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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Les dangers du &#171; baolina an-tanimbary &#187; dans la 4&#232;me R&#233;publique</title>
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		<dc:date>2015-05-22T06:13:51Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 22 May 2015 09:13:51 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adrien M. Ratsimbaharison</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il semble bien que le concept de &#171; baolina an-tanimbary &#187; (litt&#233;ralement : jeu de football dans une rizi&#232;re) est devenu un concept tr&#232;s utile pour la compr&#233;hension du jeu politique &#224; Madagascar ces derniers temps. On pourrait m&#234;me dire que ce concept r&#233;sume parfaitement le nouvel ordre politique qui pr&#233;vaut dans le pays depuis l'&#233;lection du Premier Pr&#233;sident de la 4&#232;me R&#233;publique, M. Hery Rajaonarimampianina. Mme Saraha Georget Rabeharisoa du Parti Vert et non moins repr&#233;sentante de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il semble bien que le concept de &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; (litt&#233;ralement : jeu de football dans une rizi&#232;re) est devenu un concept tr&#232;s utile pour la compr&#233;hension du jeu politique &#224; Madagascar ces derniers temps. On pourrait m&#234;me dire que ce concept r&#233;sume parfaitement le nouvel ordre politique qui pr&#233;vaut dans le pays depuis l'&#233;lection du Premier Pr&#233;sident de la 4&#232;me R&#233;publique, M. Hery Rajaonarimampianina. Mme Saraha Georget Rabeharisoa du Parti Vert et non moins repr&#233;sentante de l'alliance politique d'Ambodivona (ARMADA), a utilis&#233; plusieurs fois ce concept lors de l'&#233;mission &#171; &lt;i&gt;don-dresaka&lt;/i&gt; &#187; de TV Plus du 26 avril 2015. Le ministre de l'&#201;ducation Nationale, M.. Paul Rabary, l'a repris pendant cette m&#234;me &#233;mission, et s'est m&#234;me donn&#233; la peine de d&#233;finir ce qu'il entendait par &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187;. Il disait alors qu'un &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; serait un jeu dans lequel tous les joueurs couraient apr&#232;s celui qui dribblerait le ballon et essayerait de le tacler. Ainsi, dans sa logique, comme le Pr&#233;sident Hery Rajaonarimampianina serait en ce moment celui qui dribblerait le ballon (entendez par l&#224; : celui qui d&#233;tiendrait le pouvoir politique), tous les autres politiciens couraient donc apr&#232;s lui et essayeraient de le renverser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui ont eu l'occasion de jouer, ne serait-ce qu'une fois dans leur vie, au &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; au sens propre du terme, reconnaitraient certainement que cette d&#233;finition est incompl&#232;te, sinon totalement erron&#233;e. D'aucuns seraient m&#234;me tent&#233;s de dire que cette d&#233;finition t&#233;moignerait plut&#244;t de la m&#233;connaissance par M. le ministre, aussi bien du monde rural (o&#249; l'on joue souvent au &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; au sens propre du terme) que du m&#233;canisme du jeu politique malgache actuel (auquel on peut appliquer le concept de &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; au sens figur&#233;). Ainsi, avant de parler de l'application de ce concept dans le domaine politique dans la 4&#232;me R&#233;publique et des dangers qui pourraient en d&#233;couler, il serait opportun de revoir sa d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; au sens propre du terme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ayant grandi aussi bien en milieu rural qu'urbain dans la partie sud des hautes terres malgaches, et ayant jou&#233; au football aussi bien dans des rizi&#232;res que sur le terrain r&#233;glementaire d'Ampasambazaha (en tant qu'&#233;tudiant de diff&#233;rentes &#233;coles de Fianarantsoa), je suis en droit de dire que, pour la plupart des jeunes malgaches, le &lt;i&gt;tanim-bary&lt;/i&gt; (rizi&#232;re), apr&#232;s la moisson et pendant la saison s&#232;che, est un terrain &#171; id&#233;al &#187; pour jouer au football. Cependant, le jeu de football sur ce genre de terrain n'est pas du tout r&#233;glementaire, d'o&#249; d'ailleurs le nom de &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; qu'on utilise pour l'appeler. Et par analogie, beaucoup de Malgaches appellent &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; tout ce qui n'est pas r&#233;glementaire, alors que des lois et r&#232;glements existent pour le r&#233;gir, mais que ces lois et r&#232;glements sont d&#233;lib&#233;r&#233;ment ignor&#233;s ou viol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques mots, voici pourquoi le &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; n'est pas r&#233;glementaire et ne peut pas d'ailleurs &#234;tre r&#232;glement&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
en premier lieu, les dimensions du terrain et des buts ne sont pas r&#233;glementaires, et ne peuvent &#234;tre en aucun cas r&#233;glement&#233;es. En effet, il serait impossible de trouver en milieu rural des rizi&#232;res et des buts dont les dimensions pourraient correspondre exactement &#224; celles fix&#233;es par la FIFA. D'ailleurs, les dimensions du terrain et des buts au &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; peuvent &#234;tre chang&#233;es &#224; tout moment par des joueurs en cours de match (c'est un peu comme la &#171; majorit&#233; &#224; g&#233;om&#233;trie variable &#187; &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, comme disait le Pasteur Andriamanjato Richard) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, le ballon qu'on joue au &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; n'est pas toujours r&#233;glementaire. Si les joueurs ont de la chance, ils peuvent jouer avec des vrais ballons en cuir, conformes aux r&#232;glements de la FIFA. Mais la plupart du temps, ils jouent avec n'importe quoi (ballon en boule de paille, de papier, de plastique, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, et encore plus important, les r&#232;glements fondamentaux du jeu de football ne sont pas appliqu&#233;s &#224; la lettre quand on joue au &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187;. Par exemple, le &#171; hors-jeu &#187;, qui est pourtant tr&#232;s important dans le football r&#233;glementaire, n'est jamais appliqu&#233; au &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; ! De plus, comme il y n'a pas d'arbitres respect&#233;s par tous les joueurs, ce sont toujours les plus forts qui dominent et imposent les r&#232;glements qui les conviennent au &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, ce n'est pas du tout la fa&#231;on de jouer (c'est-&#224;-dire courir apr&#232;s et tacler celui qui dribblerait le ballon, comme dirait M. le ministre), mais plut&#244;t l'application ou non des r&#232;glements fondamentaux du jeu de football qui caract&#233;rise principalement le &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; dans la 4eme R&#233;publique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Concernant le nouvel ordre politique dans la 4&#232;me R&#233;publique, la plupart des observateurs ont remarqu&#233;, d&#232;s les d&#233;buts de cette R&#233;publique, la r&#233;ticence, sinon le refus m&#234;me des tenants du pouvoir d'appliquer les lois et r&#232;glements en vigueur, surtout quand ces lois et r&#232;glements ne sont pas en leur faveur. Plus d'une fois (pour ne pas dire fr&#233;quemment), ces lois et r&#232;glements sont m&#234;me viol&#233;s non seulement par des ministres et simple agents de l'&#201;tat, mais &#233;galement par le Pr&#233;sident de la R&#233;publique lui-m&#234;me !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux cas de violations des dispositions de la Constitution et des lois en vigueur ont &#233;t&#233; soulev&#233;s par des journalistes, des membres de la soci&#233;t&#233; civile et de l'opposition, mais le plus flagrant est cette violation de l'article 168 de la Constitution concernant la r&#233;conciliation nationale. Il faut rappeler, en effet, que la Constitution de la 4&#232;me R&#233;publique stipule clairement dans son article 168 que : &#171; Dans le cadre du processus de r&#233;conciliation nationale, il est institu&#233; un Conseil du &lt;i&gt;Fampihavanana&lt;/i&gt; Malagasy dont la composition, les attributions, et les modalit&#233;s de fonctionnement sont d&#233;termin&#233;es par la loi. &#187; Ce Conseil du &lt;i&gt;Fampihavanana&lt;/i&gt; (R&#233;conciliation) Malgache, qui est plus connu par son abr&#233;viation en malgache, FFM, est d&#233;j&#224; mis en place, et a commenc&#233; son travail depuis la transition. Or, malgr&#233; cette disposition tr&#232;s claire de la Constitution, le Pr&#233;sident de la R&#233;publique et la FFKM se sont arrog&#233;s le droit de diriger la r&#233;conciliation nationale. Ils ont ainsi produit lors des derni&#232;res assises pour la r&#233;conciliation nationale, tenues r&#233;cemment &#224; Ivato, des r&#233;solutions dont la mise en &#339;uvre pourrait entrainer d'autres violations encore plus graves de cette m&#234;me Constitution : comme la mise en place de cette Assembl&#233;e Constituante charg&#233;e de la confection d'autres constitutions, parmi lesquelles le peuple serait appel&#233; &#224; voter ! Cela veut dire tout simplement l'abolition de la Constitution en vigueur et avec elle la 4&#232;me R&#233;publique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par-dessus tout, les ministres et simples agents de l'&#201;tat d&#233;cident n'importe quoi, n'importe quand. Par exemple, une des d&#233;cisions qui ont surpris et horrifi&#233; les gens qui ont esp&#233;r&#233; le respect total de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme &#224; Madagascar, &#233;tait sans aucun doute cette d&#233;cision du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur d'interdire, en plein d&#233;p&#244;t de candidature, l'insertion sur les bulletins de vote des photos, des noms et pr&#233;noms des candidats ! Du jamais vu dans les pays dits d&#233;mocratiques ! Comment peut-on, en effet, imaginer que des candidats se pr&#233;sentent aux &#233;lections en France, aux Etats-Unis, ou ailleurs, dans l'anonymat total ! Sans nom, ni photo ! Ainsi, non seulement le minist&#232;re a chang&#233; les r&#232;gles du jeu en cours de match, mais il a &#233;galement enlev&#233; aux candidats le droit le plus absolu d'&#234;tre reconnus en tant que personne (et non pas en tant que simple logo) et aux &#233;lecteurs le droit de connaitre les candidats pour qui ils vont voter ! Et plus grave encore, il semblerait aussi que le minist&#232;re n'avait m&#234;me pas le droit de prendre une telle d&#233;cision, du fait que les d&#233;cisions concernant l'organisation et les aspects techniques des &#233;lections rel&#232;veraient plut&#244;t de la CENI ou CENI-T et non pas du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur (Communication de Patrick Raharimanana sur Facebook en date du 12 Mai 2015 : &#171; Effectivement la code &#233;lectoral dans son article 54 stipule que c'est la Commission &#201;lectorale Nationale Ind&#233;pendante, CENI, qui d&#233;termine les caract&#233;ristiques, pour chaque cat&#233;gorie d'&#233;lections, le mod&#232;le de bulletin unique de vote &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir au concept de &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187;, on voit bien que les tenants du pouvoir actuel s'adonnent au &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; au sens large du terme, c'est-&#224;-dire qu'ils se livrent souvent &#224; des pratiques non r&#233;glementaires, au lieu d'appliquer strictement les lois et r&#232;glements en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dangers du &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187; pour l'avenir de Madagascar&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si les tenants du r&#233;gime actuel persistent dans ces pratiques de &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt; &#187;, deux ph&#233;nom&#232;nes sociaux et politiques bien connus peuvent se produire, et peuvent conduire &#224; de graves dangers pour le pays et le peuple de Madagascar &#224; l'avenir. Le premier ph&#233;nom&#232;ne pourrait &#234;tre simplement d&#233;crit comme le ph&#233;nom&#232;ne de la &#171; pente glissante &#187; ou &#171; mauvaise pente &#187; (&#171; &lt;i&gt;slippery slope&lt;/i&gt; &#187; en anglais, ou &#171; &lt;i&gt;tanana zatra mitsotra&lt;/i&gt; &#187; en malgache) ; et le second ph&#233;nom&#232;ne serait les diff&#233;rentes formes de &#171; r&#233;actions populaires &#187; (qui peuvent aller de l'apathie g&#233;n&#233;rale du peuple jusqu'aux r&#233;voltes ou r&#233;volutions populaires violentes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier ph&#233;nom&#232;ne est facile &#224; comprendre, et ne m&#233;rite m&#234;me pas une longue explication ici. En effet, apr&#232;s la violation des dispositions susmentionn&#233;es de la Constitution et des lois en vigueur, il est tout &#224; fait possible que les tenants du pouvoir actuel continueraient &#224; commettre d'autres violations d'autres dispositions de la Constitution et des lois en vigueur, en particulier celles qui sont tr&#232;s importantes pour la protection de la d&#233;mocratie et les droits des citoyens. Ce ph&#233;nom&#232;ne est connu sous le nom de &#171; pente glissante &#187;, qui signifie qu'une fois qu'une personne (ou un r&#233;gime, dans ce cas) commence &#224; prendre de mauvaises habitudes, il serait difficile pour elle de s'arr&#234;ter, et pour les autres de l'emp&#234;cher de continuer ces mauvaises habitudes ! Ainsi, le grave danger de cette &#171; pente glissante &#187; dans le cas de Madagascar serait l'autocratisation du r&#233;gime, ou le retour &#224; une dictature semblable &#224; la &#171; dictature socialiste &#187; institu&#233;e par Didier Ratsiraka dans les ann&#233;es 1970 et 80. Pour s'en convaincre, il suffit de se rappeler le cas de l'Allemagne. En effet, Adolphe Hitler a &#233;t&#233; d&#233;mocratiquement &#233;lu par le peuple allemand dans un r&#233;gime d&#233;mocratique en 1933. Toutefois, en quelques ann&#233;es, il a r&#233;ussi &#224; transformer ce r&#233;gime d&#233;mocratique en un r&#233;gime dictatorial !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les r&#233;actions populaires, il est toujours difficile de pr&#233;dire ce que le peuple malgache ferait dans quelques mois ou quelques ann&#233;es. Cependant, on peut tr&#232;s bien imaginer que le peuple malgache, qui est maintenant parmi les peuples les plus pauvres du monde, les plus mal &#233;duqu&#233;s et mal nourris, serait tout simplement fatigu&#233; des crises cycliques du pass&#233;, et accepterait facilement tout ce que le r&#233;gime actuel lui imposerait. Cela conduirait &#224; une situation sociale et politique dangereuse qui ressemblerait dans une certaine mesure &#224; celle de la Cor&#233;e du Nord : un peuple totalement apathique face &#224; un r&#233;gime tout-puissant soutenu par les forces arm&#233;es ! Il est &#233;galement possible que le peuple malgache en aurait ras le bol t&#244;t ou tard. Dans ce cas, comme dans le pass&#233;, il va se r&#233;volter, renverser le pouvoir et d&#233;truire tout ce qu'il pourrait d&#233;truire (comme en 1972, 1992, 2002, 2009). Cependant, entre ces deux sc&#233;narios, il est tout &#224; fait possible que le peuple va tout simplement imiter ce que leurs dirigeants font. En d'autres termes, comme les dirigeants sont engag&#233;s dans ces pratiques de &#171; &lt;i&gt;baolina an-tanimbary&lt;/i&gt;, &#187; la majorit&#233; des Malgaches vont aussi s'y mettre : ils vont tout simplement ignorer ou violer les dispositions de la Constitution et des lois qui ne leur sont pas favorables, ils vont m&#234;me retourner &#224; la pratique du &#171; &lt;i&gt;fitsaram-bahoaka&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; justice populaire &#187;, etc. Dans ce cas, la 4e R&#233;publique de Madagascar pourrait tr&#232;s bien devenir une &#171; R&#233;publique de hors la loi, &#187; une &#171; R&#233;publique de voyous, de haut en bas &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La soi-disant &#171; r&#233;conciliation nationale &#187; : d&#233;sordonn&#233;e et vou&#233;e &#224; l'&#233;chec !</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/La-soi-disant-reconciliation,20455.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/La-soi-disant-reconciliation,20455.html</guid>
		<dc:date>2014-11-10T05:02:40Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 10 Nov 2014 08:02:40 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adrien M. Ratsimbaharison</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Constitution de la 4&#232;me R&#233;publique stipule clairement dans son article 168 que : &#171; Dans le cadre du processus de r&#233;conciliation nationale, il est institu&#233; un Conseil du Fampihavanana Malagasy dont la composition, les attributions, et les modalit&#233;s de fonctionnement sont d&#233;termin&#233;es par la loi. &#187; Ce Conseil du Fampihavanana (R&#233;conciliation) Malgache, qui est &#233;galement connu par son abr&#233;viation malgache FFM, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mis en place, et a commenc&#233; son travail depuis le gouvernement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Constitution de la 4&#232;me R&#233;publique stipule clairement dans son article 168 que : &#171; Dans le cadre du processus de r&#233;conciliation nationale, il est institu&#233; un Conseil du Fampihavanana Malagasy dont la composition, les attributions, et les modalit&#233;s de fonctionnement sont d&#233;termin&#233;es par la loi. &#187; Ce Conseil du &lt;i&gt;Fampihavanana&lt;/i&gt; (R&#233;conciliation) Malgache, qui est &#233;galement connu par son abr&#233;viation malgache FFM, a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mis en place, et a commenc&#233; son travail depuis le gouvernement de transition dirig&#233; par Andry Rajoelina. Il est &#224; noter, cependant, qu'il a jusqu'&#224; pr&#233;sent &#233;chou&#233; dans sa tentative de r&#233;concilier les deux principaux protagonistes de la derni&#232;re crise, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. N&#233;anmoins, la FFM existe toujours, et il est toujours op&#233;rationnel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette disposition claire de la Constitution (et de la Feuille de Route sign&#233;e par les principaux acteurs politiques en 2011), le pr&#233;sident nouvellement &#233;lu de la 4&#232;me R&#233;publique, Hery Rajaonarimampianina, a fait de la r&#233;conciliation nationale son programme politique principal, et s'est lui-m&#234;me proclam&#233; comme &#233;tant le &#171; meneur de la r&#233;conciliation nationale. &#187; Par cons&#233;quent, il a pouss&#233; de c&#244;t&#233;, non seulement le FFM l&#233;galement institu&#233;, mais aussi le Conseil des &#201;glises chr&#233;tiennes (ou FFKM), consid&#233;r&#233; par la plupart des gens comme l'autorit&#233; morale traditionnelle et qui avait r&#233;ussi &#224; jouer le r&#244;le de r&#233;conciliateur national dans le pass&#233; (en particulier pendant la crise de 1991-1992). Il est &#224; noter qu'aussi bien le FFM que le FFKM, et d'autres organisations comme le CRN du Professeur Albert Zafy, continuent de revendiquer leur r&#244;les de r&#233;conciliateurs nationaux au m&#234;me titre que le nouveau pr&#233;sident. Ainsi, d&#232;s le d&#233;but, le processus de &#171; r&#233;conciliation nationale &#187; dans le cadre de la 4&#232;me R&#233;publique est d&#233;sordonn&#233; et d&#233;routant ! Qui fait quoi et comment ? Personne ne sait exactement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ajouter plus de confusion dans ce processus, le nouveau pr&#233;sident et son &#233;quipe, particuli&#232;rement son Premier ministre Kolo Roger et son directeur de cabinet Henri Rabary-Njaka, s'amusent avec diff&#233;rentes conceptions et sc&#233;narios de ce qu'ils veulent consid&#233;rer comme &#233;tant la &#171; r&#233;conciliation nationale. &#187; Ainsi, le pr&#233;sident a d&#233;clar&#233; r&#233;cemment qu'il aurait deux options (ou &#171; deux portes &#187;) : la premi&#232;re consisterait &#224; appliquer strictement la loi (suivant son slogan de faire de Madagascar un &#171; &#201;tat de droit &#187;), et la seconde serait de &#171; r&#233;concilier les gens. &#187; L'on ne sait pas trop, cependant, quelle option il choisirait effectivement. Le fait est que son gouvernement est maintenant en train de poursuivre activement en justice l'ancien pr&#233;sident Marc Ravalomanana, l'accusant d'&#234;tre entr&#233; &#171; en catimini &#187; dans son propre pays ! Pour sa part, le Premier ministre Roger Kolo a d&#233;clar&#233; que r&#233;concilier le peuple malgache signifierait &#171; donner &#224; chacun les m&#234;mes droits &#187;. Enfin, l'homme &#224; tout faire du r&#233;gime, Henri Rabary-Njaka, a sugg&#233;r&#233; que Marc Ravalomanana ne serait qu'une &#171; toute petite partie de la r&#233;conciliation nationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le processus de r&#233;conciliation lui-m&#234;me, on ne sait pas comment le pr&#233;sident et son &#233;quipe vont entreprendre cette t&#226;che. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le pr&#233;sident a dit qu'il allait parler avec l'arm&#233;e, car il y aurait des blessures &#224; gu&#233;rir et des ressentiments en son sein. Mais qu'est-ce qu'il va dire &#224; l'arm&#233;e, et avec qui veut-il r&#233;concilier cette arm&#233;e ? Personne ne le sait ! En plus de ce manque de plan d'action, il n'y a aucun signe jusqu'&#224; pr&#233;sent pour imaginer que le pr&#233;sident et son &#233;quipe ont d&#233;termin&#233; des crit&#232;res objectifs qui leur permettraient d'&#233;valuer l'ach&#232;vement et la r&#233;ussite ou l'&#233;chec de cette soi-disant &#171; r&#233;conciliation nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, sans d&#233;finition claire de ce qu'ils veulent entendre par &#171; r&#233;conciliation nationale &#187;, sans plan d'action pr&#233;cis et sans crit&#232;re objectif de r&#233;ussite ou d'&#233;chec, Hery Rajaonarimampianina et son &#233;quipe se sont lanc&#233;s dans une mission de r&#233;concilier des &#171; gens &#187; dont on ne sait pas exactement qui ils sont et comment vont-ils les r&#233;concilier ! Toute personne sens&#233;e en tirerait la conclusion que ce genre de &#171; r&#233;conciliation nationale &#187; est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec ! Mais, on peut aussi se demander si l'&#233;chec m&#234;me n'est pas leur objectif inavou&#233;. En effet, si les Marc Ravalomanana, les Didier Ratsiraka, les Albert Zafy, les Andry Rajoelina et les autres ne peuvent &#234;tre r&#233;concili&#233;s (ou refusent de se r&#233;concilier), ce ne serait pas la faute du r&#233;gime ! En d'autres termes, l'&#233;chec inevitable de cette soi-disant &#171; r&#233;conciliation nationale &#187; permettrait ainsi &#224; Hery Rajaonarimampianina et son &#233;quipe de bl&#226;mer les autres et de rester tranquillement au pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(adapt&#233; de l'original publi&#233; en anglais sur Medium &lt;a href=&#034;https://medium.com/@ratsimbaharison/madagascars-so-called-national-reconciliation-messy-and-doomed-to-fail-85000c48db09&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://medium.com/@ratsimbaharison/madagascars-so-called-national-reconciliation-messy-and-doomed-to-fail-85000c48db09&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le risque d'aboutir &#224; une crise de confiance !</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Le-risque-d-aboutir-a-une-crise-de,20345.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Le-risque-d-aboutir-a-une-crise-de,20345.html</guid>
		<dc:date>2014-10-10T04:10:00Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 10 Oct 2014 07:10:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Adrien M. Ratsimbaharison</dc:creator>



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&lt;p&gt;La situation politique est-elle bloqu&#233;e &#224; Madagascar ? Notre ami Soamiely Andriamananjara comparait l'autre jour cette situation &#224; une &#034;impasse mexicaine, fa&#231;on malgache&#034; (Malagasy-style Mexican standoff, en anglais). Et en vertu de cette comparaison, il avance la th&#233;orie selon laquelle : &#034;Le bras de fer mexicain [entre Rajaonarimampianina, Rajoelina et Ravalomanana] se transforme en une impasse, une impasse parce que personne ne veut &#234;tre le premier &#224; bouger. Le blocage politique qui en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation politique est-elle bloqu&#233;e &#224; Madagascar ? Notre ami Soamiely Andriamananjara comparait l'autre jour cette situation &#224; une &#034;impasse mexicaine, fa&#231;on malgache&#034; (&lt;i&gt;Malagasy-style Mexican standoff&lt;/i&gt;, en anglais). Et en vertu de cette comparaison, il avance la th&#233;orie selon laquelle : &#034;&lt;i&gt;Le bras de fer mexicain [entre Rajaonarimampianina, Rajoelina et Ravalomanana] se transforme en une impasse, une impasse parce que personne ne veut &#234;tre le premier &#224; bouger. Le blocage politique qui en r&#233;sulte peut en partie expliquer l'inertie actuelle dans le processus de prise de d&#233;cision &#224; Madagascar&lt;/i&gt;.&#034; (Voir &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/Impasse-mexicaine-facon-malgache,20320.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Impasse mexicaine, fa&#231;on malgache&lt;/a&gt;, Madagascar-Tribune.com du Lundi 6 octobre 2014)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, cette comparaison appara&#238;t g&#233;niale et d&#233;montre la cr&#233;ativit&#233; intellectuelle de notre jeune &#233;conomiste, qui doit &#234;tre reconnu comme &#233;tant une fiert&#233; nationale, &#233;tant promu au rang de &lt;i&gt;&#8220;Senior Economist at the World Bank Institute.&#8221; &lt;/i&gt; Cependant, &#224; y regarder de pr&#232;s, force est de constater que cette comparaison est erron&#233;e et peut nous conduire dans une autre impasse, intellectuelle cette fois-ci. Je vais d'abord essayer de d&#233;montrer pourquoi cette comparaison est erron&#233;e, avant de proposer &#224; mon tour une autre comparaison qui pourrait peut-&#234;tre nous &#233;clairer davantage sur la situation politique actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Premi&#232;rement, penser que la situation politique actuelle est bloqu&#233;e &#224; cause du &#034;bras de fer mexicain&#034; entre le nouveau pr&#233;sident Hery Rajaonarimampianina et les deux anciens pr&#233;sidents Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, c'est assumer que ces trois protagonistes sont sur le m&#234;me pied d'&#233;galit&#233; et ont tous la m&#234;me capacit&#233; de nuire ou de d&#233;truire les uns et les autres. Or, ce n'est pas du tout le cas, car Rajaonarimampianina est bel et bien le pr&#233;sident l&#233;gal de pays. Politiquement parlant, il repr&#233;sente l'&#196;'tat Malagasy, et a le monopole de l'usage de force (Voir la d&#233;finition Weberienne de l'&#233;tat), alors que les deux autres protagonistes ne sont plus que de simples citoyens qui n'ont aucun pouvoir politique l&#233;gal, et n'ont pas la m&#234;me capacit&#233; de nuire ou de d&#233;truire que le premier. De ce fait, l'id&#233;e d'un &lt;i&gt;standoff&lt;/i&gt; entre les trois protagonistes ne tient pas du tout debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Deuxi&#232;mement, dans une &#034;impasse mexicaine&#034; &lt;i&gt;(Mexican standoff)&lt;/i&gt;, l'objet du conflit (une grosse somme d'argent, par exemple) peut passer d'une main &#224; l'autre. En d'autres termes, tous les participants dans l'impasse ont la m&#234;me chance d'obtenir cet objet. Encore une fois, ce n'est pas du tout le cas dans la situation politique actuelle &#224; Madagascar, car Rajaonarimampianina a d&#233;j&#224; le pouvoir (l'objet pr&#233;sum&#233; du conflit), et les deux autres n'ont aucune chance de le regagner pour le moment. En effet, on ne peut pas du tout imaginer que Rajoelina et Ravalomanana iraient s'aventurer &#224; r&#233;&#233;diter leurs exploits politiques du pass&#233; en s'appropriant du pouvoir sur la Place du 13 Mai. Les m&#233;saventures de Rajoelina et de son gouvernement de transition ont clairement d&#233;montr&#233; que les futurs pr&#233;sidents doivent d&#233;sormais passer par des &#233;lections pr&#233;sidentielles, s'ils veulent &#234;tre reconnus par la communaut&#233; internationale et avoir de la l&#233;gitimit&#233; aux yeux des Malagasy eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la comparaison avec l'&#034;impasse mexicaine&#034; est erron&#233;e et ne peut pas nous aider &#224; comprendre davantage la situation politique actuelle. Ceci nous pousse &#224; imaginer d'autres comparaisons ou sc&#233;narios qui peuvent repr&#233;senter convenablement les acteurs politiques Malagasy et leurs actions. Justement, dans un autre blog sur Madagascar (Voir &lt;a href=&#034;https://medium.com/on-madagascar/prisoners-dilemma-in-madagascar-80206e3ba0c&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Prisoners Dilemma in Madagascar&lt;/a&gt;), notre ami Soamiely parle aussi de &#034;th&#233;ories des jeux&#034; &lt;i&gt;(game theories)&lt;/i&gt; et plus particuli&#232;rement du &#034;dilemme du prisonnier&#034; &lt;i&gt;(prisoner's dilemma)&lt;/i&gt;, pour faire comprendre aux politiciens Malagasy qu'il serait plus avantageux pour eux de coop&#233;rer que de se battre entre eux. Cependant, cette comparaison avec le dilemme du prisonnier pr&#233;sente aussi des traits communs avec la comparaison avec l'impasse mexicaine, car elle revient aussi &#224; assumer que les participants sont sur le m&#234;me pied d'&#233;galit&#233; et qu'ils ont tous la m&#234;me chance de gagner le maximum de mise (ou &lt;i&gt;payoff&lt;/i&gt;). Or, comme nous venons de d&#233;montrer plus haut, cette derni&#232;re comparaison est erron&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci nous emm&#232;ne alors &#224; penser &#224; un autre jeu qui est en fait plus commun que le dilemme du prisonnier : c'est le &#034;jeu de confiance&#034; &lt;i&gt;(confidence game)&lt;/i&gt;. Il y a de nombreuses vari&#233;t&#233;s de jeu de confiance, mais tout le monde joue une vari&#233;t&#233; ou une autre de ce jeu tous les jours. Il se joue, par exemple, dans la vie conjugale, entre &#233;poux et &#233;pouse ; il se joue aussi dans la vie nationale, entre les dirigeants et le peuple, etc. Dans le jeu de confiance, l'essentiel pour chaque participant est de gagner la confiance des autres pour pouvoir accomplir ce qu'on veut. Bien s&#251;r, il y a des gens qui se livrent au jeu de confiance de fa&#231;on positive (pour accomplir des biens communs, par exemple), et des gens qui s'y adonnent de fa&#231;on n&#233;gative (pour manipuler ou exploiter leurs partenaires, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Madagascar, le joueur principal du jeu de confiance serait le pr&#233;sident de la R&#233;publique lui-m&#234;me. Dans un premier temps, Rajaonarimampianina aurait r&#233;ussi &#224; gagner la confiance d'Andry Rajoelina, pour devenir son ministre inamovible des Finances pendant la transition, et ensuite pour &#234;tre &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique gr&#226;ce &#224; son soutien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un deuxi&#232;me temps, Rajaonarimampianina aurait ensuite gagn&#233; la confiance de Jean Louis Robinson (le candidat qui a contest&#233; les r&#233;sultats de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle) et de Marc Ravalomanana. Ce gain de confiance lui aurait ainsi permis de se d&#233;barrasser d'Andry Rajoelina et du MAPAR qui seraient devenus de plus en plus encombrants &#224; ses yeux. Les choses allaient bien pour Rajaonarimampianina et ses acolytes jusqu'au moment o&#249; Ravalomanana et la communaut&#233; internationale commenceraient &#224; se douter de leurs intentions r&#233;elles. Ravalomanana serait ainsi devenu de plus en plus impatient, et voulait rentrer le plus t&#244;t possible &#224; Madagascar, et des membres de la communaut&#233; internationale auraient demand&#233; plus de garanties de la part du gouvernement avant de d&#233;bloquer les fonds n&#233;cessaires au d&#233;veloppement du pays. Comme Ravalomanana aurait soup&#231;onn&#233; que Rajaonarimampianina n'aurait fait qu'exploiter la confiance qu'il aurait envers ce dernier, il aurait finalement d&#233;cid&#233; de retirer cette confiance. (Voir &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/Ravalomanana-opposant,20326.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ravalomanana opposant&lt;/a&gt;, Madagascar-Tribune.com du Mardi 7 octobre 2014)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, o&#249; allons-nous maintenant ? Il semblerait que Rajaonarimampianina et ses acolytes travaillent en ce moment m&#234;me d'arrache-pied pour gagner la confiance des autres politiciens (par le biais de cette fameuse Convention du 14 Octobre, par exemple) pour remplacer leurs alliances avec Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. Mais les questions qui se posent seraient alors : Est-ce que ils vont parvenir &#224; gagner la confiance de ces autres politiciens ? Et est-ce que ce nouveau gain de confiance va leur permettre de gagner la confiance des bailleurs de fonds ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les r&#233;ponses &#224; ces questions s'av&#232;rent toutes n&#233;gatives, nous risquons alors d'aboutir &#224; une autre crise : celle de confiance, o&#249; personne n'a confiance en personne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Adrien M. Ratsimbaharison&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Columbia, SC (USA)&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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