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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Political Karaoke Party</title>
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		<dc:date>2011-08-20T04:31:27Z</dc:date>

      <pubDate>Sat, 20 Aug 2011 07:31:27 +0300</pubDate>

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		<dc:creator>Ndimby A., sevane</dc:creator>



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&lt;p&gt;En cette fin de semaine, et pour tenter de cr&#233;er l'atmosph&#232;re conviviale et d&#233;tendue n&#233;cessaire &#224; la sortie de crise, la R&#233;daction de Madagascar-Tribune.com a organis&#233; une soir&#233;e karaok&#233; &#224; l'intention des politiciens, des m&#233;diateurs, des &#233;ditorialistes et des forumistes. Avec bien entendu, les habituels guest stars. La soir&#233;e a &#233;t&#233; retransmise en direct sur TV D&#233;mocrafika, et sponsoris&#233; par le panach&#233; Skolash-be (Skol m&#233;tis Thb), ainsi que par la dynamique association RAEBRI (Regroupement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_9903 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L320xH295/karaoke2-cbe1d.jpg?1761224103' width='320' height='295' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;En cette fin de semaine, et pour tenter de cr&#233;er l'atmosph&#232;re conviviale et d&#233;tendue n&#233;cessaire &#224; la sortie de crise, la R&#233;daction de Madagascar-Tribune.com a organis&#233; une soir&#233;e karaok&#233; &#224; l'intention des politiciens, des m&#233;diateurs, des &#233;ditorialistes et des forumistes. Avec bien entendu, les habituels guest stars. La soir&#233;e a &#233;t&#233; retransmise en direct sur TV D&#233;mocrafika, et sponsoris&#233; par le panach&#233; Skolash-be (Skol m&#233;tis Thb), ainsi que par la dynamique association RAEBRI (Regroupement des Autoris&#233;s &#224; Exporter du Bois de Rose Illicite), men&#233;e par ses deux administrateurs, le businessman bien connu Abc et le politicien Xyz. Compte-rendu r&#233;dig&#233; par Ndimby A. et Sevane.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de passage avait &#233;t&#233; tir&#233; au sort de commun accord, mais au dernier moment, Andry Rajoelina est venu sur sc&#232;ne avec plusieurs gros bras arm&#233;s de bonnets oranges et de kalachnikov, et a bouscul&#233; les organisateurs et le maitre de c&#233;r&#233;monie. Il a exig&#233; qu'on change le r&#232;glement, qui stipulait que le nombre de chansons autoris&#233;es par participant &#233;tait au maximum de deux, et a impos&#233; d'en faire dix &#224; lui tout seul. Il a &#233;galement souhait&#233; &#234;tre d&#233;clar&#233; tout de suite vainqueur, en recommandant &#224; ses deux gardes de corps, Faileuh M'alin et Charles Atan, de veiller &#224; conduire les r&#233;calcitrants chez le juge Bory, celui dont le pr&#233;nom n'est pas Tsinota. Ceux qui n'applaudissaient pas assez fort &#233;taient &#233;galement menac&#233;s d'accusation de pose de bombes artisanales, que Faileuh M'alin avait pris soin de cacher lui-m&#234;me auparavant dans la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute d'avoir la force des arguments ; il avait l'argument de la force pour imposer sa volont&#233;. Andry Rajoelina a donc encha&#238;n&#233; ses dix titres. Tout d'abord, son principal credo, &lt;i&gt;&#171; Paroles paroles paroles &#187;&lt;/i&gt; d'Alain Delon et Dalida. Toutefois, en estimant qu'il se suffisait &#224; lui-m&#234;me, l'ex-DJ n'a pas pris de partenaire pour interpr&#233;ter ce duo, et a d&#233;cid&#233; de faire lui-m&#234;me &#224; tour de r&#244;le l'homme et la femme. Ensuite il a entonn&#233; &lt;i&gt;&#171; J'te mentirai &#187;&lt;/i&gt; de Patrick Bruel, avant de terminer par &lt;i&gt;&#171; Aux Champs-Elys&#233;es &#187;&lt;/i&gt; : en effet il caressait secr&#232;tement l'espoir d'&#234;tre accueilli en Chef d'&#201;tat en France, et se de voir applaudi sur la plus belle avenue du monde par une foule en d&#233;lire. Il envisageait de demander &#224; son copain Jean-Marc Ch&#226;taignier de lui organiser cela. D'ailleurs, c'est en duo avec cet ami fid&#232;le et d&#233;sint&#233;ress&#233; qu'Andry Rajoelina interpr&#233;ta sa troisi&#232;me chanson : &lt;i&gt;&#171; toi et moi contre le monde entier &#187;&lt;/i&gt; (Clo Clo), en se tenant la main, pour s'encourager l'un et l'autre qu'ils ne chantaient pas faux. Puis, alors qu'il avait pourtant exig&#233; par la force des armes d'en chanter dix, Andry Rajoelina abandonna apr&#232;s cette troisi&#232;me chanson, ayant &#233;puis&#233; ses cordes vocales, et surtout, commen&#231;ant &#224; se rendre compte que finalement, il n'avait aucun talent pour le karaok&#233;. Jean-Marc Chataignier, accompagn&#233; des choristes fournis par la Fran&#231;afrique, Vuze et Jojo, interpr&#233;t&#232;rent alors &lt;i&gt;&#171; La boulette &#187;&lt;/i&gt; (Diam's) : &lt;i&gt;&#171; Y'a comme un go&#251;t d'Afrique, dans les caisses de la France &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint le tour de la cat&#233;gorie Senior. Au nom de la r&#233;conciliation nationale, le Professeur Albert Zafy chanta &lt;i&gt;&#171; Mifankatiava ihany &#187;&lt;/i&gt;, drap&#233; d'un &lt;i&gt;lambahoany&lt;/i&gt; aux couleurs du pays. Puis Manandafy Rakotonirina rappela ses vieilles amours avec le communisme, m&#234;me s'il s'est d&#233;froqu&#233; depuis, en entonnant &lt;i&gt;&#171; Rouge et noir &#187;&lt;/i&gt; (Jeanne Mas). L'artiste cr&#233;atif du droit constitutionnel Norbert Lala Ratsirahonana se mit au micro pour interpr&#233;ter la chanson du dessin anim&#233; &lt;i&gt;&#171; Panoramix et la potion magique &#187;&lt;/i&gt;. Mais comme il n'y avait pas de costume de Panoramix disponible, il vint sur sc&#232;ne d&#233;guis&#233; en Gargamel, ce qui fit fuir les petits enfants. Puis il termina avec &lt;i&gt;&#171; L'opportuniste &#187;&lt;/i&gt; (Jacques Dutronc) : &lt;i&gt;&#171; Je l'ai tellement retourn&#233;e qu'elle craque de tous c&#244;t&#233;s. &#192; la prochaine r&#233;volution, je retourne mon pantalon &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me tour de chant vit la chorale des trois mouvances monter sur sc&#232;ne, sous les applaudissements et les vivats de la foule. Elle perdit toutefois beaucoup de temps &#224; d&#233;cider lequel de ses membres se mettrait devant l'unique micro, avant enfin d'entonner &lt;i&gt;&#171; Toi plus moi plus lui plus tous ceux qui le veulent &#187;&lt;/i&gt; (Gr&#233;goire), pour essayer d'inviter les gens &#224; les rejoindre. H&#233;las, ce fut exactement le moment o&#249; le &lt;i&gt;vary amin'anana&lt;/i&gt; fut servi, et l'assistance avait donc mieux &#224; faire que de soutenir la chorale des trois mouvances. Celles-ci quitt&#232;rent donc la sc&#232;ne dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale, malgr&#233; l'accueil enthousiaste qui leur avait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; au d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, ce fut une autre chorale qui leur succ&#233;da : celle des m&#233;diateurs. Ils encha&#238;n&#232;rent deux titres : &lt;i&gt;&#171; This time for africa &#187;&lt;/i&gt; (Shakira) et &lt;i&gt;&#171; Le M&#233;t&#232;que &#187;&lt;/i&gt; (Georges Moustaki). Le public enthousiaste bissa ce dernier titre, tellement il &#233;tait agr&#233;able de voir Leonardo Sim&#227;o et Joaquim Chissano chanter &#224; tue-t&#234;te : &lt;i&gt;&#171; avec ma gueule de m&#233;t&#232;que, de juif errant, de p&#226;tre grec, et mes cheveux aux quatre vents &#187;&lt;/i&gt;. Les vents ayant apparemment souffl&#233; si fort que les cheveux se sont envol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint le tour du gouvernement de la transition. Le Ministre des finances Hery Rajaonarimampianina interpr&#233;ta &lt;i&gt;&#171; Mendiant de l'amour &#187;&lt;/i&gt; (Enrico Macias), accompagn&#233; par ses coll&#232;gues des imp&#244;ts et de la douane, mais aussi des policiers et des gendarmes habill&#233;s de cagoules : &lt;i&gt;&#171; Donnez, donnez, dodonnez, Donnez, donnez-moi, Dieu vous le rendra &#187;&lt;/i&gt;. Puis Camille Vital d&#233;dia &lt;i&gt;&#171; Femmes &#224; lunettes &#187;&lt;/i&gt; (Richard Gotainer) &#224; Zorro. Et comme la s&#233;ance &#233;tait retransmise &#224; la t&#233;l&#233;vision, l'ensemble du Gouvernement h&#226;tif adresse aux Malgaches : &lt;i&gt;&#171; Don't worry, be happy &#187;&lt;/i&gt; (Bobby McFerrin). Enfin, le Ministre de la communication Rolly Mercia clotura la participation gouvernementale avec &lt;i&gt;&#171; O gorisa gorisa &#187;&lt;/i&gt; (Jean Freddy).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re partie de la soir&#233;e karaok&#233; fut consacr&#233;e aux chansons d&#233;dicac&#233;es. Tout d'abord, les transfuges du TIM Vyvato Rakotovao et Yves Aim&#233; Rakotoarison d&#233;di&#232;rent &lt;i&gt;&#171; Pour un flirt, avec toi, je ferai n'importe quoi &#187;&lt;/i&gt; (Michel Delpech) &#224; Andry Rajoelina, l'un en lui faisant des courbettes, l'autre en chantant &#224; genoux. Les &lt;i&gt;zanak'i Dada&lt;/i&gt;, qui s'&#233;taient entrain&#233; longtemps au Magro Behoririka, chant&#232;rent &lt;i&gt;&#171; Est-ce que tu viens pour les vacances &#187;&lt;/i&gt; (David et Jonathan) &#224; l'attention de Marc Ravalomanana. Ce dernier &#224; son tour leur d&#233;dia &lt;i&gt;&#171; Promise me &#187;&lt;/i&gt;, le fameux titre de Beverly Craven : &lt;i&gt;&#171; Promise me, you'll wait for me, 'cos i'll be saving all my love for you, and i will be home soon &#187;&lt;/i&gt;. Des repr&#233;sentants du GTT, qui avaient fait le voyage, chant&#232;rent en l'honneur des partisans d'Andry Rajoelina la fameuse chanson &lt;i&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=AMEf2M-C0TI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ecrevisses&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt; (Richard Zachary) : &#171; &#201;crevisses, mmmm &#231;a c'est bon. Deux grandes pinces et une petite queue &#187;. Alain Ramaroson, le protecteur de l'Association des victimes du samedi 7 f&#233;vrier (AV7) et grand fan de Claude Fran&#231;ois, interpr&#233;ta en leur honneur : &lt;i&gt;&#171; le lundi au soleil &#187;&lt;/i&gt;, car c'est une chance qu'elles n'auront (plus) jamais&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En invit&#233;s surprises, les &#233;ditorialistes de Madagascar-Tribune.com prirent aussi leur part de risques et de hu&#233;es. &#192; la surprise g&#233;n&#233;rale, Georges Rabehevitra interpr&#233;ta &lt;i&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=gEnHexIi7Zo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tonton du bled&lt;/a&gt; &#187;&lt;/i&gt; (113), un rap hyper-dynamique : &lt;i&gt;&#171; j'ai pass&#233; un bon moment dans ce qu'on appelle le Tiers-monde, et si j'avais assez d'oseille je ram&#232;nerais tout le monde, mais je peux pas fermer les yeux sur ce qui se passe vraiment &#187;&lt;/i&gt;. Puis l'ensemble de la r&#233;daction d&#233;dia &#224; Patrick A. &lt;i&gt;&#171; Il changeait la vie &#187;&lt;/i&gt; (JJG) : &lt;i&gt;&#171; Il y mettait du temps, du talent et du c&#339;ur ; Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures ; Et loin des beaux discours, des grandes th&#233;ories ; &#192; sa t&#226;che chaque jour, on pouvait dire de lui ; Il changeait la vie &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rahaga Ramaholimihaso, le Directeur de Tribune cl&#244;tura la participation de son &#233;quipe par une d&#233;dicace sp&#233;ciale pour les forumistes avec &lt;i&gt;&#171; Ne me quitte pas &#187;&lt;/i&gt; (Brel). Pour l'accompagner dans une version m&#233;morable, Ndimby A. se mit &#224; la guitare, Citoyenne Malgache au piano, Patrick A. &#224; la harpe, Lalatiana Pitchboule &#224; la batterie, Sevane au saxophone, Da Fily au xylophone, Basile Ramahefarisoa au djemb&#233;, Boris Bekamisy au pipeau et Georges Rabehevitra &#224; la cornemuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier titre fut enfin l'&#339;uvre d'Andry Rajoelina, qui ayant revigor&#233; ses cordes vocales gr&#226;ce &#224; la potion du Dr Sim&#227;o, interpr&#233;ta &lt;i&gt;&#171; O, ma jolie Sarah &#187;&lt;/i&gt; de Johnny Halliday.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s d&#233;lib&#233;ration, le jury a d&#233;cid&#233; que les Repr&#233;sentants du GTT avaient gagn&#233;. Les deux gardes de corps d'Andry Rajoelina s'&#233;tant endormis &#224; force de boire de l'alcool, personne ne s'opposa &#224; cette d&#233;cision.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title> &#192; la recherche d'une citoyennet&#233; perdue (2&#232;me partie)</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/A-la-recherche-d-une-citoyennete,15654.html</link>
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		<dc:date>2011-03-22T06:45:49Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 22 Mar 2011 09:45:49 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>sevane</dc:creator>



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&lt;p&gt;A-t-on les dirigeants que l'on m&#233;rite ? Quelles sont les raisons qui nous emp&#234;chent d'avancer vers plus de d&#233;mocratie alors que les autres pays y arrivent ? Pourquoi ces crises cycliques ? Y-a-t-il une fatalit&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Au risque de para&#238;tre cynique, h&#233;las, ma r&#233;ponse est &#171; oui, nous avons les dirigeants que nous m&#233;ritons &#187;. Nos politiciens ne tombent pas du ciel mais sont bien les produits de notre soci&#233;t&#233;. Le Malgache est-il un bon citoyen ? Non. Et le responsable n'est pas seulement la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A-t-on les dirigeants que l'on m&#233;rite ? Quelles sont les raisons qui nous emp&#234;chent d'avancer vers plus de d&#233;mocratie alors que les autres pays y arrivent ? Pourquoi ces crises cycliques ? Y-a-t-il une fatalit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L138xH104/photo3-fcd57.jpg?1761319966' width='138' height='104' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-9246 '&gt;L'&#233;cole, fondement de la d&#233;mocratie.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au risque de para&#238;tre cynique, h&#233;las, ma r&#233;ponse est &#171; oui, nous avons les dirigeants que nous m&#233;ritons &#187;. Nos politiciens ne tombent pas du ciel mais sont bien les produits de notre soci&#233;t&#233;. Le Malgache est-il un bon citoyen ? Non. Et le responsable n'est pas seulement la pauvret&#233; mais aussi l'ignorance. L'ignorant ne comprend pas le monde qui l'entoure. Il se laisse facilement s&#233;duire par les belles paroles de manipulateurs et ob&#233;it (et d&#233;sob&#233;it) sans forc&#233;ment &#234;tre conscient des cons&#233;quences de ses actes. Mais il n'y a pas de fatalit&#233;. Il est possible de sortir de cette obscurit&#233; &#224; condition seulement de faire de l'&#233;ducation &#224; la citoyennet&#233; une priorit&#233; absolue. Mais dans quelle mesure exacte, et de quelle mani&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mes codes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le rapport au savoir et &#224; la raison est au fondement de la citoyennet&#233;, davantage que de bons sentiments&lt;/i&gt; &#187;, souligne le sociologue Philippe Pierrenoud. Le d&#233;fi est donc d'am&#233;liorer la qualit&#233; de l'&#233;ducation. Au-del&#224; d'une instruction civique, qui explique les institutions et les lois de la R&#233;publique, les droits et devoirs du citoyen, la n&#233;cessit&#233; du bien-vivre ensemble&#8230;, il s'agit surtout de revoir notre m&#233;thode de transmission du savoir, de mani&#232;re &#224; ce que l'apprentissage des valeurs aille de pair avec celui des savoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces valeurs sont la loyaut&#233;, le respect d'autrui et donc du Bien public, l'interdit de la violence, sans quoi la soci&#233;t&#233; serait une jungle. Et cela se construit (et se d&#233;construit aussi) d&#232;s le berceau, car l'&#234;tre humain n'est pas &#171; naturellement bon &#187; au point de limiter spontan&#233;ment sa libert&#233; aux droits du voisin. Une t&#226;che qui n'incombe pas seulement &#224; l'enseignant, mais &#224; tout adulte, les parents en premier. Les enseignants se retrouvent souvent &#224; suppl&#233;er aux d&#233;faillances des familles. Ce qui n'est pas normal. D'autant qu'ils ont perdu leur prestige, car de plus en plus d'&#233;l&#232;ves ne voient en l'enseignant qu'un simple larbin. M&#234;me dans le sup&#233;rieur, o&#249; l'amphith&#233;&#226;tre de certains d&#233;partements donne davantage le spectacle d'une m&#233;nagerie que d'une &#233;lite en pleine &#233;bullition intellectuelle : certains jouent &#224; la belote, d'autres sifflent les retardataires, quand ils ne terminent pas paisiblement leur nuit. La cerise sur le g&#226;teau, c'est quand quelques-uns hurlent &#171; ELA ! &#187; pour que le prof abr&#232;ge leur calvaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, l'histoire doit &#234;tre une discipline essentielle, car elle apporte des rep&#232;res n&#233;cessaires pour regarder l'avenir. Elle explique pourquoi et comment nous sommes arriv&#233;s &#224; ce point de l'histoire aujourd'hui. Le citoyen a besoin d'un &#233;quipement intellectuel lui permettant d'examiner ce pass&#233;, de le comprendre, de respecter ce qui a &#233;t&#233; construit et gagn&#233; dans la lutte, et d'&#233;viter de passer par les m&#234;mes erreurs et r&#233;&#233;crire la m&#234;me histoire. Des milliers de gens ont, par exemple, p&#233;ri pour notre Ind&#233;pendance. Mais qu'en avons-nous fait ? Avons-nous su rendre honneur &#224; ces a&#238;n&#233;s ? &lt;br class='manualbr' /&gt;Par ailleurs, c'est cette histoire que nous partageons qui nous unit et qui nous fait sentir appartenir au m&#234;me groupe partageant les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, il faudrait d&#232;s l'&#233;cole initier l'enfant aux principes d&#233;mocratiques : organisation de d&#233;bats, prises de paroles, votes, confrontations d'id&#233;es et d'int&#233;r&#234;ts, d&#233;signation de d&#233;l&#233;gu&#233;, etc. Ces d&#233;bats lui permettent d'apprendre &#224; &#233;couter les autres arguments, de se forger une opinion, de d&#233;fendre un point de vue sans se laisser d&#233;stabiliser, d'avoir confiance en lui, d'apprendre &#224; n&#233;gocier et &#224; g&#233;rer les conflits en se distanciant de ses &#233;motions, de critiquer tout en proposant des solutions alternatives&#8230; C'est ainsi que l'enfant pourra devenir un citoyen responsable, acteur de la vie de la Nation. Cela implique la libre confrontation des opinions, ce qui veut dire la possibilit&#233; pour toutes les opinions de se confronter, d'&#234;tre &#233;cout&#233;es et respect&#233;es. Car il faut toujours avoir le courage d'entendre tous les arguments et de les passer au crible par la suite. &#192; l'issue de ces d&#233;bats, l'&#233;l&#232;ve doit comprendre que l'on ne gagne pas &#224; tous les coups et qu'il faut respecter le choix de la majorit&#233;. La d&#233;mocratie, en effet, repose sur un compromis, celui d'accepter de n'avoir pas toujours le gouvernement ou la politique de ses v&#339;ux. &#192; l'inverse, malheur aux vainqueurs qui ne savent pas entendre l'&#233;cho de la minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, l'&#233;ducation doit &#234;tre une construction progressive de la pens&#233;e : surmonter les obstacles par le t&#226;tonnement, le questionnement, la remise en question. Il s'agit bien d'&#233;veiller le go&#251;t de la r&#233;flexion pour une meilleure structuration de la pens&#233;e, le go&#251;t de l'&#233;change, le go&#251;t d'une construction collective en d&#233;battant. Il faudrait donc privil&#233;gier les questions aux r&#233;ponses, la d&#233;marche au r&#233;sultat, la qualit&#233; et l'assimilation &#224; la quantit&#233;. De plus, cette m&#233;thode susciterait l'int&#233;r&#234;t de l'enfant quant aux savoirs qui lui sont transmis, et lui ferait comprendre leur utilit&#233;. C'est aussi l'occasion d'encourager la cr&#233;ativit&#233; car le citoyen ne doit pas &#234;tre qu'un simple consommateur. Il est aussi un producteur d'id&#233;es et un acteur de d&#233;veloppement. Cela exige tr&#232;s certainement des professeurs passionn&#233;s par leurs disciplines, poss&#233;dant une large culture et une connaissance approfondie de celles-ci, une qualit&#233; relationnelle mais aussi un all&#232;gement du programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;mement, pour pr&#233;parer l'enfant &#224; entrer dans le mode adulte, il faut l'initier &#224; la lecture des journaux car &#171; &lt;i&gt;bien inform&#233;s, les hommes sont des citoyens, mal inform&#233;s, ils deviennent des sujets&lt;/i&gt; &#187;, et leurs votes ne veulent plus rien dire. La d&#233;marche &#224; lui apprendre doit &#234;tre principalement la distinction entre les faits &#233;tablis et les appr&#233;ciations. Cela peut &#234;tre effectu&#233;, par exemple, pendant les cours de langue, au m&#234;me titre que la lecture de textes litt&#233;raires. L'exercice consiste &#224; l'entra&#238;ner &#224; analyser une situation et &#224; critiquer une information de mani&#232;re &#224; d&#233;velopper sa pens&#233;e critique et &#224; renforcer sa r&#233;sistance contre toute forme d'emprise. Un peuple bien &#233;duqu&#233; ne se laisse pas berner par le premier bouffon venu qui dramatise la situation (l'&#233;pisode Daewoo &#8230;) tout en faisant des promesses all&#233;chantes pour s'emparer du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne prend donc aucun risque en affirmant que l'&#233;ducation conditionne l'avenir d'un pays. Et tout le monde en a besoin, aussi bien le citoyen que ceux qui gouvernent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais qui est l'exemple ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, l'&#233;ducation est limit&#233;e par le contexte politique et les moyens &#233;conomiques dans laquelle elle s'exerce. La majorit&#233; de nos &#233;coles ne poss&#232;dent m&#234;me pas de biblioth&#232;que et les &#233;l&#232;ves n'ont pas acc&#232;s aux livres. Les riches b&#233;n&#233;ficient donc d'une meilleure &#233;ducation car ils peuvent se permettre d'envoyer leurs enfants dans les meilleurs &#233;tablissements ou m&#234;me &#224; l'&#233;tranger. Le reste poursuit son cursus sur place en esp&#233;rant qu'un &#233;ventuel conflit, une &#233;ni&#232;me gr&#232;ve ne viennent pas saper son ann&#233;e. Il semble que le pr&#233;sident Ravalomanana ait fait des efforts dans ce sens. &#192; nos gouvernants actuels donc de faire mieux, comme ils l'ont promis sur la Place du 13 Mai. &#192; eux de donner les moyens aux &#233;ducateurs de former de bons citoyens, une arme &#224; double tranchant s'il en est. Car alors, les renards ne pourraient plus d&#233;vaster tranquillement le poulailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nos dirigeants de montrer le bon exemple, ceux-l&#224; m&#234;mes qui mandatent l'&#233;cole pour une meilleure &#233;ducation. &#192; eux d&#233;j&#224; de respecter les valeurs, &#224; commencer par le respect de la parole donn&#233;e et de la confiance investie. &#192; eux de r&#233;tablir leur cr&#233;dibilit&#233; trop entam&#233;e par des affaires glauques. &#192; eux de restaurer cette coupure entre la classe politique et le peuple, de redonner &#224; celui-ci l'envie de participer &#224; la vie de la Nation, de se comporter en vrai citoyen et d'arr&#234;ter l'h&#233;morragie de l'absent&#233;isme et le fl&#233;au du vandalisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;OBTUS !&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_9247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L126xH115/Photo4-9ec8a.jpg?1761319966' width='126' height='115' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce que je reproche &#224; Andry Rajoelina, ce n'est pas son pass&#233; de DJ, ni m&#234;me son manque de dipl&#244;mes car, &#224; la limite, il pourrait s'entourer de grands techniciens et de bons conseillers. Mais leur corollaire : l'irresponsabilit&#233;, qui le d&#233;pouille de tout scrupule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le savoir &#224; lui seul ne peut garantir la d&#233;mocratie et la justice. Quand on regarde l'histoire, des gens &#171; tr&#232;s intelligents &#187; ont invent&#233; des camps de concentration, des dirigeants bard&#233;s de dipl&#244;mes ont commis des g&#233;nocides dans leurs pays,&#8230; Et chez nous, n'est-ce pas un &#171; grand &#187; homme de Droit qui a &#233;t&#233; l'instigateur de ce marasme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, la science oui, mais jamais sans conscience. Quant &#224; l'indigence intellectuelle, le contrepoids d'un suppl&#233;ment d'&#226;me est un imp&#233;ratif absolu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>&#192; la recherche d'une citoyennet&#233; perdue (1&#232;re partie)</title>
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		<dc:date>2011-03-21T05:00:44Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 21 Mar 2011 08:00:44 +0300</pubDate>

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		<description>
&lt;p&gt;17 mars 2009, Ravalomanana &#171; confiait &#187; le pouvoir &#224; un Directoire militaire. C'&#233;tait, sans doute, sans conna&#238;tre r&#233;ellement les intentions de ses successeurs. Depuis, le gouvernement qui s'en est suivi accumule lamentablement les erreurs grossi&#232;res. Dans le fond : il n'est jamais parvenu &#224; tenir une seule de ses promesses ni m&#234;me &#224; faire autant que son pr&#233;d&#233;cesseur. Dans la forme, c'est encore pire, avec les arrestations arbitraires, les interminables s&#233;ries de p&#233;tard mouill&#233; et le recours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;17 mars 2009, Ravalomanana &#171; confiait &#187; le pouvoir &#224; un Directoire militaire. C'&#233;tait, sans doute, sans conna&#238;tre r&#233;ellement les intentions de ses successeurs. Depuis, le gouvernement qui s'en est suivi accumule lamentablement les erreurs grossi&#232;res. Dans le fond : il n'est jamais parvenu &#224; tenir une seule de ses promesses ni m&#234;me &#224; faire autant que son pr&#233;d&#233;cesseur. Dans la forme, c'est encore pire, avec les arrestations arbitraires, les interminables s&#233;ries de p&#233;tard mouill&#233; et le recours &#224; des m&#233;thodes d'enqu&#234;tes dignes de la Chine populaire ou des SS de Hitler pour &#233;liminer les opposants encombrants. Nous sommes en Mars 2011 et, comme son nom ne l'indique pas, le transitoire n'en finit pas de s'&#233;tirer car, contrairement &#224; l'adage, au &#171; Fozaland &#187; on ne change pas une &#233;quipe qui perd. Et tant pis si elle n'est ni consensuelle ni inclusive puisque, visiblement, Camille est vital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte d&#233;l&#233;t&#232;re, le pays s'enfonce dans une crise politique et &#233;conomique sans pr&#233;c&#233;dent. Crise devenue cyclique depuis l'Ind&#233;pendance, marqu&#233;e surtout par l'adoption r&#233;currente de voies anticonstitutionnelles pour l'alternance du pouvoir. Sans doute parce que les gouvernants qui se sont succ&#233;d&#233; n'ont pas su apporter &#224; la population la r&#233;ponse concr&#232;te &#224; ses attentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons chacun notre point de vue quant aux origines de cette derni&#232;re crise. Sans &#234;tre forc&#233;ment des &#171; Zanak'i Dada &#187;, beaucoup accordent &#224; l'actif de celui-ci, entre autres, la construction et la r&#233;fection des infrastructures routi&#232;res et la lutte contre la corruption. &#192; l'inverse, beaucoup lui reprochent aussi (sans &#234;tre n&#233;cessairement des crustac&#233;s de mauvaise qualit&#233;) la baisse du pouvoir d'achat malgr&#233; la croissance &#233;conomique, la hausse des prix, sa mainmise sur l'&#233;conomie tout en &#233;tant le patron d'un puissant groupe agro-alimentaire, d'avoir tent&#233; de monopoliser tous les secteurs rentables de l'&#233;conomie, d'avoir voulu s'enrichir sur le dos des Malgaches, de n'avoir pas su entendre l'exasp&#233;ration de son peuple et d'en prendre les mesures n&#233;cessaires. Il a suffi donc d'une goutte d'eau, la fermeture de la cha&#238;ne de radio Viva, pour transformer ce malaise latent en putsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette divergence de points de vue, pourtant, aucun de nous ne pourrait nier que franchir le pas et passer d'une &#171; simple &#187; contestation populaire &#224; un renversement du r&#233;gime ne pouvait qu'engendrer des cons&#233;quences socio-&#233;conomiques d&#233;vastatrices. Soulignons, au passage que, contrairement aux cas de la Tunisie, de l'Egypte ou de la Lybie, il ne s'agissait pas, du moins &#224; la base, d'un soul&#232;vement populaire mais de mouvements initi&#233;s par des politiciens voulant capitaliser les failles du pouvoir en place pour r&#233;gler leurs comptes (Cf, les deux papiers &#233;difiants de &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/Rajoelina-n-est-pas-decevant,15476.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ndimby A.&lt;/a&gt; et de &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/Petites-villes-de-province,15349.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Patrick A.&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Zombies !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Premier trimestre 2009 : la Une des journaux faisait &#233;tat de pillages, de commerces vandalis&#233;s, d'entrep&#244;ts saccag&#233;s, de marchandises vol&#233;es pour &#234;tre ensuite &#233;chang&#233;es au march&#233; noir&#8230; Certains osaient parler, la mine r&#233;jouie, de &#171; revanche du peuple &#187; et m&#234;me de &#171; d&#233;mocratie &#187;. Oubliant que dans un pays d&#233;mocratique, le vrai citoyen est un acteur du d&#233;veloppement. Et qu'il ne peut y avoir de citoyennet&#233; sans respect de la loi. &#192; travers ces actes d'incivisme barbares, il semble qu'une partie de la population soit convaincue que la violence est le mode privil&#233;gi&#233; d'intervention sociale, &#224; tel point qu'on se demande si elle a une notion de ses droits et devoirs. &#171; &lt;i&gt;Le citoyen, ce n'est pas l'individu avec ses faiblesses, son &#233;go&#239;sme, son aveuglement et ses enthousiasmes. C'est l'homme &#233;clair&#233; par la raison, parlant selon les imp&#233;ratifs de cette raison commune &#224; tous, et (&#8230;) capable d'opiner sur la chose publique sans &#234;tre domin&#233; par son int&#233;r&#234;t personnel&lt;/i&gt; &#187; (Burdeau).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9244 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L197xH131/photo1-dc8ee.jpg?1761231543' width='197' height='131' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-9244 '&gt;&#171; What's in your head ? &#187;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La tuerie du 7 f&#233;vrier est encore bien vive dans les m&#233;moires. Pour servir une cause, le moyen le plus exp&#233;ditif est encore de faire des martyrs. Des politiciens qui savaient ce qu'ils voulaient, ont sciemment conduit une foule na&#239;ve et totalement inconsciente &#224; l'abattoir, en l'incitant &#224; franchir un espace pourtant class&#233; zone rouge, comme l'est par d&#233;finition tout palais pr&#233;sidentiel. Pendant ce temps, celui qui &#233;tait &#224; l'origine de ce mouvement, et qui a bien compris que cela ne pouvait que tourner mal, a pr&#233;f&#233;r&#233;, lui, y assister de loin, depuis son salon douillet. Mais le plus &#233;tonnant c'est que les familles des victimes n'aient pas envisag&#233; cette &#233;ventualit&#233;. Pensaient-elles que la garde pr&#233;sidentielle allait leur ouvrir la porte du palais, les inviter dans le grand salon et leur servir l'ap&#233;ritif pour f&#234;ter ensemble l'arriv&#233;e de ce nouveau Premier ministre tant attendu ? Oubliant cette responsabilit&#233;, elles osent ensuite r&#233;clamer justice, comme si leurs proches s'&#233;taient fait tuer en allant &#224; la messe du dimanche. Le citoyen est responsable de ses choix et de ses actes. Il ne peut pas se contenter de suivre les ordres des meneurs de foules tel un zombie, tout comme il ne peut pas non plus se contenter de jouer &#224; la victime quand la situation tourne mal.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Education : une r&#233;ponse possible &#224; la crise politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au vu de ces signes, du comportement des citoyens et surtout des politiciens, r&#233;soudre la crise politique &#224; Madagascar s'av&#232;re une &#339;uvre de longue haleine, qui exige un d&#233;tour par des efforts d'&#233;ducation. Pour en finir avec cette instabilit&#233; politique, l'&#233;ducation au civisme et &#224; la citoyennet&#233; doit donc &#234;tre une priorit&#233;. Il s'agit d'une responsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard du futur, au nom de cette d&#233;mocratie que l'on clame parfois &#224; tort et &#224; travers, mais qui exige de ma&#238;triser ses passions. Et ce, plus encore que dans tout autre syst&#232;me, car le citoyen est &#224; la base m&#234;me des d&#233;cisions et des choix importants et participe &#224; l'&#233;volution du pays par ses votes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;156&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L188xH125/Photo2-89134.jpg?1753684750' width='188' height='125' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-9245 '&gt;&#171; La d&#233;mocratie est la forme supr&#234;me de gouvernement, &lt;br class='autobr' /&gt;
parce qu'elle repose sur le respect de l'homme en tant &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'&#234;tre raisonnable &#187; (Kennedy)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la Gr&#232;ce antique, initiatrice de ce mode de gouvernement qu'est la R&#233;publique, des philosophes comme Socrate, Platon ou Aristote pensaient qu'un peuple ignorant et d&#233;pourvu de discernement &#233;tait indigne de cette responsabilit&#233;, qui exige une v&#233;ritable autonomie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Double-clic&#8230; et plus, si affinit&#233;s</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Double-clic-et-plus-si-affinites,15461.html</link>
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		<dc:date>2011-02-11T04:18:05Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 11 Feb 2011 07:18:05 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>sevane</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les terribles feux de la Saint Valentin vont chauffer d&#232;s ce week-end... Le pr&#233;sent article est-il &#224; lire en fredonnant en duo le texte Guy B&#233;art : &#171; Parlez-moi d'moi, Y a qu'&#231;a qui m'int&#233;resse &#187; ? &lt;br class='autobr' /&gt; Avec le progr&#232;s consid&#233;rable des TIC, des formes de liens s'effacent tandis que d'autres voient le jour, et des relations virtuelles se juxtaposent aux relations r&#233;elles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous &#234;tes seul dans la qui&#233;tude de votre chambre, et voil&#224; soudain que d'un clic, une centaine d'amis surgissent pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les terribles feux de la Saint Valentin vont chauffer d&#232;s ce week-end... Le pr&#233;sent article est-il &#224; lire en fredonnant en duo le texte Guy B&#233;art : &lt;a href=&#034;http://paroles.abazada.com/chanson,parlez-moi-dmoi,19720.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Parlez-moi d'moi, Y a qu'&#231;a qui m'int&#233;resse&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec le progr&#232;s consid&#233;rable des TIC, des formes de liens s'effacent tandis que d'autres voient le jour, et des relations virtuelles se juxtaposent aux relations r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes seul dans la qui&#233;tude de votre chambre, et voil&#224; soudain que d'un clic, une centaine d'amis surgissent pour &#233;changer avec vous des choses de votre quotidien, limite personnelles, &#233;tablissant d'embl&#233;e une sorte de proximit&#233;. En revanche, on tend &#224; &#234;tre moins disponible &#224; ceux-l&#224; m&#234;mes qui partagent ce quotidien. Le lointain devient ainsi proche tandis que le proche s'&#233;loigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Facebook, Twitter, MSN, Meetic&#8230; tous ces espaces ont un point commun : l'usager est invit&#233; &#224; construire son profil, &#224; partager ses centres d'int&#233;r&#234;t, &#224; &#233;changer des propos, des photos, des vid&#233;os&#8230; et plus si affinit&#233;s. Ils permettent, en effet, &#224; chacun de se sentir &#224; la fois unique et connect&#233; au plus grand nombre d'&#171; amis &#187;, dont certains c&#233;l&#232;bres, qu'on n'aurait jamais l'opportunit&#233; de conna&#238;tre dans la vie r&#233;elle mais qui nous ont fait la faveur d'accepter de compter dans notre liste. On aime alors &#224; les exhiber en vitrine tels des troph&#233;es, sans que rien ne justifie cette pr&#233;&#233;minence sinon la notori&#233;t&#233;. On le voit : dans ce monde virtuel, le mot &#171; ami &#187; a perdu de son sens. Assiste-t-on ainsi &#224; un appauvrissement ou &#224; un enrichissement des liens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &lt;a href=&#034;http://www.economist.com/science/displaystory.cfm?story_id=13176775&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; publi&#233; par &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; indique, en tout cas, que le &#171; facebookeur &#187; a 120 amis en moyenne, mais ne dialogue qu'avec une petite partie d'entre eux (5 &#224; 7). M&#234;me pour ceux qui collectionnent les amis (plus de 500), ce chiffre n'augmente quasiment pas. Il faut entendre par dialogue, les &#233;changes de mails ou les chats, les commentaires de photos ou de liens ou de statuts n'entrant pas en consid&#233;ration. Ainsi, en acqu&#233;rant des savoir-faire, on parvient &#224; d&#233;velopper nos r&#233;seaux relationnels. Reste &#224; savoir si ces relations correspondent &#224; celles que nous aurions avec nos proches ou si, au contraire, uniquement &#224; des relations entre personnes qui ma&#238;trisent l'outil.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ma photo : Et si ce n&#8216;est qu'un fake ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre particularit&#233;, dans ces mondes virtuels, nous avons besoin d'un ambassadeur charg&#233; de nous repr&#233;senter sur les &#233;crans. C'est le r&#244;le de la photo de profil auquel nous accordons parfois une place d&#233;mesur&#233;e. Elle permet au commun des usagers de se m&#233;nager un certain anonymat, surtout si la notion de s&#233;curit&#233; entre en jeu. Une case vide, un paysage ou m&#234;me la t&#234;te de Bart Simpson font alors l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; l'inverse, la totale libert&#233; en la mati&#232;re peut pousser la candeur de certains jusqu'&#224; s'approprier la photo d'une star de cin&#233;ma ou de la chanson&#8230; Ou, plus sournoisement, car suppos&#233; inv&#233;rifiable en surfant sur le plausible, celle d'une beaut&#233; inconnue, mais dont le faci&#232;s ind&#233;niablement asiatique, maghr&#233;bin voire latino, exclut tout lien probable avec le nom et le pr&#233;nom malgaches affich&#233;s, par exemple. La contrefa&#231;on au service de l'ego r&#233;v&#232;le ainsi le rapport de chacun &#224; sa propre image. Il s'agit d'une d&#233;marche narcissique par laquelle on expose au monde ce qu'on d&#233;sire proposer, afin de mobiliser le d&#233;sir des autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Je plais donc je suis&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_9066 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L480xH680/how122fr-ba8f9.jpg?1761229151' width='480' height='680' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je ne me vois plus de la m&#234;me mani&#232;re d&#232;s qu'un regard (d&#233;sirant ou tout simplement curieux) se porte sur moi. C'est ce regard qui me fait sentir exister&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; car l'importance que je me donne se nourrit essentiellement de celle que les autres me manifestent. En r&#233;sum&#233; : dites-moi comment vous vous int&#233;ressez &#224; moi et je saurai qui je suis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tentation de ne chercher que la rencontre avec soi &#224; travers les r&#233;actions de l'autre peut entra&#238;ner une v&#233;ritable d&#233;pendance. Mon profil Facebook est un espace o&#249; l'autre me renvoie l'image de moi que j'attends. Et tout le monde est servi, aussi bien le flatt&#233; que le flatteur. Car le flatteur aussi vit aux d&#233;pens de celui qui l'&#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons tous pourtant que, sur Facebook, pour ne citer que ce site, il est aussi facile que tentant de biaiser sa propre description. Notamment par des indications du genre &#171; mes artistes pr&#233;f&#233;r&#233;s &#187;, &#171; mes livres pr&#233;f&#233;r&#233;s &#187;, &#171; mes films pr&#233;f&#233;r&#233;s &#187;, &#171; mes citations pr&#233;f&#233;r&#233;es &#187;&#8230; Tous ces &#171; pr&#233;f&#233;r&#233;s &#187; seront s&#233;lectionn&#233;s avec le plus grand soin &#224; mesure que sa confiance en soi tend vers z&#233;ro. Mais dans tous les cas, ils seront s&#233;lectionn&#233;s en fonction du groupe auquel on voudrait appartenir, des personnes que l'on cible. Il s'agit donc d'un moi &#171; aseptis&#233; &#187; voire totalement faux, qui peut ne plus du tout correspondre &#224; la r&#233;alit&#233;. Ce qui, apr&#232;s tout, n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne nouveau. De tout temps, chacun a utilis&#233; le regard et le jugement des autres sur lui pour se conna&#238;tre. Les nouvelles technologies ont juste permis de faciliter et d'acc&#233;l&#233;rer le processus en quelques clics.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ne m'oublie pas &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre soif du blogueur : s'assurer que ses &#171; amis &#187;, aussi &#233;trangers soient-ils, ne l'oublient pas. Autrement, il se retrouverait bien seul, pour tout dire, inexistant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est pire, en effet, qu'un blog ou un profil sur lequel on ne re&#231;oit aucune visite. Dans cette logique, mieux vaut encore une pluie de critiques que des compliments fam&#233;liques. Le leitmotiv semble &#234;tre : &#171; Sois ador&#233; ou sinon ex&#233;cr&#233;, mais ne laisse personne indiff&#233;rent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour cr&#233;er le &lt;i&gt;buzz&lt;/i&gt;, on ne l&#233;sine pas sur la surench&#232;re : titres-choc, phrases d'appel pour &#233;veiller la curiosit&#233;, formules provocatrices, etc. Tout est bon pour r&#233;ussir un coup de poker sur la toile. Lorsqu'en plus, des &#171; amis &#187;, dont on ne conna&#238;t pas forc&#233;ment l'identit&#233;, prennent le relais en &#171; partageant &#187; automatiquement nos liens, ou en les commentant, voire en cliquant simplement sur &#171; J'aime &#187;, ces personnes nous apportent une superbe promotion en multipliant de fa&#231;on exponentielle la port&#233;e de notre auditoire. C'est ainsi que sont n&#233;es des c&#233;l&#233;brit&#233;s, comme le chanteur Gr&#233;goire qui est le premier artiste &#224; &#234;tre enti&#232;rement financ&#233; par des internautes en France, via le site &lt;i&gt;My Major Company&lt;/i&gt; de Michael Goldman.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Virtuel, babe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;MSN, Yahoo Messenger, Meetic, Facebook, et dans une moindre mesure &lt;i&gt;World of Warcraft&lt;/i&gt; avec ses canaux de discussions sophistiqu&#233;s&#8230; sont autant de plateformes o&#249; des gens s'&#233;changent, se soutiennent, se s&#233;duisent, s'aiment, se mentent et se s&#233;parent. L'outil de communication est virtuel, le personnage en face peut &#234;tre virtuel. Sauf que les sentiments peuvent devenir r&#233;els ! Les choses deviennent alors compliqu&#233;es lorsqu'on d&#233;cide enfin de &#171; se rencontrer pour de vrai &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ancien temps, euh&#8230; c'est-&#224;-dire avant Internet, la rencontre passait par un regard, un geste, une complicit&#233;, de la tendresse. Ces chemins menaient jusqu'&#224; la d&#233;claration fatidique, puis &#224; l'union. Le &#171; coup de foudre &#187; &#233;tait aussi une option, beaucoup plus rapide mais toujours &#171; incarn&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde virtuel, on assiste &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne tout &#224; fait in&#233;dit, o&#249; la proximit&#233; pr&#233;c&#232;de l'existant. En effet, quand on a l'impression de bien se conna&#238;tre sans pourtant la moindre base r&#233;elle, par o&#249; encha&#238;ner lorsqu'on va enfin d&#233;cider de se voir &#171; pour de vrai &#187; ? Recourir &#224; la s&#233;duction alors qu'on se conna&#238;t d&#233;j&#224; ? Ou bien passer &#224; l'&#233;tape finale, c'est-&#224;-dire la rencontre amoureuse, alors que les rituels pr&#233;liminaires qui aident les deux personnes &#224; se faire confiance n'ont jamais eu lieu ? &#171; L'autre &#187; est l&#224;, en chair et en os, et pourtant, il manque quelque chose, une dimension physique du d&#233;sir amoureux. Et la rencontre &#233;choue. Sans parler de l'autre risque : &#224; force de ne conna&#238;tre de l'autre que la partie qu'il a bien voulu nous d&#233;voiler, notre vision est &#224; ce point id&#233;alis&#233;e, fantasm&#233;e, nourrie par notre propre imaginaire, qu'on se d&#233;connecte totalement de la r&#233;alit&#233;. Et la rencontre se termine en d&#233;sillusion : on l'imaginait grande, mince, jolie, &#233;l&#233;gante, raffin&#233;e&#8230; Patatras ! Elle est le sosie de Susan Boyle, la voix en moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant donc si certains font le choix de ne jamais se rencontrer autrement que par les avatars qui les repr&#233;sentent sur leurs &#233;crans, de peur de voir ce r&#234;ve id&#233;alis&#233; s'effondrer, car la r&#233;alit&#233; est rarement &#224; la hauteur du r&#234;ve. Il vaut donc mieux rester dans le fantasme. Cela ne les d&#233;range gu&#232;re de passer des heures et des heures &#224; chater ensemble. Mais ils ne se conna&#238;tront jamais &#171; pour de vrai &#187;. Que valent alors de telles relations ? D'autant que les protagonistes ne sont pas toujours c&#233;libataires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces longues heures (notamment nocturnes) de chat peuvent &#234;tre v&#233;cues comme une forme d'infid&#233;lit&#233; par le conjoint. Outre le fait d'&#234;tre d&#233;laiss&#233; au profit d'un(e) autre, il y a toujours cette inqui&#233;tude tout &#224; fait l&#233;gitime que la relation cesse d'&#234;tre virtuelle pour devenir r&#233;elle. Beaucoup de couples se sont cr&#233;&#233;s gr&#226;ce &#224; ces r&#233;seaux, beaucoup de couples ont &#233;t&#233; bris&#233;s &#224; cause de ces r&#233;seaux. Facebook, le premier r&#233;seau social, est ainsi impliqu&#233; dans 1/5 des divorces Outre-Atlantique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les limites des TIC : Connexion avec les absents ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La technologie li&#233;e &#224; l'information s'est tellement d&#233;velopp&#233;e que, dans certains cimeti&#232;res am&#233;ricains, un clavier est encastr&#233; dans un bloc de pierre plac&#233; au-dessus de la tombe du disparu. En tapant le nom du mort, il appara&#238;t &#224; l'&#233;cran&#8230; bien vivant, en b&#233;b&#233;, &#224; la remise de dipl&#244;me, &#224; son mariage... Cette &#171; r&#233;surrection magique &#187; est accompagn&#233;e d'un fond sonore soigneusement choisi. L'effet dramatique est, para&#238;t-il, garanti et les poubelles plac&#233;es &#224; proximit&#233; des tombes &#233;quip&#233;es d&#233;bordent de mouchoirs en papier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quand donc la possibilit&#233; pour nos morts de s'adresser aujourd'hui &#224; nous, en pronon&#231;ant les mots qu'ils ne nous ont jamais dits de leur vivant ? Gageons tout de m&#234;me que certains n'en profitent pas pour divulguer des vacheries ou des secrets de famille&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quand aussi la possibilit&#233; pour la veuve d'&#233;changer, &#224; la Saint-Valentin, avec son d&#233;funt mari et lui demander : &#171; Est-ce que tu as toujours &#233;t&#233; fid&#232;le ? &#187;, et lui de r&#233;pondre &#171; Oui, je n'ai jamais aim&#233; personne d'autre que toi &#187;. Et le mari de continuer de mentir&#8230; comme de son vivant. Mais sa veuve pourra &#234;tre s&#251;re au moins d'une chose : de l&#224; o&#249; il est, il ne pourra plus la tromper.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Allez, un dernier fake pour la route !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque avanc&#233;e a ses d&#233;rives. Je n'ai parl&#233; ici que de quelques unes. Mon but n'est pas de viser qui que ce soit, me retrouvant moi-m&#234;me dans certaines de ces situations. Il s'agit seulement de jeter un regard amus&#233; sur le monde virtuel dans lequel nous sommes embarqu&#233;s sinon englu&#233;s. Les r&#233;seaux sociaux en tant qu'outils, constituent une extension de la r&#233;alit&#233; et non une fuite. Ils sont d'une incroyable efficacit&#233; pour effacer la distance, pour d&#233;battre, partager, se faire conna&#238;tre, etc. Un vrai m&#233;gaphone mondial en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;v&#233;nements r&#233;cents en Egypte, par exemple, Facebook a ouvertement pris le parti des manifestants &#233;gyptiens qui utilisent ses r&#233;seaux pour communiquer entre eux. Google et Twitter, quant &#224; eux, ont mis en place un syst&#232;me permettant aux Egyptiens d'envoyer des messages sur le site de microblogging &#224; partir d'un t&#233;l&#233;phone, contournant ainsi tous les blocages. Cela dit, en prenant position, ces derniers ne prennent aucun risque, n'ayant aucun actif (ou presque) au niveau local, alors que la port&#233;e de leur acte est mondiale, pour tout dire : historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce, je dois vous laisser car mes 600 amis m'attendent. Depuis que j'ai remplac&#233; mon trombinoscope par une photo disons&#8230; coquine, mon nombre d'amis (surtout masculins) a quadrupl&#233; et &#231;a buzze ;-)). Mon ego est tellement flatt&#233; qu'&#224; ce rythme, je pourrais m&#234;me faire l'&#233;conomie d'un psy. Et tant pis, si le droit &#224; l'oubli n'existe pas encore sur la toile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Partir sans trahir</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Partir-sans-trahir,14849.html</link>
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		<dc:date>2010-10-08T04:10:57Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 08 Oct 2010 07:10:57 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>sevane</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mon parcours est classique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui de tous les jeunes Malgaches qui partent se r&#233;aliser ailleurs, dans un pays qui condense tous les r&#234;ves. &#171; Un pays de lumi&#232;res et aux possibilit&#233;s illimit&#233;es &#187;, o&#249; les d&#233;s ne sont pas pip&#233;s. O&#249; chacun a sa chance, &#224; force de travail et de courage. Notre r&#234;ve am&#233;ricain &#224; nous, en somme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Faire partie de cette Gasypora diss&#233;min&#233;e aux quatre coins du globe et qui participent, par leur travail appr&#233;ci&#233;, au d&#233;veloppement de leur pays d'accueil, et rehaussent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mon parcours est classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui de tous les jeunes Malgaches qui partent se r&#233;aliser ailleurs, dans un pays qui condense tous les r&#234;ves. &#171; Un pays de lumi&#232;res et aux possibilit&#233;s illimit&#233;es &#187;, o&#249; les d&#233;s ne sont pas pip&#233;s. O&#249; chacun a sa chance, &#224; force de travail et de courage. Notre r&#234;ve am&#233;ricain &#224; nous, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire partie de cette Gasypora diss&#233;min&#233;e aux quatre coins du globe et qui participent, par leur travail appr&#233;ci&#233;, au d&#233;veloppement de leur pays d'accueil, et rehaussent par la m&#234;me occasion l'image de leur pays d'origine. Faire conna&#238;tre mon pays &#224; ces gens qui font invariablement rimer Madagascar avec l&#233;muriens, cocotiers et pauvret&#233;. Ceux qui ne peuvent pas situer Madagascar sur une carte&#8230; Il faut croire qu'il y a du boulot : d&#232;s mes premi&#232;res vacances fran&#231;aises, o&#249; nous avons fait du cano&#235;-kayak en Dordogne, nous avons atterri dans un village recul&#233;. En entrant dans une auberge, tous les regards se sont braqu&#233;s sur moi, les gens se sont tus, comme si le temps &#233;tait suspendu&#8230; Je m'attendais &#224; ce que l'un d'eux s'enfuie en criant : &#171; Au secours, un Sarrasin ! &#187;. Je ne saurai jamais ce que recouvrait ce silence assourdissant. Mais une chose est s&#251;re : je devais &#234;tre la premi&#232;re &#171; black &#187; jamais vue dans ce village.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Citoyen &#224; part enti&#232;re ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup, celui qui part est un peu la fiert&#233; de la famille. Pas &#233;tonnant donc si par la suite, celui-ci doit faire face &#224; des attentes &#233;lev&#233;es de la part de sa famille rest&#233;e au pays. &#192; l'inverse, j'ai remarqu&#233; que de plus en plus de concitoyens voient ce d&#233;part d'un mauvais &#339;il : abandonner les siens, sa patrie pour satisfaire des ambitions personnelles est une trahison. &#192; tel point que certains d&#233;nient &#224; la diaspora la l&#233;gitimit&#233; de parler des probl&#233;matiques nationales. On en arrive &#224; se demander si l'on est toujours citoyen malgache. D'ailleurs, a-t-on d&#233;j&#224; le droit de voter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me sens malgr&#233; tout habilit&#233;e &#224; parler de mon pays, pour le conna&#238;tre au moins dans ses grandes lignes. Au m&#234;me titre qu'un &#171; Sinoa be fe &#187;, l'&#233;picier du quartier, ou un Ralesa qui garde les vaches, ou Pierrette qui confectionne des v&#234;tements dans une zone franche, ou encore Naina l'&#233;tudiant en Polytechnique... D'autant que la distance autorise le recul, une appr&#233;hension diff&#233;rente sinon plus objective. Je ne crois donc pas qu'il faille absolument r&#233;sider &#224; Madagascar pour comprendre ce qu'endurent nos compatriotes, ou pour &#234;tre capable d'aborder les probl&#232;mes nationaux avec pertinence. Dans un pays o&#249; le peuple a fini par se r&#233;signer par peur et par lassitude, o&#249; les partis d'opposition ne jouent pas leur r&#244;le et o&#249; les journalistes trop insolents ont droit &#224; une suite au &#171; Resort &amp; SPA &#187; 5* d'Antanimora, avoir une voix ext&#233;rieure qui &#233;chappe totalement aux pressions mat&#233;rielles comme politiques, et qui remette en question un syst&#232;me d&#233;faillant, n'est pas du luxe. Je ne pr&#233;tends pas d&#233;tenir les cl&#233;s de la sortie de crise ni pouvoir me transformer en pr&#233;sidentiable en tailleur-cintr&#233;. Mais &#224; d&#233;faut de pouvoir proposer un programme &#233;conomique, tout citoyen, quel que soit l'endroit o&#249; il se trouve, a le devoir de d&#233;celer les failles et de tirer la sonnette d'alarme. Nous sommes tous les gendarmes de la mauvaise gouvernance, o&#249; que nous nous trouvions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, je ne nie pas que l'arrogance de certains membres de la diaspora n'arrange rien. Une arrogance qui ne se justifie pas toujours, mais qui appara&#238;t s&#251;rement comme une insulte &#224; un peuple qui lutte contre les rigueurs de la survie avec toute la dignit&#233; dont il est capable, et qui sait chercher dans ses derniers replis, des raisons d'esp&#233;rer et d'&#234;tre heureux malgr&#233; tout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Diaspora : un ailleurs h&#233;t&#233;rog&#232;ne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la grande majorit&#233; des cas, c'est la s&#233;curit&#233; et l'am&#233;lioration du statut &#233;conomique (&#233;tudes, travail) qui d&#233;terminent l'&#171; exil &#187;, provisoire ou pas. Mais au-del&#224; de ce seul d&#233;nominateur commun, on a tort de consid&#233;rer une diaspora, malgache ou autre, comme une entit&#233; homog&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#244;tre est compos&#233;e d'&#233;tudiants, de travailleurs, de ch&#244;meurs, de personnes en situation irr&#233;guli&#232;re, mais aussi d'intellectuels bard&#233;s de dipl&#244;mes justifiant d'un r&#233;seau relationnel respectable&#8230; Leur seul point commun est donc le fait d'avoir quitt&#233; le pays pour vivre ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport &#224; la crise malgache actuelle, par exemple, la diaspora de France est divis&#233;e entre ceux qui ne se sentent pas du tout concern&#233;s et qui se contrefichent pas mal de ce qui se passe &#224; Madagascar ; ceux qui ne croient ni au r&#233;gime en place ni en la capacit&#233; de l'opposition &#224; faire mieux ; ceux qui sont convaincus que Andry Rajoelina et son &#233;quipe sont tout &#224; fait comp&#233;tents pour g&#233;rer la situation et, mieux, qu'il est le messie venu nous sauver ; ceux qui attendent encore le retour de leur Dada (je crois que c'est mal parti) ; ceux qui exigent que la loi soit tout simplement respect&#233;e et qui consid&#232;rent que la prise de pouvoir par Andry Rajoelina et ses complices n'est nullement une manifestation de la d&#233;mocratie mais bien un coup d'&#201;tat ; et enfin, ceux qui commencent &#224; &#234;tre de plus en plus s&#233;duits par un nouvel homme : Raymond Ranjeva.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos visions divergent. Notre degr&#233; d'implication aussi. Certains sont convaincus que les entit&#233;s &#233;trang&#232;res sont les responsables de cette crise, la France en premi&#232;re mais aussi les bailleurs de fonds. D'autres refusent toute implication ext&#233;rieure dans la recherche de la sortie de crise : certains &#201;tats (africains sous-entendu) ont d&#233;j&#224; suffisamment de probl&#232;mes pour jouer aux donneurs de le&#231;ons. Certains sont plus dans l'action et essaient par diverses mani&#232;res (associations, entreprenariat, blogs, engagement politique &#8230;.) d'exercer leur droit d'intervention. Alors que d'autres se contentent de saluer les actions men&#233;es par les autres, sans jamais y prendre part. Et la liste n'est pas exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bien y regarder donc, il s'agit tout simplement d'une duplication en miniature de ce que nous avons d&#233;j&#224; &#224; Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; d&#233;faut de trouver un r&#233;f&#233;rent unificateur, ne pourrions-nous pas construire un projet collectif et cr&#233;dible pour Madagascar ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Diaspora : un potentiel &#224; ne pas n&#233;gliger&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir doit se rendre compte que d'autres pays se d&#233;veloppent gr&#226;ce aux prestations de leur diaspora. Je pense surtout &#224; l'expertise des professionnels hautement qualifi&#233;s. Pourquoi donc ne pas utiliser ce potentiel, afin de l'int&#233;grer dans le processus de d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons tous que nos universit&#233;s ne sont pas comp&#233;titives sur le plan international. On pourrait, par exemple, utiliser ces ressources pour un projet de modernisation de l'enseignement universitaire via un transfert de connaissances, via l'apport de m&#233;thodes p&#233;dagogiques innovantes et plus efficaces, ou en introduisant de nouvelles technologies (en particulier dans le domaine de la science et de la m&#233;decine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une &#233;chelle plus modeste, notre apport se limite parfois au simple cercle familial, ce qui n'est d&#233;j&#224; pas mal apr&#232;s tout. Nous avons tous les uns et les autres envoy&#233; de l'argent &#224; nos familles, pour contribuer aux al&#233;as de la vie (aider des parents en difficult&#233;s, pour des soins m&#233;dicaux, des &#233;v&#233;nements familiaux&#8230;), ou aider &#224; la r&#233;alisation d'un projet de vie (des &#233;tudes, un mariage, une naissance&#8230;), ou tout simplement pour investir (achat d'un terrain ou d'une maison, ou m&#234;me pour financer une petite entreprise&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le leitmotiv est toujours ce d&#233;sir confus mais profond et sinc&#232;re, de s'organiser afin de s'engager plus en avant en faveur du pays lui-m&#234;me, ou du moins de sa r&#233;gion d'origine, ou pourquoi pas tout simplement de son ancienne &#233;cole ? Nous pouvons am&#233;liorer les infrastructures, organiser des dons de livres, am&#233;nager une biblioth&#232;que, mettre en place des plates-formes multim&#233;dia o&#249; &#233;l&#232;ves et enseignants pourraient se familiariser avec les outils de bureautique et les outils de recherche et d'informations sur internet &#8230; chacun doit faire ce qu'il peut &#224; son petit niveau. Car il ne faut jamais perdre de vue que l'&#233;ducation joue un r&#244;le essentiel dans le d&#233;veloppement &#233;conomique d'un pays et qu'une soci&#233;t&#233; stable et d&#233;mocratique est utopique sans un niveau minimum d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces initiatives mises bout &#224; bout sont autant d'impulsions pour le d&#233;veloppement du pays. Alors, pourquoi ne pas encourager les gens de bonne volont&#233; en leur offrant des conditions favorables, en simplifiant les proc&#233;dures, en baissant les taxes douani&#232;res&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui veut ne peut pas toujours &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Kennedy disait &#171; Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour ton pays &#187;. Cela vaut-il pour Madagascar, avec un syst&#232;me aussi instable et d&#233;structur&#233; par une pauvret&#233; non seulement mat&#233;rielle mais aussi morale ? Comment investir les yeux ferm&#233;s dans un pays o&#249; l'on n'a aucune garantie et o&#249; il manque totalement de transparence (dans les appels d'offres, pour ne citer que &#231;a) ? Quelles garanties avons-nous, lorsqu'on sait que le syst&#232;me est corrompu de la base au sommet de la pyramide, et que tout se partage entre &#171; copains &#187; ? Qui pourrait assurer qu'&#224; la prochaine r&#233;volution, tous les efforts ne seront pas r&#233;duits en cendres ? Qui pourrait garantir que les dons en nature ne seront pas revendus ou d&#233;tourn&#233;s de leurs cibles ? Il est &#233;vident que toutes ces incertitudes peuvent d&#233;courager plus d'un. Et pour l'instant, nos dirigeants sont encore occup&#233;s &#224; assurer la survie de leur r&#233;gime et de leurs bedaines. Accuser la diaspora d'&#234;tre inefficace, c'est comme accuser un enfant de ne pas aller &#224; l'&#233;cole alors qu'il n'existe aucune infrastructure. L'&#233;chec de la diaspora est, on le voit, li&#233; aux d&#233;faillances m&#234;mes de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien-s&#251;r, il n'appartient pas &#224; l'&#201;tat de porter tous les projets &#224; bras-le-corps (d'ailleurs, il en est incapable, il l'a d&#233;montr&#233;), mais il devrait, au moins, &#234;tre le garant de l'&#201;tat de droit et aussi mettre en place des mesures d'accompagnement pour r&#233;guler et faciliter le d&#233;ploiement des divers projets qui fleurissent aussi bien dans le pays qu'&#224; l'&#233;tranger. La volont&#233; permet certes de grimper sur les cimes, mais sans moyens, on reste au pied de la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait toutefois malhonn&#234;te de ne pas reconna&#238;tre qu'au-del&#224; des responsabilit&#233;s de l'&#201;tat, qui sont incontestables, nous avons aussi nos responsabilit&#233;s et n'avons pas toujours fait l'effort patriotique n&#233;cessaire pour nous organiser collectivement. Les associations pullulent mais, pour diverses raisons, elles atteignent rarement le but qu'elles se sont fix&#233;. Souvent, les ressources sont limit&#233;es (temps, argent), les membres sont des autodidactes &#224; titre b&#233;n&#233;vole et manquent de ce fait d'organisation, de professionnalisme, d'exp&#233;rience... Sans parler des petites gu&#233;guerres internes entre membres qui font finalement que certains finissent par pr&#233;f&#233;rer agir individuellement, voire pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les deux pieds dehors et le c&#339;ur dedans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, je dirai qu'on ne quitte jamais son pays sans remords ni regrets. Mes deux pieds sont ici, mais j'ai laiss&#233; une part importante de moi l&#224;-bas. La fois derni&#232;re que j'y suis retourn&#233;e, dans le taxi qui me ramenait de l'a&#233;roport &#224; mon h&#244;tel, j'ai &#233;t&#233; frapp&#233;e par la pauvret&#233;, l'insalubrit&#233;. Mais dans le m&#234;me temps, la politesse, la gentillesse et le sourire des gens m'ont profond&#233;ment touch&#233;e. J'&#233;tais chez moi, sur la terre de mon enfance, la terre de mes anc&#234;tres. Mais la v&#233;rit&#233; est que je suis plus utile ici pour les miens, pour mes amis et pour tous ceux qui ont besoin de moi, qu'en restant au pays. Je ne pr&#233;tends pas &#233;radiquer la mis&#232;re. Ce n'est certes pas de ma faute si des enfants marchent pieds nus, si des m&#232;res de famille font leurs courses dans les poubelles de Tana, si des enfants du m&#234;me &#226;ge que les miens mendient en plein centre d'Analakely. Mais si je ne fais rien, alors &#231;a le deviendra.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;passer le complexe post-colonial</title>
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		<dc:date>2010-08-23T04:09:03Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 23 Aug 2010 07:09:03 +0300</pubDate>

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&lt;p&gt;NDLR : ce texte est propos&#233; en r&#233;ponse et en compl&#233;ment &#224; l'&#233;ditorial Rajakom-bazaha &#233;crit par Ndimby A. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit l&#224;, Ndimby, d'un sujet d'actualit&#233; : la nation, le patriotisme, la langue, la culture et les traditions de son propre pays sont des valeurs adul&#233;es quand il s'agit de promouvoir ou de d&#233;fendre l'ind&#233;pendance d'un peuple en lutte. &#8230;Et c'est le cas, plus que jamais, &#224; Madagascar. Ce sont les arguments fondateurs m&#234;me de l'anticolonialisme. Le recours &#224; l'identit&#233; nationale est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Tribune-libre-.html" rel="directory"&gt;Tribune libre&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NDLR : ce texte est propos&#233; en r&#233;ponse et en compl&#233;ment &#224; l'&#233;ditorial &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/Rajakom-bazaha,14470.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Rajakom-bazaha&lt;/a&gt; &#233;crit par Ndimby A.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224;, &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/Rajakom-bazaha,14470.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Ndimby&lt;/a&gt;, d'un sujet d'actualit&#233; : la nation, le patriotisme, la langue, la culture et les traditions de son propre pays sont des valeurs adul&#233;es quand il s'agit de promouvoir ou de d&#233;fendre l'ind&#233;pendance d'un peuple en lutte. &#8230;Et c'est le cas, plus que jamais, &#224; Madagascar. Ce sont les arguments fondateurs m&#234;me de l'anticolonialisme. Le recours &#224; l'identit&#233; nationale est m&#234;me devenu un th&#232;me branch&#233;. On a vu, par exemple, l'enthousiasme des m&#233;dias du monde entier devant le patriotisme d'Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'o&#249; vient alors cet engouement des Malgaches pour l'Occident ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s probablement parce que Madagascar est l'un des pays les plus pauvres du monde, et des plus instables politiquement aussi. L'Occident repr&#233;sente dans l'esprit de nombre d'entre nous la r&#233;f&#233;rence de la r&#233;ussite. Ce qui n'est pas tout &#224; fait faux car &#233;conomiquement, si l'on ne doit citer que ce domaine, ils ont des d&#233;cennies voire des si&#232;cles d'avance par rapport &#224; nous. Alors, est-ce que les valeurs nationales &#224; pr&#233;server valent &#224; ce point l'abandon de certains objectifs qui se mesurent en cadre de vie ou m&#234;me en esp&#233;rance de vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il peut s'agir aussi d'un complexe post-colonial : l'ex-colonis&#233;, qui a toujours cru qu'il est inf&#233;rieur, de par ses origines et sa culture : en somme, un colonis&#233; dans l'esprit. C'est donc un sentiment d'inf&#233;riorit&#233; pour celui qui a &#233;t&#233; colonis&#233; et qui a transmis inconsciemment ses inhibitions &#224; sa descendance. Et ce, &#224; cause du sentiment de sup&#233;riorit&#233; de celui qui a colonis&#233;. D'o&#249; les discours syst&#233;matiques de ceux qui brandissent ind&#233;finiment la colonisation : &#171; Nous sommes les victimes et c'est la faute aux autres &#187;. On d&#233;teste la France pour tous les malheurs qu'elle nous a inflig&#233;s, on a envie de la m&#233;priser, on la m&#233;prise mais dans le m&#234;me temps on l'envie, on a envie de l'approcher, de l'imiter car on la croit sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#224;, si l'on se sent victime ou inf&#233;rieur, c'est aussi parce que nous sommes incapables de nous organiser. La malgachisation sous l'&#232;re de Ratsiraka a &#233;t&#233; un fiasco. Notre pays n'a pas fait grand-chose pour nous inculquer ces valeurs si importantes, ces rep&#232;res identitaires (&#224; travers l'&#233;cole, les moyens de communication, l'art, la litt&#233;rature &#8230;). A part notre &#171; nature 5 &#233;toiles &#187; (que l'on ne prot&#232;ge m&#234;me pas), qu'est-ce qui peut nous rendre fiers d'&#234;tre Gasy sur le plan international ? Certainement pas le comportement de nos dirigeants actuels. Alors, &#224; force de se n&#233;gliger, on finit par ne plus s'aimer. Nous avons une repr&#233;sentation de nous-m&#234;mes qui est d&#233;pr&#233;ciative : parler en fran&#231;ais ou mieux, en anglais (ou encore mieux : les 2 langues en m&#234;me temps &#8230;. si, si, je connais quelque champions &#224; ce jeu sur ce forum &#8230; suivez mon regard) est bien plus valorisant et tellement plus dans le vent que de parler en malgache. Comment les autres peuvent-ils alors nous respecter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc que nous arrivions &#224; nous &#233;manciper, c'est-&#224;-dire &#224; nous d&#233;gager du joug de la tutelle en g&#233;n&#233;ral : la famille, la soci&#233;t&#233;, l'Etat, l'Eglise, et aussi tous ces &#171; autres &#187; qui sont bien plus grands, bien plus puissants, bien plus dangereux que nous. Mais notre &#233;ducation ne va pas dans ce sens, h&#233;las. On nous apprend &#224; respecter et &#224; craindre celui qui est sup&#233;rieur &#224; nous. Comment s'&#233;tonner, par la suite si nous manquons de d&#233;cisions, si nous manquons de courage ? Comment s'&#233;tonner si nous avons toujours besoin de la direction d'autrui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour o&#249; nous serons suffisamment &#233;mancip&#233;s, le jour o&#249; nous serons suffisamment organis&#233;s pour &#234;tre responsables de nous-m&#234;mes, le jour o&#249; nous nous accepterons, le jour o&#249; nous serons fiers de ce que nous sommes, bref, le jour o&#249; nous serons enfin &#171; grands &#187;, nous cesserons de singer le Vazaha, nous abandonnerons cette posture d&#233;fensive qui tend &#224; accuser toujours l'autre de tous nos malheurs (l'ex-colon, la CI, la SADC, l'UA, la Banque Mondiale, le FMI, &#8230;., la m&#233;t&#233;o, le karma &#8230;) et d'&#234;tre de mauvaise foi. Car cela revient finalement &#224; &#234;tre partisan de la m&#233;diocrit&#233;. R&#233;duire l'identit&#233; nationale &#224; de la simple x&#233;nophobie, c'est faire peu de cas de l'h&#233;ritage historique que nos anc&#234;tres nous a l&#233;gu&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>BIB vs PIB</title>
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		<dc:date>2010-04-03T04:17:04Z</dc:date>

      <pubDate>Sat, 03 Apr 2010 07:17:04 +0300</pubDate>

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&lt;p&gt;Je suis convaincue que si on permettait &#224; deux personnes diff&#233;rentes de vivre exactement la m&#234;me vie (m&#234;mes &#233;checs, m&#234;mes r&#233;ussites, m&#234;me job, m&#234;me compagnon, m&#234;me cadre de vie &#8230;), l'une serait &#233;panouie et l'autre serait une d&#233;prim&#233;e chronique. Bien s&#251;r, c'est une vision extr&#234;me des choses. Mais je voulais d&#233;montrer par cet exemple que le bonheur n'est pas &#224; la port&#233;e de tous. De m&#234;me que certains peuvent courir des kilom&#232;tres et transpirer &#224; peine alors que d'autres clamsent au bout de 800 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis convaincue que si on permettait &#224; deux personnes diff&#233;rentes de vivre exactement la m&#234;me vie (m&#234;mes &#233;checs, m&#234;mes r&#233;ussites, m&#234;me job, m&#234;me compagnon, m&#234;me cadre de vie &#8230;), l'une serait &#233;panouie et l'autre serait une d&#233;prim&#233;e chronique. Bien s&#251;r, c'est une vision extr&#234;me des choses. Mais je voulais d&#233;montrer par cet exemple que le bonheur n'est pas &#224; la port&#233;e de tous. De m&#234;me que certains peuvent courir des kilom&#232;tres et transpirer &#224; peine alors que d'autres clamsent au bout de 800 m&#232;tres, nous ne sommes pas tous &#233;gaux face au bonheur : certains ont l'aptitude &#224; l'accueillir et d'autres en sont plus ou moins incapables. Pas &#233;tonnant donc si certains ont un taux de BIB &#233;lev&#233; (Bonheur Int&#233;rieur Brut) et ce, quel que soit le niveau du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je pense au bonheur, c'est l'image d'une de mes tantes qui me vient tout de suite &#224; l'esprit : une femme que la vie n'a pas g&#226;t&#233;e. Orpheline tr&#232;s t&#244;t, puis deux fois veuve et deux enfants d&#233;c&#233;d&#233;s tr&#232;s jeunes. Juste avant l'enterrement de son enfant, un nourrisson, un ange, nous sommes pass&#233;s &#224; table. Tandis que toute la famille avait la gorge nou&#233;e, incapable d'ingurgiter une seule cuill&#232;re, ma tante, elle, mangeait avec un app&#233;tit intact, qui aurait pu para&#238;tre inconvenant &#224; certains mais qui, pour notre part, &#233;tait tout simplement &#233;patant tant je persiste &#224; croire que l'app&#233;tit tout court n'est que le reflet de son app&#233;tit de la vie, une sorte de g&#233;n&#233;rosit&#233; int&#233;rieure. Cette femme a une force incroyable, une capacit&#233; de r&#233;silience face &#224; ce qu'elle n'a pas pu &#233;viter, une fa&#231;on de positiver tout ce qui lui arrive dans la vie. Rien ne l'abat. En la regardant, je me suis dit, je voudrais lui ressembler - pas physiquement (lol &#8230; je t'aime tatie !) &#8211; mais je voulais &#234;tre capable d'&#234;tre heureuse comme elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'&#233;tais enfant, j'&#233;tais persuad&#233;e que pour &#234;tre heureux il fallait un bon m&#233;tier donc un bon dipl&#244;me, comme me le r&#233;p&#233;taient mes parents. C'&#233;tait donc important pour moi que mes parents soient fiers de moi. Entrevoir leurs sourires quand je ramenais de bonnes notes, pour moi, c'&#233;tait la d&#233;finition du bonheur : la reconnaissance de mes parents. Mais je n'&#233;tais pas une bonne &#233;l&#232;ve. Et les bonnes notes &#233;taient plut&#244;t rares. Non pas que j'&#233;tais b&#234;te, mais j'avais d'autres chats &#224; fouetter et faire des efforts me co&#251;tait. Contrairement &#224; ma petite s&#339;ur, qui a &#233;chapp&#233; d'un poil, &#224; l'&#233;preuve de baccalaur&#233;at, &#224; la mention &#171; Tr&#232;s Bien &#187; et qui a int&#233;gr&#233; l'une des meilleures classes pr&#233;paratoires de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re approche du bonheur : dipl&#244;me donc m&#233;tier - repose sur l'id&#233;e que ce qui rend heureux ce sont l'argent et la position sociale. Il serait tout &#224; fait hypocrite de nier que l'argent y participe. Le confort mat&#233;riel, en effet, contribue &#224; la s&#233;r&#233;nit&#233;. Comme il serait aussi hypocrite de nier que la position sociale entra&#238;ne une certaine estime de soi. Seulement, cela ne suffit pas. La preuve : les citoyens des pays occidentaux, depuis 50 ans, sont devenus plus riches, ont de plus longues vacances, voyagent davantage, vivent plus vieux et sont en meilleure sant&#233;, mais pour autant, ils ne sont pas plus heureux. Ce n'est pas moi qui l'ai invent&#233;. C'est le r&#233;sultat d'un sondage men&#233; aupr&#232;s de diff&#233;rents pays. L'objectif du politique dans ces pays est de permettre aux individus de satisfaire leurs envies par l'achat de produits, de services, bref consommer. Comme ces parents qui, faute de pouvoir consacrer du temps ou de l'attention &#224; leurs enfants, croient compenser en les couvrant de cadeaux. Dans ce genre de soci&#233;t&#233;, les gens ne demandent plus comment ils vont mais &#171; combien tu vas ? &#187;. Il leur manque l'essentiel pour &#234;tre heureux : une famille soud&#233;e, des amis sur qui s'appuyer, le dialogue, le temps, la compassion, la capacit&#233; &#224; s'&#233;merveiller, la r&#233;ceptivit&#233; aux petits bonheurs, la reconnaissance envers la vie, l'aptitude &#224; prendre du recul et gagner en s&#233;r&#233;nit&#233;. Le &#171; tout simple &#187; est devenu difficile d'acc&#232;s. Il n'est donc pas &#233;tonnant si beaucoup ressentent le besoin de faire appel &#224; des aides ext&#233;rieures pour compenser ce manque : voir &#171; quelqu'un &#187;, entre autres. J'entends par &#171; quelqu'un &#187; un psy, un th&#233;rapeute. &#192; ce sujet, pourquoi dit-on toujours &#171; quelqu'un &#187; pour dire un psy ? Est-ce que les psys mettent &#171; quelqu'un &#187; sur leurs cartes de visite ? Est-ce d&#251; &#224; la n&#233;cessit&#233; de discr&#233;tion alors que consulter un psy est devenu presque la norme ? Pourquoi ne l'utilisons-nous pas pour le proctologue ? Apr&#232;s tout, c'est nettement plus g&#234;nant. On pourrait, dans ce cas, dire avec un air vraiment g&#234;n&#233; &#171; je vois quelqu'un &#187; et l'interlocuteur compatirait : &#171; Ah mince &#8230; Bon courage alors &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; pr&#233;sent que je suis &#171; grande &#187;, j'ai cess&#233; de vouloir &#234;tre une bonne &#233;l&#232;ve. Je me dis que je ne vis qu'une fois. Mais si je m'y prends bien, une fois devrait &#234;tre suffisante. J'ai donc choisi de me donner tous les moyens pour &#234;tre heureuse. On peut passer &#224; c&#244;t&#233; de la vie si l'on n'entra&#238;nait pas son esprit &#224; percevoir ce qu'il y a de gratifiant et de joyeux plut&#244;t que se concentrer seulement sur les difficult&#233;s. Je prends des risques car cela ne me fait plus peur. Je ne laisse pas un petit doute, souci ou peur me bloquer : je prends le risque. J'apprends &#224; &#233;couter mes r&#234;ves, &#224; &#234;tre attentive sur des sentiments tels que l'amour. Je vous assure : &#231;a rend heureux, et les autres avec ! J'ai aussi appris &#224; donner. Et je me rends compte que le plaisir que je ressens en voyant le sourire sur le visage de l'autre, est bien sup&#233;rieur au sien. J'ai donc d&#233;couvert qu'en donnant je me fais aussi du bien : me servir de ce que j'ai de mieux en moi pour contribuer au bien-&#234;tre des autres. Car finalement, ce qui nous rend heureux est universel. Nous avons tous besoin d'amour. Et, surtout, besoin d'en donner. Je tiens &#224; ce que ceux que j'aime le sachent : je le leur dit et je le leur montre. Je refuse de faire partie de ces &#171; aigris du maintenant &#187;, qui ne cessent de nous rab&#226;cher que c'&#233;tait mieux avant. Qu'est-ce qu'il avait de mieux, ce pass&#233; ? &#201;tait-il plus beau, plus riche, en meilleure sant&#233; ? Est-ce que l'on &#233;tait forc&#233;ment plus heureux, avant ? Je voudrais juste rappeler ceci : avant, on mourait d'une angine. Le pr&#233;sent est bien. Je veux &#234;tre heureuse maintenant et me dire &#171; c'&#233;tait mieux tout de suite &#187;. Mais, pour moi, le vrai pansement pour l'&#226;me est avant tout l'amour de mes enfants. Un &#171; je t'aime Maman &#187; et je suis &#171; carr&#233;ment &#187; heureuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je finirais donc en me contredisant : nous avons tous en nous une aptitude naturelle au bonheur. Seulement, il nous appartient de d&#233;cider si nous allons, ou non, lui donner sa chance. N'attendons pas d'&#233;chapper &#224; un accident grave ou &#224; une maladie pour &#234;tre heureux d'&#234;tre vivant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voila un th&#232;me que les partis politiques devraient int&#233;grer dans leurs programmes. Car leur but n'est-il pas aussi d'accro&#238;tre le BIB des citoyens ? Dans cette crise o&#249; l'argent manque, on pourrait d&#233;montrer que le bonheur n'est pas hors de prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce, je vous souhaite &#224; tous &#171; tout le bonheur du monde &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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