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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Le rapport de la Banque Mondiale &#171; Justice for Forest &#187; : une erreur de priorit&#233;</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Le-rapport-de-la-Banque-Mondiale,17308.html</link>
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		<dc:date>2012-04-04T04:09:30Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 04 Apr 2012 07:09:30 +0300</pubDate>

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		<dc:creator>Hery Randriamalala</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le rapport de la Banque Mondiale &#233;voqu&#233; ici peut &#234;tre t&#233;l&#233;charg&#233; (en anglais) &#224; l'adresse http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/TOPICS/EXTFINANCIALSECTOR/0,,contentMDK:23146160 pagePK:148956 piPK:216618 theSitePK:282885,00.html. &lt;br class='autobr' /&gt; Le rapport que la Banque Mondiale (BM) vient de publier (20 mars 2012), est rempli de bonnes intentions, mais il est improbable qu'elles ralentiraient quoi que ce soit dans la d&#233;forestation d'un des pays les plus touch&#233;s par le trafic de bois ill&#233;gal : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le rapport de la Banque Mondiale &#233;voqu&#233; ici peut &#234;tre t&#233;l&#233;charg&#233; (en anglais) &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/TOPICS/EXTFINANCIALSECTOR/0,,contentMDK:23146160~pagePK:148956~piPK:216618~theSitePK:282885,00.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/TOPICS/EXTFINANCIALSECTOR/0,,contentMDK:23146160~pagePK:148956~piPK:216618~theSitePK:282885,00.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rapport que la Banque Mondiale (BM) vient de publier (20 mars 2012), est rempli de bonnes intentions, mais il est improbable qu'elles ralentiraient quoi que ce soit dans la d&#233;forestation d'un des pays les plus touch&#233;s par le trafic de bois ill&#233;gal : Madagascar. Le constat de la BM est alarmant :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;i&gt;Dans le monde, toutes les deux secondes, une zone de for&#234;t &#233;quivalente &#224; un terrain de football est ill&#233;galement coup&#233;e &#224; blanc.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;i&gt;Selon les estimations, cette activit&#233; criminelle g&#233;n&#232;re environ 10 &#224; 15 milliards de dollars de revenus annuels au niveau mondial.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le pourcentage du bois ill&#233;gal par rapport aux exportations globales de bois est de : &#171; &lt;i&gt;80% en Bolivie, 90% au Cambodge, 70% en Equateur, 70% au Gabon, 70 &#224; 80% en Indon&#233;sie, 70% en Papouasie Nouvelle-Guin&#233;e et 80% au P&#233;rou.&lt;/i&gt; &#187; Il manque Madagascar : au moins 90% de l'exploitation est ill&#233;gale, puisque le bois de rose n'existe plus quasiment que dans les aires prot&#233;g&#233;es&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc urgence &#224; arr&#234;ter ce trafic, avant que les for&#234;ts n'aient compl&#232;tement disparu de cette plan&#232;te, avec les cons&#233;quences que l'on commence &#224; observer et qui pourraient menacer la survie m&#234;me de l'esp&#232;ce humaine. Le catalogue de mesures pr&#233;conis&#233;es par la BM s'attaque au seul renforcement des capacit&#233;s judiciaires des pays exportateurs de bois. En effet, la BM constate l'&#233;chec relatif des strat&#233;gies en cours :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;i&gt;Bien que la pr&#233;vention soit un &#233;l&#233;ment essentiel de la lutte contre la coupe ill&#233;gale, elle n'a pas ralenti la disparition rapide au niveau mondial des arbres les plus &#226;g&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;i&gt;Le syst&#232;me de justice criminelle foresti&#232;re ne fonctionne pas. Malgr&#233; l'accumulation de donn&#233;es et de preuves montrant le c&#244;t&#233; mondial de l'&#233;pid&#233;mie de coupe ill&#233;gale, la plupart des crimes forestiers restent cach&#233;s, tus ou sont ignor&#233;s. Trop souvent, les enqu&#234;tes, dans les rares cas o&#249; elles ont lieu, sont du travail d'amateur et non-concluantes, et les quelques cas soumis aux tribunaux sont de bas niveau, impliquant des gens dont la participation &#224; ces crimes est due &#224; la pauvret&#233; et &#224; l'exploitation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;i&gt;L'exp&#233;rience a montr&#233; que les strat&#233;gies d&#233;j&#224; en place pour r&#233;soudre le probl&#232;me de la coupe ill&#233;gale de bois ne sont pas suffisantes en elles-m&#234;mes pour inverser la tendance &#224; la r&#233;duction des for&#234;ts au niveau mondial.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &#171; &lt;i&gt;La corruption massive, qui est associ&#233;e &#224; la coupe ill&#233;gale, affaiblit les principes g&#233;n&#233;raux de gouvernance et la force de la loi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les mesures propos&#233;es sont excellentes, tant isol&#233;ment que collectivement. Mais un pr&#233;-requis est n&#233;cessaire : l'existence d'un &#201;tat de droit ! La loi n'est d'aucun secours lorsque le pouvoir en place est issu d'un coup d'&#201;tat (valid&#233; par la Haute Cour Constitutionnelle !). Que faire, lorsque la l&#233;gislation foresti&#232;re a &#233;t&#233; rendue volontairement incoh&#233;rente et contradictoire par la classe politique depuis une dizaine d'ann&#233;es, afin de neutraliser la Justice sur ce sujet ? Que dire, lorsque le ministre en charge des for&#234;ts prend, contre l'avis du Chef de l'&#201;tat, un arr&#234;t&#233; qui autorise toute l'activit&#233; du trafic du bois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hery Randriamalala, &#171; La bolabolacratie &#187;, 2 mars 2012, http://www.madagascar-tr&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Les trafiquants ont captur&#233; l'&#201;tat, &#224; moins que ce ne soit l'inverse. En tout cas, l'&#201;tat a fusionn&#233; avec les trafiquants. Donc, le rapport de la BM n'est applicable rapidement que dans les pays o&#249; l'&#201;tat est d&#233;j&#224; suffisamment fort pour entreprendre ces r&#233;formes. Or, dans la liste des pays exportateurs de bois ill&#233;gal, plusieurs sont dans une situation comparable &#224; celle de Madagascar. Le renforcement de l'efficacit&#233; de la l&#233;gislation foresti&#232;re risque de n'&#234;tre effectif qu'une fois le dernier arbre coup&#233;. Avec la strat&#233;gie du renforcement des capacit&#233;s judiciaires des pays exportateurs, nous allons probablement perdre la course avec les trafiquants. Une autre strat&#233;gie, plus efficace et plus rapide, serait pr&#233;f&#233;rable. En fait, la seule qui soit compatible avec le rythme actuel de la d&#233;forestation est le renforcement de l'efficacit&#233; judiciaire des pays importateurs de bois. Le rapport de la BM l'&#233;voque, mais sans d&#233;velopper :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Aux &#201;tats-Unis, la l&#233;gislation rend possible les poursuites contre quiconque est sciemment en possession de bois d'origine ill&#233;gale. L'objectif est d'imposer des p&#233;nalit&#233;s sur la possession ou sur l'importation de bois ill&#233;gal afin de faire baisser la demande, &#233;liminant (ou r&#233;duisant) ainsi les b&#233;n&#233;fices tir&#233;s de ce trafic. D'autres pays devraient adopter une semblable l&#233;gislation criminalisant l'importation de bois ill&#233;gal et combler ainsi un vide dans la l&#233;gislation internationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La tension entre pays producteurs et pays consommateurs est exacerb&#233;e par la limitation de coupe de bois impos&#233;e par certains pays producteurs &#224; leurs propres for&#234;ts, comme le moratoire sur la coupe en Chine &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Ce moratoire a cr&#233;&#233; une demande sans pr&#233;c&#233;dent pour le bois provenant d'autres pays, et la Chine a commenc&#233; &#224; acheter de grandes quantit&#233;s de bois &#224; l'&#233;tranger, en particulier en Russie, en Indon&#233;sie et dans le reste du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar des Etats-Unis, l'Union Europ&#233;enne (UE) s'est dot&#233;e d'une l&#233;gislation interdisant la possession ou la mise en march&#233; de bois ill&#233;gal sur son territoire. L'Australie r&#233;fl&#233;chit &#233;galement &#224; la mise en place d'un outil similaire &#224; celui de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays importateurs (essentiellement le Japon, mais aussi l'Am&#233;rique du Nord et l'Europe) sont des &#201;tats d&#233;velopp&#233;s, suivant la r&#232;gle du Droit. L'administration y est toute puissante. Il leur est donc tr&#232;s facile d'imposer un embargo sur toute importation de bois ill&#233;gal. La Chine est un cas particulier. Gros importateur de bois tropicaux, elle est &#233;galement un gros exportateur de produits de bois transform&#233;s, notamment tropicaux. Elle repr&#233;sente donc &#224; la fois l'offre et la demande. En se penchant sur les flux de bois qui transitent &#224; travers la Chine, on touche &#224; un moteur important de l'exploitation ill&#233;gale de bois. Si la Chine et le Japon voulaient se doter d'une l&#233;gislation prohibant les importations de bois ill&#233;gal, ce qui reste des for&#234;ts tropicales serait sauv&#233;. Mais chaque pays importateur doit vaincre son propre lobby du bois, convaincre sa propre opinion publique alors que le crime est commis &#224; des milliers de kilom&#232;tres de ses yeux, ce qui permet, pour un temps au moins, d'en ignorer les cons&#233;quences. Pour un temps seulement&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hery Randriamalala, &#171; &lt;i&gt;La bolabolacratie&lt;/i&gt; &#187;, 2 mars 2012, &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/La-bolabolacratie,17164.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;http://www.madagascar-tribune.com/La-bolabolacratie,17164.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La &#171; bolabolacratie &#187;</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/La-bolabolacratie,17164.html</link>
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		<dc:date>2012-03-01T05:20:09Z</dc:date>

      <pubDate>Thu, 01 Mar 2012 08:20:09 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hery Randriamalala</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le 8 ao&#251;t dernier, le Pr&#233;sident Rajoelina prenait une ordonnance (n&#176; 2011/01) extr&#234;mement r&#233;pressive &#224; l'encontre du trafic de bois de rose. Ce texte a sans doute &#233;t&#233; promulgu&#233; suite &#224; la recommandation F 35 COM 7A.10 du Comit&#233; pour le Patrimoine Mondial de l'UNESCO en date du 22 juillet 2011, qui demande &#224; l'&#201;tat malgache de mettre de l'ordre dans les stocks de bois de rose saisi ainsi que dans sa l&#233;gislation foresti&#232;re. Cette ordonnance est vigoureuse : toute coupe, transport, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 8 ao&#251;t dernier, le Pr&#233;sident Rajoelina prenait une ordonnance (n&#176; 2011/01) extr&#234;mement r&#233;pressive &#224; l'encontre du trafic de bois de rose. Ce texte a sans doute &#233;t&#233; promulgu&#233; suite &#224; la recommandation F 35 COM 7A.10 du Comit&#233; pour le Patrimoine Mondial de l'UNESCO en date du 22 juillet 2011, qui demande &#224; l'&#201;tat malgache de mettre de l'ordre dans les stocks de bois de rose saisi ainsi que dans sa l&#233;gislation foresti&#232;re. Cette ordonnance est vigoureuse : toute coupe, transport, exploitation, commercialisation et exportation de bois de rose et d'&#233;b&#232;ne sont interdits (art. 1). Tous les agr&#233;ments d'exportation sont annul&#233;s (art. 3). Deux &#224; cinq ans de prison ferme, sans sursis ni circonstances att&#233;nuantes ni possibilit&#233; de recours en appel, ainsi qu'une amende du double de la valeur commerciale des bois extraits, attendent les coupeurs, les exploitants, les transporteurs, les receleurs, les vendeurs et les acheteurs (art. 4, 9, 10 et 12). Complices et co-auteurs sont assimil&#233;s aux auteurs principaux des d&#233;lits et soumis aux m&#234;mes peines (art. 6). Les d&#233;lits constat&#233;s ne peuvent plus faire l'objet de la moindre transaction l&#233;gale (art. 8). Toutes les dispositions l&#233;gislatives ant&#233;rieures contraires sont abrog&#233;es (art. 14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; des mesures de nature &#224; rassurer les plus sourcilleux des d&#233;fenseurs de l'environnement, ainsi que les bailleurs de fonds oeuvrant dans ce domaine, m&#234;me si leurs c&#244;t&#233;s liberticides peuvent inqui&#233;ter les d&#233;mocrates ! Et en effet, deux semaines plus tard, le 22 ao&#251;t, le ministre de l'Environnement tient des propos tr&#232;s fermes lors d'une rencontre avec les exploitants forestiers &#224; Sambava.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque le Premier ministre se rend dans la SAVA le 5 janvier 2012 pour les fun&#233;railles des victimes du naufrage de l'Elizabeth au large du Masoala, les trafiquants reprennent l'initiative : ils fournissent v&#233;hicules de luxe et h&#233;bergement haut de gamme pour les accompagnateurs du PM et, lors de la r&#233;union du lendemain &#224; Antalaha, ils lui demandent de r&#233;-ouvrir les exportations de bois de rose. L'int&#233;ress&#233; diff&#232;re sa r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les trafiquants insistent et le 15 janvier, ils affr&#232;tent un avion d'Antalaha vers la capitale, pour assister &#224; une r&#233;union sur le bois de rose avec les officiels du gouvernement. Le gouvernement leur demande de remettre leur bois pas encore saisi, pour qu'il le vende et l'exporte lui-m&#234;me. Les trafiquants r&#233;torquent qu'ils ont plus de contacts, d'exp&#233;rience, de savoir-faire, et donc, qu'ils souhaitent exporter eux-m&#234;mes leur bois, quitte &#224; payer plus de taxes. Finalement, l'accord ne se fera pas. Les trafiquants ont la nette impression que le gouvernement voudrait prendre leur bois pour en confier l'exportation &#224; un seul homme, centralisant ainsi tout le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre avec cette grille de lecture qu'il faut lire l'arr&#234;t&#233; n&#176; 0741/2012 pris trois jours plus tard, le 18 janvier 2012, par le ministre de l'Environnement. Il d&#233;cide :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; L'exportation des produits principaux des for&#234;ts naturelles toutes cat&#233;gories confondues est autoris&#233;e sous toutes ses formes par l'Agent forestier responsable de l'Administration foresti&#232;re concern&#233;e. La personne d&#233;sireuse d'en exporter doit justifier l'origine l&#233;gale de ses produits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lecture de texte : &#171; toutes cat&#233;gories confondues &#187; = bois de rose et bois d'&#233;b&#232;ne ; &#171; sous toutes ses formes &#187; = bois brut ou produit fini. Les articles 5, 6 et 7 sont riches de sens : pour &#234;tre exportateur de bois pr&#233;cieux, il suffit de le demander au ministre, en fournissant simplement une liste de documents administratifs peu contraignants. L'agr&#233;ment est accord&#233; pour une dur&#233;e d&#233;termin&#233;e et une quantit&#233; de bois convenue. La suite du texte est une s&#233;rie de mesures techniques incitant, par une taxation d&#233;gressive, les op&#233;rateurs &#224; travailler leur bois sur place avant l'exportation. Mais l'article 15 ne manque pas de sel : &#171; Vu l'urgence et ind&#233;pendamment de sa publication au Journal Officiel de la R&#233;publique de Madagascar, le pr&#233;sent arr&#234;t&#233; prend effet d&#232;s son signature. &#187; Si l'orthographe sommaire est sans doute la marque de l'urgence, un principe essentiel de l'&#201;tat de droit est cependant battu en br&#232;che : nul n'&#233;tant sens&#233; ignorer la loi, celle-ci ne peut &#234;tre secr&#232;te et prendre effet avant sa publication. Mais h&#233;las l'actualit&#233; r&#233;cente fourmille de cas de violations de l'&#201;tat de droit : le r&#233;cent limogeage du Gouverneur de la Banque Centrale, dont l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis de l'ex&#233;cutif devrait garantir la bonne sant&#233; de la monnaie nationale, l'intervention directe de l'ex&#233;cutif pour suspendre l'ex&#233;cution d'une d&#233;cision judiciaire finale (vente aux ench&#232;res du mat&#233;riel de manutention du port de Voh&#233;mar), le maintien en fonction d'un ministre qui a soutenu des policiers coupables de l'assassinat d'un magistrat &#224; Tul&#233;ar, et, dans le cas pr&#233;sent, le non-respect de la hi&#233;rarchie des textes l&#233;gaux. En effet, une ordonnance est sup&#233;rieure &#224; un arr&#234;t&#233;, qui en cons&#233;quence de droit, ne peut la contredire. Or, les contradictions sont ici multiples :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Ordonnance du 8 ao&#251;t 2011&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Arr&#234;t&#233; du 18 janvier 2012&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Interdit la coupe, le transport, l'exploitation, la commercialisation et l'exportation des bois de rose et d'&#233;b&#232;ne (art. 1).&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Autorise l'exportation de toutes les essences sous toutes leurs formes (art. 4).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Annule tous les agr&#233;ments d'exportation en vigueur (art. 3).&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Accorde un agr&#233;ment d'exportation &#224; toute personne qui en fait la demande dans les formes (art. 5, 6 et 7).&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Annule toute l&#233;gislation ant&#233;rieure contraire &#224; cette ordonnance (art. 14).&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Fait r&#233;f&#233;rence, dans son pr&#233;ambule, &#224; des textes ant&#233;rieurs et contraires &#224; l'ordonnance.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Alors, qu'en d&#233;duire ? Amateurisme ou vell&#233;it&#233;s d'ind&#233;pendance du Ministre par rapport &#224; son Pr&#233;sident ? Une autre lecture est possible : celle d'une action concert&#233;e entre le Pr&#233;sident et son ministre, quitte &#224; ce que les formes ne soient pas bien respect&#233;es. Par son ordonnance, le PHAT donne un gage s&#233;rieux &#224; la communaut&#233; internationale quant &#224; son souci de pr&#233;server l'environnement. Il tente -d'am&#233;liorer son image internationale et d'obtenir les cr&#233;dits de la Banque Mondiale li&#233;s &#224; l'environnement. En outre, il fait le nettoyage par le vide chez les trafiquants : ils sont tous r&#233;voqu&#233;s. Puis il laisse &#224; son ministre le soin d'essuyer la col&#232;re des d&#233;fenseurs de l'environnement, quitte &#224; le d&#233;savouer ou &#224; le sacrifier plus tard si l'indignation est trop importante. En m&#234;me temps, le ministre s'octroie la possibilit&#233; d'accorder &#194;&#173; ou de refuser &#194;&#173; les agr&#233;ments d'exporter pour les personnes de son choix, ou de celles qui lui seront recommand&#233;es par ses sup&#233;rieurs. De l&#224; &#224; penser que ce choix ne sera pas gratuit, mais d&#251;ment &#171; &#233;clair&#233; &#187;, il y a un pas qu'on ne peut encore franchir. Mais force est de constater que la pr&#233;diction faite le 15 novembre 2009 par un collaborateur proche des trafiquants est en bonne voie de r&#233;alisation : &#171; On entend dire avec arrogance par les acheteurs chinois, que l'exportation continuera toujours d'une mani&#232;re ou d'une autre, car avec leur argent, ils croient pouvoir franchir toutes les portes, m&#234;me les plus haut plac&#233;es. On raconte que l'un des acheteurs chinois va monopoliser le march&#233; &#224; l'exportation avec quelqu'un de haut plac&#233;. Et que les autres Chinois devront passer par lui pour pouvoir sortir du bois. Des menaces de mort ont &#233;t&#233; prof&#233;r&#233;es si l'un d'eux d&#233;passe le quota qu'il aura fix&#233;. Mais le probl&#232;me est que tous disent que les lots leur appartiennent. Les exportateurs ont soif et sont fous d'argent : ils acceptent toutes les avances des acheteurs qui passent. Pourtant il n'y a pas assez de bois en stock. Ainsi faudra-t-il recommencer les coupes illicites, en cachette, m&#234;me dans les aires prot&#233;g&#233;es. L'une des t&#234;tes de la mafia est sur notre territoire. Il parait que si la communaut&#233; chinoise est menac&#233;e ou si les Chinois ont un probl&#232;me entre eux, c'est lui qui fera le nettoyage &#224; sa fa&#231;on. &#187; Que cet objectif de monopoliser le march&#233; du bois de rose soit bien r&#233;el ou une simple supposition, force est de constater que le gouvernement est maintenant en position de l'atteindre : il a &#171; assaini &#187; la fili&#232;re en en prenant le contr&#244;le total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque nous ne sommes plus en &#201;tat de droit, c'est que nous vivons sous une forme nouvelle de dictature (d'ailleurs, aucun des d&#233;tenteurs actuels du pouvoir n'est sorti d'une &#233;lection). Apr&#232;s la d&#233;mocratie (le pouvoir au peuple), la th&#233;ocratie (le pouvoir aux religieux), la p&#233;tromonarchie (pays o&#249; seul le p&#233;trole est roi), la narcocratie (le pouvoir aux trafiquants de drogue), Madagascar innove et invente la &#171; bolabolacratie &#187; : le pouvoir aux trafiquants de bois de rose, qui se confondent maintenant avec l'&#201;tat. Il devient clair que la solution au probl&#232;me de la protection des for&#234;ts malgaches ne se trouve plus &#224; Madagascar, mais en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;22 f&#233;vrier 2012&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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