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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>La CNE et la r&#233;forme de l'enseignement</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/La-CNE-et-la-reforme-de-l,21950.html</link>
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		<dc:date>2016-03-30T06:15:51Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 30 Mar 2016 09:15:51 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



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&lt;p&gt;M'&#233;tant pr&#233;par&#233; &#224; vivre &#224; Madagascar puis ayant servi l'enseignement malgache pendant plus de 50 ans avec l'optique d'aider au d&#233;veloppement, je me sens autoris&#233; &#224; dire ce que je pense du document strat&#233;gique produit par la Convention Nationale pour l'Education r&#233;unie trois jours durant en octobre 2014, m&#234;me si je n'ai pas assist&#233; &#224; cette rencontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce document strat&#233;gique plaira &#224; tous les experts et technocrates internationaux. Il ne saurait satisfaire les v&#339;ux d'enseignants ayant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;M'&#233;tant pr&#233;par&#233; &#224; vivre &#224; Madagascar puis ayant servi l'enseignement malgache pendant plus de 50 ans avec l'optique d'aider au d&#233;veloppement, je me sens autoris&#233; &#224; dire ce que je pense du document strat&#233;gique produit par la Convention Nationale pour l'Education r&#233;unie trois jours durant en octobre 2014, m&#234;me si je n'ai pas assist&#233; &#224; cette rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document strat&#233;gique plaira &#224; tous les experts et technocrates internationaux. Il ne saurait satisfaire les v&#339;ux d'enseignants ayant particip&#233; &#224; la Convention mais n'ayant pas &#233;t&#233; &#233;cout&#233;s, comme le prouvent les correspondances que j'ai re&#231;ues. Je retiens l'une d'elles d'une enseignante qui r&#233;agit &#224; ce que j'avais &#233;crit. Je lui laisse la parole.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;action de ma correspondante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'adh&#232;re tout &#224; fait &#224; votre premi&#232;re remarque : le probl&#232;me au MEN (Minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale), depuis plusieurs d&#233;cennies, c'est ce manque de buts et d'objectifs de l'enseignement : pour moi, au-del&#224; de ces choses, je me pose la question de savoir quel type de personnes est-ce que l'&#201;ducation &#224; Madagascar veut former ? J'ai &#233;t&#233; sid&#233;r&#233;e, lors de la pr&#233;paration de la Convention Nationale de l'&#201;ducation, de voir que les experts malgaches (ainsi ont &#233;t&#233; qualifi&#233;s les techniciens par le staff du Minist&#232;re !) ne raisonnent qu'en termes de profils de sortie, qui se r&#233;sument en comp&#233;tences. J'ai &#233;t&#233; peut-&#234;tre trop impr&#233;gn&#233;e de litt&#233;rature et d'ouvrages philosophiques portant sur l'&#201;ducation. Mais n'est-il pas n&#233;cessaire de d&#233;finir l'id&#233;al vers lequel tendre (suis-je trop humaniste ?), ou parce que c'est un id&#233;al que justement la soci&#233;t&#233; d'aujourd'hui n'en voit plus l'int&#233;r&#234;t ? Et pourtant, j'estime que ce cri du c&#339;ur de la majorit&#233; des participants &#224; la Convention, pour un retour n&#233;cessaire et obligatoire de &#171; l'Instruction civique et de l'&#201;ducation civique &#187; (du primaire jusqu'&#224; la fin du Secondaire) renvoie bel et bien &#224; cet id&#233;al form&#233; par l'&#201;ducation (&#234;tre ou devenir un citoyen engag&#233; &#233;tant du domaine de &#171; l'&#234;tre &#187; et non du &#171; savoir &#187;). Buts et objectifs, et m&#234;me finalit&#233;s &#233;ducatives sont pourtant des termes jongl&#233;s all&#232;grement aussi bien par nos politiciens du MEN, que par les techniciens, mais ce ne sont que des mots vides de sens malheureusement. Vous l'avez pr&#233;cis&#233; justement quand vous avez &#233;crit que &#171; c'est un document strat&#233;gique qui plaira &#224; tous les experts et technocrates internationaux &#187;. J'ai eu il y a quelques temps une prise de bec avec mon sup&#233;rieur hi&#233;rarchique, qui n'a pas support&#233; que j'aie critiqu&#233; les techniciens malgaches qui travaillent pour le compte de l'UNICEF, ou autres bailleurs, d'&#234;tre responsables des &#233;checs cuisants de l'&#201;ducation dans la mesure o&#249; ils ne se battent pas pour un aboutissement des projets qui vont r&#233;ellement impacter sur les enfants et les enseignants jusqu'aux fins fonds de la brousse. Ils se battent juste pour monnaies sonnantes et tr&#233;buchantes en utilisant dans leurs discours et TDR (termes de r&#233;f&#233;rences) de projets, les mots-cl&#233;s qui ouvrent les bourses tels que &#171; bonne gouvernance &#187;, &#171; qualit&#233; et &#233;quit&#233; dans l'&#201;ducation &#187;, &#171; faciliter l'acc&#232;s &#224; l'&#201;ducation &#187;, &#171; inclusivit&#233; &#187;, et j'en passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire que cela, toujours lors de la pr&#233;paration de la Convention Nationale de l'&#201;ducation, je suis tomb&#233;e des nues lorsque j'ai constat&#233; que ni le staff du Minist&#232;re, ni les pr&#233;tendus experts n'&#233;taient capables de d&#233;finir de mani&#232;re claire ce qu'est un syst&#232;me &#233;ducatif alors que l'objectif de cette Convention &#233;tait de rassembler des &#233;l&#233;ments pour d&#233;finir et r&#233;diger les nouvelles orientations de l'&#201;ducation &#224; Madagascar. Et que dire, lorsque vous essayez de recadrer les axes des d&#233;bats en fonction des &#233;l&#233;ments constitutifs du syst&#232;me &#233;ducatif de vous entendre &#234;tre trait&#233;e d'&#233;l&#233;ment perturbateur car n'allant pas dans le m&#234;me sens que les autres ou remettant en cause le bien fond&#233; de certaines th&#233;matiques et approches ? Des &#226;neries, j'en ai bien entendu, &#233;manant d'&#171; experts &#187; en &#233;ducation ! J'ai pris mes cliques et mes claques, avec mon savoir et mes exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir aux buts et objectifs, il semble h&#233;las que nous allons encore continuer longtemps &#171; &#224; former des dipl&#244;m&#233;s qui vont venir s'installer en ville et contribuer &#224; la sururbanisation des grandes villes de Madagascar &#187;, comme vous l'avez fait remarquer. Dans le document publi&#233;, il est bien &#233;crit dans l'axe strat&#233;gique1, intitul&#233; &#171; pour une r&#233;orientation de l'&#233;ducation &#187;, dans la colonne &#171; objectifs &#187; : &#171; une &#233;ducation en ad&#233;quation avec le march&#233; de l'emploi &#187;. Mais personnellement, je n'en crois rien. Des repr&#233;sentants de la FIVMPAMA ont &#233;t&#233; envoy&#233;s pour &#233;clairer les participants &#224; la Convention sur la question ; des repr&#233;sentants de Microsoft &#233;galement. Ces interventions, h&#233;las n'ont pas apport&#233; de r&#233;ponses claires ou tout au moins des pistes de r&#233;flexions s&#233;rieuses. Il a &#233;t&#233; malheureux m&#234;me de constater que certains intervenants &#233;taient l&#224; juste pour la publicit&#233; de leurs entreprises. L'Universit&#233; a &#233;t&#233; &#233;corch&#233;e au passage comme &#233;tant non productive (&lt;i&gt;fandaniana andro&lt;/i&gt;). Or, ce n'est pas l'Enseignement sup&#233;rieur qui doit &#234;tre ou non remis en cause, mais bel et bien les d&#233;bouch&#233;s qui existent ou non. Qu'en est-il des questions d'orientation &#224; l'&#233;cole ? C'est malheureux de voir les jeunes bacheliers se ruer dans les &#171; salons des &#233;tudes sup&#233;rieures &#187;, se demandant &#224; ce moment-l&#224; seulement ce qu'ils vont pouvoir faire, avec leur bac fra&#238;chement en poche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre deux conf&#233;rences, j'ai pu discuter avec une grande professeure de philosophie, qui a d&#233;plor&#233; comme moi le peu de repr&#233;sentants de l'Enseignement sup&#233;rieur &#224; la commission &#171; orientation du syst&#232;me &#233;ducatif et mondialisation &#187;. Pour nous, le point crucial non abord&#233; est celui du passage au syst&#232;me LMD et son impact sur le syst&#232;me &#233;ducatif. A l'&#233;cole (ou tout au moins dans les lyc&#233;es), les &#233;l&#232;ves devraient &#234;tre pr&#233;par&#233;s &#224; affronter ce syst&#232;me, surtout s'ils pr&#233;voient de continuer dans l'Enseignement Sup&#233;rieur. Pour vous qui partagez votre savoir aux &#233;l&#232;ves du Lyc&#233;e d'Andramasina, combien d'entre eux voyez-vous r&#233;ussissant des &#233;tudes sup&#233;rieures ? J'ai lu la semaine derni&#232;re, dans un quotidien (&lt;i&gt;La Gazette de la Grande Ile&lt;/i&gt;, je crois, qu'il m'arrive de feuilleter de temps en temps, mais pr&#233;f&#233;rant par-dessus le lot &lt;i&gt;L'Express de Madagascar&lt;/i&gt;) que laptops et ordinateurs sont frapp&#233;s d'une taxe douani&#232;re de l'ordre de 5 &#224; 10%. Ils ne sont pas &#224; la port&#233;e des bourses des &#233;tudiants des universit&#233;s publiques. Or comment poursuivre des &#233;tudes sup&#233;rieures sans ce mat&#233;riel ? Certes, les t&#233;l&#233;phones sont l&#224;, permettant une connexion, mais pour le minimum de travail &#224; consigner par &#233;crit, impossible de se passer d'un ordinateur portable ou de bureau. Conclusion : les &#233;tudes sup&#233;rieures ne sont pas pour les enfants issus de famille d&#233;favoris&#233;es ; m&#234;me ceux venant de la classe moyenne auront du mal. Dommage que la seule soci&#233;t&#233; qui ait pens&#233; &#224; faire des prix promotionnels, avec facilit&#233; de paiement ait vers&#233; trop rapidement dans l'arnaque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une Education inclusive&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;ducation n'est pas &#233;quitable &#224; Madagascar : c'est la premi&#232;re chose qui m'a fait r&#233;agir lorsque j'ai re&#231;u ce document officiel de la Convention Nationale pour l'&#201;ducation, avec ce slogan sur la couverture &#171; Pour une &#201;ducation inclusive, accessible et de qualit&#233; pour tous &#187;, traduit dans la version malgache (malheureusement encore non disponible en format num&#233;rique), &lt;i&gt;Fanabeazana mampiaty, taka-bidy ary tsara kalitao ho an'ny rehetra&lt;/i&gt;. L'inclusion, oui, en th&#233;orie c'est une bonne chose, mais concr&#232;tement qu'est-ce que cela implique ? En 2012, un projet intitul&#233; &#171; &#233;ducation inclusive &#187; a &#233;t&#233; financ&#233; par l'UNICEF sous la conduite d'une consultante japonaise. Il a fallu attendre les exp&#233;rimentations qui ne se sont d&#233;roul&#233;es que sur une semaine (avec des enseignantes d'EPP) pour que quelqu'un ait eu le courage de dire &#224; la consultante qu'il y a eu erreur dans la strat&#233;gie : il aurait fallu d&#233;terminer le profil des enfants handicap&#233;s aptes &#224; suivre un enseignement ! J'ai appris bien plus tard que le drame, c'est que le rapport a &#233;t&#233; envoy&#233; avant l'exp&#233;rimentation ! J'ai appel&#233; cela&lt;i&gt; tetikasa ambony latabatra&lt;/i&gt; (transposition de &lt;i&gt;kabary ambony vavahady&lt;/i&gt;), sp&#233;cialit&#233; des malgaches. Mais je n'aurai jamais cru que le virus touche &#233;galement les missionnaires des projets ! Ceci rejoint ce que je vous ai dit plus haut, &#224; propos des techniciens malgaches qui travaillent avec les bailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; l'&#233;ducation inclusive, chacun a pu constater que seuls les handicap&#233;s moteurs et les trisomiques ont eu une bonne r&#233;activit&#233;, pour ne pas dire une r&#233;activit&#233; &#171; normale &#187;. Pour le reste (handicap&#233;s psychomoteurs, car pour les handicap&#233;s mentaux la question ne se pose m&#234;me pas), il est quasiment impossible de les int&#233;grer dans une classe normale : le probl&#232;me ne sera pas les autres &#233;l&#232;ves, non, mais le fait qu'il accapare l'enseignant qui a du mal &#224; s'occuper du reste de la classe (essuyer la bave, demander fr&#233;quemment s'il ne veut aller aux toilettes, pour ceux qui peuvent s'exprimer&#8230;). Et grand fut mon &#233;tonnement, de voir apparaitre &#171; &#233;ducation inclusive &#187; lors de la premi&#232;re r&#233;union de pr&#233;paration de la Convention Nationale de l'&#201;ducation, mais surtout de constater le refus des responsables &#224; consid&#233;rer ce que cela implique. C'est devenu le slogan de l'&#201;ducation actuelle &#224; Madagascar ! Cela va figurer dans la loi d'orientation du syst&#232;me &#233;ducatif ! Je viens d'apprendre qu'un arr&#234;t&#233; a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; promulgu&#233; pour l'int&#233;gration de tout enfant handicap&#233; (donc quel que soit le handicap) &#224; l'&#233;cole. Ma question est : est-ce que les &#233;tablissements scolaires fran&#231;ais, par exemple, int&#232;grent dans leurs rangs des &#233;l&#232;ves handicap&#233;s psychomoteurs ? Dire cela ne rel&#232;ve ni de discrimination ni de &#171; homophobie &#187;, mais pourquoi les responsables malgaches ont l'art de se foutre dans des merdiers (excusez l'expression) ? A-t-on r&#233;ellement besoin de sp&#233;cialistes pour comprendre cela ? A-t-on les moyens de mettre dans chaque EPP, CEG et lyc&#233;e des toilettes pour handicap&#233;s, alors que bien souvent aucun d'entre eux ne poss&#232;dent des toilettes d&#233;centes pour tous ? Et que dire de l'enseignant et de sa motivation &#224; enseigner avec de telles conditions, car nous le savons pertinemment bien, ce n'est pas parce que les classes sont devenues des classes int&#233;gr&#233;es que le salaire des enseignants sera revu &#224; la hausse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Une Education accessible et de qualit&#233; pour tous&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et que dire du fanabeazana taka-bidy ? J'ai &#233;crit plus haut que l'&#201;ducation n'est pas &#233;quitable &#224; Madagascar, dans la mesure o&#249; de plus en plus, les parents pr&#233;f&#232;rent le priv&#233; m&#234;me s'il est payant : ceux qui n'ont pas les moyens, de ce fait n'ont pas de choix, et sont oblig&#233;s d'envoyer leurs enfants dans les &#233;tablissements publics ; une frange non n&#233;gligeable de la population ne les scolarise tout simplement plus. Ce qui est dramatique, c'est que, plus le Minist&#232;re de l'&#201;ducation Nationale clame haut et fort l'insertion et la r&#233;insertion scolaire, plus le taux d'abandon s'est accru. Et pratique des anciennes R&#233;publiques, les statistiques sont manipul&#233;es de telles sortes que ce qui est un &#233;chec devienne un indicateur d'atteinte d'objectifs. L'inflation scolaire, en tout cas dans l'enseignement public poss&#232;de deux visages : des &#233;tablissements scolaires sont ouverts, des enseignants FRAM y sont mis et le taux d'abandon s'&#233;l&#232;ve en m&#234;me temps que le taux d'ach&#232;vement baisse. Cercle vicieux qui contredit le &lt;i&gt;fanabeazana tsara kalitao ho an'ny rehetra&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, le Minist&#232;re de l'&#201;ducation Nationale pointe du doigt l'Enseignement priv&#233; comme &#233;tant responsable de la baisse du taux de r&#233;ussite aux examens officiels, notamment au baccalaur&#233;at. C'est ce constat qui aurait justifi&#233; l'instauration de minima d'&#226;ges aux examens nationaux (que le Conseil National de l'&#201;ducation &#233;tudie actuellement en session ordinaire) et l'interdiction de pr&#233;senter des candidatures libres. Faux probl&#232;mes non ? Donc forc&#233;ment, mauvaises solutions et mauvaises r&#233;formes. Je dirai m&#234;me, recherche de bouc &#233;missaire pour camoufler les incomp&#233;tences des responsables et du syst&#232;me en g&#233;n&#233;ral. Voici un exemple de mauvaises solutions : le 29 f&#233;vrier dernier a vu l'annonce d'un recrutement d'inspecteurs de l'&#201;ducation et l'ouverture du registre d'inscription. Les conditions sont les suivantes : 35 ans d'&#226;ge minimum et 5 ann&#233;es de services minimum et &#234;tre titulaire d'une Licence ou d'un dipl&#244;me de la cat&#233;gorie VI de la Fonction Publique. Il est vrai qu'il n'y a plus eu d'inspections p&#233;dagogiques depuis belle lurette. Les derniers inspecteurs form&#233;s sont des inspecteurs administratifs et financiers. Si mes souvenirs sont exacts, il n'y a eu que deux promotions form&#233;es &#224; l'IMATEP, dont la derni&#232;re est sortie en 2002. Ces inspecteurs n'ont pas servi &#224; grand-chose, ce qui a abouti &#224; la dissolution de la Direction de l'Inspection de l'&#201;tat, du temps du MENRS, avant la fin du r&#233;gime Ravalomanana. Est-ce que faire revenir les inspections am&#233;liorera l'&#201;ducation ? Personnellement, je pense que cela ne devrait figurer que parmi les derniers dispositifs &#224; installer. Pourquoi en effet inspecter la mani&#232;re dont les enseignants appliquent un programme mal &#233;labor&#233; ou qui ne correspond pas aux besoins r&#233;els des apprenants ? Une grande part devrait revenir &#224; l'encadrement. Or les conseillers p&#233;dagogiques form&#233;s pour l'heure n'ont pas le profil et la qualit&#233; de leurs cursus est loin d'&#234;tre satisfaisant. J'ai eu l'occasion de travailler avec ceux appel&#233;s &#171; consped nouvelle formule &#187;. Il a &#233;t&#233; malheureux de voir des enseignants les remettre &#224; leur place &#224; cause de leur manque de savoirs et de comp&#233;tences flagrant. Lors d'une rencontre organis&#233;e par la Fondation Friedrich Ebert le vendredi 20 Juillet 2012, au Caf&#233; de la Gare de Soarano, sur l'&#233;tat de l'&#201;ducation &#224; Madagascar, un intervenant avait d&#233;clar&#233; que l'&#201;ducation, plus que les autres domaines, avait besoin de l'&#233;lite. Mais quel parent encouragerait son enfant, bon &#233;l&#232;ve ou major de sa promotion, &#224; embrasser la carri&#232;re d'enseignant dans le primaire, le coll&#232;ge ou le secondaire lorsque nous savons qu'en mati&#232;re de salaire, les enseignants se trouvent au plus bas de l'&#233;chelle (les p&#233;nitentiaires, les militaires, les policiers se trouvent bien mieux lotis &#224; dipl&#244;mes &#233;gaux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Am&#233;liorer le syst&#232;me &#233;ducatif passe obligatoirement par la valorisation des enseignants. Ce n'est pas une nouveaut&#233;, ce que je dis l&#224;. Ce n'est pas pour rien que le SECES revendique certains avantages n'est-ce pas ? Mais les oubli&#233;s du syst&#232;me vont-ils pouvoir r&#233;ellement redorer leurs blasons ? L'&#201;ducation ira-t-elle mieux maintenant que les enseignants FRAM sont recrut&#233;s comme fonctionnaires et qu'ils ont re&#231;u une petite formation p&#233;dagogique ? La r&#233;ponse d'embl&#233;e sera, non ! Madagascar a besoin de r&#233;formes en profondeur. Je crois que ceux qui revendiquent une refondation n'ont pas tort. Mais encore faudrait-il d&#233;gager les vraies causes, les causes profondes des disfonctionnements actuels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fran&#231;ais dans un lyc&#233;e de la campagne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vous avez &#233;voqu&#233; votre quotidien au lyc&#233;e d'Andramasina, avec ce constat de difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves &#224; maitriser la langue malgache, leur langue maternelle. Ironique non ? En ayant suivi les &#233;tudes de mes enfants, j'ai compris pas mal de choses, que je supputais d&#233;j&#224;, il faut l'avouer. La didactique du malgache n'a gu&#232;re &#233;volu&#233;. Je dirais m&#234;me qu'elle a &#233;t&#233; calqu&#233;e sur celle du fran&#231;ais des ann&#233;es 70, o&#249; les textes litt&#233;raires servaient de support aux le&#231;ons. Combien de recherche ont &#233;t&#233; faites d'ailleurs dans ce sens, et combien ont &#233;t&#233; prises en consid&#233;ration par l'&#201;tat ? Le dernier ouvrage con&#231;u est la s&#233;rie vola (&lt;i&gt;Garabola, Tongavola&#8230;&lt;/i&gt;) dans les ann&#233;es 90 (dont la version num&#233;rique a &#233;t&#233; travaill&#233;e en 2013-2014 par la CNAPMAD) ? Toutes les &#233;coles (EPP surtout) poss&#232;dent-ils ces ouvrages en nombre suffisant pour que chaque &#233;l&#232;ve ait le sien au moins en classe ? J'ai &#233;t&#233; extr&#234;mement triste en 2009 et depuis de voir vendre sur les trottoirs de Tana, les nouveaux manuels &#233;labor&#233;s du temps de Ravalomanana. Je me suis demand&#233; quand est-ce que nous, malgaches, nous arr&#234;terons de nous comporter en vandales culturels. Si &#171; quelqu'un &#187; a donn&#233; l'ordre de cesser d'utiliser ces manuels, cela signifie-t-il qu'il faut les mettre &#224; la poubelle, ou en faire des emballages de &lt;i&gt;mofo menakely &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains disent que c'est normal que les Malgaches n'aient pas vraiment le sens de la culture livresque et le respect de ce qui est &#233;crit, la tradition ayant &#233;t&#233; orale. Ce &#224; quoi je r&#233;ponds que c'est le pourquoi d'aller &#224; l'&#233;cole. Si ces livres se retrouvent dehors, cela rel&#232;ve de la responsabilit&#233; des enseignants et du directeur d'&#233;cole, qui sont pourtant les premiers gardiens du savoir ! Tout cela bien s&#251;r rel&#232;ve d'un probl&#232;me de gouvernance. L'&#201;tat n'a gu&#232;re pr&#233;vu d'inflation scolaire. De ce fait, pourquoi s'&#233;tonner et surtout pourquoi s'insurger contre le &#171; boom &#187; de l'Enseignement priv&#233;, puisque l'&#201;tat n'a pas pu ou plut&#244;t n'a pas su y faire face ? Les &#233;tablissements priv&#233;s ont prolif&#233;r&#233;s sous le R&#233;gime Zafy, avec le vent de &#171; lib&#233;ralisation &#187;, en r&#233;action &#224; la malgachisation. C'&#233;tait &#224; ce moment-l&#224; qu'il aurait fallu mettre des garde-fous pour &#233;viter tout d&#233;bordement. Par exemple, il aurait fallu v&#233;rifier ce qu'il y avait r&#233;ellement derri&#232;re l'&#233;tiquette &#171; &#233;cole d'expression fran&#231;aise &#187; et sanctionner tout &#233;tablissement usant de publicit&#233;s mensong&#232;res. Si le priv&#233; poss&#232;de son poids actuel, ce n'est que le reflet de la d&#233;mission de l'&#201;tat par le biais du Minist&#232;re en charge de l'&#201;ducation de garantir l'acc&#232;s &#224; une &#233;ducation gratuite pour tous les enfants malgaches. L'une des sources du probl&#232;me &#233;tait certainement le mod&#232;le r&#233;publicain : Jules Ferry a pr&#244;n&#233; une &#233;cole obligatoire et gratuite pour tous. La France avait les moyens de le faire, certes. Madagascar a aussi les moyens de l'instaurer, mais la volont&#233;, est-elle l&#224; ? Avec toutes les richesses que nous avons sous nos pieds, un enseignement gratuit et de qualit&#233; ne rel&#232;ve pas de l'utopie. Mais beaucoup pr&#233;f&#232;rent se remplir les poches pour assurer leurs richesses et celles de leurs descendants et se foutent de ce que seront les descendants des autres. &lt;i&gt;Raha ho faty aho, matesa rahavana&#8230;&lt;/i&gt; je d&#233;teste ce dicton, mais il traduit tellement bien l'&#233;tat d'esprit de beaucoup. Si la qualit&#233; de l'&#201;ducation &#233;tait la m&#234;me partout &#224; Madagascar pourtant, beaucoup de fonctionnaires quitteraient Antananarivo de plein gr&#233;, pour travailler dans les r&#233;gions et m&#234;me &#224; la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre r&#233;flexion sur le futur statut de la langue fran&#231;aise (premi&#232;re langue dans le monde dans une trentaine d'ann&#233;es) me pousse &#224; croire que c'est l'une des raisons pour lesquelles, certains responsables du Minist&#232;re de l'&#201;ducation Nationale s'acharnent sur l'Enseignement priv&#233;. Nous le savons bien que maitriser le fran&#231;ais est imp&#233;ratif pour d&#233;crocher certains emplois. Donc au go&#251;t de certains, encore trop de personnes maitrisent cette langue : ceux issus de bonnes &#233;coles priv&#233;es (dont notamment certaines institutions catholiques). Je ne parle m&#234;me pas des &#233;coles homologu&#233;es, dont le co&#251;t se rapproche des &#233;coles fran&#231;aises. Vous comprenez ais&#233;ment que je r&#233;agisse au slogan &lt;i&gt;Fanabeazana mampiaty, taka-bidy ary tsara kalitao ho an'ny rehetra&lt;/i&gt;. Le rapport co&#251;t/qualit&#233; est tr&#232;s &#233;lev&#233;, pour avoir une bonne &#233;ducation, il n'y a pas d'autre alternative que de payer, g&#233;n&#233;ralement cher, dans le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'enseigner ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une de vos phrases m'a fait rire. Vous avez &#233;crit que &#171; l'&#233;l&#232;ve doit se contenter du peu que le prof leur a dit, sans pouvoir compl&#233;ter ses connaissances et alimenter sa r&#233;flexion par un manuel, voire contester la parole du prof &#187; : c'est cette derni&#232;re partie qui m'a fait rire en fait. Savez-vous que pour beaucoup d'&#233;l&#232;ves encore, surtout &#224; la campagne, la parole du prof est incontestable ? Et rares sont les enseignants qui disent &#224; leurs &#233;l&#232;ves que ce qu'ils disent peut &#234;tre contest&#233; et contestable. H&#233;ritage de la colonisation o&#249; l'enseignant est le ma&#238;tre ? H&#233;ritage de l'&#233;vang&#233;lisation d&#232;s le 19e si&#232;cle o&#249; le missionnaire ou l'&#233;vang&#233;liste enseigne l'incontestable &#171; v&#233;rit&#233; &#187; ? Il doit y avoir encore un peu de cela. Il n'y a que dans les grandes villes que les &#233;l&#232;ves contestent leurs profs, mais g&#233;n&#233;ralement par d&#233;fi, du fait de leur adolescence en qu&#234;te de rep&#232;res et de recherche de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ress&#233;e par votre exp&#233;rience par apport &#224; l'histoire locale &#224; retracer ensemble avec les &#233;l&#232;ves, voire les notables, les anciens&#8230; Ce que je ne comprends pas, c'est que lorsque les &#233;tudiants en histoire sont dans leurs cursus d'&#233;tudes, ils sont z&#233;l&#233;s dans les diff&#233;rentes recherches. Une fois en poste (qu'ils soient cap&#233;niens ou licenci&#233;s de la fac), on ne retrouve plus ce go&#251;t de la recherche, ni m&#234;me cette curiosit&#233; par rapport &#224; ce qui l'entoure. Il en r&#233;sulte, qu'en effet, l'&#233;cole forme alors des &#171; handicap&#233;s culturels &#187;. Je constate &#233;galement que bien des enseignants partagent les &#233;lucubrations de certains charlatans (vous savez de qui je parle) pendant les cours de malagasy notamment, mais &#233;galement d'histoire. Ne serait-il pas temps de sortir notre &#171; vraie &#187; histoire pour que tous les &#233;l&#232;ves la connaissent ? Il faudrait un socle commun (de connaissances, j'entends) pour tous les &#233;l&#232;ves de Madagascar et bien une partie locale comme vous le dites. Mais encore faudrait-il que le ou les enseignants connaisse(nt) l'histoire locale et aient envie de la conna&#238;tre. Je me souviens qu'en 1996, lors de l'incendie du Rova de Manjakamiadana, je venais d'&#234;tre affect&#233;e &#224; Antsiranana. Parlant de culture g&#233;n&#233;rale avec mes &#233;l&#232;ves, j'ai &#233;t&#233; &#233;tonn&#233;e du peu d'&#233;cho de l'&#233;v&#232;nement aupr&#232;s d'eux. Le Rova et la Royaut&#233; merina et m&#234;me des hautes terres ne leur disait rien. L'identit&#233; nationale a besoin de prendre ses racines dans une histoire commune qui renvoie &#224; des valeurs communes, au sentiment d'appartenance. J'ai d&#233;couvert d'ailleurs l&#224;-bas que ce sont les manifestations de &lt;i&gt;tromba&lt;/i&gt; qui entretiennent le &#171; racisme &#187; des Antakarana &#224; l'&#233;gard des Merina. J'ai consid&#233;r&#233; cela comme des souffrances du pass&#233; se retransmettant pour forger un inconscient collectif. Un travail de r&#233;conciliation, dans ces cas-l&#224; devrait se faire, mais &#224; la lumi&#232;re de l'histoire, la vraie histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, vous avez &#233;voqu&#233; la formation de cadres ruraux et de PME paysannes. Je me souviens effectivement des critiques acerbes de l'opinion publique quand aux r&#233;formes propos&#233;es par le MAP concernant l'&#201;ducation. C'&#233;tait le reflet d'une colonialisation bien men&#233;e, qui n'a de consid&#233;ration que pour les cols blancs. Les r&#233;gimes successifs n'ont pas fait grand-chose de concret pour valoriser le monde agricole. Ratsiraka a bien parl&#233; de fahavitan-tena ara-tsakafo mais il n'y avait que de la d&#233;magogie derri&#232;re tout cela. Nous savons que l'acc&#232;s &#224; la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re a toujours &#233;t&#233; un probl&#232;me : le manque de proc&#233;dures et de r&#232;gles pr&#233;cises, pour moi ne visent qu'&#224; favoriser certains et donc &#224; d&#233;favoriser d'autres. Maintenant comment mettre en place des coll&#232;ges et des lyc&#233;es agricoles qui formeront de bons techniciens et sp&#233;cialistes ? A la Convention Nationale de l'&#201;ducation, les participants avaient r&#233;clam&#233; le retour des jardins scolaires : je n'ai vu cela mentionn&#233; nulle part dans le document du CNE. Un jardin scolaire est le d&#233;but de l'amour du travail de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recherches pour l'enseignement du fran&#231;ais&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je peux peut-&#234;tre faire quelque chose pour les cours de fran&#231;ais que vous faites dispenser : j'ai particip&#233; &#224; l'&#233;laboration de manuels p&#233;dagogiques pour les instituteurs, dans le cadre du projet IFADEM/Madagascar (Initiative francophone pour la formation &#224; distance des ma&#238;tres). Il s'agit de 5 volumes destin&#233;s &#224; aider l'enseignant dans l'apprentissage du fran&#231;ais pour nos &#233;l&#232;ves. Bien que destin&#233; aux enseignants du primaire, les principes p&#233;dagogiques sont valables pour les autres niveaux. La version num&#233;rique de ces ouvrages est disponible sur &lt;a href=&#034;https://www.ifadem.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.ifadem.org&lt;/a&gt;. Le rapport d'&#233;valuation externe d'IFADEM &#224; Madagascar (2013-2014) a certes fait remarquer que le niveau des livrets &#233;tait trop &#233;lev&#233;, mais j'estime que ce qui y est propos&#233; peut d&#233;j&#224; aider dans un premier temps des personnes d&#233;sireuses d'avoir un bagage p&#233;dagogique pour l'apprentissage du fran&#231;ais et sur la mani&#232;re de mener un cours et de diversifier les activit&#233;s dans une classe de langue. Dans le cadre d'une recherche-action sur &#171; Le tutorat dans la formation Ifadem &#224; Madagascar : quelles difficult&#233;s ? quelles propositions ? &#187; (2015), nous avons pu revenir sur ce que nous avions fait (nous nous &#233;tions &#233;galement charg&#233;s de la formation des instituteurs, directeurs d'&#233;coles et chefs ZAP de la r&#233;gion d'Amoron'i Mania lors du projet initial, voulant par l&#224; &#233;viter la d&#233;perdition d'informations des formations en cascades ou les d&#233;formations d'informations) et cela a &#233;t&#233; une joie pour nous d'entendre de nos form&#233;s qu'ils ont partag&#233; leurs acquis, notamment aux enseignants Fram. Malheureusement, comme le projet IFADEM s'&#233;tait d&#233;roul&#233; pendant la transition, le Minist&#232;re a fait peu de cas de ce qui s'est fait, malgr&#233; toutes les f&#233;licitations dont l'&#233;quipe malgache a eu droit pour la qualit&#233; du travail, la bonne gouvernance et les innovations apport&#233;es par rapport aux autres pays ayant b&#233;n&#233;fici&#233; du m&#234;me projet. &lt;i&gt;Valalan'amboa&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat de ma coll&#232;gue donne beaucoup &#224; r&#233;fl&#233;chir. Je n'en retiendrai que le projet minist&#233;riel de favoriser l'acc&#232;s des handicap&#233;s &#224; l'&#233;cole publique. L'id&#233;e est bonne, mais sans doute bien pr&#233;matur&#233;e, alors que l'Etat n'a cr&#233;&#233; aucun Institut m&#233;dico-social et que les seuls organismes qui se sont vou&#233;s &#224; cette t&#226;che sont dus &#224; des initiatives priv&#233;es comme Les Orchid&#233;es Blanches des Ramaroson et comme les centres pour les malentendants et sourds-muets de l'Eglise Luth&#233;rienne d'Antsirabe et Antananarivo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans m'y attarder, je continue &#224; regretter que les organisateurs de cette Convention n'aient pas su d&#233;finir ce que sont respectivement l'&#233;ducation et l'enseignement, alors que le malgache distingue bien fanabiazana et fampianarana. Je regrette aussi que l'enseignement des humanit&#233;s malgaches en soit, me semble-t-il, totalement absent. Il est vrai que, pour beaucoup de technocrates, l'enseignement des humanit&#233;s est un luxe que nos soci&#233;t&#233;s modernes ne peuvent plus se permettre &#8211; une position largement d&#233;fendue par les milieux d'affaires comme aux Etats-Unis. A cette engeance, Martha Nussbaum, une universitaire am&#233;ricaine, r&#233;pond qu'au contraire, dans un monde de concurrence &#233;conomique mondialis&#233;e, les humanit&#233;s ont un int&#233;r&#234;t social et politique. Qu'ils lisent donc son livre Not for Profit. Why Democracy Needs the Humanities, Princeton &amp; Oxford, Princeton University Press, 2010. 178 p., qui ne co&#251;te que 23 Usd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le petit domaine de l'histoire qui est le mien, je constate que les programmes en classe de seconde, &#224; un moment important pour la formation des adolescents, sont parfaits pour former de bons petits n&#233;o-colonis&#233;s, des zana-bazaha, mais pas des citoyens de Madagascar ayant une bonne connaissance de l'unit&#233; nationale. Si les autorit&#233;s gouvernementales ne le font pas, l'enseignement continue &#224; former des personnes en situation d'handicap culturel qui risquent d'&#234;tre victimes de tous les charlatanismes religieux ou koultouralistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Domenichini&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;historien et anthropologue, est Professeur b&#233;n&#233;vole au Lyc&#233;e d'Andramasina&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Point de vue d'un historien de la soci&#233;t&#233;</title>
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		<dc:date>2016-01-15T04:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 15 Jan 2016 07:00:00 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



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&lt;p&gt;Accueillie par l'Acad&#233;mie Malgache le vendredi 12 d&#233;cembre 2015, l'Association des Anciens El&#232;ves de l'E.N.A. a organis&#233; une journ&#233;e de r&#233;flexion sur les questions et les probl&#232;mes que pose la Constitution &#224; Madagascar depuis la premi&#232;re Constitution de 1959 jusqu'&#224; la derni&#232;re de 2010. La constitution propose-t-elle un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; pour l'avenir ? Dans le combat s&#233;culaire qu'&#224; Madagascar, le Progr&#232;s fait &#224; la Tradition, beaucoup de juristes admettent que la loi &#8211; on peut le dire de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Opinions,091-.html" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accueillie par l'Acad&#233;mie Malgache le vendredi 12 d&#233;cembre 2015, l'Association des Anciens El&#232;ves de l'E.N.A. a organis&#233; une journ&#233;e de r&#233;flexion sur les questions et les probl&#232;mes que pose la Constitution &#224; Madagascar depuis la premi&#232;re Constitution de 1959 jusqu'&#224; la derni&#232;re de 2010. La constitution propose-t-elle un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; pour l'avenir ? Dans le combat s&#233;culaire qu'&#224; Madagascar, le Progr&#232;s fait &#224; la Tradition, beaucoup de juristes admettent que la loi &#8211; on peut le dire de la Constitution &#8211; organise l'avenir, alors que la Coutume ne fait qu'ent&#233;riner le pass&#233;. C'&#233;tait ce que nous disait Michel Alliot &#224; Paris en 1961. En serait-il bien ainsi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvrant la table ronde &lt;i&gt;Raison d'&#234;tre de la Constitution&lt;/i&gt;, M. Anaclet Imbiki, qui fut ministre de la Justice, a bien montr&#233; que l'histoire du droit constitutionnel dans la Grande Ile s'inscrit dans celle du droit fran&#199;ais. Dans l'Ancien R&#233;gime, les Parlements, peu &#224; peu cr&#233;&#233;s par les rois, appliquaient les coutumes r&#233;gionales et le Parlement de Paris &#233;tait &#171; le lieu o&#249; le Roy tient son lit de Justice, o&#249; il fait v&#233;rifier ses Edits &#187; (Antoine FURETIERE, &lt;i&gt;Dictionnaire Universel.&lt;/i&gt;.., La Haye/Rotterdam, Arnout et Reinier Leers, 1690, t. III, article Parlement). Le Parlement de Paris non seulement v&#233;rifiait les &#233;dits royaux, mais pouvait aussi les annuler, comme il le fit apr&#232;s la mort de Louis XIV d'un &#233;dit concernant la succession royale. Ce fut au cours de la r&#233;union des Etats-G&#233;n&#233;raux de 1789 que les d&#233;put&#233;s du Tiers-Etat consid&#233;rant qu'ils repr&#233;sentaient &#171; les quatre-vingt-seize centi&#232;mes au moins de la nation &#187;, se constitu&#232;rent en Assembl&#233;e constituante le 17 juin 1789. Rappelons aussi que le roi reconnut cette assembl&#233;e apr&#232;s le serment du Jeu de paume le 27 juin et qu'apr&#232;s la D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen et d'autres r&#233;formes, la premi&#232;re constitution fut adopt&#233;e le 3 septembre 1791. Par la suite, la France connut toute une s&#233;rie de constitutions dont les trois derni&#232;res organis&#232;rent la R&#233;publique, la Troisi&#232;me (1875), la Quatri&#232;me (1945) et la Cinqui&#232;me (1958). Ce sont ces derni&#232;res qui ont inspir&#233; les constitutionnalistes fran&#199;ais ou malgaches qui produisirent les constitutions de Madagascar de 1959 &#224; 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les observateurs pr&#233;sents, Honor&#233; Rakotomanana, ancien pr&#233;sident de la H.C.C., Alison Raharinarivonirina, professeur agr&#233;g&#233; de droit, et votre serviteur, historien et anthropologue, ont fait remarquer que les juristes qui se veulent techniciens du droit, en connaissent sans doute bien tous les rouages m&#233;caniques mais ignorent les liens qu'ils ont avec les circonstances de leurs formulations et plus g&#233;n&#233;ralement avec l'histoire. Rien ne nous fut dit de l'organisation du pouvoir, ne serait-ce que dans le Royaume de Madagascar au 19e si&#232;cle, ni des &lt;i&gt;fenitra&lt;/i&gt; (conventions anciennes) qui le r&#233;glaient, ni de la confection des lois nouvelles, ni du fonctionnement de la Justice. Tant il est vrai que, malheureusement, tout est fait administrativement pour occulter l'Histoire de Madagascar. M&#234;me dans l'enseignement universitaire, il me semble qu'il n'y a gu&#232;re que des sp&#233;cialistes du 20e si&#232;cle &#8211; sp&#233;cialisation qui conduit &#224; des carri&#232;res politiques mais assez peu scientifiques, sauf dans les instances ext&#233;rieures au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de lire le pr&#233;ambule de la Constitution de 2010 faisant appel &#224; &#171; la n&#233;cessit&#233; pour la soci&#233;t&#233; malagasy de retrouver son originalit&#233;, son authenticit&#233; et sa malgach&#233;it&#233;, et de s'inscrire dans la modernit&#233; du mill&#233;naire tout en conservant ses valeurs et principes fondamentaux traditionnels... &#187;. Un tel postulat semble bien sans aucune effectivit&#233;. Quant aux &#171; valeurs et principes fondamentaux &#187;, ils seraient : &#171; &lt;i&gt;ny fitiavana, ny fihavanana, ny fifanaj&#224;na, ny fitandroana ny aina&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Ny fitiavana&lt;/i&gt; ? &#199;a doit &#233;videmment plaire aux chr&#233;tiens de ce pays. &lt;i&gt;Ny fihavanana&lt;/i&gt; ? &lt;i&gt;Ny fifanaj&#224;na&lt;/i&gt; ? Les bonnes relations et le respect mutuel me semblent bien des valeurs universelles de toutes les soci&#233;t&#233;s. &lt;i&gt;Ny fitandroana ny aina&lt;/i&gt; ? S'agissant du respect de la vie, ce serait tout aussi bouddhiste ou encore universel mais, si tant est que le malgache de nos constitutionnalistes n'est pas &#233;l&#233;mentaire ou approximatif, fitandroana est plut&#244;t le soin &#233;go&#239;ste que l'on se porte &#224; soi-m&#234;me. Nous sommes en fait plut&#244;t dans une forme de logomachie qui ne va pas au-del&#224; de la satisfaction du nationalisme malgacho-malgache enferm&#233; dans son seul discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me table ronde de la journ&#233;e de r&#233;flexion &lt;i&gt;Ecriture et r&#233;&#233;criture&lt;/i&gt; de la Constitution, M. Rajaonarivelo Th&#233;og&#232;ne, l'un des deux r&#233;dacteurs de la Constitution, nous pr&#233;senta la formation et l'histoire du CCC, le comit&#233; consultatif charg&#233; de la r&#233;daction d'une proposition de texte final. Selon cet orateur, c'est le contexte de &#171; crise &#187; qui imposait de l&#233;gitimer le pouvoir d'Andry Rajoelina, Pr&#233;sident de la Haute Autorit&#233; de la Transition (HAT), dont la grande l&#233;gitimit&#233;, &#224; l'entendre, se trouverait dans le fait qu'il &#233;tait maire d'Antananarivo. On comprend qu'&#224; la diff&#233;rence des historiens et politologues, il utilise le mot &#171; crise &#187; pour masquer ce qui est bien reconnu comme un coup d'Etat (S. RANDRIANJA (&#233;d.), &lt;i&gt;Madagascar, le coup d'&#233;tat de mars 2009&lt;/i&gt;, Paris, Karthala, 2012) ou au moins pour un &#171; coup de force &#187;. Serait-ce pour masquer ses pr&#233;f&#233;rences politiques qu'il dit qu'il ne s'agissait seulement pour la CCC que de mettre en &#339;uvre un proc&#233;d&#233; technique. Un travail en fait administratif qui, quant &#224; lui, lui demanda &#171; un effort intellectuel tr&#232;s formalis&#233; &#187; ! On saura tout. Apr&#232;s le cong&#233;diement des Assembl&#233;es &#8211; ce que ne font pas tous les organisateurs et b&#233;n&#233;ficiaires des coups d'Etat en Afrique qui, de ce fait, continuent &#224; b&#233;n&#233;ficier de l'aide et des fonds de la Communaut&#233; internationale &#8211;, c'est bien une d&#233;cision unilat&#233;rale du gouvernement HATif qui mit en route tout le processus du th&#233;&#226;tre des r&#233;unions, des conf&#233;rences r&#233;gionales et de la conf&#233;rence nationale, avec ses indispensables retour sur le terrain pour v&#233;rifier que les choix qui avaient &#233;t&#233; faits recevraient l'accord de la majorit&#233; des &#233;lecteurs. Pour nous en signifier tout le s&#233;rieux, ces retours sur terrain, forme de tourisme administratif au frais du contribuable, &#233;taient des &#171; ballades &#187;, comme nous le dit l'orateur. Finalement, le texte propos&#233; par le CCC fut compl&#233;t&#233; &#224; la demande du pr&#233;sident HATif pour interdire juridiquement toute contestation ou tout amendement. Moins qu'un projet de soci&#233;t&#233;, c'&#233;tait un projet de vie et de carri&#232;re personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien dire toutefois que, s'inspirant de ce qui s'&#233;tait fait dans d'autres pays et encore des pays en voie de d&#233;veloppement, la Constitution a reconnu toutes les libert&#233;s fondamentales (art. 10) et qu'elle y a ajout&#233; des &#171; droits de &#187; et des &#171; droits &#224; &#187;, droit au logement, droit &#224; un revenu pour vivre quel que soit l'&#226;ge, droit pour les handicap&#233;s physiques ou mentaux, etc. Il est &#233;vident que ce sont les pays d'Occident qui sont copi&#233;s et que les constitutions de certains (Japon, Allemagne, Italie) furent dict&#233;es et impos&#233;es par les puissances victorieuses de la seconde guerre mondiale. Des exemples que l'on peut trouver dans le monde actuel, nos constitutionnalistes ont donc &#233;limin&#233; tout ce qui ne correspondait pas &#224; leur mod&#232;le : la Chine, la Cor&#233;e du Sud, Singapour, le Vi&#234;t-Nam, la Tha&#239;lande... et l'Ethiopie qui pourtant, depuis des ann&#233;es, r&#233;ussit une croissance &#233;conomique &#224; deux chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une remarque d'orateur en a implicitement donn&#233; la raison : il s'agit des pressions de la communaut&#233; internationale. Je dirais donc une communaut&#233; internationale tr&#232;s limit&#233;e aux pays d'Occident et aux colonies qu'ils auraient toujours sous tutelle. Il semble bien que beaucoup sont toujours victimes de ce qu'une de mes amies a appel&#233; le Syndrome de Berlin, depuis qu'en 1885 le monde avait &#233;t&#233; partag&#233;. On a pu voir que ce Syndrome colonial puis n&#233;ocolonial ne s'applique pas seulement aux Constitutions. Si Madagascar a d&#233;cid&#233; d'utiliser des sachets en plastique biod&#233;gradable, ce serait &#224; la suite de ces pressions. Notre orateur ignorait globalement et les raisons de cette d&#233;cision, et les conditions politiques de sa r&#233;alisation, et l'initiative d'un Malgache qui, pour ce faire, a cr&#233;&#233; une belle usine &#224; Ambohimalaza. Ni l'Onu ni l'Union Europ&#233;enne n'y sont pour quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un magistrat victime du Syndrome de Berlin, il peut arriver de croire que, comme du temps de la colonisation et du Code civil Napol&#233;on, le droit distingue toujours les enfants l&#233;gitimes des enfants adult&#233;rins, alors que la loi Ramangasoavina a bien &#233;tabli en 1963 qu'un homme avait les m&#234;mes devoirs &#224; l'&#233;gard de tous ses enfants, qu'ils soient n&#233;s hors mariage ou pas. Le technicien du droit en ignorait-il l'histoire &#224; Madagascar ? Les &#171; enfants de la jeunesse &#187;, comme disaient les hommes il y a 50 ans, ont aujourd'hui les m&#234;mes droits que les enfants l&#233;gitimes pour leur entretien, leur &#233;ducation et leur h&#233;ritage. J'en sais m&#234;me qui apparaissent maintenant sur les faire-part de d&#233;c&#232;s de leur p&#232;re. Les temps ont chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un autre magistrat victime du m&#234;me Syndrome, il appara&#238;t que l'enregistrement dans la Constitution de 2010 des &#171; droits de &#187; que j'ai d&#233;j&#224; cit&#233;s, est un &#171; progr&#232;s &#187; dans un monde d'ignorance. Ce citadin de la capitale ignore ce que sont les ressorts efficaces de la soci&#233;t&#233; actuelle &#8211; notamment dans notre monde rural majoritaire &#8211; et les moyens d'agir de certains citoyens et d'habitants de ce pays. D'une part, la notion ou le slogan de &#171; &lt;i&gt;fandrosoana&lt;/i&gt; &#187; ne fait plus maintenant recette dans la campagne que je connais, comme pour les lyc&#233;ens auxquels j'enseigne l'histoire de leurs anc&#234;tres proches ou lointains. D'autre part, lui est ignor&#233;e l'existence d'un certain nombre d'entrepreneurs politiques et politiciens disposant de milliards d'ariary, voire de dollars ou d'euros, qui sont pr&#234;ts &#224; financer un nouveau coup d'Etat comme le fut celui de 2009. Qu'un petit jeune appelle le peuple pauvre de la capitale pour exiger de l'Etat, sur la base de l'art. 30, un revenu universel comme il existe en Finlande, ce petit jeune pourra devenir chef de l'Etat avec peut-&#234;tre l'appui d'un archev&#234;que et d'un intellectuel j&#233;suite. Mais il n'aura r&#233;ussi &#224; lui donner que le fruit du pillage des grands magasins et des petites boutiques. Il pourra ensuite attribuer &#224; ses soutiens, disons &#224; ses souteneurs, une large et abondante r&#233;tribution de leur apport en investissement, comme le veut la nouvelle coutume du coup d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De &lt;i&gt;panel&lt;/i&gt;, qui veut coloniser ma langue, je n'ai trouv&#233; que panneau qui devra avoir un f&#233;minin comme beau et belle, veau et velle &#8211;, donc de la pannelle affichant les participants &#224; la deuxi&#232;me table ronde, je retiens une communication tr&#232;s originale et passionnante pour un &#233;tudiant en droit constitutionnel. L'auteur nous d&#233;montre comment la Constitution de 1991 &#224; 1998 vit la mise en &#339;uvre d'une v&#233;ritable fraude qu'invent&#232;rent les juristes. Sans doute fallait- il que, pour reconna&#238;tre la tromperie et la falsification, son auteur Laza Andrianirina f&#251;t un ancien officier de gendarmerie &#8211; anciennet&#233; rare chez ceux qui pourraient encore porter des chapeaux carr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me table ronde &lt;i&gt;Mise en &#339;uvre de la Constitution&lt;/i&gt; portait sur l'interpr&#233;tation du droit constitutionnel avec Jean-Eric Rakotoarisoa et Andrianaivo Ravelona Rajaona. Il n'y a rien &#224; dire des communications qu'ils firent et des r&#233;ponses qu'ils apport&#232;rent aux questions qui leur furent pos&#233;es. Il n'y a rien &#224; dire, parce que leurs expos&#233;s et leurs r&#233;ponses &#233;taient bien pens&#233;es et bien construites et parfaitement compr&#233;hensibles pour quiconque n'avaient pas encore commenc&#233; l'&#233;tude du droit. Il faudra lire et peut-&#234;tre m&#234;me relire ce qu'ils ont dit, quand les actes de cette journ&#233;e de r&#233;flexion para&#238;tront. Le savoir dire, le savoir faire, l'exp&#233;rience de plusieurs d&#233;cennies de travail dans le domaine, voil&#224; les exemples &#224; donner &#224; nos jeunes &#233;tudiants. Les moins jeunes qui tenteraient l'aventure, y arriveront-ils jamais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la derni&#232;re table ronde &lt;i&gt;Avenir de la Constitution&lt;/i&gt;, je ne retiendrai d'abord que la communication de Juvence Ramasy, en ce moment, si je ne me trompe, dircab du pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e Nationale, sur &#171; Arm&#233;e et Constitution : le cas de Madagascar &#187;. On sait que cet universitaire internationalement reconnu a depuis des ann&#233;es consacr&#233; ses travaux &#224; la place que l'arm&#233;e a occup&#233;e dans la vie politique malgache sous les R&#233;publiques. On ne pouvait trouver meilleur analyste d'un sujet trop souvent consid&#233;r&#233; comme trop technique ou dangereux par les historiens et trop souvent maltrait&#233; &#224; partir de st&#233;r&#233;otypes utilis&#233;s pour des situations africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajouterai enfin la communication de Ketakandriana Rafitoson, porte-parole de la soci&#233;t&#233; civile et qui voudrait que l'existence de celle-ci soit enregistr&#233;e dans la future Constitution. Pour ce faire, elle a trouv&#233;, dit-elle, un excellent mod&#232;le, la Constitution du Venezuela. Quand on sait que Chavez et son successeur ont ruin&#233; le pays, on voit bien qu'une bonne Constitution ne pr&#233;dit pas un avenir radieux. De plus, ce mod&#232;le comporte quelque 650 articles. On ne voit pas comment r&#233;aliser le souhait de plusieurs orateurs et intervenants d'avoir une Constitution courte, compr&#233;hensible et connue de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a constat&#233; plusieurs fois qu'il arrive aux faiseurs de Constitution de r&#234;ver et de d&#233;velopper une utopie quand ce n'est pas, comme on le constate pour celle de 2010, la technique moderne du copier/coller qui autorise tous les patchworks ou &lt;i&gt;bemiray&lt;/i&gt; possibles. La recherche en histoire malgache et en histoire du droit &#224; Madagascar pourrait aider les &#233;tudiants en droit &#224; conna&#238;tre leur pays mieux qu'avec les st&#233;r&#233;otypes habituels du discours colonial ou n&#233;ocolonial, &#224; comprendre pourquoi les diff&#233;rentes Constitutions n'ont pas pu r&#233;sister &#224; l'usure d'un seul chef d'Etat. La recherche actuelle montre aujourd'hui qu'il faudrait des historiens et des sp&#233;cialistes des sciences sociales dans les comit&#233;s de r&#233;daction, les juristes n'&#233;tant l&#224; que pour trouver les bonnes formulations. Et puisque, dans le contexte de la mondialisation, les cultures des populations n'admettent pas de simplement dispara&#238;tre et de c&#233;der la place &#224; celle qu'on leur veut imposer, peut-&#234;tre &#224; envisager ce que pourrait &#234;tre une Constitution malgache durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Jean-Pierre Domenichini, historien anthropologue, membre titulaire de l'Acad&#233;mie Malgache&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Plagiat ou inspiration partag&#233;e</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Plagiat-ou-inspiration-partagee,21696.html</link>
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		<dc:date>2015-12-09T04:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 09 Dec 2015 07:00:00 +0300</pubDate>

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		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il y a quelques jours, le premier ministre Laurent Fabius remplissant pour la circonstance les fonctions de Pr&#233;sident de la COP21 &#233;voquait au cours de son discours un point qui devait particuli&#232;rement attirer notre attention, nous citons : &#171; Sur le c&#244;t&#233; gauche de la photo, un arbre qui a perdu toutes ses feuilles, remplac&#233;es par des sacs plastiques, une sorte de squelette dans un environnement devenu inhumain &#187;. Il venait de d&#233;crire l'&#339;uvre de LANDO, l'artiste peintre malgache, intitul&#233; &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Culturel,009-.html" rel="directory"&gt;Culturel&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a quelques jours, le premier ministre Laurent Fabius remplissant pour la circonstance les fonctions de Pr&#233;sident de la COP21 &#233;voquait au cours de son discours un point qui devait particuli&#232;rement attirer notre attention, nous citons : &#171; Sur le c&#244;t&#233; gauche de la photo, un arbre qui a perdu toutes ses feuilles, remplac&#233;es par des sacs plastiques, une sorte de squelette dans un environnement devenu inhumain &#187;. Il venait de d&#233;crire l'&#339;uvre de LANDO, l'artiste peintre malgache, intitul&#233; &#171; Syndrome de l'&#238;le de P&#226;ques &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;En effet, il y a un peu plus de deux ans (2013), &#224; Madagascar, un mouvement citoyen principalement compos&#233; d'artistes plasticiens s'est mobilis&#233; sous l'impulsion du collectionneur d'art Michel D. Ramiaramanana, lequel exerce &#233;galement la fonction de Commissaire G&#233;n&#233;ral de la Biennale des Arts de l'Oc&#233;an Indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, celui-ci ayant conceptualis&#233; depuis plusieurs d&#233;cennies le r&#233;current mal social et culturel malgache sous l'intitul&#233; &#171; Syndrome de l'&#238;le de P&#226;ques &#187;, a pass&#233; commande d'une &#339;uvre picturale sur ce th&#232;me sp&#233;cifique aupr&#232;s de l'artiste peintre malagasy d'origine betsileo d&#233;nomm&#233; Orlando Rabehiandrina Andriamampihantona et portant le nom d'artiste de LANDO.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous empressons de pr&#233;ciser que cet artiste vit au fin fond de la brousse malgache, univers o&#249; la fracture num&#233;rique est encore r&#233;elle avec un acc&#232;s inconnu et impossible &#224; Internet. A l'inverse, ces coreligionnaires europ&#233;ens vivent dans un monde o&#249; la modernit&#233; le dispute &#224; la profusion artistique et contrairement &#224; ceux-ci, il n'a pas eu occasion de se familiariser avec les diff&#233;rentes &#233;coles de peinture qui ont eu cours durant les si&#232;cles pass&#233;s ; effectivement, pour ces peintres europ&#233;ens, il est loisible de d&#233;couvrir les grands ma&#238;tres de la peinture par une simple visite &#8211; gr&#226;ce &#224; des dispositions prises en son temps par l'Empereur Napol&#233;on &#8211; des multiples salons en enfilades existant au palais du Louvre. Madagascar ne dispose malheureusement pas d'un tel panth&#233;on artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat visuel de cette &#339;uvre originale, sign&#233; par le peintre LANDO, pr&#233;sent&#233;e publiquement &#224; la Biennale des Arts de l'Oc&#233;an Indien, qui s'est tenue du 14 au 17 novembre 2013 au Parc des Expositions Forello Madagascar, a &#233;t&#233; repris ult&#233;rieurement, d'une part, comme mod&#232;le pour les affiches de l'&#233;dition 2015 de la Biennale des Arts de l'Oc&#233;an Indien et, d'autre part, comme th&#232;me majeur d'inspiration pour une pl&#233;iade d'artistes qui vont selon leur inspiration respective d&#233;cliner cette th&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce th&#232;me et variations sur le &#171; Syndrome de l'&#238;le de P&#226;ques &#187; est actuellement largement repris sur les r&#233;seaux sociaux et chacun admettra qu'il y a pour le moins une communaut&#233; d'inspiration, notamment s'agissant de l'arbre effeuill&#233;, les sachets en plastique s'&#233;tant substitu&#233; aux feuilles, l'ensemble &#233;tant resitu&#233; dans la d&#233;solation d'un paysage d&#233;sertique (voir la reproduction des &#339;uvres ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle nous commande d'admettre l'ant&#233;riorit&#233; de l'&#339;uvre malgache et l'appr&#233;ciation artistique universelle nous conduire &#224; relever qu'une pr&#233;occupation plan&#233;taire pessimiste quant au devenir de la biodiversit&#233; dans le monde aura fait cheminer deux artistes l'un de l'h&#233;misph&#232;re sud l'autre de l'h&#233;misph&#232;re nord vers une conclusion graphique similaire ayant pour objectif d'alerter et marquer tous ces grands esprits rassembl&#233;s &#224; Paris, que nous esp&#233;rons &#233;clair&#233;s, pour un bon aboutissement de la COP 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/P1-294.jpg&#034; width=&#034;100%&#034; class=&#034;no_image_filtrer&#034; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:center&#034;&gt; &lt;strong&gt;Photo pr&#233;sent&#233;e &#224; la COP21. Artiste inconnu&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&#034;http://www.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/P2-209.jpg&#034; width=&#034;100%&#034; class=&#034;no_image_filtrer&#034; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:center&#034;&gt; &lt;strong&gt;Tableau peint et sign&#233; par LANDO, intitul&#233; &#171; Syndrome de l'&#206;&#238;le de P&#226;ques &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les premiers miracles au quotidien</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Les-premiers-miracles-au-quotidien,19961.html</link>
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		<dc:date>2014-05-24T05:42:00Z</dc:date>

      <pubDate>Sat, 24 May 2014 08:42:00 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



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&lt;p&gt;Petit &#224; petit, la IVe R&#233;publique s'installe. Tous ceux qui &#233;coutent les radios &#233;vang&#233;liques o&#249; on leur r&#233;p&#232;te en boucle l'existence d'un Andriamanitra mahagaga, de fa&#231;on aussi r&#233;p&#233;titive que les kolondoy des rituels traditionnels, voudraient tout avoir tout de suite gr&#226;ce &#224; un Prezid&#224; mahagaga, et sont impatients de conna&#238;tre ce qu'il va faire. Mais le Prezid&#224; n'est pas mahagaga. Il n'a pas promis de donner une 4L &#224; chaque citoyen malgache, ne pouvant pas comme les mpiandry poser ses mains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petit &#224; petit, la IVe R&#233;publique s'installe. Tous ceux qui &#233;coutent les radios &#233;vang&#233;liques o&#249; on leur r&#233;p&#232;te en boucle l'existence d'un &lt;i&gt;Andriamanitra mahagaga&lt;/i&gt;, de fa&#231;on aussi r&#233;p&#233;titive que les &lt;i&gt;kolondoy&lt;/i&gt; des rituels traditionnels, voudraient tout avoir tout de suite gr&#226;ce &#224; un &lt;i&gt;Prezid&#224; mahagaga&lt;/i&gt;, et sont impatients de conna&#238;tre ce qu'il va faire. Mais le &lt;i&gt;Prezid&#224;&lt;/i&gt; n'est pas &lt;i&gt;mahagaga&lt;/i&gt;. Il n'a pas promis de donner une 4L &#224; chaque citoyen malgache, ne pouvant pas comme les &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; poser ses mains sur le &lt;i&gt;vatomasina&lt;/i&gt; de Mahamasina et satisfaire tout de suite tous les d&#233;sirs de tout le monde. Il ne peut obtenir que, comme les cloches revenant de Rome au moment de P&#226;ques, les cloches revenant de l'Orient d&#233;mocratique apr&#232;s les &#233;lections d&#233;posent &#224; chacun un cadeau dans sa cour au moment o&#249; le soleil se l&#232;ve. D'ailleurs, une r&#233;cente enqu&#234;te faite par l'Usaid montre qu'&#224; la campagne, les gens n'attendent pas particuli&#232;rement une automobile. Ce qui est d&#233;sir&#233;, par ordre de priorit&#233;, c'est d'abord une maison. Ensuite et nomm&#233;ment, ce serait une moto ou un scout&#232;re sans pr&#233;f&#233;rence pour une marque, quelle qu'en soit le nom. Et enfin un abonnement &#224; CanalSat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Prezid&#224;&lt;/i&gt; ne donnera pas une maison &#224; chacun, ni un abonnement &#224; CanalSat, ni un scout&#232;re. Et pourtant, je vois bien un miracle dans l'importance accord&#233;e &#224; soigner le pays, esp&#233;rant sans doute &#224; en commencer la gu&#233;rison. On avait bien vu le Pr&#233;sident H&#226;tif se rendre &#224; Duba&#239;, en Chine et &#224; Maurice, comme un commis-voyageur pour essayer de vendre des contrats miniers qu'il avait emport&#233; dans ses bagages, sans r&#233;ussir autre chose que s'acheter quelques petites choses comme au moins deux villas franches &#224; Maurice. Ce n'est pas le mod&#232;le de notre &lt;i&gt;Prezid&#224;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme un m&#233;decin que l'on r&#233;veille la nuit et qui se d&#233;place aussit&#244;t pour aller soigner des malades, il est all&#233; par deux fois, si je ne me trompe, pour secourir un malade &#224; l'agonie, victime de la fi&#232;vre orange &#8211; de la m&#234;me couleur que la derni&#232;re R&#233;volution. Il avait d&#233;j&#224; remis en place le syst&#232;me de s&#233;curit&#233;. Mais &#231;a ne suffisait pas. Le laboratoire pharmaceutique lui a indiqu&#233; que pour obtenir sinon la gu&#233;rison d&#233;finitive du moins la r&#233;mission, il lui fallait &#224; la fois assurer la p&#233;rennit&#233; de la s&#233;curit&#233; et l'&#233;limination, voire l'&#233;radication, du facteur infectieux. C'est chose faite. Primo, le vice-pr&#233;sident de la Banque Mondiale a donc, par une assistance sonnante et tr&#233;buchante, fourni le financement pour p&#233;renniser l'avenir de Nosy-Be. Secundo, un grand magistrat du lieu est sur le d&#233;part. Dans la lutte contre l'ins&#233;curit&#233; et la corruption, c'est quasiment d&#233;j&#224; un miracle. La fi&#232;vre orange est &#233;limin&#233;e. Le tourisme &#224; Nosy-Be va pouvoir se ressusciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-ce un autre miracle que son passage sur le &lt;i&gt;vatomasina&lt;/i&gt; de Mahamasina qui nous fait maintenant d&#233;couvrir les richesses cach&#233;es de ce pays. Ce n'est pas ce qu'attendent nos campagnards qui n'ont pas encore leur scout&#232;re, mais c'est ce qu'attendent impatiemment les citadins qui consomment all&#232;grement gazole et essence dans les embouteillages de la capitale et de sa banlieue et qui se plaisent &#224; polluer la ville comme le faisaient autrefois les Fibata socialistes. Les recherches sont anciennes. Avec toute sa brillance politique, Didier Ratsiraka n'avait r&#233;ussi qu'&#224; nous permettre d'utiliser gratuitement le fameux goudron de Bemolanga &#8211; ce goudron rouge de la m&#234;me couleur que sa R&#233;volution &#8211; avec lequel on comblait les nids de poule et les nids d'autruche de nos nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble bien que nous entrions dans un autre monde. Dans la Grande &#206;le, une quinzaine de p&#233;troliers sont &#224; la recherche de leurs gisements. On conna&#238;t bien Total que l'on critique avec assiduit&#233;. On conna&#238;t aussi Madagascar Oil que l'on ne sait critiquer. Il y a maintenant ExxonMobil dont on a avec horreur entendu parler quand le &lt;i&gt;Pr&#233;zid&#224;&lt;/i&gt; &#233;tait &#224; New-York. On ne sait si Total va pers&#233;v&#233;rer dans sa recherche. Madagascar Oil, quant &#224; elle, est sur un gisement qui lui fournit un p&#233;trole industriel dont on ne pourra faire de l'essence mais qui a des d&#233;bouch&#233;s assur&#233;s dans le monde de l'industrie et des transports maritimes. Quant &#224; ExxonMobil au large de la c&#244;te Nord-Ouest, ses recherches sont en bonne voie avec, disent-ils, 90% de chance de trouver du p&#233;trole et du gaz en quantit&#233;. L'un de ses projets est aussi de faire former des ing&#233;nieurs malgaches dans une sp&#233;cialit&#233; p&#233;troli&#232;re &#224; Polytechnique. Dans le domaine de la formation-d&#233;veloppement, la r&#233;ussite s'annonce assur&#233;e &#224; 100%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois connus les r&#233;sultats de l'&#233;lection, tous ceux qui attendaient imm&#233;diatement des actions d'&#233;clat, ont &#233;t&#233; d&#233;&#231;us. Les 100 jours d'&#233;tat de gr&#226;ce que l'Europe accorde &#224; ses nouveaux &#233;lus &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat sont pass&#233;s sans les d&#233;cisions attendues. C'est qu'&#224; Madagascar, ce n'&#233;tait pas une alternative normale dans un pays d&#233;mocratique. Voulant continuer &#224; braconner, les sortants esp&#233;raient bien continuer &#224; b&#233;n&#233;ficier du stade supr&#234;me de la pr&#233;dation qu'ils avaient mis en place sur un socle de corruption quasi g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Pi&#233;g&#233;e par les H&#226;tifs, la d&#233;mocratie pouvait &#234;tre mort-n&#233;e. Et ce ne sont pas des actions d'&#233;clat qui &#233;taient possibles. Il fallait agir lentement et attendre que les sortants se fatiguent et commencent &#224; comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne serait-ce pas quand m&#234;me un &lt;i&gt;Prezid&#224; mahagaga&lt;/i&gt; ? M&#234;me s'il ne parle pas aux oiseaux comme Saint-Fran&#231;ois, on peut commencer &#224; y croire, &#224; condition de n'attendre que des miracles &#224; taille humaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les mauvaises habitudes</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Les-mauvaises-habitudes,19624.html</link>
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		<dc:date>2014-02-07T07:30:00Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 07 Feb 2014 10:30:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Votre gazette en ligne pr&#233;f&#233;r&#233;e a pr&#233;sent&#233; la r&#233;union qui, hier, avec le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, a tenu une conf&#233;rence sur la question du bois de rose. Vu par les lecteurs, l'essentiel en a &#233;t&#233; dit. Vu de l'int&#233;rieur, il faut dire qu'un danger y est apparu qu'il est d'autant plus de mon devoir de signaler que l'on m'a accus&#233; d'&#234;tre trop rapidement &lt;&lt; optimiste &gt;&gt;. Il y a des faits du pass&#233; qu'il faut conna&#238;tre pour comprendre l'avenir qui nous attend. En politique aussi, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Votre gazette en ligne pr&#233;f&#233;r&#233;e a pr&#233;sent&#233; la r&#233;union qui, hier, avec&lt;br class='autobr' /&gt;
le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, a tenu une conf&#233;rence sur la question&lt;br class='autobr' /&gt;
du bois de rose. Vu par les lecteurs, l'essentiel en a &#233;t&#233; dit. Vu de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'int&#233;rieur, il faut dire qu'un danger y est apparu qu'il est d'autant&lt;br class='autobr' /&gt;
plus de mon devoir de signaler que l'on m'a accus&#233; d'&#234;tre trop&lt;br class='autobr' /&gt;
rapidement &lt;&lt; optimiste &gt;&gt;. Il y a des faits du pass&#233; qu'il faut&lt;br class='autobr' /&gt;
conna&#238;tre pour comprendre l'avenir qui nous attend. En politique&lt;br class='autobr' /&gt;
aussi, la d&#233;marche du cam&#233;l&#233;on est la plus n&#233;cessaire - celle de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'historien qui aimerait aussi comprendre les turbulences ou les&lt;br class='autobr' /&gt;
calmes plats de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je disais hier que le g&#233;n&#233;ral qui commande la gendarmerie avait de&lt;br class='autobr' /&gt;
fort mauvaises habitudes, qui en faisaient une personne dangereuse. Je&lt;br class='autobr' /&gt;
disais aussi que s'il avait propos&#233; de d&#233;missionner, il ajoutait&lt;br class='autobr' /&gt;
aussit&#244;t qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; rester. On pouvait comprendre qu'il avait&lt;br class='autobr' /&gt;
entretemps re&#231;u des conseils ou des consignes et que la strat&#233;gie&lt;br class='autobr' /&gt;
h&#226;tive d'arri&#232;re-garde pr&#233;f&#233;rait sans doute qu'il continue &#224; rester &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en avoir en quelque sorte la confirmation dans la r&#233;union sur&lt;br class='autobr' /&gt;
le bois de rose o&#249; il y avait beaucoup de monde, de civils des&lt;br class='autobr' /&gt;
minist&#232;res et de g&#233;n&#233;raux. Ce que des participants ont remarqu&#233; et&lt;br class='autobr' /&gt;
trouvaient insupportable, ce fut le comportement de ce gendarme qui ne&lt;br class='autobr' /&gt;
sait pas ce qu'est un chef d'&#201;tat en d&#233;mocratie. Un officier qui n'a&lt;br class='autobr' /&gt;
pas appris le minimum de savoir-vivre dans une r&#233;union officielle,&lt;br class='autobr' /&gt;
quand il se trouve en pr&#233;sence du Pr&#233;sident de la R&#233;publique &#233;lu au&lt;br class='autobr' /&gt;
suffrage universel. Il le traitait sans respecter la fonction de Hery&lt;br class='autobr' /&gt;
Rajaonarimampianina, m'a-t-on dit, comme si c'&#233;tait l'un de ses&lt;br class='autobr' /&gt;
sous-officiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer ce comportement ? Il pourrait rappeler celui des&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Mainty enin-dreny&lt;/i&gt; d'Ambohimitsimbina qui, &lt;i&gt;mpitaiza&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;poque&lt;br class='autobr' /&gt;
royale, &#233;duquaient les &lt;i&gt;Zanak'Andriana&lt;/i&gt; et les prot&#233;geaient ensuite&lt;br class='autobr' /&gt;
contre tous les dangers. Ce gendarme s'est-il vou&#233; corps et &#226;me au&lt;br class='autobr' /&gt;
service du &lt;&lt; petit &gt;&gt;, comme on l'appelle dans la communaut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
internationale, et est-il pr&#234;t &#224; tout pour le maintenir &#224; son poste ?&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut remarquer aussi qu'il a &#224; l'&#233;gard du Pr&#233;sident un comportement&lt;br class='autobr' /&gt;
identique ou analogue &#224; celui du &lt;&lt; petit &gt;&gt; lors de la passation du&lt;br class='autobr' /&gt;
pouvoir. Le &lt;&lt; petit &gt;&gt; se sent toujours &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
gendarme l'admettrait-il sans trouble ni tourment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unie mardi soir, la communaut&#233; internationale - laquelle estime que&lt;br class='autobr' /&gt;
Madagascar n'a pas 20 ou 22 millions d'habitants, mais plut&#244;t entre 25&lt;br class='autobr' /&gt;
et 30 millions -, la communaut&#233; internationale donc a fait ses comptes&lt;br class='autobr' /&gt; : c'est 3 milliards de dollars qu'elle pourrait d&#233;verser sur la Grande&lt;br class='autobr' /&gt;
&#206;le dans l'ann&#233;e qui vient. Une grande partie pourrait &#234;tre d&#233;caiss&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
quasiment tout de suite. C'est &#224; la fois une bonne nouvelle et une&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelle dangereuse. Bonne, car cet argent pourrait remettre&lt;br class='autobr' /&gt;
Madagascar en route sur la voie du d&#233;veloppement. Dangereuse, car elle&lt;br class='autobr' /&gt;
risque de provoquer beaucoup de tentations dans le milieu h&#226;tif qui a&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;t&#233; sevr&#233; depuis cinq ans par les bailleurs de fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la communaut&#233; internationale juge-t-elle la situation malgache&lt;br class='autobr' /&gt; ? De son enqu&#234;te d'opinion, personne n'y est optimiste ni pessimiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous sont &lt;&lt; r&#233;alistes &gt;&gt;. Leurs aides seront donc accompagn&#233;es de&lt;br class='autobr' /&gt;
conditionnalit&#233;s. On sait d&#233;j&#224; les principales : que disparaissent de&lt;br class='autobr' /&gt;
la sc&#232;ne politique tous les pr&#233;dateurs et tous les illettr&#233;s (&lt;i&gt;izay&lt;br class='autobr' /&gt;
nanadino ny abidia&lt;/i&gt;) qui croyaient &#234;tre des d&#233;mocrates. Leur r&#233;alisme&lt;br class='autobr' /&gt;
et les informations de leurs services de renseignements leur font m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
craindre que la s&#233;curit&#233; du Pr&#233;sident ne soit un jour prise en d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que le Pr&#233;sident de la R&#233;publique doit agir vite et&lt;br class='autobr' /&gt;
s'entourer vite d'une &#233;quipe de comp&#233;tences. Il a d&#233;j&#224; autour de lui&lt;br class='autobr' /&gt;
une &#233;quipe. Elle est compos&#233;e de son &#233;quipe constitu&#233;e pour la&lt;br class='autobr' /&gt;
campagne &#233;lectorale. Mais faire gagner une &#233;lection n'est pas la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;f&#233;rence d'excellence pour former une &#233;quipe de gouvernement. S'il&lt;br class='autobr' /&gt;
veut r&#233;ussir, il lui faut au plus t&#244;t constituer cette &#233;quipe avec des&lt;br class='autobr' /&gt;
gens qui sont pr&#234;ts &#224; soutenir une marche vers la d&#233;mocratie et qui&lt;br class='autobr' /&gt;
lui ont dit que surtout - c'est vrai, il y en a - ils ne cherchaient&lt;br class='autobr' /&gt;
aucune place, aucune &lt;i&gt;seza&lt;/i&gt;. Il lui faut aussi d'une certaine fa&#231;on&lt;br class='autobr' /&gt;
&#234;tre rigide dans ses d&#233;cisions. D'&#234;tre &lt;i&gt;masiaka&lt;/i&gt;, comme on le disait&lt;br class='autobr' /&gt;
des Andriamasinavalona au 19e si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la transition h&#226;tive &#224; la transition d&#233;mocratique</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/De-la-transition-hative-a-la,19617.html</link>
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		<dc:date>2014-02-06T07:01:02Z</dc:date>

      <pubDate>Thu, 06 Feb 2014 10:01:02 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Toute transition est difficile, qu'elle concerne une personne dans sa vie priv&#233;e ou qu'elle concerne des acteurs sociaux dans la vie publique. D'autant plus difficile quand beaucoup doivent renoncer aux charmes d'une dame de petite vertu ou renoncer non aux bo&#238;tes d'allumettes mais aux conteneurs de Roman&#233;e-Conti et de l'incontournable Champagne. Le dj, tel qu'en lui-m&#234;me&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois reconnu que l'&#233;lection &#233;tait admise par les candidats, la transition pr&#233;vue a mal commenc&#233; par la c&#233;r&#233;monie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toute transition est difficile, qu'elle concerne une personne dans sa vie priv&#233;e ou qu'elle concerne des acteurs sociaux dans la vie publique. D'autant plus difficile quand beaucoup doivent renoncer aux charmes d'une dame de petite vertu ou renoncer non aux bo&#238;tes d'allumettes mais aux conteneurs de Roman&#233;e-Conti et de l'incontournable Champagne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dj, tel qu'en lui-m&#234;me&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois reconnu que l'&#233;lection &#233;tait admise par les candidats, la transition pr&#233;vue a mal commenc&#233; par la c&#233;r&#233;monie de la passation des pouvoirs. En d&#233;mocratie, il est convenu que le chef de l'&#201;tat accueille son successeur et lui laisse aussit&#244;t la place, que le successeur devienne le ma&#238;tre des lieux et qu'il raccompagne son pr&#233;d&#233;cesseur &#224; la porte du palais pr&#233;sidentiel et, s'il est homme de bonne soci&#233;t&#233;, l'accompagne jusqu'&#224; sa voiture. Ce n'est pas ce qui est arriv&#233; &#224; Iavoloha. Le PT a organis&#233; spectacles et f&#234;tes pour ses partisans. Quand Hery Rajaonarimampianina est arriv&#233;, Rajoelina l'a fait passer par la petite porte et l'a fait attendre. Quand enfin il l'a fait entrer, il lui a remis une grande cl&#233; qui &#233;tait cens&#233;e &#234;tre celle du Palais. Puis il lui a dit de partir. Rajoelina &#233;tait chez lui et y restait. Avec ses tgvistes, il y a fait la f&#234;te. Il appara&#238;t donc que les cinq ans de transition ne lui ont pas appris ce qu'&#233;tait un &#201;tat et un chef d'&#201;tat en d&#233;mocratie. Rajoelina reste ce qu'il &#233;tait, un DJ organisant spectacles et f&#234;tes. Mais il y a plus : il montrait qu'il restait l'enfant g&#226;t&#233; qu'il a toujours &#233;t&#233; et le ma&#238;tre de l'&#171; &#201;tat &#224; qui Hery Rajaonarimampianina n'avait qu'&#224; ob&#233;ir. Il ne veut pas revenir aux affaires, comme le suppose la presse internationale, mais il entend bien continuer &#224; y rester, attendant simplement d'&#234;tre Premier ministre &#8211; ce qu'il pense bient&#244;t obtenir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Difficile transition dans les m&#233;dias&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors que la transition suppose que chacun de ceux qui la souhaitent en prennent compte dans leurs propos, il appara&#238;t &#224; la lecture de la presse aux lendemains de l'investiture que beaucoup de journalistes continuent &#224; penser qu'il n'y a rien de nouveau &#224; Madagascar. Ils continuent &#224; traiter des affaires comme si de rien n'&#233;tait et maintiennent subliminalement dans leurs &#233;crits la permanence d'une forte teinte critique et n&#233;gative. Du moins pour ceux qui n'&#233;taient pas tent&#233;s par le tgvisme et les avantages du r&#244;le de griot ou de thurif&#233;raire de la Transition o&#249; tout aurait &#233;t&#233; pour le mieux dans le progr&#232;s vers la meilleure des d&#233;mocraties. Et l'on peut comprendre pourquoi. Dans les deux derniers si&#232;cles, les Malgaches ont, &#224; Dieu ou Zanahary, ajout&#233; le Diable qu'ils n'avaient pas le privil&#232;ge de conna&#238;tre. Cat&#233;chisme et Ecole du dimanche leur ont appris que le foss&#233; qui les s&#233;parait &#233;tait insondable et infranchissable. Au jour du 25 janvier 2014, l'enfer h&#226;tif continuait &#224; les faire r&#244;tir, quoique doucement, et ils ne pouvaient songer qu'au contraire du parcours habituel, nous &#233;tions peut-&#234;tre entr&#233;s dans une sorte de purgatoire avec l'espoir de pouvoir m&#234;me en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confort&#233;s dans leur attitude par les m&#233;dias ext&#233;rieurs, le nouveau pr&#233;sident ne serait pour eux qu'un &#171; pr&#234;te-nom &#187;. Rien ne serait donc fondamentalement chang&#233;. France 24 nous en donne une illustration en suivant dans son discours celui d'un illustre inconnu, Jean-Louis Vivier, un avocat dont le seul atout est d'avoir commis un livre, &lt;i&gt;Madagascar, une &#238;le &#224; la d&#233;rive&lt;/i&gt;. De ses propos, il ressort qu'il n'a rien compris de Madagascar quand il trouve &#171; paradoxal &#187; que, parce qu'il est merina, Hery Rajaonarimampianina ait &#233;t&#233; &#171; bien &#233;lu dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res &#187;. Ce Vivier-l&#224; continue &#224; proclamer le discours colonial qui pensait que la Grande Ile &#233;tait constitu&#233;e de &#171; tribus &#187; ou d'&#171; ethnies &#187; et que toute &#233;lection ne pouvait &#234;tre qu'&#171; ethnique &#187;. Il continue &#224; vivre comme sous la Ire R&#233;publique qui avait h&#233;rit&#233; de ce discours, avait &#233;limin&#233; les Merina &#233;lus &#224; la p&#233;riph&#233;rie et les avait remplac&#233;s par des originaires de cette p&#233;riph&#233;rie. Tsiranana avait fait ce qu'il fallait pour justifier ce qui &#233;tait r&#233;p&#233;t&#233; depuis la conqu&#234;te. Le discours devenait r&#233;alit&#233;. Et c'est bien un avocat qui ne semble rien conna&#238;tre en dehors du droit, quand il pose comme d&#233;finitif que &#171; Hery [Rajaonarimampianina] a une formation d'expert-comptable et fut ministre des Finances, mais &#233;conomie et finances sont deux choses diff&#233;rentes &#187;. Il n'a pas compris que la connaissance de l'&#233;conomie et celle des finances ne sont pas ce qui fait un bon chef d'Etat. Voyez ce qui se passe chez &lt;i&gt;Reny malala&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accoutum&#233;s &#224; toujours suivre le m&#234;me &lt;i&gt;lalan-kitan-kisoa&lt;/i&gt;, ce chemin que suivent nos cochons s'&#233;levant tout seuls en libert&#233;, quand ils vont se vautrer dans la boue d'une mare proche, nos r&#233;seaux sociaux ont commenc&#233; &#224; critiquer une d&#233;pense qui serait superf&#233;tatoire, celle de la c&#233;r&#233;monie d'investiture du nouveau pr&#233;sident. Pour recevoir 4.000 invit&#233;s, le co&#251;t de la r&#233;ception organis&#233;e &#224; Iavoloha s'&#233;l&#232;verait peut-&#234;tre &#224; 200 millions d'ariary et, sans doute pour que cela semble exorbitant, on en donne la valeur en dollars, soit 91.000 US$. Et sur internet, un forumiste pose une question : &#171; Qui finance cette investiture ? Fonds publics ou fonds priv&#233;s ? Ce n'est pas vraiment transparent &#187;. Il n'&#233;tait pas besoin de poser la question, tant la r&#233;ponse est &#233;vidente et normale. Mais arrive le commentaire : &#171; Cela n'emp&#234;che que l'addition soit fortement sal&#233;e en ces temps de disette &#187;. Nos grands esprits politiciens de la Toile brillent par leur ignorance et leur illettrisme intellectuel, quand ils veulent donner des le&#231;ons. Pleure, &#244; pays bien aim&#233; ! Il serait bon que, pour comprendre cette d&#233;pense, chaque forumiste pense &#224; ce qu'une famille de leur monde d&#233;pense pour l'organisation d'un mariage pour deux ou trois cents invit&#233;s. Au nombre des convives, &#231;a semblerait encore bien plus exorbitant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des questions d'argent &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Transition h&#226;tive, par le ch&#244;mage qu'elle avait provoqu&#233;, est &#224; l'origine, comme on les voit sur les trottoirs de Behoririka, de multiples vocations de commer&#231;ants qui cherchent &#224; gagner les quelques ariary n&#233;cessaires pour le repas quotidien. La fin de la Transition a provoqu&#233; quelques vocations de grands hommes d'affaires chez les politiciens. On sait qu'il en ait qui sont des champions des ch&#232;ques en bois. C'est d'une autre cat&#233;gorie dont je veux parler ici. Deux des candidats &#224; la pr&#233;sidentielle, &#233;limin&#233;s par la Cour Electorale Sp&#233;ciale, ont pens&#233; faire fructifier les 250 millions de Fmg de caution qu'ils avaient avanc&#233;s. Ils ont d&#233;cid&#233; de vendre leurs &#233;lecteurs potentiels &#224; un candidat bien plac&#233;. L'un demandait 14 milliards de Fmg, l'autre 29 milliards de Fmg. Mais ils n'ont pas trouv&#233; preneur. L'offre ne suffit pas toujours &#224; cr&#233;er la demande. Et la communaut&#233; internationale avait oubli&#233; d'interdire les taux usuraires dans sa feuille de route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut jamais g&#233;n&#233;raliser, c'est vrai dans les sciences molles que sont les sciences humaines et politiques. Un autre candidat qui &#233;tait venu des antipodes o&#249; il s'est taill&#233; une belle seigneurie &#8211; disons en malgache : un magnifique &lt;i&gt;menakely&lt;/i&gt; lui assurant de confortables revenus &#8211; se sentait, dans la tradition qui est celle de ses anc&#234;tres, pr&#234;t &#224; se mettre au service du bien commun et de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral avec toutes les id&#233;es qui lui ont germ&#233; depuis des ann&#233;es. Mais il s'est retrouv&#233; lui aussi invalid&#233;, car il lui manquait les six mois de r&#233;sidence dans la Grande Ile. Il pouvait d&#233;signer un des candidats retenus en quelque sorte comme l&#233;gataire. L'un de ses amis lui demanda d'en faire b&#233;n&#233;ficier le candidat qu'il soutenait et de lui dire ce qu'il attendait en &#233;change. Ses conditions &#233;taient simples : il voulait pouvoir discuter avec le candidat pour estimer s'il avait des id&#233;es que lui-m&#234;me partageait. Et ce qu'il demandait en &#233;change, c'&#233;tait &#8211; si le candidat &#233;tait &#233;lu &#8211; pouvoir le rencontrer plus tard pour discuter du d&#233;veloppement du pays. L'affaire fut donc conclue. Et comme ce candidat a &#233;t&#233; &#233;lu, il pourra donc, quand il le voudra, rencontrer le pr&#233;sident de la R&#233;publique. On le voit, comme dans d'autres cas, toute aide &#224; Hery Rajaonarimampianina n'est pas obligatoirement r&#233;mun&#233;r&#233;e ou remerci&#233;e en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; les mauvaises habitudes perdurent&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On sait qu'il faut du temps pour se d&#233;barrasser des mauvaises habitudes. Le Pr&#233;sident nouveau &#233;tait &#224; peine investi &#224; Mahamasina et son discours-programme &#224; peine prononc&#233; qu'un quart de journ&#233;e plus tard, une grenade explosait &#224; Anosy dans un abribus, tuait un enfant et faisait moult bless&#233;s. L'actualit&#233; allait-elle encore obliger les journalistes &#224; se rendre souvent &#224; l'h&#244;pital Ravoahangy-Andrianavalona pour y compter les diff&#233;rentes victimes ? C'est bien &#224; craindre, car l'infernale p&#233;riode h&#226;tive avait laiss&#233; piller les armureries de l'arm&#233;e et &#8211; un commerce que j'allais oublier &#8211; se d&#233;velopper tout un commerce d'armes de guerre et de munitions. Quand la gendarmerie s'est enfin r&#233;veill&#233;e, elle a d&#233;f&#233;r&#233; &#224; la justice 22 militaires et trois civils. Mais, si l'on admet que l'arm&#233;e va enfin contr&#244;ler ses armureries, il reste que tous ceux qui ont d&#233;j&#224; fait leurs provisions vont pouvoir continuer dans leur petit terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre mauvaise habitude que celle du g&#233;n&#233;ral Ravalomanana qui, &#224; peine connue la nouvelle de l'explosion, indique aux m&#233;dias que l'on conna&#238;t ceux qui ont fait la chose. Sans donner explicitement des noms, tout le monde a compris qu'il d&#233;signait les &lt;i&gt;zanak'i Dada&lt;/i&gt;. Sans preuve comme toujours. Ce g&#233;n&#233;ral a eu jusqu'ici une position dominante et &#233;tait garanti d'une parfaite immunit&#233;. Un quart de journ&#233;e ne lui ont pas suffi pour abandonner le lalan-kitan-kisoa radzou&#233;lien auquel il est accoutum&#233;. Il est vrai que, par la suite, il a propos&#233; de d&#233;missionn&#233;, mais a aussit&#244;t dit qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; rester. On comprend qu'il a entre temps re&#231;u des conseils. Dans la strat&#233;gie h&#226;tive d'arri&#232;re-garde, il est sans doute pr&#233;f&#233;r&#233; qu'il continue &#224; rester en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un homme dangereux, car les &#171; explications &#187; qu'il donne sont a priori admises par le grand public. Le surlendemain de l'explosion, je parlais avec un professeur de Lyc&#233;e &#224; la retraite, qui a longtemps enseign&#233; l'anglais : il n'a pas dout&#233; un moment du fait que la mouvance Ravalomanana &#233;tait coupable. Quand je lui ai expliqu&#233; qu'apr&#232;s le discours-programme du matin, la grenade pouvait &#234;tre la manifestation de la mouvance h&#226;tive pour rappeler au nouveau pr&#233;sident qu'elle conservait son pouvoir de nuisance. Mon coll&#232;gue m'avoua alors que, toute sa vie, il n'avait jamais rien compris &#224; la politique. On parle souvent de la majorit&#233; silencieuse, ne faudrait-il pas y ajouter aussi une majorit&#233; acquies&#231;ante ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le stade supr&#234;me de la pr&#233;dation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; nous apprend que l'Ukraine &#233;tait dirig&#233;e par un syst&#232;me oligarchique et avait atteint le stade supr&#234;me de la corruption. L'analyse ne peut s'appliquer &#224; la Grande Ile qui n'a commenc&#233; &#224; constituer un groupe d'oligarques que depuis 2009, mais qui s'est vite engag&#233;e dans le stade supr&#234;me de la pr&#233;dation reposant sur un socle solide de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption, qui avait &#233;t&#233; initi&#233;e en 1951 par Fran&#231;ois Mitterrand, alors ministre de la France d'Outre-Mer, et institu&#233;e par la Deuxi&#232;me R&#233;publique, &#233;tait d&#233;j&#224; bien install&#233;e en 2009. Rien ne s'obtenait sans argent de la copie de l'acte de naissance &#224; la d&#233;cision du tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait de notori&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale que pour entrer dans telle &#233;cole sup&#233;rieure, il fallait acheter son r&#233;sultat au concours par quelque 15 millions de Fmg. Et l'on comprend qu'une fois en fonction, chacun &#233;tait normalement conduit &#224; se rembourser avec des int&#233;r&#234;ts. La m&#233;ritocratie prenait la forme d'une fricocratie. Apr&#232;s 2009, la conseill&#232;re (fran&#231;aise) de la ministre de la justice citait le cas d'un sortant de l'&#233;cole qui, neuf mois apr&#232;s son entr&#233;e en fonction, s'&#233;tait offert une grosse tout-terrain. L'&#233;cole lui avait sans doute appris &#224; g&#233;rer ses revenus et &#224; beaucoup &#233;conomiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On savait aussi que, pour faire carri&#232;re dans les forces de s&#233;curit&#233;, un ministre demandait la m&#234;me somme. La fin de l'ann&#233;e 2013 vit une recrudescence du ph&#233;nom&#232;ne. Un ministre, sentant sa mort prochaine, fit venir les candidats et leur parla sans d&#233;faut. &#171; C'est mieux que le loto. Vous jouez 7.500.000 Fmg et vous &#234;tes s&#251;r de gagner une rente viag&#232;re sur l'Etat et la retraite est assur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chronique quotidienne nous avait appris comment il &#233;tait proc&#233;d&#233; aux d&#233;tournements des deniers publics : avec des bons d'essence d'un montant de trois milliards de Fmg, un ministre ou son repr&#233;sentant obtenait qu'une station essence les lui &#233;change contre des esp&#232;ces. C'est peut-&#234;tre d'une autre origine que venait les trois valises d'esp&#232;ces qu'un homme politique apporta &#224; une banque pour les verser sur son compte ; la banque lui ayant annonc&#233; qu'elle devait signaler le versement &#224; la Banque Centrale, son bon client se retira sans chercher &#224; parlementer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est des hommes d'affaires qui, s'ils refusent de verser des pots-de-vin, sont toutefois pr&#234;ts &#224; financer des projets publics. Ce fut le cas de la construction d'un &#233;tablissement sanitaire aux normes europ&#233;ennes pour laquelle furent donn&#233;s cinq milliards de Fmg. Le d&#233;but des travaux tardant, le donateur fut oblig&#233; d'en r&#233;f&#233;rer au chef maffieux et de graisser les rouages. Puis l'affaire &#233;tant en route, il dut encore intervenir pour que le bon mat&#233;riel utilis&#233; soit bien utilis&#233;, car dans la mise en &#339;uvre des travaux, des employ&#233;s de l'&#201;tat pr&#233;f&#233;raient acheter du mat&#233;riel chinois &#224; bon march&#233; pour grappiller quelques centaines de milliers d'ariary. Le donateur estimait qu'il y allait de son honneur et voulait que le don fait &#224; la population soit un bien durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce g&#233;n&#233;reux donateur put constater que sa g&#233;n&#233;rosit&#233; aiguisait les app&#233;tits. Un premier couteau de la maffia de la pr&#233;dation voulut lui extorquer trois milliards de Fmg. Il ne sut que refuser. Par ses commissionnaires, ce premier couteau diminua peu &#224; peu ses pr&#233;tentions pour en arriver enfin &#224; 500 millions, mais sans toutefois obtenir satisfaction. Le donateur s'en plaignit en tr&#232;s haut lieu. Le premier couteau re&#231;ut bien une lettre de limogeage, mais ne quitta pas sa fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que certains investisseurs potentiels n'aient pas &#233;t&#233; pr&#234;ts &#224; cracher au bassinet pour faire fructifier leurs capitaux, on en a d'autres exemples. Il y a quelque trois ou quatre ans, un fonds d'investissement proposa &#224; la Transition un plan pour l'&#233;lectrification de 6 ou 7.000.000 de Malgaches dans des r&#233;gions qui n'avaient pas l'&#233;lectricit&#233;, notamment avec l'installation de petites centrales hydrauliques utilisant donc une &#233;nergie renouvelable. Aucune participation financi&#232;re de l'&#201;tat n'&#233;tait demand&#233;e. Ce qui lui &#233;tait demand&#233;, c'&#233;tait de donner son accord. Il ne fut jamais r&#233;pondu au courrier adress&#233; au Pr&#233;sident de la Transition. Serait-ce un illettr&#233; qui devait y r&#233;pondre ? Ou bien &#233;tait-ce un pr&#233;dateur potentiel ? Rien n'est compl&#232;tement clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la gr&#226;ce de la nouvelle transition &#8211; la d&#233;mocratique celle-l&#224; &#8211;, une r&#233;v&#233;lation est parfaitement transparente. Une personnalit&#233; minist&#233;rielle g&#233;rait un important dossier d'investissement. Le dossier &#233;tait pr&#234;t, toutes redevances pay&#233;es &#224; l'&#201;tat. Il ne manquait plus que la signature minist&#233;rielle et la personnalit&#233; s'appr&#234;tait &#224; le faire. Elle re&#231;ut alors un coup de t&#233;l&#233;phone du parrain h&#226;tif qui lui interdisait de signer. Elle dit qu'elle ne voit pas pourquoi, puisque tout est en ordre. Le t&#233;l&#233;phone lui r&#233;pond qu'il peut encore tirer 40 millions de dollars de cette affaire. Et sentant la r&#233;ticence &#224; s'ex&#233;cuter, le t&#233;l&#233;phone lui dit alors que si la signature est faite, il ne pourra pas garantir la s&#233;curit&#233; de la personnalit&#233;. Une vraie pratique mafieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir ce premier cadastre, cette histoire qui se raconte au minist&#232;re des finances. Il est une fois &#8211; c'est bien un pr&#233;sent &#8211; un fonctionnaire du minist&#232;re qui, ce vendredi-l&#224;, rentra comme d'habitude chez lui. Effroi du fonctionnaire, quand il revint le lundi dans son bureau et qu'il y constata la disparition d'un carton qui y &#233;tait le vendredi. Il le chercha partout, fit le tour des pi&#232;ces voisines et interrogea, interrogea, interrogea. Personne ne l'avait vu et ne pouvait lui venir en aide. Le carton contenait 250 millions de Fmg. Abasourdi, le fonctionnaire d&#233;cida de ne pas porter plainte. Sa peine n'&#233;tait donc pas r&#233;compens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les premi&#232;res petites mesures &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir &#224; Addis-Ab&#233;ba, Hery Rajaonarimampianina a tenu un conseil des ministres. Toute une s&#233;rie de petites mesures ont &#233;t&#233; sit&#244;t rendues publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans le pr&#233;avis qu'auraient souhait&#233; des personnes concern&#233;es, un avis public de la pr&#233;sidence enjoigna &#224; tout un chacun de reconduire &#224; Ambohitsorohitra les voitures de la Pr&#233;sidence au plus tard le 31 janvier. Et vendredi, il y avait beaucoup de belles voitures dans le parc d'Ambohitsorohitra. Parmi elles, il en est qui manifestement ont &#233;t&#233; maltrait&#233;es et devront passer par un salon de beaut&#233;. Toutes devront aussi voir le m&#233;decin de la pr&#233;sidence pour quelques op&#233;rations, greffes ou &#233;changes standard. Devrons-nous alors plaindre tout un peuple tg&#233;viste condamn&#233; maintenant &#224; se m&#234;ler au peuple des transports en commun ? Cette fa&#231;on de faire bien voir de fa&#231;on apparente &#224; Antaninarenina laisse entrevoir le nombre des privil&#233;gi&#233;s de la transition h&#226;tive. Ils b&#233;n&#233;ficiaient de voitures achet&#233;es par Ravalomanana pour les chefs d'&#201;tat, les premiers ministres et les ministres qui avaient &#233;t&#233; invit&#233;s au Sommet de l'Union Africaine de 2009. Rajoelina en avaient dot&#233;s ses partisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on &#233;coute la presse, le gouvernement aurait &#171; limog&#233; &#187; le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Pr&#233;sidence et le directeur de cabinet du pr&#233;sident h&#226;tif. Ils n'ont pas &#233;t&#233; limog&#233;s ; ce sont des d&#233;crets qui ont tout &#224; fait normalement (&lt;i&gt;manara-penitra&lt;/i&gt;) mis fin aux missions de Hery Resampa et de Rija Rajaonson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mesure importante aussi que la suppression de la Direction de la S&#233;curit&#233; du Territoire (DST) et de la Force d'Intervention Sp&#233;ciale (FIS) que la Transition avait cr&#233;&#233;es pour &#234;tre son bras arm&#233; et son service de renseignements. Ils sont r&#233;int&#233;gr&#233;s dans les organismes existants et leurs personnels soumis &#224; leur contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terminons par trois interdictions. D'abord celle faite aux ministres de proc&#233;der &#224; des nominations &#224; des emplois de fonctionnaires. Ensuite interdiction de toute vente de biens de l'&#201;tat. Enfin interdiction faite &#224; l'administration d'acheter des voitures neuves. Derri&#232;re ces interdictions, on entrevoit tous les abus et trafics de la p&#233;riode h&#226;tive. Ces premi&#232;res mesures sont de bon augure, mais l'avenir n'est pas s&#251;r. Si les institutions internationales, qui estiment que la population de la Grande Ile atteint maintenant entre 25 et 30 millions d'habitants, sont pr&#234;tes &#224; l'inonder d'aides, dons et pr&#234;ts de toutes sortes, l'inondation reste conditionnelle. Par une op&#233;ration chirurgicale, la nouvelle transition doit se s&#233;parer de tous ses &#233;l&#233;ments pr&#233;dateurs. S'il en ait qui pensent que les fruits de leur pr&#233;dation sont en s&#233;curit&#233; dans des banques paradisiaques, il faut qu'ils savent que les diff&#233;rents avoirs sont connus des services de renseignements internationaux. La SADC n'a finalement pris aucune des sanctions un moment pr&#233;vues et les laissent jouir de leurs biens mal acquis. A eux de savoir se faire discrets et de renoncer &#224; toute nouvelle pr&#233;dation. Tout est clair. S'ils ont un minimum d'intelligence, le parrain et sa maffia devraient l'avoir compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puissent ces &lt;i&gt;fady&lt;/i&gt; nouveaux &#234;tre d&#233;mocratiquement respect&#233;s. Puisse personne ne les enfreindre. Puisse notre pays mieux se porter et avoir une gouvernance dirig&#233;e par le discours-programme de l'investiture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le chantier prioritaire de l'enseignement</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Le-chantier-prioritaire-de-l,19379.html</link>
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		<dc:date>2013-11-27T04:50:01Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 27 Nov 2013 07:50:01 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans son &#233;ditorial du 25 novembre, c'est avec beaucoup de science et de conscience que Ndimby a pr&#233;sent&#233; l'&#233;ducation comme un chantier prioritaire. Sans doute le corps enseignant se rangera-t-il derri&#232;re ses propos sans se rendre compte des corrections n&#233;cessaires &#224; ce qu'offre aux enfants et aux adolescents une institution de papier, une ombre d'institution sans consistance qui fait penser &#224; ces personnages d'un mythe malgache pr&#233;sentant des corps d'hommes sans squelette et affaiss&#233;s sur le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/L-education-chantier-prioritaire,19372.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#233;ditorial&lt;/a&gt; du 25 novembre, c'est avec beaucoup de science et de conscience que Ndimby a pr&#233;sent&#233; l'&#233;ducation comme un chantier prioritaire. Sans doute le corps enseignant se rangera-t-il derri&#232;re ses propos sans se rendre compte des corrections n&#233;cessaires &#224; ce qu'offre aux enfants et aux adolescents une institution de papier, une ombre d'institution sans consistance qui fait penser &#224; ces personnages d'un mythe malgache pr&#233;sentant des corps d'hommes sans squelette et affaiss&#233;s sur le sol pour r&#233;colter des ignames, qu'aper&#231;oit Rafaralahy sur le chemin qui m&#232;ne chez Dieu. Notre enseignement vend du vent et ceux qui y r&#233;ussissent des examens auraient pu tout aussi bien r&#233;ussir sans aller &#224; l'&#233;cole. Notre histoire nous raconte les succ&#232;s de nombreux souverains comme Andriamanelo, Ralambo, Andriamasinavalona et Andrianampoinimerina, qui &#233;taient tous analphab&#232;tes. L'&#233;taient aussi bien leurs conseillers comme Andriamampandry, un Trimoanala conseiller d'Andriamasinavalona, et tous ceux qui formaient le conseil de gouvernement d'Andrianampoinimerina. L'int&#233;r&#234;t de l'&#233;cole n'est pas de donner les moyens de remplir les formulaires administratifs, mais de leur donner des connaissances qui leur permettront d'aller plus vite dans toutes les situations qu'ils rencontreront dans la vie actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est si h&#233;naurme, pense-t-on, que seul Ubu aurait pu penser le r&#233;soudre. Et pourtant, c'est bien ce que devrait mettre en &#339;uvre un vrai chantier dans ce domaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le probl&#232;me de la langue. Je constate, depuis que j'enseigne en classe de seconde, que des &#233;l&#232;ves qui, disent-ils, ont fait du fran&#231;ais d&#232;s l'enseignement primaire, sont incapables de suivre un cours en fran&#231;ais. Et tout aussi bien incapables de prendre par &#233;crit une phrase simple qui leur est dict&#233;e en fran&#231;ais &#233;l&#233;mentaire. Qu'il faille enseigner en malgache pour arriver &#224; d&#233;velopper le pays, c'est ce qu'avait bien montr&#233; les Journ&#233;es internationales sur &#171; Le langage, premier outil de/du d&#233;veloppement &#187; (6-13 juillet 1992, Acad&#233;mie Malgache) o&#249; Bakoly D.-Ramiaramanana avait r&#233;uni une centaine de communicants. Sous le pr&#233;sident Zafy &#8211; Fulgence Fanony &#233;tant ministre &#8211;, ce fut m&#234;me dans la foul&#233;e l'objet d'une loi qui insistait sur la langue maternelle. D&#232;s que Zafy fut &#171; emp&#234;ch&#233; &#187;, le nouveau ministre annula les effets de la loi par une simple circulaire. On revint sous Ravalomanana &#224; un peu plus de raison. Arriva un ministre h&#226;tif, ult&#233;rieurement Zefira &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, il refit la m&#234;me d&#233;cision sans qu'il y ait eu, &#224; ce que j'ai vu, un effet majeur sur la langue d'enseignement en lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ndimby &#233;voque &#171; une le&#231;on de g&#233;ographie donn&#233;e (en fran&#231;ais) par une institutrice FRAM, avec un accent et des fautes qui auraient fait retourner Jean-Joseph Rabearivelo dans sa tombe &#187;. Ce n'est pas nouveau. Je me souviens qu'en 1970, alors que j'inspectais une le&#231;on de g&#233;ographie au CEG de Brickaville, la professeure &#8211; une contractuelle originaire d'Ambohimanarina &#8211;, accumulait les fautes et confondait les genres. J'&#233;tais assis au fond d la salle et, &#224; chaque faute de fran&#231;ais de cette jeune dame, les &#233;l&#232;ves se retournaient vers moi. Contrairement &#224; ce qu'ils attendaient, je suis rest&#233; impassible, m&#234;me si je bouillais int&#233;rieurement. En cinq ans, &#231;a ne m'est arriv&#233; qu'une fois. Ndimby laisse entendre que la connaissance du fran&#231;ais de cette autre dame repr&#233;senterait la majorit&#233;, sinon la totalit&#233; des enseignants FRAM. Ce serait malheureusement possible. Mais il y a pire. Je viens d'assister &#224; un colloque scientifique &#224; l'&#233;tranger. L'un des intervenants parlait de Madagascar sans conna&#238;tre son sujet et en affirmant des contrev&#233;rit&#233;s. Le d&#233;bat ensuite a montr&#233; qu'il ne donnait pas &#224; ses phrases le sens que toute l'assembl&#233;e avait compris. C'est qu'il ne comprenait pas le fran&#231;ais qu'il parlait. Et ce Professeur de l'Universit&#233; d'Antananarivo est responsable de recherche et dirige des DEA. Oserais-je dire que j'avais honte ? En particulier, un coll&#232;gue &#233;tranger a, quant &#224; lui, pos&#233; une question : Les &#233;tudiants qu'il a, les forme-t-il ou les d&#233;forme-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les effectifs scolaires comptant 60 &#233;l&#232;ves par classe &#8211; on m'assure qu'ils atteignent souvent 80 &#8211; ne permettent pas un travail suivi pour faire progresser tous les &#233;l&#232;ves. L'enseignant n'a pas le temps de faire faire des travaux qui apprennent aux &#233;l&#232;ves &#224; r&#233;fl&#233;chir et &#224; r&#233;soudre un probl&#232;me. S'il y a des notes, c'est pour remplir le bulletin scolaire. Pour beaucoup de professeurs, elles ne sont le plus souvent que la v&#233;rification d'un travail de m&#233;moire. Si l'&#233;l&#232;ve r&#233;p&#232;te bien ce qu'a dit le prof, il a de bonnes notes, m&#234;me si un examen plus pr&#233;cis d&#233;voile qu'il n'a pas travaill&#233; et n'a pas compris. Le mod&#232;le de l'enseignement est celui des missionnaires du 19e si&#232;cle. C'est un enseignement o&#249; l'enseignant est une sorte de cat&#233;chiste ou d'&#233;vang&#233;liste. Ce n'est pas cet enseignement qui formera des adultes qui r&#233;fl&#233;chiront et qui innoveront. Mais l'on ne peut demander plus &#224; un enseignant tant que les effectifs d&#233;passeront 40 par classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La plupart des &#233;l&#232;ves ne peuvent recevoir quelques connaissances que de la parole du professeur. Il n'y a pas de manuel et encore moins de manuel en malgache. Certains &#233;l&#232;ves favoris&#233;s peuvent disposer de manuel en fran&#231;ais qui, s'ils ne correspondent pas aux programmes malgaches, leur apportent une autre vision de la discipline. Ce recours n'est que quelque secours que pour les adolescents qui pratiquent quelque peu le fran&#231;ais en famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Ndimby &#233;voque le probl&#232;me du calendrier scolaire : &#171; le c&#244;t&#233; ridicule de programmer de grandes vacances scolaires &#224; Madagascar en juillet et ao&#251;t, alors qu'on devrait les d&#233;placer pendant la saison des cyclones pour prot&#233;ger les enfants malgaches &#187;. Je me permettrai de rappeler ici que, dans notre latitude, je sais un pays avec de hautes terres et des r&#233;gions en bord de mer o&#249; le calendrier des vacances diff&#233;rait autrefois selon que l'on &#233;tait dans l'une ou l'autre r&#233;gion. Et l'&#233;l&#232;ve qui suivait sa scolarit&#233; en bord de mer et qui allait passer ses vacances dans les hauts, y trouvait ses cousins &#224; l'&#233;cole. D'exp&#233;rience, je sais qu'il est difficile de suivre un cours en janvier, quand on habite Farafangana, tant il y fait chaud en ce mois. Serait-il envisageable de d&#233;cider d'un tel calendrier ? J'en doute. Cela provoquerait des critiques d&#233;finitives, car c'&#233;tait le calendrier scolaire du temps de la colonie dans les ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Ndimby envisage &#171; des possibilit&#233;s d'orientation vers une fili&#232;re professionnalisante qui pourra proposer des m&#233;tiers de secr&#233;tariat, de comptabilit&#233;, ou m&#234;me des m&#233;tiers &#171; manuels &#187; (menuisier, &#233;leveur, agriculteur, m&#233;canicien, etc.) &#187;. C'est une proposition &#224; retenir, surtout celle qui concerne les m&#233;tiers de l'agriculture, ceux de l'&#233;levage et les m&#233;tiers des artisans ruraux. &#201;lever le niveau des connaissances techniques dans les campagnes, c'est aussi &#233;lever le niveau de ressources et le niveau de vie. Il y aurait beaucoup &#224; r&#233;fl&#233;chir pour d&#233;finir les programmes d'enseignement qui s'orienteraient en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le chantier de l'enseignement n'est pas prioritaire et si des solutions ne sont pas rapidement trouv&#233;es, on risque d'aller vers le chaos. En 1972, la contestation a surtout concern&#233; Antananarivo. Demain, la contestation sera g&#233;ographiquement beaucoup plus &#233;tendue. Et ce ne sera pas pour c&#233;l&#233;brer l'ancienne &lt;i&gt;reny malala&lt;/i&gt;. Les futurs ministres de l'&#201;ducation, m&#234;me s'ils viennent de la diaspora, devraient commencer &#224; y songer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur les bataillons marocains en 1947-1948</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Sur-les-bataillons-marocains-en,18590.html</link>
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		<dc:date>2013-04-02T04:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 02 Apr 2013 07:00:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans son &#233;tude sur les bataillons marocains dans les &#233;v&#233;nements de 1947-1948 &#8211; une &#233;tude dans le livre de Fr&#233;d&#233;ric Garan, Combattants indig&#232;nes de l'arm&#233;e fran&#231;aise, qui doit sortir en mai prochain &#8211;, Jean Fremigacci nous rappelle &#171; qu'il n'y a pas de guerre propre, surtout coloniale, et malgr&#233; le silence trop souvent observ&#233; par des archives militaires plus port&#233;es &#224; l'hagiographie qu'&#224; l'aveu de la v&#233;rit&#233;, je t&#226;cherai, &#233;crit-il, de d&#233;gager la part d'ombre qui a accompagn&#233; la &#8216;pacification' (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Societe,004-.html" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son &#233;tude sur les bataillons marocains dans les &#233;v&#233;nements de 1947-1948 &#8211; une &#233;tude dans le livre de Fr&#233;d&#233;ric Garan, &lt;i&gt;Combattants indig&#232;nes de l'arm&#233;e fran&#231;aise&lt;/i&gt;, qui doit sortir en mai prochain &#8211;, Jean Fremigacci nous rappelle &#171; qu'il n'y a pas de guerre propre, surtout coloniale, et malgr&#233; le silence trop souvent observ&#233; par des archives militaires plus port&#233;es &#224; l'hagiographie qu'&#224; l'aveu de la v&#233;rit&#233;, je t&#226;cherai, &#233;crit-il, de d&#233;gager la part d'ombre qui a accompagn&#233; la &#8216;pacification' &#187;. Je vous laisse la libert&#233; de retrouver les &#171; crimes de guerre &#187; que nous r&#233;v&#232;le ce bon connaisseur des archives de ce triste moment en cherchant les noms de Maharina Jaona, de Rakotonirina, de Michel Botomarina, ou l'histoire d'Ampanotaona. De constater aussi les divisions existant dans le monde des officiers avec ses &#171; baroudeurs &#187; qui r&#233;priment comme le lieutenant-colonel Rognon, le capitaine Prost ou le colonel Priou, et ses politiques qui pacifient comme l'admirable chef de bataillon M&#233;gret de Devise, qui sera renvoy&#233; en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute Jean nous montrera-t-il un jour le comportement des juges militaires comme au tribunal militaire de Fianarantsoa avec les officiers qui pratiquaient la &#171; peine unique &#187; par condamnation &#224; mort et ceux qui appliquaient la Justice selon le droit militaire. Je me souviens d'autant mieux de Linar&#232;s que je l'avais vu avec mon p&#232;re chez moi en Lorraine en 1944 &#224; la Lib&#233;ration. &#192; Fianarantsoa, de Linar&#232;s pr&#233;sidait le tribunal et voulait appliquer le droit. C'en &#233;tait trop, il fut, comme M&#233;gret de Devise, remplac&#233; et mut&#233; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 29 mars &#233;clate l'insurrection d&#233;clench&#233;e par la &lt;i&gt;Jiny&lt;/i&gt;. Elle mit quatre mois &#224; s'&#233;tendre. C'&#233;tait la faiblesse de l'analyse et du projet de Raseta. Communiste romantique, il avait pens&#233; qu'il suffisait de quelques &#233;tincelles dispers&#233;es dans le pays pour que toute l'&#238;le s'embrase et que toute la population s'insurge contre la pr&#233;sence fran&#231;aise. L'insurrection se limita finalement au tiers de l'&#238;le. Alors qu'il n'y avait qu'un bataillon de S&#233;n&#233;galais cantonn&#233; sur les hautes terres le 29 mars, cela laissa le temps &#224; la puissance coloniale d'envoyer des troupes qui, au total, constitu&#232;rent une force de 7.000 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la for&#234;t de l'Est, l'arm&#233;e se trouva dans les m&#234;mes conditions que les militaires de Gallieni. Les pistes que la colonisation pr&#233;tendait avoir cr&#233;&#233;es, ou n'existaient pas ou &#233;taient impraticables pour les v&#233;hicules de l'arm&#233;e. Pour le parachutage de militaires, elle manqua de parachutes. Ce fut donc une arm&#233;e de fantassins qui entra en campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En suivant les bataillons marocains en mission sur la c&#244;te Est, aujourd'hui je voudrais, quant &#224; moi, me focaliser sur ce qu'y fut le r&#244;le des Malgaches. Cette arm&#233;e, qui ne peut utiliser de v&#233;hicules et qui parcourt des kilom&#232;tres comme &#171; ce raid de 80 kilom&#232;tres en 36 heures &#187;, a besoin de porteurs. Les 150 hommes de la 6e compagnie sont accompagn&#233;s de 250 porteurs en octobre 1946. Cette autre &#171; colonne de 85 soldats &#187; est accompagn&#233;e de 72 porteurs et encore sont-ils &#171; trop lourdement charg&#233;s &#224; 35 kilos &#187;. Pour ravitailler les postes militaires, il est &#171; n&#233;cessaire de mobiliser des contingents de 100 &#224; 150 porteurs &#187;. Ce sont eux qui servent de brancardiers pour transporter les bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;ographie, c'est bien connu, &#231;a sert &#224; faire la guerre. Si le p&#232;re Roblet fit la carte de l'Imerina et, &#224; la demande de l'&#201;tat-major qui pensait que la Reine se r&#233;fugierait dans le Sud lors de la conqu&#234;te &#224; venir, fit celle du pays betsileo, c'&#233;tait avant la conqu&#234;te. Depuis celle-ci, ce fut l'arm&#233;e qui fit les cartes, avant que cette mission ne f&#251;t confi&#233;e &#224; l'Institut G&#233;ographique National qui publia les cartes dites d'&#201;tat-Major. Je ne sais de quelles cartes pouvait bien disposer l'arm&#233;e en 1947. Si elles &#233;taient sur le mod&#232;le des cartes d'&#201;tat-Major au 80.000e, dans une r&#233;gion aussi accident&#233;e que celle de la for&#234;t, elles ne pouvaient pas &#234;tre d'une r&#233;elle utilit&#233;. &#192; vrai dire, je doute m&#234;me qu'il y en ait eu. Le renseignement ne pouvait &#234;tre qu'humain. Dans des endroits comme le pays vorimo qui fut longtemps le refuge des mauvaises t&#234;tes et des bandits en rupture de ban, il n'y avait jamais eu de colons et aucun administrateur colonial n'y avait &#233;t&#233; vu. Ce furent des notables malgaches et des instituteurs malgaches qui renseign&#232;rent et servirent de guides aux troupes coloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e avait aussi des auxiliaires malgaches pour des t&#226;ches de renseignements, de garde et de surveillance. Ce furent les &#171; partisans &#187;. L'arm&#233;e ne leur confiait pas d'armes &#224; feu. Ils n'avaient que la sagaie. C'&#233;taient des mpilefona, comme il y en avait dans l'arm&#233;e royale &#224; c&#244;t&#233; des miaramila. Volontaires recrut&#233;s dans les villages soumis et parfois parmi les anciens insurg&#233;s comme le &#171; g&#233;n&#233;ral Pano&#235;l &#187; &#8211; ancien chef d'insurg&#233;s &#8211;, les partisans vont, de d&#233;cembre 1947 &#224; mai 1948, mener &#224; bien la pacification, qui &#233;tait une t&#226;che trop lourde pour une arm&#233;e trop peu nombreuse, et qui vont convaincre les populations r&#233;fugi&#233;es dans la for&#234;t de rentrer dans leurs villages et de rallier l'autorit&#233; l&#233;gale.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aimerais savoir ce que fut num&#233;riquement ce corps de porteurs, de guides et de partisans, qui ignora tout autant la gr&#232;ve que la d&#233;sertion avec sagaie et bagages. Contrairement &#224; ce que Raseta pensait, tous les Malgaches ne lui ressemblaient pas et n'avaient pas la m&#234;me d&#233;termination &#224; chasser le vazaha. L'&#233;chec de son projet, on le voit, a fait mentir le &lt;i&gt;ohabolan'ny Ntaolo&lt;/i&gt; affirmant : &#171; &lt;i&gt;Hovalahy mahay kabary, tsy misy tsy vitany&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits du livre&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12209 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/IMG/pdf/FREMIGACCI_bataillons_marocains_1947.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 15.4 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772968085' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#171; taom-baovao &#187; malagasy dont on parle</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Le-taom-baovao-malagasy-dont-on,18544.html</link>
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		<dc:date>2013-03-13T03:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 13 Mar 2013 06:00:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents m&#233;dias continuent de commenter le fumeux Taombaovao malagasy &#8211;je dis fumeux, parce qu'il fait beaucoup de fum&#233;e. C'est un plaisir d'y trouver le meilleur, c'est un supplice d'y trouver le pire dans ce qu'&#233;crivent ou disent les griots de service. On y d&#233;couvre qu'il ne font que r&#233;p&#233;ter ce qu'on leur a dit de dire ou qu'ils manquent de culture g&#233;n&#233;rale. C'est &#224; ceux-l&#224; que j'aimerais m'adresser, me doutant bien toutefois &#234;tre incapable de corriger les effets de tous les felaka (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Societe,004-.html" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les diff&#233;rents m&#233;dias continuent de commenter le fumeux Taombaovao malagasy &#8211;je dis fumeux, parce qu'il fait beaucoup de fum&#233;e. C'est un plaisir d'y trouver le meilleur, c'est un supplice d'y trouver le pire dans ce qu'&#233;crivent ou disent les griots de service. On y d&#233;couvre qu'il ne font que r&#233;p&#233;ter ce qu'on leur a dit de dire ou qu'ils manquent de culture g&#233;n&#233;rale. C'est &#224; ceux-l&#224; que j'aimerais m'adresser, me doutant bien toutefois &#234;tre incapable de corriger les effets de tous les &lt;i&gt;felaka&lt;/i&gt; qu'ils ont coutume de recevoir et que m'interdit mon &#233;thique. Et toc !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tradition ou nouveaut&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question en effet doit &#234;tre pos&#233;e en ces termes : ce &#171; Taom-baovao malagasy &#187; (Nouvel an malgache) serait ancien. C'est ce que nous donne &#224; penser le journal qui &#233;crit que &#171; Depuis des lustres, ceux qui se disent gardiens de la tradition Merina y vont chacun de leurs arguments concernant la vraie date &#187; de sa c&#233;l&#233;bration. On serait tent&#233; de le suivre, surtout quand on sait que, m&#234;me en droit fran&#231;ais, ce qui existe depuis plus de trente ans est devenu traditionnel. Le conflit serait donc un conflit de pr&#233;s&#233;ance entre &#171; clans &#187; andriana, nous dit-on aussi. Entre les Zana-dRalambo d'Ambohidrabiby et les Zana-dRanavalona, Andriamasinavalona d'Anosimanjaka. Et l'on se demande si, th&#232;me &#224; la mode, l'on ne supposerait pas une sorte d'ethnicisme local au niveau le plus bas de la compr&#233;hension des journaleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le journal se met le doigt dans l'&#339;il jusqu'&#224; l'omoplate inclusivement soit parce qu'il ne sait pas le sens des mots fran&#231;ais qu'il emploie, soit parce qu'il ne conna&#238;t rien &#224; l'histoire du pays, et sans doute aussi par la conjugaison de ces deux raisons. &#171; Depuis des lustres ? &#187; Sans doute pas, car le nouveau Nouvel an malgache n'est apparu qu'en 2004, ce qui ne fait m&#234;me pas deux lustres, puisqu'un lustre ne dure que cinq ans. Il n'est pas apparu &#171; depuis des lustres &#187;, ce qui signifierait depuis fort longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambohidrabiby, qui est dite &#171; Hasin'Imerina &#187; depuis Ralambo, serait une caution et un argument en faveur des &#171; d&#233;fenseurs de la culture malgache &#187;. Je ne sais si ce sont des Zana-dRalambo, qui &#171; ont sorti leur date avec le &#8216;Trano Koltoraly Malagasy' &#187;. Mais ce dont je suis s&#251;r, c'est qu'aucun d'entre eux n'a son fasan-drazana &#224; Ambohidrabiby-Rova &#224; l'int&#233;rieur des foss&#233;s qui la ceinture. Y r&#233;sidaient autrefois des Zanakarivo au nord-est, des Andriandoria ou Zanadoria au nord et les angaralahy de Ralambo au sud-est. Le peuple &#233;tait &#224; l'ouest. C'&#233;tait l&#224; que de leur vivant pouvaient r&#233;sider les Zana-dRalambo. En fait, ils avaient leurs vohitra &#224; Lazaina, &#224; Ambatofotsy, &#224; Manandriana et dans les environs. Il y en avait aussi dans la Vakinisisaony, l'Ambodirano et le Marovatana, soit qu'ils soient descendus de Ralambo, soit qu'ils leur aient &#233;t&#233; assimil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux Zana-dRanavalona, nous dit-on, ils c&#233;l&#232;breraient &#171; le &#034;Taom-baovao malgache&#034; depuis 100 ans &#187;. Il est vrai que, malgr&#233; le christianisme ambiant et la lutte contre les &#171; superstitions &#187; de l'&#233;poque coloniale, ils ont continu&#233; &#224; c&#233;l&#233;brer cette f&#234;te. Le croire, ce serait raccourcir l'origine de cette c&#233;l&#233;bration. Les Zana-dRanavalona, descendants d'Andriamasinavalona par sa fille Ravalontsimitoviaminandriana, la c&#233;l&#232;brent &#224; Anosimanjaka depuis que leur anc&#234;tre y fut install&#233;e. Peut-&#234;tre m&#234;me y &#233;tait-elle c&#233;l&#233;br&#233;e auparavant, puisque les Antehiroka &#233;taient dans l'Imerina depuis le r&#232;gne d'Andrianjaka et qu'ils avaient pr&#233;c&#233;d&#233; Ravalontsimitoviaminandriana en ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est oblig&#233; de constater qu'entre les deux positions, entre moins de deux lustres et plus de trois si&#232;cles, l'anciennet&#233; accorderait sa faveur aux Zana-dRanavalona. Mais ils ne sont pas les seuls. Beaucoup d'autres vohitra d'Imerina dans l'Ambodirano et le Vakinisisaony c&#233;l&#232;brent l'Alahamadibe &#224; la m&#234;me date qu'Anosimanjaka. Il s'agit bien d'un conflit entre tous les tenants de la tradition et les inventeurs d'une nouvelle f&#234;te dont ils pr&#233;tendent qu'elle serait la tradition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Calendrier, politique et &#233;conomie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Mamelomaso qui semble, &#224; ce que l'on nous dit, s'&#234;tre ralli&#233; aux koltoralistes, il s'agirait de continuer &#224; c&#233;l&#233;brer &#171; une f&#234;te traditionnelle qui remonte &#224; plus de 2000 ans ou ce qu'on appelle &#8216;fandroana' mais aussi une f&#234;te nationale &#187;&#8230; &#171; A l'arriv&#233;e des colons, les dates ont &#233;t&#233; chang&#233;es et le 1er janvier devient le nouvel an et le 14 juillet comme f&#234;te nationale. Cependant les festivit&#233;s, les rituels et le programme que les habitants font le 1er janvier sont les m&#234;mes pendant le &#034;fandroana&#034; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne ferai pas &#224; Nosy Rabejaona l'injure de croire qu'il s'agit de ses paroles. C'est donc le ou la journaliste qu'il me faut corriger et lui apprendre un peu d'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouvel an &#224; Madagascar serait-il &#171; une f&#234;te traditionnelle qui remonte &#224; plus de 2000 ans &#187; ? Toutes les soci&#233;t&#233;s, &#224; ce que je sache, ont c&#233;l&#233;br&#233; le Nouvel An. Les grands anc&#234;tres (razandrazana) malgaches du temps o&#249; ils n'&#233;taient pas encore arriv&#233;s dans la Grande Ile, du temps du faharazandrazanina, la c&#233;l&#233;braient en Asie du Sud-Est comme le faisait tout l'Extr&#234;me-Orient. C'&#233;tait une f&#234;te &#224; la fois agraire et politique. Agraire parce qu'elle inaugurait l'ann&#233;e agricole &#8211; qui est une ann&#233;e solaire de 365,25 jours &#8211; et le d&#233;but d'un nouveau cycle de vie. Politique, parce qu'organis&#233;e par le pouvoir politique, c'&#233;tait aussi une f&#234;te dynastique. &#192; Madagascar, cette f&#234;te fut donc organis&#233;e en septembre-octobre, soit &#224; la nouvelle lune (tsinambolana) comme elle fut maintenue en Imerina, soit &#224; la pleine lune (fenomanana) comme dans le Menabe pour le Fitampoha. Si l'on prend la date de l'&#233;tablissement des austron&#233;siens dans les &#238;les d'Insulinde, c'est donc une f&#234;te qui a au moins 6.000 ans d'&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les calendriers furent aussi, du moins &#224; leurs origines, le fait d'une d&#233;cision politique et religieuse dans certaines circonstances historiques. Le calendrier international que nous utilisons tous aujourd'hui, est l'aboutissement d'une r&#233;forme de Jules C&#233;sar en 45 avant l'&#232;re chr&#233;tienne, compl&#233;t&#233;e par le Pape Gr&#233;goire XIII en 1582. Cette ann&#233;e-l&#224;, 10 jours furent supprim&#233;s et l'on passa du jeudi 4 octobre au vendredi 15 octobre. &#192; Rome, le d&#233;but de l'ann&#233;e &#233;tait au 1er janvier l'an 152 avant l'&#232;re chr&#233;tienne et avait &#233;t&#233; conserv&#233; par le calendrier julien. Mais il fut souvent modifi&#233; par certaines &#201;glises chr&#233;tiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, les r&#233;cents changements de calendrier ne sont pas &#224; imputer totalement &#224; la colonisation. D&#232;s le 19e si&#232;cle, les missionnaires, qui &#233;taient des colons temporaires, c&#233;l&#233;braient entre eux et avec leurs amis malgaches le Nouvel An au 1er janvier et, &#224; partir de 1884, assistaient au Bain de la Reine le 22 novembre. Ce n'est qu'apr&#232;s l'exil de la Reine (1897) que les Fran&#231;ais, qui &#233;taient des colons permanents, ont transf&#233;r&#233; certaines pratiques du Fandroana au 14 juillet. Ce que maintint la R&#233;publique &#224; l'Ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements anciens d&#233;pendirent du pouvoir politique. Quand des Arabes s'install&#232;rent en Imerina &#224; partir du 13e si&#232;cle &#8211; il y eut parmi eux Andriambazaha, le grand anc&#234;tre des Zafimbazaha &#8211;, ils firent adopter leur calendrier qui suivait l'ann&#233;e lunaire &#8211; qui dure environ 354 jours &#8211; et la semaine de sept jours. Les rois de l'&#233;poque dite vazimba fix&#232;rent le d&#233;but de l'ann&#233;e &#224; la lune d'Alakaosy ou du Sagittaire. Le d&#233;but de l'ann&#233;e et le Fandroana commenc&#232;rent donc &#224; migrer au sein de l'ann&#233;e solaire, ne revenant en septembre que tous les 33 ans. Ralambo au 16e si&#232;cle le transf&#233;ra au d&#233;but du mois d'Alahamady ou du B&#233;lier. Autre d&#233;cision du pouvoir politique : suivant le mod&#232;le anglais, Ranavalona II puis Ranavalona III, quant &#224; elles, fix&#232;rent le Fandroana &#224; leur date de naissance en suivant le calendrier gr&#233;gorien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre caution, nous dit-on, celle d'un professeur de m&#233;decine, selon lequel le choix de la date serait &#171; une identification de mani&#232;re scientifique &#187;. Elle proviendrait de l'ouvrage de Rokl Brahle, illustre inconnu qu'ignore la Toile, alors que l'on trouve les phases de la lune sur un site de l'U.S. Navy. Je suppose que ce n'est pas dans le Vidal que le professeur a trouv&#233; ses r&#233;f&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les festivit&#233;s, nous dit-on encore, les rituels et le programme que les habitants font le 1er janvier sont les m&#234;mes pendant le &#8216;fandroana' &#187;. Le programme du 1er janvier est d'une grande simplicit&#233; : un r&#233;veillon avec une grande bouffe, et une nuit pass&#233;e &#224; danser. Je n'y vois aucun rituel. Je n'y vois personne prendre un bain &#224; une source, sacr&#233;e ou pas, pour se laver des impuret&#233;s de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e. Je n'y vois pas non plus la procession des flambeaux (harendrina) qui parcourait la campagne pour en chasser les esprits des morts, ni ce moment o&#249;, pour la derni&#232;re fois, on &#233;tait autoris&#233; &#224; pleurer les morts avant de les abandonner dans leur nouveau monde (famoizana). Etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste a sans doute mal compris ce que disait Nosy Rabejaona dont le projet n'est pas de reprendre la tradition, mais, en association avec l'Ortana, d'utiliser la marque rebaptis&#233;e en &#171; Taombaovaon'ny Ambanilanitra &#187;, pour cr&#233;er un produit touristique. Avec cette n&#233;cessit&#233; d'avoir une date fixe pour l'organisation des circuits vendus chez les Tour Operators d'Europe. Et une date f&#233;ri&#233;e pour attirer les touristes indig&#232;nes ou r&#233;sidents du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Nouvel an des koltoralistes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce qu'est le &#171; Taombaovao malagasy &#187; des koltoralistes, je dispose aussi du flyers donnant le programme de la manifestation des 11 et 12 mars &#224; Ambohidrabiby ainsi que d'une invitation &#224; une conf&#233;rence le 13 mars au Centre International des Conf&#233;rences d'Ivato. Prix d'entr&#233;e : 10.000 ariary pour le tout-venant et 40.000 ariary pour les VIP avec des places r&#233;serv&#233;es (Toerana voafantina).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans admettre que le 27 mars ait &#233;t&#233; le d&#233;but de l'ann&#233;e lunaire malgache, nous avions assist&#233; &#224; cette manifestation &#224; Ambohidrabiby en 2009, simplement parce que nous avons des liens particuliers avec Rasendrasoa et ses descendants qui y demeurent dans le fasan'Andriana. Nouveaut&#233;, j'y vois pour le 11 mars de cette ann&#233;e l'apparition d'un &#171; Afo tsy maty &#187; que je crois pouvoir comprendre &#224; partir de ce que j'ai vu lors de l'enterrement dans le Vonizongo d'Yvonne que l'on m'a toujours pr&#233;sent&#233;e comme une vraie princesse. Ce jour-l&#224;, avant l'introduction du razana dans le tombeau, sept (isa masina ?) hommes (peut-&#234;tre des zanadrano), chacun repr&#233;sentant les diff&#233;rents niveaux andriana, se tinrent pr&#232;s de la bi&#232;re. L'un d'eux fit une longue d&#233;claration qui n'&#233;tait pas assez forte pour que je l'entende bien. Il tenait un flambeau dans la main droite. Ce geste m'a sembl&#233; fort bizarre, car, pour assurer la p&#233;rennit&#233; andriana, c'est le feu qui &#233;tait utilis&#233;, alors que, comme chacun le sait, le feu permet de chasser les esprits des d&#233;funts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, le 11 mars entre 8 et 10 heures est consacr&#233; &#224; &#171; c&#233;l&#233;brer l'afo tsy maty et l'andro tsy maty &#187;. L'andro tsy maty en Imerina &#233;tait le jour o&#249; toutes les relations sexuelles &#233;taient autoris&#233;es, comme dans le valabe du Fitampoha et le fiandravanana du Betsileo. D'un musicologue, j'avais bien appris en 1968 qu'il y avait &#171; encore &#187; &#224; Alasora des rites lunaires avec des &#171; orgies sexuelles &#187;. Mais je n'en ai jamais rien su de plus. Dans le programme d'Ambohidrabiby, c'est &#224; une heure de l'apr&#232;s-midi que sera allum&#233; le &#171; feu qui ne meurt pas &#187;. Il sera suivi d'un spectacle de hira gasy et, sans doute le soir, d'une retraite aux flambeaux (harendrina). Le &#171; jour qui ne meurt pas &#187; se situerait donc pendant la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une identit&#233; chr&#233;tienne malgache ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de ce m&#233;li-m&#233;lo de pseudo-rituels malgaches anciens, la pr&#233;sence d'un culte protestant le matin &#224; 10 heures est d'autant plus int&#233;ressant que le flyers annon&#231;ant la manifestation est explicite. &#171; Le Pasteur du Temple Fjkm d'Ambohidrabiby n'a pas cess&#233; d'enseigner et de d&#233;velopper l'id&#233;e que le Taom-baovao Malagasy [&#8230;] n'est pas du paganisme, mais plut&#244;t une coutume que l'on suit pour remercier Dieu pour tout le bien qu'il nous a donn&#233; pendant l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, et surtout pour lui demander Sa b&#233;n&#233;diction pour l'ann&#233;e qui d&#233;bute &#187;. Il pr&#233;cise &#233;galement que &#171; le Taom-baovao Malagasy est une coutume venues de nos anc&#234;tres d'autrefois, qui marquait la fin de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e et le d&#233;but dans les r&#233;jouissances de l'ann&#233;e nouvelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agirait-il donc de christianiser une f&#234;te pa&#239;enne ? Les premiers chr&#233;tiens ne firent pas autrement lorsqu'ils install&#232;rent la f&#234;te de la Nativit&#233; au moment du solstice de d&#233;cembre dans les f&#234;tes du Soleil invaincu, Sol invictus disaient les Latins. Elle d&#233;butait quand la dur&#233;e du jour commen&#231;ait &#224; augmenter &#171; du saut d'une puce &#187; visiblement &#224; la Sainte-Luce au 23 d&#233;cembre avant la r&#233;forme gr&#233;gorienne, et &#171; du saut d'un b&#339;uf &#187; &#224; l'An Neuf, et se terminaient avec l'Epiphanie, dont ils firent la Journ&#233;e des Rois. Mais il est difficile de christianiser un Alahamadibe, qui se d&#233;place dans l'ann&#233;e, dans le calendrier liturgique chr&#233;tien qui, m&#234;me la f&#234;te de P&#226;ques, se d&#233;roule &#224; l'int&#233;rieur d'une ann&#233;e solaire r&#233;guli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne s'agirait pas d'une christianisation pens&#233;e et r&#233;fl&#233;chie, tout au plus d'une forme de syncr&#233;tisme oblig&#233;, &#233;tant donn&#233; que beaucoup de gens ont &#233;t&#233; baptis&#233;s et sont all&#233;s &#224; l'&#233;cole du dimanche. L'invitation pour la conf&#233;rence du 13 mars &#224; Ivato nous r&#233;v&#232;le le but cach&#233; du projet des koltoralistes. Elle veut nous prouver que ce Taom-baovao Malagasy est constituant de l'identit&#233; malgache. En nous expliquant et nous &#233;clairant sur &#171; l'histoire de notre peuple et de notre nation (tantaran'ny vahoakantsika sy ny firenentsika) qui a commenc&#233; en l'an 2156 avant l'&#232;re chr&#233;tienne jusqu'&#224; la pr&#233;sente ann&#233;e 2013 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joint &#224; l'invitation, un petit coupon donne une pr&#233;cision que je dois recopier ici :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Rehefa nopotehin'YHWH Andriamanitr'Israel ireo Andriamanitry ny Egyptiana tamin'ny taona BC 1445 dia nilaza tamin'ny taranak'Israel tany Egypta hoe :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Eksodosy 12, 1 : &#8220;ty volana ity no voaloham-bolana ho anareo, dia ho voaloham-bolana amin'ny taona ho anareo izy&#8221; . &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Io no taom-baovao Malagasy &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand Yahv&#233;, Dieu d'Isra&#235;l, eut d&#233;truit les Dieux des &#201;gyptiens en l'an 1445 avant J.-C., il dit aux descendants d'Isra&#235;l en Egypte : &#171; Ce mois sera pour vous en t&#234;te des autres mois, il sera pour vous le premier mois de l'ann&#233;e &#187; (Exode 12, 1). Voil&#224; ce qu'est le nouvel an Malgache &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le texte biblique au verset 2 du chapitre 12, ce mois &#233;tait le premier mois du printemps correspondant &#224; notre mars-avril. On comprend alors le postulat pos&#233; par les koltoralistes. Il leur faut donc une nouvelle lune au mois de mars-avril, d'o&#249; cette date changeante chaque ann&#233;e dans le temps d'un seul mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e n'est pas nouvelle. Un missionnaire lazariste, Joseph Briant voulut &#233;tablir que la langue malgache &#233;tait issue de l'h&#233;breu. Il cr&#233;a toute une histoire de Madagascar avec une s&#233;rie de migrations juives dont la premi&#232;re daterait de Salomon en 900 ans avant J.-C. Cette th&#232;se est reprise et d&#233;fendue par Tolotra Ratefy et maintenant amplifi&#233;e par Ndriana Rabarioelina dans une fouth&#232;se de th&#233;ologie soutenue sur internet. Les koltoralistes r&#234;vent-ils eux aussi de nous donner une identit&#233; juive ? Et, avec Ndriana, de construire la th&#233;ocratie exemplaire dont il serait le guide ou le grand-pr&#234;tre ? Dans cette th&#233;ocratie, le taom-baovao malgache sera le d&#233;but de l'ann&#233;e et la f&#234;te nationale. Ce beau programme aura-t-il un repr&#233;sentant &#224; la prochaine pr&#233;sidentielle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je commence &#224; penser que nous aurions besoin d'un bon psychiatre comme ministre de la sant&#233; mentale, qui nous expliquerait la difficult&#233; de quelques-uns d'&#234;tre et malgache et chr&#233;tien. Vous aurez compris pourquoi je ne me suis pas impos&#233; le supplice d'aller &#224; Ambohidrabiby malgr&#233; ma curiosit&#233; d'anthropologue, ni d'aller &#224; la conf&#233;rence d'Ivato malgr&#233; ma curiosit&#233; d'historien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Asaramanitra en 2013</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/L-Asaramanitra-en-2013,18523.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/L-Asaramanitra-en-2013,18523.html</guid>
		<dc:date>2013-03-07T03:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Thu, 07 Mar 2013 06:00:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cela fait quelques ann&#233;es que la presse se fait l'&#233;cho d'un &#233;v&#233;nement qui serait le &#171; Nouvel An malgache &#187;. Cette ann&#233;e, des titres nous parlent d'un &#171; D&#233;saccord honteux &#187; ou de &#171; La mouise du Nouvel An malgache &#187;. Trois dates nous sont annonc&#233;es : &lt;br class='autobr' /&gt; les 11 et 12 mars pour la Trano koltoraly malagasy, les 15 et 16 mars pour Mamelomaso, le mois d'ao&#251;t ou les environs du mois d'ao&#251;t pour les ZanadRanavalona. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et je comprends les journalistes qui voient dans ce d&#233;saccord et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Societe,004-.html" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela fait quelques ann&#233;es que la presse se fait l'&#233;cho d'un &#233;v&#233;nement qui serait le &#171; Nouvel An malgache &#187;. Cette ann&#233;e, des titres nous parlent d'un &#171; D&#233;saccord honteux &#187; ou de &#171; La mouise du Nouvel An malgache &#187;. Trois dates nous sont annonc&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les 11 et 12 mars pour la &lt;i&gt;Trano koltoraly malagasy,&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les 15 et 16 mars pour Mamelomaso,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le mois d'ao&#251;t ou les environs du mois d'ao&#251;t pour les ZanadRanavalona.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je comprends les journalistes qui voient dans ce d&#233;saccord et les gesticulations qui sont associ&#233;es &#224; cette annonce une atteinte &#224; la valeur culturelle de l'&#233;v&#233;nement, une atteinte &#224; l'identit&#233; malgache. S'il y a une identit&#233; malgache, et je suis s&#251;r qu'il y en a une, il leur semble bien qu'il ne devrait y avoir qu'une date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la question qui a un caract&#232;re politique comme tous les calendriers, il faut commencer par se demander ce que signifie Asaramanitra, un mot que l'on entend revenir plusieurs fois dans le courant d'une ann&#233;e. Pour beaucoup, &lt;i&gt;Tonga ny Asaramanitra&lt;/i&gt; signifierait aujourd'hui : Voici qu'arrive une grande f&#234;te. En fait, Asaramanitra est le nom du premier mois de l'ann&#233;e dans le calendrier qu'utilisaient les grands anc&#234;tres jusqu'au 13e si&#232;cle. Il se situait en septembre et &#233;tait annonc&#233; par le &lt;i&gt;trandraka&lt;/i&gt; qui sortait de son hibernation et par le chant du &lt;i&gt;taotaokafo&lt;/i&gt; qui revenait de sa migration annuelle en Afrique. Avec le retour d'une temp&#233;rature plus cl&#233;mente et propice aux nouvelles cultures, c'&#233;tait le &lt;i&gt;lohataona&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire le &#171; d&#233;but de l'ann&#233;e &#187;. C'&#233;tait la grande f&#234;te agraire du renouveau de la vie qui &#233;tait associ&#233;e au rituel dynastique du Bain ou &lt;i&gt;Fandroana&lt;/i&gt;. Elle marquait le d&#233;but de l'ann&#233;e solaire qui dure 365 jours environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tradition asiatique fut modifi&#233;e aux 13e - 14e si&#232;cles par l'adoption de la semaine de sept jours et surtout celle de l'ann&#233;e lunaire qu'utilisaient les Arabes. Or, l'ann&#233;e lunaire n'ayant que 354 jours environ, le d&#233;but de l'ann&#233;e commen&#231;a &#224; se d&#233;placer dans le cadre de l'ancienne ann&#233;e solaire. Lors de l'adoption du nouveau calendrier, le premier mois de l'ann&#233;e fut d'abord celui d'Alakaosy ou mois du Sagittaire qui demeure le signe sous lequel sont faits les rituels des anciens rois comme Rapeto, Rasoalao et Ramaitsoakanjo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il advint au 16e si&#232;cle que, dans l'ensemble des r&#233;formes qu'institua le roi Ralambo, le Fandroana et le d&#233;but de l'ann&#233;e furent plac&#233;s au d&#233;but du mois d'Alahamady ou mois du B&#233;lier, qui &#233;tait le mois de la naissance de Ralambo. Cette d&#233;cision fut respect&#233;e par le Royaume d'Imerina puis le Royaume de Madagascar jusque sous le r&#232;gne de Rasoherina (1863-1868). Sur le mod&#232;le anglais dans lequel la f&#234;te nationale se passe le jour anniversaire du souverain, Ranavalona II (1868-1883) et Ranavalona III (1883-1897) d&#233;cid&#232;rent que le Fandroana aurait lieu pour c&#233;l&#233;brer le jour de leur naissance. Pour Ranavalona III, ce fut le 22 novembre. Apr&#232;s l'exil de la Reine, Gallieni fixa les f&#234;tes du Fandroana, bien &#233;videmment sans Bain de la Reine, au 14 juillet, f&#234;te nationale fran&#231;aise. Ces f&#234;tes pass&#232;rent au 26 juin au moment de l'Ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend d'autant mieux le d&#233;sordre que, si le peuple des campagnes et nombre de citadins continuaient &#224; c&#233;l&#233;brer les f&#234;tes d'Asaramanitra selon les d&#233;cisions de Ralambo en l'appelant Alahamadibe, les missionnaires et les Eglises les combattirent parce qu'elles y voyaient des vestiges d'un paganisme abhorr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre les diff&#233;rentes propositions qui nous sont faites, y en a-t-il une qu'il serait pr&#233;f&#233;rable de choisir ? Suivre les &#171; d&#233;fenseurs de la culture malgache &#187; de la &lt;i&gt;Trano koltoraly malagasy&lt;/i&gt; ou suivre les ZanadRanavalona d'Anosimanjaka ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je ne me trompe, c'est en 2004 que les &#171; d&#233;fenseurs de la culture malgache &#187; ont commenc&#233; &#224; proposer leur &#171; Nouvel An malgache &#187;. Ils en avaient d&#233;fendu l'id&#233;e en se basant, disaient-ils, sur des connaissances scientifiques en astronomie. Sur la Toile, ils avaient alors &#233;t&#233; critiqu&#233;s par les astronomes sp&#233;cialistes du calendrier de l'Observatoire de Paris. Ils &#233;taient alors soutenus par la radio Feon'Imerina et par l'association Jaky Mena. Ces soutiens leur ont &#233;t&#233; depuis retir&#233;s. Ils ont continu&#233; chaque ann&#233;e &#224; organiser leurs festivit&#233;s au mois de mars selon des dates changeantes. Ce fut le 21 mars en 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui est des ZanadRanavalona &#8211; qui ne sont pas les descendants des reines du 19e si&#232;cle mais ceux de Ranavalontsimitoviaminandriana, fille d'Andriamasinavalona que son p&#232;re pla&#231;a &#224; Anosimanjaka &#8211;, ils ne sont pas les seuls &#224; c&#233;l&#233;brer l'Asaramanitra et l'Alahamadibe selon les d&#233;cisions de Ralambo. J'y ai assist&#233; de nombreuses fois dans les ann&#233;es 1980 et j'y ai vu, Razakaboana, Conseiller Supr&#234;me de la R&#233;volution, y danser autour des z&#233;bus sacrifi&#233;s. Dans les m&#234;mes ann&#233;es, les Zanakantitra le c&#233;l&#233;braient &#224; Analanakoho au sud d'Imerintsiatosika : ils &#233;taient plus de 20.000 &#224; assister aux f&#234;tes qui duraient cinq jours avec plusieurs troupes de &lt;i&gt;mpihira gasy&lt;/i&gt; ; on pouvait y voir aussi les militaires d'Iavoloha venir avec leur Lada remplir leurs jerricans &#224; la source d'Analanakoho, et nous supposions que leur patron s'&#233;tait organis&#233; un Fandroana particulier. &#192; Ambohimanga, j'ai vu aussi en 1990 les Antehiroka c&#233;l&#233;brer l'Alahamadibe que RFO a film&#233; et diffus&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision. Dans la r&#233;gion d'Andramasina, on le c&#233;l&#232;bre encore &#224; Ambatomalaza, Ambohidrazana, Fihasinana, Soavinimerina Manjakavahoaka&#8230; L'Alahamadibe y fut f&#234;t&#233; le 29 ao&#251;t en 2011 et, l'ann&#233;e &#233;tant bissextile, le 19 ao&#251;t en 2012. Ce pourrait &#234;tre le 7 ou le 8 ao&#251;t en 2013 et en juillet l'ann&#233;e suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, o&#249; est l'identit&#233; malgache ? Entre &#171; d&#233;fenseurs de la culture malgache &#187; et gardiens d'une tradition pluri-centenaire, nous sommes en d&#233;mocratie et pouvons librement exercer notre libert&#233; d'expression et notre droit de choisir les candidats que nous &#233;lisons. &#192; vous d'&#233;lire les meilleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une trentaine d'Indon&#233;siennes &#224; l'origine du peuplement de Madagascar ?</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Une-trentaine-d-Indonesiennes-a-l,18476.html</link>
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		<dc:date>2013-02-22T03:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 22 Feb 2013 06:00:00 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Question r&#233;currente depuis la fin du 19e si&#232;cle avec toutes ses implications politiques, l'origine &#8211; ou les origines &#8211; des Malgaches continue &#224; nous pr&#233;occuper, comme elle int&#233;resse les milieux scientifiques. Les m&#233;thodes ont chang&#233;. Pendant longtemps, l'anthropologie physique de grand-papa collectionnait les cr&#226;nes et les squelettes, mesurait les indices cr&#226;niens et les diff&#233;rentes proportions des corps, d&#233;crivait la couleur de la peau et la texture des cheveux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle voulait d&#233;finir les &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Societe,004-.html" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Question r&#233;currente depuis la fin du 19e si&#232;cle avec toutes ses implications politiques, l'origine &#8211; ou les origines &#8211; des Malgaches continue &#224; nous pr&#233;occuper, comme elle int&#233;resse les milieux scientifiques. Les m&#233;thodes ont chang&#233;. Pendant longtemps, l'anthropologie physique de grand-papa collectionnait les cr&#226;nes et les squelettes, mesurait les indices cr&#226;niens et les diff&#233;rentes proportions des corps, d&#233;crivait la couleur de la peau et la texture des cheveux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle voulait d&#233;finir les &#171; races &#187;, h&#233;sitant encore dans les ann&#233;es 60 entre une vingtaine ou une trentaine de &#171; races &#187;. Elle a encombr&#233; les r&#233;serves des mus&#233;es de plusieurs dizaines de milliers de cr&#226;nes et de je ne sais combien de milliers de squelettes. Ce fut le type m&#234;me d'une fausse science engag&#233;e dans des recherches qui ne pouvaient finalement qu'&#234;tre abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, tout honn&#234;te homme ne devrait ignorer qu'il n'existe qu'une seule race humaine, celle des Homo sapiens, l'esp&#232;ce des mammif&#232;res la plus &#233;volu&#233;e qui a mis, depuis le Purgatorius de la taille d'un gros rat, quelque 70 millions d'ann&#233;es pour se parfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle anthropologie physique &#233;tudiant la g&#233;n&#233;tique semble bien une vraie science dont certaines d&#233;couvertes peuvent aider &#224; soigner ou &#224; d&#233;tecter d'&#233;ventuelles maladies h&#233;r&#233;ditaires. Analysant le g&#233;nome humain, elle y d&#233;c&#232;le des &#233;l&#233;ments qui peuvent subir des variations ou &#233;volutions et peut en tirer des conclusions sur les origines et les mouvements de population. Elle permet de corriger les opinions qui ne satisfaisaient que ceux qui les avaient exprim&#233;es. C'est ainsi que, alors que les Europ&#233;ens &#233;tonn&#233;s de la blancheur des populations oc&#233;aniennes leur attribuaient une ancestralit&#233; partiellement europ&#233;enne, les recherches de g&#233;n&#233;tique humaine sur l'ADN mitochondrial ont prouv&#233; il y a dix ans l'origine austron&#233;sienne des populations du Pacifique dont les ethnologues, eux aussi europ&#233;ens ou am&#233;ricains, n'avaient jamais dout&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Madagascar, les recherches d'Harilanto Razafindrazaka ont r&#233;v&#233;l&#233; que le g&#233;nome mitochondrial des Mikea, des Vezo et des Merina d'Ambohimalaza &#233;tait une variante du motif polyn&#233;sien. Cette forme d'unit&#233; g&#233;n&#233;tique ne pourra &#233;tonner que ceux qui restent persuad&#233;s que&lt;br class='autobr' /&gt;
la premi&#232;re population de la Grande Ile &#233;tait d'origine bantoue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on ne peut donc qu'accorder beaucoup d'attention &#224; une recherche dont, me dit-on, Paris-Match a r&#233;cemment rendu compte et que les auteurs r&#233;sument ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; The settlement of Madagascar is one of the most unusual, and least understood, episodes in human prehistory. Madagascar was one of the last landmasses to be reached by people, and&lt;br class='autobr' /&gt;
despite the island's location just off the east coast of Africa, evidence from genetics, language&lt;br class='autobr' /&gt;
and culture all attests that it was settled jointly by Africans, and more surprisingly, Indonesians.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nevertheless, extremely little is known about the settlement process itself. Here, we report broad&lt;br class='autobr' /&gt;
geographical screening of Malagasy and Indonesian genetic variation, from which we infer&lt;br class='autobr' /&gt;
a statistically robust coalescent model of the island's initial settlement. Maximum-likelihood&lt;br class='autobr' /&gt;
estimates favour a scenario in which Madagascar was settled approximately 1200 years ago by&lt;br class='autobr' /&gt;
a very small group of women (approx. 30), most of Indonesian descent (approx. 93%). This&lt;br class='autobr' /&gt;
highly restricted founding population raises the possibility that Madagascar was settled not as a&lt;br class='autobr' /&gt;
large-scale planned colonization event from Indonesia, but rather through a small, perhaps even&lt;br class='autobr' /&gt;
unintended, transoceanic crossing &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on ne s'&#233;tonnera pas qu'il n'y soit question que de femmes, car l'ADN mitochondrial&lt;br class='autobr' /&gt;
humain permet de retracer les relations g&#233;n&#233;alogiques entre les individus seulement selon&lt;br class='autobr' /&gt;
la lign&#233;e maternelle. L'on ne s'&#233;tonnera pas non plus que, dans nos anc&#234;tres, il y ait eu des&lt;br class='autobr' /&gt;
femmes ayant les m&#234;mes origines que les femmes &#171; indon&#233;siennes &#187;. Quant &#224; moi, je ne dirais&lt;br class='autobr' /&gt;
pas &#171; indon&#233;siennes &#187;, car l'Indon&#233;sie n'a commenc&#233; &#224; exister qu'au 19e si&#232;cle. C'est une&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;nomination politique, qui a d'abord servi &#224; regrouper les colonies hollandaises et qui fut&lt;br class='autobr' /&gt;
conserv&#233;e au moment de l'ind&#233;pendance. Ce ne serait qu'un petit anachronisme, s'il ne nous&lt;br class='autobr' /&gt;
signalait pas le peu de culture historique des auteurs, qui restent prisonniers d'un discours&lt;br class='autobr' /&gt;
colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatant le caract&#232;re tardif du peuplement du Petit Continent qu'est Madagascar &#8211; relativement tardif, dirais-je &#8211;, ils en tirent la conclusion g&#233;n&#233;tique qu'il proviendrait de l'arriv&#233;e sur l'&#238;le d'une trentaine de femmes &#171; indon&#233;siennes &#187; que, par le recours &#224; un mod&#232;le informatique, ils datent d'il y a environ 1200 ans, c'est-&#224;-dire au 9e si&#232;cle de l'&#232;re chr&#233;tienne. Ils en tirent une conclusion historique que le tr&#232;s petit nombre d'individus constituant la population fondatrice rend &#233;vidente qu'une colonisation &#224; large &#233;chelle et sur un temps long ne fut pas organis&#233;e, mais qu'elle aurait peut-&#234;tre &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'une travers&#233;e involontaire de l'oc&#233;an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des conclusions &#224; recevoir avec pr&#233;caution. D'abord parce que tout mod&#232;le informatique, aujourd'hui deus ex machina de certaines sciences qui se voudraient exactes, n'est qu'une construction humaine, qu'il n'est pas omniscient et qu'il sera vite remplac&#233; par un autre mod&#232;le informatique. Mais aussi parce qu'elles reprennent cette histoire qu'avait invent&#233;e la science coloniale et qu'elles &#233;vitent de prendre en compte des nouvelles donn&#233;es fournies par l'arch&#233;ologie et l'anthropologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es de la g&#233;n&#233;tique, de la langue et de la culture attestent, &#233;crivent-ils, que ce peuplement fut fait &#171; conjointement par des Africains et, de fa&#231;on surprenante, par des Indon&#233;siens &#187;. Langue et culture malgaches ne le prouvent pas. Le lexique malgache ne comporte que tr&#232;s peu de mots africains, et pas plus que ce qu'autorise tout contact de langue. Et dans son fond, toute la culture malgache reste austron&#233;sienne dans ses institutions et coutumes,&lt;br class='autobr' /&gt;
comme pour l'ala volon-jaza et les secondes fun&#233;railles. Quant &#224; la g&#233;n&#233;tique, lorsqu'elle en arrivait &#224; d&#233;celer des faits &#171; indon&#233;sien &#187; dans les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res, elle &#233;tait aussit&#244;t critiqu&#233;e et rejet&#233;e, parce qu'elle ne validait pas le discours colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les derni&#232;res recherches anthropologiques, il faut lire les travaux de Garry Rolett sur la Polyn&#233;sie. Elles montrent que les Austron&#233;siens furent un grand peuple &#224; la recherche de terres &#224; peupler et &#224; coloniser. Madagascar et, pendant un certain temps, la c&#244;te orientale d'Afrique furent &#224; l'ouest l'&#233;quivalent des &#238;les Marquises et de l'&#238;le de P&#226;ques &#224; l'est de l'aire austron&#233;sienne. Bien avant Christophe Colomb, les Polyn&#233;siens avaient d&#233;couvert l'Am&#233;rique, en avaient rapport&#233; la patate douce et en avaient diffus&#233; la culture dans le Pacifique. La pr&#233;sence d'Austron&#233;siens &#224; Madagascar ne r&#233;sulte pas d'une &#171; travers&#233;e involontaire de l'oc&#233;an &#187; ou d'un naufrage. Ni, comme on l'a enseign&#233;, de la fuite &#224; la suite d'une d&#233;faite, ni d'avoir fui une r&#233;gion o&#249; s&#233;vissaient des maladies &#233;pid&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arch&#233;ologie avec David Burney a d&#233;couvert qu'en 380 avant l'&#232;re chr&#233;tienne, on cultivait le chanvre (rongony) dans le Moyen-Ouest comme on le faisait dans la Chine ancienne et en Asie du Sud-Est. Et sans doute n'&#233;tait-ce pas pour le fumer. Du chanvre, on obtenait des tissus pour se v&#234;tir et surtout la mati&#232;re pour faire les voiles et les cordages indispensables aux voiliers qui voyageaient dans l'Oc&#233;an Indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'en tirer des conclusions d'ordre historique, les recherches sur l'ADN devraient sans doute tenir compte des r&#233;sultats obtenus par ailleurs pour programmer leurs mod&#232;les informatiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Baisse de niveau ?</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Baisse-de-niveau,18468.html</link>
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		<dc:date>2013-02-20T04:24:33Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 20 Feb 2013 07:24:33 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'article sur &#171; La baisse de niveau &#187; qui serait celle de &#171; coll&#233;giens tiraill&#233;s &#187; appelle mon commentaire qui est celui d'un ancien et vieux professeur, maintenant professeur b&#233;n&#233;vole d'histoire en classe de seconde au Lyc&#233;e d'Andramasina. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je constate que le propos de Madame Andrianjohary Noroelisoa ne concerne que les coll&#233;giens des villes et pas ceux des champs. Mes &#233;l&#232;ves, dont 86% ont des parents mpamboly ou mpiompy, ne disposent d'aucun MPChose, mais rarement d'un t&#233;l&#233;phone portable, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/Le-collegien-tiraille,18465.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'article sur &#171; La baisse de niveau &#187;&lt;/a&gt; qui serait celle de &#171; coll&#233;giens tiraill&#233;s &#187; appelle mon commentaire qui est celui d'un ancien et vieux professeur, maintenant professeur b&#233;n&#233;vole d'histoire en classe de seconde au Lyc&#233;e d'Andramasina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je constate que le propos de Madame Andrianjohary Noroelisoa ne concerne que les coll&#233;giens des villes et pas ceux des champs. Mes &#233;l&#232;ves, dont 86% ont des parents &lt;i&gt;mpamboly&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;mpiompy&lt;/i&gt;, ne disposent d'aucun MPChose, mais rarement d'un t&#233;l&#233;phone portable,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que mes &#233;l&#232;ves sont arriv&#233;s, &lt;strong&gt;pour beaucoup&lt;/strong&gt;, en classe de seconde sans avoir encore &#233;t&#233; disciplin&#233;s et en ignorant qu'il est d&#233;conseill&#233; de bavarder, quand le prof enseigne ; quand le bavardage devient trop fort ou ent&#234;tant et que le prof se tait et attend qu'il cesse, certains savent se manifester par un &#171; &lt;i&gt;Mangina&lt;/i&gt; &#187; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'avec des classes surcharg&#233;es &#8211; plus de 60 &#233;l&#232;ves par classe dans mon lyc&#233;e &#8211;, l'on ne peut s'occuper de tous ; l'on a l'impression souvent de lancer une bouteille &#224; la mer que quelques-uns seulement savent ou peuvent saisir,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que le professeur qui a un petit peu d'exp&#233;rience doit savoir &#224; la fois d&#233;tendre l'atmosph&#232;re et r&#233;tablir l'attention, parfois en sachant faire le pitre &#8211; oui, j'avoue le faire &#8211;, et les &#233;l&#232;ves comprennent tr&#232;s bien, s'en amusent et appr&#233;cient,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que mes &#233;l&#232;ves ont du mal &#224; conserver une attention continue pendant deux heures ; c'est bien &#233;vident, puisque l'on sait que les lettres comme celles de Madame de S&#233;vign&#233; &#233;taient lues en public et ne duraient que quelque 50 minutes. D'o&#249; dans un enseignement &#171; normal &#187;, des classes de moins d'une heure coup&#233;es d'un interclasse de 5 &#224; 10 minutes,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que les programmes officiels venant d'un copier/coller ne correspondent pas autant &#224; ce que pourraient d&#233;sirer les &#233;l&#232;ves qu'&#224; ce qui est n&#233;cessaire pour le pays ; je le vois tr&#232;s bien en classe de seconde pour l'histoire : l'on demande aux &#233;l&#232;ves de devenir de parfaits petits-n&#233;ocolonis&#233;s. Ce que j'essaie de ne pas faire : en enseignant l'histoire des Malgaches depuis les r&#233;gions d'origine, les raisons et les moyens de naviguer, tout le bagage culturel qu'ils ont apport&#233;s avec eux, etc., etc., je sais qu'ils suivent et ont vraiment le sentiment d'apprendre quelque chose, et j'ai la pr&#233;tention, &#224; ma modeste place, de contribuer &#224; aider &#224; former des citoyens malgaches qui ne sont plus obnubil&#233;s par le seul discours colonial,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que, comme du temps de la Premi&#232;re R&#233;publique, les enfants ont compris que, s'il vont &#224; l'&#233;cole, c'est pour poss&#233;der le savoir &#233;tranger ; d&#232;s que l'on entrait dans les locaux scolaires, l'on oubliait ce que l'on savait par ailleurs comme dans cette &#233;cole primaire catholique de Mananjary au bord de mer : les &#233;l&#232;ves savaient en fran&#231;ais les bonnes d&#233;finitions de la mer, de l'oc&#233;an et des vagues, mais &#233;taient incapables de dire s'ils en avaient d&#233;j&#224; vus,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;que, quand on enseigne, on peut &#234;tre d'autant plus tent&#233; par le par-c&#339;ur que, notamment dans le secondaire et voire m&#234;me quelquefois dans le sup&#233;rieur, l'enseignement s'enracine dans l'enseignement des missionnaires, des &#233;vang&#233;listes et des cat&#233;chistes qui enseignaient ce que l'on doit croire et qu'il fallait savoir sans se tromper ; c'est, comme celui des parents qui sermonnent leurs enfants, l'enseignement du &lt;i&gt;anatra&lt;/i&gt; par le &lt;i&gt;mpampianatra&lt;/i&gt; qui n'apprend pas &#224; r&#233;fl&#233;chir mais &#224; ob&#233;ir ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'un bon enseignant avait autrefois besoin que ses cours soient aussi support&#233;s par de bons manuels et les livres d'une biblioth&#232;que ; quand j'inspectais les coll&#232;ges et lyc&#233;es de l'&#238;le de 1967 &#224; 1972, tous les &#233;l&#232;ves avaient des manuels, tous les 120 CEG et la vingtaine de lyc&#233;es avaient des biblioth&#232;ques abondamment fournies ; &#224; Farafangana et &#224; Vangaindrano, il y avait entre autres beaucoup de Que-sais-je ?. Aujourd'hui, dans sans doute un demi millier de lyc&#233;es, ni biblioth&#232;que ni livres, ni documentation pour les professeurs ; RIEN, RIEN ET RIEN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quand un quinqua ou un sexag&#233;naire en arrive &#224; constater qu'il y a une baisse de niveau, il ne se trompe pas, car il se r&#233;f&#232;re &#224; des temps bien r&#233;volus. Dans la d&#233;finition de nos besoins, aurait-on r&#233;volutionnairement fait table rase du pass&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Genre humain et politique</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Genre-humain-et-politique,18462.html</link>
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		<dc:date>2013-02-16T06:08:54Z</dc:date>

      <pubDate>Sat, 16 Feb 2013 09:08:54 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il existe, traduite de l'anglais, une constitution qui dit : dans le monde, il y a les gens qui dominent et qui enseignent et les gens qui ob&#233;issent et qui apprennent. Comment cette constitution est-elle appliqu&#233;e &#224; Madagascar ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Un papier d'Agn&#232;s Ratsimiala sur &#171; les 10 crises &#233;conomiques africaines &#187; que nous fait suivre un relais malgache, nous enseigne que &#171; tous les indicateurs &#233;conomiques de la Grande &#206;le sont actuellement dans le rouge : une croissance n&#233;gative (-2% en 2010), un IDH (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Opinions,091-.html" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il existe, traduite de l'anglais, une constitution qui dit : dans le monde, il y a les gens qui dominent et qui enseignent et les gens qui ob&#233;issent et qui apprennent. Comment cette constitution est-elle appliqu&#233;e &#224; Madagascar ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un papier d'Agn&#232;s Ratsimiala sur &#171; les 10 crises &#233;conomiques africaines &#187; que nous fait suivre un relais malgache, nous enseigne que &#171; tous les indicateurs &#233;conomiques de la Grande &#206;le sont actuellement dans le rouge : une croissance n&#233;gative (-2% en 2010), un IDH faible, un RNB par habitant faible, un Etat d&#233;faillant et une crise de confiance de la part des investisseurs &#233;trangers depuis la prise de pouvoir de l'ancien maire de la capitale, Andry Rajoelina, en mars 2009. La perspective de croissance en 2011 est &#233;galement faible aux yeux du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le potentiel &#233;conomique de Madagascar est inexploit&#233; malgr&#233; des ressources naturelles abondantes. A la campagne, la population vit toujours de la culture sur br&#251;lis, aggravant le probl&#232;me de la d&#233;forestation ; sur les c&#244;tes et dans les r&#233;serves naturelles, les touristes se font attendre ; et plus g&#233;n&#233;ralement, les forces vives du pays pr&#233;f&#232;rent attendre le retour &#224; la stabilit&#233; politique pour se lancer dans des projets &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un travail de cabinet dont la fen&#234;tre ne s'ouvre pas sur la r&#233;alit&#233; du pays et qui ignore notamment que dans les hautes terres o&#249; vit une tr&#232;s grande partie de la population, cela fait des si&#232;cles que la r&#233;gion est d&#233;forest&#233;e et que les paysans ne continuent pas &#224; vivre de la culture sur br&#251;lis. Quant &#224; la population des grandes villes, et notamment de la conurbation d'Antananarivo, elle ne se nourrit pas des seuls vary tanety et varin'ala produits par la culture sur br&#251;lis de la r&#233;gion foresti&#232;re. Alors comment comprendre ce texte que l'on nous invite &#224; m&#233;diter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, il faut d&#233;chiffrer dans ce qui est l'air de notre temps. Ecrit par Agn&#232;s Ratsimiala et publi&#233; dans les m&#233;dias vazaha de l'autre c&#244;t&#233; (any an-dafy), ce papier, du point de vue de certains Malgaches, est utile et utilis&#233; pour taper sur le petit horribilissime. Du point de vue du groupe vazaha qui l'&#233;crit et le diffuse, son int&#233;r&#234;t est autre. Il est l&#224; pour affirmer que Madagascar est dans la mouise et que ce pays ne s'en sortira pas sans l'enseignement et l'aide vazaha. C'est ce que, actualis&#233;e pour le 21e si&#232;cle, j'appellerai l'attitude missionnaire. Au 19e si&#232;cle, de la m&#234;me fa&#231;on, les missionnaires qui condamnaient l'esclavage, en exag&#233;raient abusivement l'importance. Ranavalona Reniny aurait repris la traite n&#233;gri&#232;re &#224; laquelle Radama aurait mis fin. L'importation de bois d'&#233;b&#232;ne n'aurait pu se faire en dehors de sa politique et sans l'appui des gouverneurs et des officiers du Royaume. Lorsque Ranavalona ii d&#233;cida en 1877 de lib&#233;rer tous les Masombika, il apparut que les estimations des missionnaires &#233;taient fausses, ayant au moins d&#233;cupl&#233; le nombre des Masombika pr&#233;sents &#224; Madagascar. Les journalistes, &#233;conomistes et polygraphes de notre temps n'agissent pas autrement. Ce sont, aid&#233;s de leurs cat&#233;chistes, les nouveaux missionnaires qui veulent &#171; Civiliser &#187; notre &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or qu'en est-il aujourd'hui ? Madagascar, selon les estimations d'instances internationales, aura cette ann&#233;e une croissance entre 2,9 et 4,5%. L'&#233;conomie ne se porte pas mal &#224; voir le succ&#232;s des manifestations &#233;conomiques qui sont organis&#233;es dans la capitale. C'est le cas dans la construction. Quand le b&#226;timent va, tout va, dit-on. De la fen&#234;tre de mon cabinet, je vois toutes ces nouvelles constructions et toutes ces extensions, comme ces petites maisons basses qui s'ajoutent deux ou trois &#233;tages, souvent avec des &#233;chelles de meunier ext&#233;rieures pour monter &#224; l'&#233;tage, car dans la maison, une cage d'escalier suivant les normes (manara-penitra) occuperait presque tout l'espace int&#233;rieur. C'est aussi le cas du domaine des nouvelles technologies, les Ntic, et aussi celui des &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'agriculture, elle ne s'est pas mal port&#233;e depuis 2009. Et les besoins sont tels sur toute cette terre que les clients potentiels sont pr&#234;ts &#224; acheter ce que nous produirions. Ce que l'agriculture attend, c'est ce que pourraient faire les &#171; forces vives du pays &#187; et tous les nationaux qui, avec leurs paysans et dans un cadre d'&#233;conomie solidaire, investiraient un tout petit peu des capitaux qu'ils utilisent pour enrichir leur parc de nouveaux Touareg et autres 4x4 de luxe et, pour le grand bien de tous, se mettraient &#224; travailler leurs terres ancestrales en accord avec leurs m&#233;tayers qui, quant &#224; eux, se moquent pas mal de l'instabilit&#233; politique. La stabilit&#233; politique &#224; venir ne changera pas la nature des rapports entre ceux qui travaillent la terre et ceux qui en sont propri&#233;taires. La Constitution que j'ai cit&#233;e &#233;tait celle, in&#233;crite mais visible dans l'espace v&#233;cu, du fanjakana avant 1897. A la campagne, rien n'a beaucoup chang&#233; et le temps des gu&#233;rillas et des guerres de lib&#233;ration qui voulaient donner la terre &#224; ceux qui la travaillaient semble bien fini aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le domaine du textile peut sembler en panne, mais non de fa&#231;on absolue. M&#234;me sans l'Agoa, le textile a r&#233;embauch&#233; une bonne partie des personnels licenci&#233;s en 2009. Quand il y eut des investisseurs qui ferm&#232;rent leurs usines et embarqu&#232;rent leurs mat&#233;riels &#8211; comme disait ma grand-m&#232;re, Bon voyage et bon vent, La paille au cul et le feu dedans &#8211;, des patrons d'entreprises dans ce secteur, prirent leur b&#226;ton de p&#232;lerin, cherch&#232;rent d'autres march&#233;s et d'autres acheteurs et les trouv&#232;rent. Je pense ici &#224; des patrons vazaha et je ne sais si des patrons malgaches firent de m&#234;me. Ce serait int&#233;ressant &#224; conna&#238;tre pour savoir lesquels sont les plus r&#233;actifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec leur Bonne Parole, les missionnaires &#233;conomiques et leurs cat&#233;chistes se placent en notre temps comme des gouvernants qui nous enseignent et nous serions les gouvern&#233;s qui apprendrions et qui ob&#233;irions. Dans le th&#233;&#226;tre de ce monde, accepterons-nous de jouer les r&#244;les qu'ils veulent nous imposer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Jean Pierre Domenichini&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>V&#339;ux pour 2013</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Voeux-pour-2013,18306.html</link>
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		<dc:date>2013-01-02T04:41:44Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 02 Jan 2013 07:41:44 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Domenichini</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;No&#235;l et Nouvel An, p&#233;riode de f&#234;tes. &#171; Pour tous &#187;, nous dit-on. Abusivement ? Non, car chacun le fait &#224; la mesure de ses moyens et de ses pens&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au fond, notre monde moderne n'a rien invent&#233;. Il a modifi&#233; &#8211; ou &#171; chang&#233; &#187; avec ce mot &#224; la mode &#8211; des traditions multimill&#233;naires qui nous viennent et d'Europe et d'Asie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre f&#234;te de la Nativit&#233; s'est install&#233;e au moment du solstice de d&#233;cembre dans les f&#234;tes du Soleil invaincu, Sol invictus disaient les Latins. Quand la dur&#233;e du jour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;No&#235;l et Nouvel An, p&#233;riode de f&#234;tes. &#171; Pour tous &#187;, nous dit-on. Abusivement ? Non, car chacun le fait &#224; la mesure de ses moyens et de ses pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, notre monde moderne n'a rien invent&#233;. Il a modifi&#233; &#8211; ou &#171; chang&#233; &#187; avec ce mot &#224; la mode &#8211; des traditions multimill&#233;naires qui nous viennent et d'Europe et d'Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre f&#234;te de la Nativit&#233; s'est install&#233;e au moment du solstice de d&#233;cembre dans les f&#234;tes du Soleil invaincu, &lt;i&gt;Sol invictus&lt;/i&gt; disaient les Latins. Quand la dur&#233;e du jour commen&#231;ait &#224; augmenter visiblement, elles se terminaient avec l'Epiphanie, dont nous avons fait la Journ&#233;e des Rois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au Nouvel An, il s'inscrit dans la tradition de l'ancien Asaramanitra et des antiques f&#234;tes agraires d'Extr&#234;me-Orient. &lt;i&gt;Tonga ny Asaramanitra&lt;/i&gt;, disons-nous toujours pour nous en souvenir. Dans la Grande Ile, l'Asaramanitra fut longtemps f&#234;t&#233; au moment de l'&#233;quinoxe de septembre, quand la chaleur renouvelait les forces de la vie. Il effa&#231;ait tous les effets que la mort avait &#233;tablis sur la terre. Et l'on se f&#233;licitait d'avoir atteint cette nouvelle ann&#233;e et l'on se souhaitait de vivre de nombreuses ann&#233;es. Si l'on se disait &lt;i&gt;Ho tratry ny arivo taona&lt;/i&gt;, l'on savait ne pas prendre ce compliment &#224; la lettre. Les anc&#234;tres qui nous ont l&#233;gu&#233; la formule n'avaient rien des int&#233;gristes modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on se souhaiter de possible pour l'ann&#233;e 2013 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que soient combl&#233;es toutes nos attentes inassouvies depuis trois ans. Que le P&#232;re Fouettard, qui accompagnait le bon Saint-Nicolas le soir du 6 d&#233;cembre dans ma Lorraine natale, daigne venir ici fesser et fouetter tous ceux qui le m&#233;ritent. Que notre argent public soit g&#233;r&#233; au mieux. Que nous puissions replanter des for&#234;ts de bois de rose. Que nous ayons enfin des &#233;lections. L'id&#233;al serait que nous puissions &#233;lire une Pr&#233;sidente, car nous n'aurions plus &#224; craindre de revoir sur la sc&#232;ne l'un ou l'autre de ces chevaux de retour affreusement m&#226;les, incapables, tels de petits hongres, de gagner le moindre Grand Prix sur l'hippodrome de Mahamasina. Que nous soit enfin &#233;pargn&#233; le despotisme, sournois ou forcen&#233;, que Mirabeau d&#233;finissait d&#233;j&#224; comme &#171; un brigandage criminel et contre lequel tous les hommes doivent se liguer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arr&#234;te l&#224; mon catalogue et vous laisse le soin de le compl&#233;ter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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