomage).
    La GEN Z malgache n’est pas suffisamment structurée pour s’imposer comme au Bangladesh par exemple...sachant s’attirer et collaborer avec les AUTRES FORCES VIVES ( ex le monde du travail).

    A défaut, l’économie de survie aurait de beaux jours devant elle....

    • 15 août à 15:14 | bekily (#9403) répond à bekily

      Il est temps que les jeunes s’erigent en VRAIE FORCE POLITIQUE.
      Capables de se constituer en force pyramidale organisée.. .
      * DES DIPLÔMÉS NON ORGANISÉS ET DISCIPLINÉS N’APPORTENT RIEN.
      Les associations d’étudiants sont des écoles de vie politique.
      * ET LES EGOS MAL PLACÉS SONT SUICIDAIRES.

Publicité




Newsletter

[ Flux RSS ]

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS 
 
{#URL_PAGE{archives}}