<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
	<link>https://www.madagascar-tribune.com/</link>
	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/spip.php?id_auteur=9643&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
		<url>https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L144xH32/logo2-01354.png?1761187033</url>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/</link>
		<height>32</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Pardon</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Pardon,22844.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Pardon,22844.html</guid>
		<dc:date>2017-02-07T06:34:33Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 07 Feb 2017 09:34:33 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalaina Chuk Hen Shun</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 27 janvier 2017, la Haute Cour Constitutionnelle rendait sa d&#233;cision concernant la loi n&#176;2016-037 relative &#224; la R&#233;conciliation nationale. En bref, la haute juridiction valide l'ensemble en &#233;mettant quelques r&#233;serves concernant des impr&#233;cisions qui pourraient ouvrir la porte &#224; des applications impropres dudit texte. Par ailleurs, elle remet &#224; sa place le Conseil du Fampihavanana Malagasy qui se voyait d&#233;j&#224; se voir consacr&#233; au rang d'institution de l'&#201;tat. Ce &#224; quoi la Cour a dit &#171; Niet ! (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 27 janvier 2017, la Haute Cour Constitutionnelle rendait sa d&#233;cision concernant &lt;a href=&#034;http://www.hcc.gov.mg/decisions/d3/decision-n10-hccd3-du-27-janvier-2017-concernant-la-loi-n2016-037-relative-a-la-reconciliation-nationale/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la loi n&#176;2016-037 relative &#224; la R&#233;conciliation nationale&lt;/a&gt;. En bref, la haute juridiction valide l'ensemble en &#233;mettant quelques r&#233;serves concernant des impr&#233;cisions qui pourraient ouvrir la porte &#224; des applications impropres dudit texte. Par ailleurs, elle remet &#224; sa place le Conseil du Fampihavanana Malagasy qui se voyait d&#233;j&#224; se voir consacr&#233; au rang d'institution de l'&#201;tat. Ce &#224; quoi la Cour a dit &#171; Niet ! &#187;, en pr&#233;cisant que, par l'article 40 de la Constitution, ce rang lui &#233;tait r&#233;serv&#233; ainsi qu'au Pr&#233;sident de la R&#233;publique et au Gouvernement et, &#224; l'Assembl&#233;e Nationale et au S&#233;nat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais concr&#232;tement, de quoi parle ce texte ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse de ce que le tintamarre l'entourant sugg&#232;re, la loi est assez inint&#233;ressante car ne concerne que peu la Nation. En se qualifiant de texte relatif &#224; la R&#233;conciliation Nationale, la loi 2016-037 se mal nomme et nous induit en erreur. Si la partie de l'expos&#233; des motifs de la loi posant un diagnostic de la situation de la coh&#233;sion nationale semble assez juste, l'autre offrant les solutions, d&#233;velopp&#233;es dans le texte lui-m&#234;me, r&#233;pond &#224; d'autres probl&#232;mes qui se limitent &#224; la seule sph&#232;re politicienne. C'est comme si on appelait les pompiers pour un immeuble en feu en leur donnant comme seule mission d'&#233;teindre le feu du dernier &#233;tage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les plus courageux, rien de mieux que de vous faire une id&#233;e par vous-m&#234;me en lisant le &lt;a href=&#034;http://www.assemblee-nationale.mg/wp-content/uploads/2017/01/Loi-n%C2%B02016-037.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;texte&lt;/a&gt;. Pour les autres qui me croient sur parole par confiance ou par paresse, en version courte, la loi dit ce qu'est le Conseil du Fampihavanana Malagasy et d&#233;finit sa mission. Et c'est &#224; la d&#233;couverte de cette derni&#232;re qu'on constate que selon nos l&#233;gislateurs, la Nation se r&#233;sume aux acteurs politiques. &#199;a parle d'amnistie, d'indemnisation, de r&#233;paration, et de mi&#232;vreries telles que v&#233;rit&#233;, pardon et autres concepts qu'un de mes anciens profs qualifierait de tarte &#224; la cr&#232;me. Bien qu'il soit indiscutable que ceux qui m&#233;ritent d'&#234;tre indemnis&#233;s doivent l'&#234;tre, et que le doute sur l'impartialit&#233; de la justice sur les questions touchant les troubles politiques peut &#233;ventuellement justifier que soient remises en cause les condamnations prononc&#233;es &#224; l'encontre des uns et des autres, le pardon semble ne reposer sur rien d'autre qu'un &#233;change d'absolutions entre coquins. Et nous, victimes des luttes mais spectateurs de la r&#233;conciliation, les regardons se pardonner entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit aucunement d'une r&#233;conciliation nationale. Effectivement, la solution offerte ne r&#233;pond &#224; aucune scission de la Nation, au mieux, elle r&#233;pond &#224; une querelle entre acteurs politiques. Pour ceux qui estiment que la nation se divise entre pro-truc et pro-machin, il faut leur opposer que les divergences politiques n'ont pas vocation &#224; &#234;tre effac&#233;es par un quelconque fampihavanana qui consiste de plus en plus, pour nos politiques, &#224; se mettre d'accord sur comment se partager le g&#226;teau. La coexistence de plusieurs opinions contraires constitue m&#234;me un indicateur positif du fonctionnement d'une d&#233;mocratie. &#192; esp&#233;rer que s'op&#232;re un glissement du militantisme en faveur de personnes vers un en faveur d'id&#233;aux. Ce dont un pays a besoin c'est d'un d&#233;bat permanent faisant ressortir les id&#233;es, non d'un consensus complaisant qu'on recherche &#224; coup d'amnistie. Les r&#233;dacteurs de la Constitution disent qu'il faut se r&#233;concilier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;ambule de la Constitution de la IV r&#233;publique&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Voil&#224; qui est fait ! Passons aux vraies questions qui touchent le pays dans son ensemble et non seulement la sph&#232;re politicienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, la Nation est sans nul doute en crise, certains posent m&#234;me la question de savoir si une Nation malagasy existe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un socle commun nous rassemble assur&#233;ment mais les difficult&#233;s quotidiennes et les disparit&#233;s &#233;conomiques d'une part, et l'instrumentalisation par certains de la question ethnique d'autre part ont occult&#233; les fondements de notre soci&#233;t&#233;. Mais la question fondamentale de la reconstruction d'un id&#233;al commun est occult&#233;e par le texte qui ne parle que de gros sous et de la carte &#171; Vous &#234;tes lib&#233;r&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul l'article 43 s'int&#233;resse r&#233;ellement &#224; la Nation et &#224; certains probl&#232;mes qui la touche. Y est pr&#233;vu qu'une Commission de la Refondation de la Nation Malagasy soit mise en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, on y retrouve une litanie de bons sentiments qui ont le m&#233;rite d'&#234;tre exprim&#233;s. Toutefois, le domaine fourre-tout qu'on lui attribue laisse septique quant au s&#233;rieux de sa mission. Il y est question de l'appropriation du concept de la d&#233;mocratie par la soci&#233;t&#233; malagasy, d'&#233;thique politique, de la distorsion entre texte et pratique, d'&#201;tat de droit, des droits de l'Homme, d'&#233;galit&#233;, de bonne gouvernance, de la r&#233;partition des richesses, du d&#233;veloppement harmonieux. Rien que &#231;a ! Et de mettre en place la paix dans le monde, &#231;a ferait bien dans le lot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, le texte retrouve gr&#226;ce dans la derni&#232;re mission confi&#233;e &#224; la Commission. Il s'agit d'un objectif louable et qui peut &#234;tre atteint pour peu que la Commission s'att&#232;le &#224; sa r&#233;alisation ; de plus, pour une fois, cela correspond &#224; l'intitul&#233; du texte et &#224; la d&#233;nomination de la Commission. La t&#226;che pr&#233;vue est d'&#171; examiner les ressorts intimes de la crise de la soci&#233;t&#233; malagasy afin d'engager la d&#233;marche la plus appropri&#233;e pour accompagner la Nation malagasy &#224; retrouver ses rep&#232;res, gage de la stabilit&#233; sociale. &#187; Finalement, il existe un paragraphe int&#233;ressant dans tout le texte. Reconstruire la Nation est bien plus fondamentale que de r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts inflig&#233;s aux acteurs (ayant caus&#233;) des crises r&#233;p&#233;titives dont les cons&#233;quences ont touch&#233; l'ensemble de la population &#224; qui on dit gentiment &#171; c'est bon maintenant, on est copains, dans notre sagesse infinie on va se r&#233;concilier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette derni&#232;re mission aboutit &#224; la reconstruction de l'id&#233;e de Nation Malagasy dans la conscience collective, alors toutes les largesses et distributions de pardon valent le co&#251;t. Autrement, il ne s'agit encore que d'une jolie mascarade qui s&#232;me d&#233;j&#224; les graines des futures vagues de pardons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pr&#233;ambule de la Constitution de la IV r&#233;publique&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=G25U0C1v2no&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=G25U0C1v2no&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; quelque chose, malheur est bon</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/A-quelque-chose-malheur-est-bon,22259.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/A-quelque-chose-malheur-est-bon,22259.html</guid>
		<dc:date>2016-07-09T06:52:16Z</dc:date>

      <pubDate>Sat, 09 Jul 2016 09:52:16 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalaina Chuk Hen Shun</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se sugg&#233;r&#233;e ici est celle selon laquelle notre pays est profond&#233;ment enfoui dans une substance malodorante que la biens&#233;ance interdit de citer ici, mais que, par ailleurs, cela a du bon. L'id&#233;e de trouver une quelconque raison de se r&#233;jouir de la situation fr&#244;le vraisemblablement l'ind&#233;cence lorsque le malheur dont il est question est le sort peu enviable du peuple malgache. &lt;br class='autobr' /&gt;
Selon le PNUD, nous sommes un pays &#224; &#171; Low Human Development &#187; avec un IDH (Indice de d&#233;veloppement Humain) (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se sugg&#233;r&#233;e ici est celle selon laquelle notre pays est profond&#233;ment enfoui dans une substance malodorante que la biens&#233;ance interdit de citer ici, mais que, par ailleurs, cela a du bon. L'id&#233;e de trouver une quelconque raison de se r&#233;jouir de la situation fr&#244;le vraisemblablement l'ind&#233;cence lorsque le malheur dont il est question est le sort peu enviable du peuple malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le PNUD, nous sommes un pays &#224; &#171; Low Human Development &#187; avec un IDH (Indice de d&#233;veloppement Humain) en de&#231;&#224; de ceux de quelques pays en guerre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir undp.org&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Doing Business nous classe &#224; la 164e place en ce qui concerne l'environnement des affaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et, pour ce qui est de la perception de la corruption, Transparency International nous gratifie d'une modeste 123e place&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et, pour en finir avec notre carnet de notes, selon le rapport Mo Ibrahim : &#171; Madagascar scores lower than the African average and lower than the regional average for Southern Africa &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . En bref, &#233;l&#232;ve moyen qui se fait d&#233;passer par ses camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet n'est ici ni de se morfondre ni d'accabler nos gouvernants actuels ou pr&#233;c&#233;dents. La finalit&#233; serait plut&#244;t d'identifier les causes du mal malgache, et d'esquisser un chemin pour briser le cycle pervers. Le constat de d&#233;part que je vous soumets est celui de Jean Fremigacci qui avance que les crises cycliques malgaches sont les sympt&#244;mes d'un mal profond qu'est la rupture entre le &lt;i&gt;Fanjakana&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;vahoaka&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Fremigacci, &#171; Madagascar : anatomie d'un &#233;tat de crise &#187;, Afrique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un contrat social inexistant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de la rupture du contrat social mettant en place le L&#233;viathan de Hobbes, cette chim&#232;re que l'on a reconstruite r&#233;cemment avec une nouvelle Constitution : l'&#201;tat malagasy. La construction th&#233;orique se faisant comme suit : les individus, disposant d'un droit naturel inh&#233;rent &#224; leur existence, mettent une partie de leur droit entre les mains d'une construction collective d&#233;positaire de la puissance publique ainsi cr&#233;&#233;e. Cette construction prend en charge la protection des individus, assure une harmonie sociale et coordonne la vie commune, d'o&#249; l'id&#233;e d'&#201;tat. Des chercheurs avancent que le d&#233;veloppement du contrat social malgache fut &#233;bauch&#233; sous le r&#232;gne d'Andrianampoinimerina qui assura la mise en place d'infrastructure agricole et la protection contre la traite esclavagiste, en contrepartie de taxes et travaux fournis par les sujets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mireille Razafindrakoto, Fran&#231;ois Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contrat social malgache ne s'arr&#234;te pas l&#224; car, comme l'affirment nos constitutions successives, nous associons &#224; la notion d'&#201;tat celle de D&#233;mocratie : &#171; Government of the people, by the people, for the people &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abraham Lincoln, The Gettysburg Address&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux notions sont antinomiques dans le sens o&#249; la construction &#233;tatique a pour cons&#233;quence de transf&#233;rer les pouvoirs du peuple vers l'&#201;tat or, la d&#233;mocratie exige que l'&#201;tat soit dirig&#233; par le peuple (C'est comme consentir &#224; donner la t&#233;l&#233;commande au gamin en lui disant quelle cha&#238;ne mettre). Pour faire cohabiter ces id&#233;es fondatrices, a priori inconciliables, plusieurs m&#233;canismes ont &#233;t&#233; pens&#233;s et sont agenc&#233;s dans une ing&#233;nierie formidable reposant sur le droit constitutionnel, socle fondamental. Le principe est simple : un pouvoir exerc&#233; par une entit&#233; implique le contr&#244;le de ce pouvoir par une autre. Les institutions, issues du peuple, se contr&#244;lent les unes les autres pour qu'aucune ne puisse abuser des pouvoirs qui lui sont confi&#233;s. Et, l'&#201;tat dans sa globalit&#233; est contr&#244;l&#233; par la presse et le peuple qui sanctionne ou renouvelle la confiance &#224; travers les &#233;lections. C'est beau !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le m&#233;canisme n'a pas pr&#233;vu l'hypoth&#232;se selon laquelle le peuple ne consid&#232;re pas l'&#201;tat comme sa propre &#233;manation institutionnelle. La conscience collective semble consid&#233;rer l'&#201;tat comme une entit&#233; pr&#233;existante qui ne nous appartient pas, mais dont on s'arrange. Et ainsi, toute la construction s'effondre. Le &lt;i&gt;Tanindrazana&lt;/i&gt; est dissoci&#233; de l'&#201;tat. Ce dernier n'incarne plus (ne l'a-t-il jamais fait) la nation. D&#232;s lors, la notion de bien public dispara&#238;t et les gouvernants ne dirigent plus un pays, mais une administration. La perception de taxes et imp&#244;ts par l'&#201;tat n'est plus consid&#233;r&#233;e comme une contribution &#224; l'effort collectif, mais tel le go&#251;ter donn&#233; au baraqu&#233; de la classe pour qu'il ne nous emb&#234;te pas trop. L'&#201;tat cesse d'&#234;tre un &lt;i&gt;firenena&lt;/i&gt; pour n'&#234;tre qu'un &lt;i&gt;fanjakana&lt;/i&gt;. Ce n'est plus que le surveillant grincheux dont on se moque &#224; la r&#233;cr&#233;. D'o&#249; une certaine apathie envers les errements de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, le peuple malgache s'est d&#233;sengag&#233; de son devoir et, par cons&#233;quent, a brad&#233; son droit de diriger son pays. D'autant plus s'il vote, non pour un projet de soci&#233;t&#233;, mais pour le meilleur tee-shirt ou le meilleur &lt;i&gt;tora-jofo&lt;/i&gt;. &#192; croire que les &#233;lections sont l'adaptation malgache de la Nouvelle Star.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on a les dirigeants qu'on m&#233;rite, et qu'on en a eu que des bofs&#8230; c'est qu'on est tout aussi bof. Ainsi, sommes-nous maintenant dans la situation &#171; Tsara ho an'l&#224; zay ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le verre &#224; moiti&#233; plein&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bref, le pays est dans le baba et c'est, avant d'&#234;tre celle de qui que ce soit d'autre, de notre faute. Toutefois, selon le bon vieil adage que Rabefananarana ass&#232;ne &#224; ceux qui se retrouvent dans une situation peu glorieuse ou d'&#233;chec : &#171; regarde le bon c&#244;t&#233; des choses &#187;, &#171; il faut voir le verre &#224; moiti&#233; plein &#187;. En l'occurrence, le verre semble cass&#233;&#8230; Mais bon, essayons d'&#234;tre positifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait que la douleur apprend au malgache &#224; &#234;tre citoyen : &#224; &#234;tre jaloux du bien public, &#224; s'alarmer du sort de ses semblables, &#224; r&#233;clamer des comptes, &#224; rappeler aux dirigeants leurs engagements. &#192; coup de scandale &#224; l'ananas, d'alerte au jet, d'indignation face au d&#233;lestage, &#224; l'&#233;tat des routes, aux attaques arm&#233;es, &#224; la mise &#224; mort du &lt;i&gt;Vorombe tsara dia&lt;/i&gt;, et miracle ! avec un d&#233;bat public sur un projet de loi, le citoyen malgache veille enfin. Il s'offusque de la mani&#232;re dont est d&#233;pens&#233; l'argent public, des virages liberticides que tentent de prendre certains, de l'ins&#233;curit&#233;. Il ne se contente plus de &#171; apetraka amin'Andriamanitra &#187;, il prend sa part et participe &#224; la vie publique. Il se r&#233;approprie l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r qu'il ne s'agit que d'une frange marginale de la population malgache, que les r&#233;seaux sociaux, thermom&#232;tre utilis&#233;, n'ont rien de repr&#233;sentatif ; mais un tel int&#233;r&#234;t pour la chose publique n'est pas familier et ne peut qu'enchanter. Alors, le pays va mal, certes, mais lorsqu'on voit que de plus en plus de Malgaches s'activent pour d&#233;noncer les errements de leurs dirigeants, on peut se dire qu'&#224; quelque chose, malheur est bon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.undp.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;undp.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.doingbusiness.org/data/exploreeconomies/madagascar/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.doingbusiness.org/data/exploreeconomies/madagascar/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.transparency.org/cpi2015&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.transparency.org/cpi2015&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://static.moibrahimfoundation.org/u/2015/10/02201408/29_Madagascar.pdf?_ga=1.83737302.115253107.1467885707&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://static.moibrahimfoundation.org/u/2015/10/02201408/29_Madagascar.pdf?_ga=1.83737302.115253107.1467885707&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Fremigacci, &#171; Madagascar : anatomie d'un &#233;tat de crise &#187;, &lt;i&gt;Afrique Contrmporaine&lt;/i&gt;, De Boeck Sup&#233;rieur, 2014/3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mireille Razafindrakoto, Fran&#231;ois Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, &#171; &#201;lites, pouvoir et r&#233;gulation &#224; Madagascar &#187;, Afrique Contrmporaine, De Boeck Sup&#233;rieur, 2014/3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Abraham Lincoln, The Gettysburg Address&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>


</channel>

</rss>
