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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Herintsalama, ou le mauvais proc&#232;s fait &#224; un gouvernement de l'action</title>
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		<dc:date>2026-03-13T05:27:32Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 08:27:32 +0300</pubDate>

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		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, on aime beaucoup parler de stabilit&#233;. C'est un mot pratique : il sert dans les discours, dans les communiqu&#233;s, dans les salons diplomatiques, dans les conversations de chancellerie. Tout le monde s'en r&#233;clame. Mais, au fond, peu de gens l'acceptent vraiment d&#232;s lors qu'elle prend la forme ingrate de la m&#233;thode, de la patience, de la continuit&#233; administrative. On veut la stabilit&#233; en slogan ; on la refuse d&#232;s qu'elle devient discipline. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le limogeage du Premier ministre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Madagascar, on aime beaucoup parler de stabilit&#233;. C'est un mot pratique : il sert dans les discours, dans les communiqu&#233;s, dans les salons diplomatiques, dans les conversations de chancellerie. Tout le monde s'en r&#233;clame. Mais, au fond, peu de gens l'acceptent vraiment d&#232;s lors qu'elle prend la forme ingrate de la m&#233;thode, de la patience, de la continuit&#233; administrative. On veut la stabilit&#233; en slogan ; on la refuse d&#232;s qu'elle devient discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le limogeage du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a parfaitement illustr&#233; ce travers national. En pleine transition, dans un moment o&#249; l'on pr&#233;tendait justement remettre l'&#201;tat debout, l'ex&#233;cutif a choisi de casser la cha&#238;ne gouvernementale de mani&#232;re brutale. Le r&#233;sultat est saisissant : au nom de la stabilit&#233;, on a cr&#233;&#233; une nouvelle s&#233;quence d'instabilit&#233;. Au nom de la refondation, on a donn&#233; le spectacle d'un pouvoir encore travaill&#233; par les r&#233;flexes de rupture soudaine, de sanction opaque et de recomposition improvis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas qu'Herintsalama ait &#233;t&#233; critiqu&#233;. En politique, et plus encore dans un moment de crise, la critique est normale. Le probl&#232;me est qu'il a tr&#232;s vite &#233;t&#233; transform&#233; en cible commode, en coupable de synth&#232;se, en r&#233;ceptacle de frustrations multiples. On lui a fait un proc&#232;s de climat avant de faire un bilan. On a jug&#233; un homme &#224; travers sa r&#233;putation suppos&#233;e, sa sociologie, ses fr&#233;quentations r&#233;elles ou fantasm&#233;es, bien avant d'examiner s&#233;rieusement ce qu'il avait engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Herintsalama partait avec un handicap lourd : il n'incarnait pas la puret&#233; r&#233;volutionnaire. Son parcours, sa proximit&#233; avec les milieux &#233;conomiques, sa capacit&#233; &#224; parler aux partenaires financiers, aux bailleurs, aux institutions, tout cela le rendait imm&#233;diatement suspect aux yeux de ceux qui veulent voir dans toute comp&#233;tence install&#233;e la trace d'une compromission. Dans un pays o&#249; l'ancien pouvoir a laiss&#233; derri&#232;re lui une telle d&#233;fiance, il suffisait qu'un homme paraisse trop familier des circuits d'influence, trop connu des partenaires classiques, trop acceptable pour le &#8220;syst&#232;me&#8221;, pour que l'accusation implicite tombe : celui-l&#224; doit forc&#233;ment &#234;tre proche des corrompus d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que commence l'hypocrisie. Car que demandait-on au d&#233;part ? Un chef de gouvernement capable de remettre les minist&#232;res en ordre, de parler aux partenaires, de rassurer les bailleurs, de rendre le pays &#224; nouveau lisible, de stabiliser la machine publique et de transformer une victoire politique en s&#233;quence gouvernable. Autrement dit, on voulait pr&#233;cis&#233;ment un profil comme le sien. Mais une fois ce profil nomm&#233;, on s'est mis &#224; lui reprocher ce qui faisait justement son utilit&#233; potentielle : son exp&#233;rience, sa lisibilit&#233;, sa capacit&#233; d'interlocution, sa compatibilit&#233; avec les circuits classiques de coop&#233;ration et de financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui demandait d'&#234;tre efficace sans avoir de pass&#233;. Cr&#233;dible sans avoir fr&#233;quent&#233; personne. Comp&#233;tent sans avoir jamais approch&#233; les centres de pouvoir. Ferme sans &#234;tre froid. Visible sans &#234;tre spectaculaire. En somme, on lui demandait l'impossible : &#234;tre un homme d'&#201;tat sans porter les stigmates d'aucune histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, quand on sort du bavardage, on voit bien qu'il n'y avait pas seulement autour de lui un gouvernement de fa&#231;ade. Il y avait une logique. Une &#233;quipe de transition n'est pas l&#224; pour plaire, mais pour tenir. Elle doit g&#233;rer les urgences, remettre de la coh&#233;rence, faire tourner l'administration, produire des premiers r&#233;sultats, pr&#233;parer les r&#233;formes et tracer un chemin vers le retour &#224; un ordre institutionnel plus stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, au moins dans son principe, le sens du programme qui avait &#233;t&#233; mis en avant : r&#233;pondre &#224; l'urgence sociale et &#233;conomique, r&#233;organiser l'&#201;tat, relancer les services essentiels, am&#233;liorer la gouvernance, pr&#233;parer les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, il ne s'agissait pas d'un gouvernement de parade, mais d'un gouvernement de mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sans doute cela qui a fait sa faiblesse politique. Les hommes d'action ont souvent un d&#233;faut fatal : ils croient que le travail parlera pour eux. Or, &#224; Madagascar comme ailleurs, le travail silencieux ne parle jamais seul. Il faut le montrer, le raconter, le sc&#233;nariser, le d&#233;fendre. Si vous ne racontez pas le chantier, vos adversaires raconteront l'&#233;chec. Si vous ne produisez pas de r&#233;cit, on produira contre vous une r&#233;putation. Si vous ne rendez pas visible l'effort, la foule ne verra que l'absence d'effets imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herintsalama semble avoir gouvern&#233; comme un homme convaincu que l'action l'emporterait sur l'image. C'&#233;tait peut-&#234;tre moralement respectable. C'&#233;tait politiquement suicidaire. Dans une transition aussi nerveuse, travers&#233;e de m&#233;fiances, de frustrations et d'ambitions concurrentes, un gouvernement tourn&#233; vers l'ex&#233;cution mais peu arm&#233; pour la bataille de perception devient une proie id&#233;ale. On peut l'accuser de tout, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il laisse aux autres le monopole de la mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a d'autant plus compt&#233; que le contexte n'&#233;tait pas neutre. Une transition n'est jamais seulement un moment de redressement. C'est aussi un march&#233; politique. Chacun y avance ses pions. Les ambitieux locaux veulent leur place. Les d&#233;&#231;us de la vieille classe dirigeante cherchent &#224; revenir par d'autres portes. Les nouveaux radicaux veulent capitaliser sur la col&#232;re. Les influenceurs, les groupes d'opinion, les r&#233;seaux militants, les op&#233;rateurs &#233;conomiques, les appareils partisans en recomposition veulent tous peser sur la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans ce genre de moment, les influences exog&#232;nes ne restent jamais &#224; la porte. Madagascar, depuis le changement de pouvoir, est redevenue un terrain lisible de comp&#233;tition d'influences. Il y a les partenaires traditionnels, ceux qui veulent un pays stabilis&#233;, pr&#233;visible, r&#233;ins&#233;rable dans les circuits classiques de coop&#233;ration, de financement et de reconnaissance diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a d'autres forces, d'autres puissances, d'autres agendas, plus int&#233;ress&#233;s par une redistribution des cartes, par une ouverture de nouveaux espaces d'influence, par des repositionnements g&#233;opolitiques profitant de la fragilit&#233; du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel paysage, un Premier ministre trop lisible pour les partenaires financiers classiques peut devenir g&#234;nant. Non parce qu'il trahirait la nation, comme le disent les plus simplistes, mais parce qu'il donne forme &#224; une orientation : celle d'un pouvoir qui se normalise, se structure, se rend fr&#233;quentable, se rend solvable, se rend n&#233;gociable dans les cadres habituels. Cela peut rassurer certains. Cela peut en inqui&#233;ter d'autres. Cela peut surtout contrarier ceux qui, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur, pr&#233;f&#232;rent un terrain plus fluide, plus instable, plus disponible aux jeux de repositionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que le proc&#232;s fait &#224; Herintsalama devient politiquement r&#233;v&#233;lateur. On l'a attaqu&#233; comme homme suppos&#233;ment trop proche des anciens r&#233;seaux. Peut-&#234;tre, en partie. On l'a accus&#233; d'&#234;tre trop compatible avec les bailleurs et partenaires traditionnels. Sans doute. Mais ces accusations, qui ont nourri sa mauvaise r&#233;putation, disent moins sa culpabilit&#233; qu'un conflit de lignes au sein m&#234;me de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fallait-il un gouvernement de stabilisation arrim&#233; &#224; une logique de continuit&#233; administrative, de cr&#233;dibilit&#233; financi&#232;re et de lisibilit&#233; diplomatique ? Ou fallait-il au contraire une ligne plus dure, plus politique, plus mobile, plus soucieuse d'&#233;quilibres internes et d'ouvertures g&#233;opolitiques nouvelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, Herintsalama a sans doute pay&#233; cette contradiction-l&#224;. Il &#233;tait trop compromis pour les tenants d'une rupture absolue, mais trop structurant pour ceux qui avaient int&#233;r&#234;t &#224; ce que la transition demeure un espace de lutte ouverte. Trop gris pour les amateurs de puret&#233;. Trop s&#233;rieux pour les entrepreneurs d'agitation. Trop discret pour ceux qui vivent de r&#233;cit. Trop gouvernant pour ceux qui veulent d'abord se positionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'absout pas ses insuffisances. Il est probable qu'il ait sous-estim&#233; la puissance de la d&#233;fiance. Il est probable aussi qu'il n'ait pas compris assez vite qu'&#224; Madagascar, apr&#232;s une rupture de pouvoir, on ne gouverne pas seulement contre les urgences mat&#233;rielles ; on gouverne aussi contre les soup&#231;ons, contre les fant&#244;mes de l'ancien r&#233;gime, contre les impatiences d'une jeunesse qui veut voir des signes, des gestes, des ruptures visibles. Il a peut-&#234;tre cru qu'il suffisait d'&#234;tre au travail. Il aurait fallu, en plus, prouver sans cesse qu'il ne travaillait pas pour la restauration d'un monde ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut remettre les choses &#224; l'endroit : ce gouvernement n'a pas &#233;t&#233; renvers&#233; par la preuve &#233;clatante de son inaction. Il a &#233;t&#233; emport&#233; par un r&#233;cit. Le r&#233;cit d'un homme trop proche des anciens. Le r&#233;cit d'un pouvoir trop proche des partenaires classiques. Le r&#233;cit d'un ex&#233;cutif incapable de sentir la rue. En un mot : &lt;strong&gt;il a &#233;t&#233; vaincu moins par ses r&#233;sultats que par ce que les autres ont r&#233;ussi &#224; faire croire de lui.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en cela que le proc&#232;s a &#233;t&#233; mauvais. Non parce qu'Herintsalama serait un saint, ni parce que son gouvernement aurait &#233;t&#233; parfait. Mais parce qu'on l'a davantage condamn&#233; sur son pedigree que sur son &#339;uvre, sur son odeur que sur sa m&#233;thode, sur sa r&#233;putation que sur son action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, c'est une vieille maladie : on adore les proc&#232;s de puret&#233;, on d&#233;teste les hommes qui travaillent dans le gris du r&#233;el. On veut des ruptures, des symboles, des t&#234;tes qui tombent. On aime moins les tableaux de bord, les arbitrages, les encha&#238;nements administratifs, les n&#233;gociations laborieuses et les &#233;quilibres ingrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herintsalama aura pay&#233; ce malentendu jusqu'au bout. Son vrai tort n'&#233;tait peut-&#234;tre pas d'&#234;tre incomp&#233;tent, ni m&#234;me d'&#234;tre compromis au sens grossier du terme. Son tort &#233;tait d'incarner une stabilisation possible dans un moment o&#249; trop d'acteurs avaient int&#233;r&#234;t, pour des raisons diff&#233;rentes, &#224; emp&#234;cher qu'elle se consolide vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ceux qui l'ont pouss&#233; dehors au nom de on ne sait quoi devront un jour r&#233;pondre &#224; deux questions simples : pourquoi, &#224; Madagascar, la stabilit&#233; commence-t-elle si souvent par l'&#233;viction de ceux qui tentaient, maladroitement peut-&#234;tre, de lui donner une forme ? Quand donc apprendront ils que le pays plonge depuis 60 ans &#224; cause de ces coups d'Etat &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230; Parce qu'on vient bien ici d'assister &#224; un nouveau coup d'Etat institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 12/03/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Je joins ici le &lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/wp-content/uploads/2026/03/temoignage-conseiller-technique_100326.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;moignage de l'int&#233;rieur d'un conseiller technique&lt;/a&gt; que je connais irr&#233;prochable&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Anatomie d'un rapprochement Poutino Malagasy</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Anatomie-d-un-rapprochement-Poutino-Malagasy.html</link>
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		<dc:date>2026-02-24T05:35:59Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 24 Feb 2026 08:35:59 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Abstract : Cette chronique d&#233;crypte le r&#233;cent rapprochement diplomatique entre Madagascar et la Russie. Ce virage, parfois c&#233;l&#233;br&#233; localement comme un acte de souverainet&#233; et de non-alignement, dissimule de profonds enjeux g&#233;ostrat&#233;giques. Pour une Russie sous sanctions, l'int&#233;r&#234;t est structurel. Moscou convoite le port en eaux profondes de Diego-Suarez pour projeter sa flotte, vise les minerais critiques malgaches (graphite, terres rares, uranium), et d&#233;ploie son syst&#232;me financier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-15-247d6.jpg?1771911378' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Cette chronique d&#233;crypte le r&#233;cent rapprochement diplomatique entre Madagascar et la Russie. Ce virage, parfois c&#233;l&#233;br&#233; localement comme un acte de souverainet&#233; et de non-alignement, dissimule de profonds enjeux g&#233;ostrat&#233;giques. Pour une Russie sous sanctions, l'int&#233;r&#234;t est structurel. Moscou convoite le port en eaux profondes de Diego-Suarez pour projeter sa flotte, vise les minerais critiques malgaches (graphite, terres rares, uranium), et d&#233;ploie son syst&#232;me financier alternatif pour contourner la surveillance occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette diplomatie multivectorielle s'apparente &#224; un exercice p&#233;rilleux sur un champ de mines pour Antananarivo. La France, redoutant une &#171; sah&#233;lisation &#187; de la r&#233;gion, tente de maintenir son ancrage strat&#233;gique vital dans l'oc&#233;an Indien avec un pragmatisme prudent. Surtout, ce pari expose l'&#238;le &#224; une riposte s&#233;v&#232;re de Washington. En s'associant &#224; des r&#233;seaux financiers russes sanctionn&#233;s, Madagascar risque notamment l'exclusion de l'AGOA, ce qui menacerait directement plus de 100 000 emplois dans le textile. Prise entre les grandes puissances, la Grande &#206;le pourrait bien devenir le th&#233;&#226;tre d'une nouvelle guerre froide plut&#244;t que de conqu&#233;rir sa v&#233;ritable ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH500/illustration-1-2-c52e6.jpg?1771911378' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Madagascar-Russie : Le grand jeu de dupes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mois de f&#233;vrier 2026 marquera d'une pierre l'histoire diplomatique de la Grande &#206;le. Alors que le monde observe avec une fascination inqui&#232;te le jeu des grandes puissances et de leurs dirigeants dysfonctionnels, dans l'Oc&#233;an Indien le Pr&#233;sident de la Refondation de Madagascar, Michael Randrianirina, semble avoir franchi le Rubicon de la Moskova. Entre les ors du Kremlin et la r&#233;alit&#233; de ses convoitises, voici l'anatomie d'un rapprochement qui pourrait ressembler &#224; un afindrafindrao&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'afindrafindrao est une danse traditionnelle qui se danse par paire o&#249; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur un champ de mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jouer la carte du multilat&#233;ralisme s'av&#232;re &#234;tre une option de jeu pertinente &#224; prendre quand il s'agit de n&#233;gocier/jouer/bluffer dans cette partie de poker menteur qu'est la g&#233;opolitique et la diplomatie &#233;conomique. Mais il faut prudence garder quand il s'agit de jouer avec un partenaire qui n'a pas fait plus que les autres sa r&#233;putation sur le respect de la parole donn&#233;e et sur l'altruisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le faste de Moscou : un message cod&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Michael en Russie n'a ainsi rien eu d'une visite de courtoisie ordinaire. Le Kremlin a d&#233;ploy&#233; une panoplie protocolaire habituellement r&#233;serv&#233;e habituellement aux alli&#233;s du premier cercle ou aux partenaires strat&#233;giques vitaux : avion sp&#233;cial affr&#233;t&#233;, tapis rouge, parade de la garde d'honneur et limousine blind&#233;e : chaque d&#233;tail de cet apparat voulait certainement flatter l'ego national malagasy tout en envoyant un signal fort &#224; la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En recevant le pr&#233;sident malagasy au plus haut niveau, avec Sergue&#239; Lavrov aux c&#244;t&#233;s de Vladimir Poutine, Moscou ne se contente pas de discuter de coop&#233;ration diplomatique, &#233;conomique et militaire. Moscou met en sc&#232;ne, de fa&#231;on savamment orchestr&#233;e, un vrai &#171; pied de nez &#187; &#224; Emmanuel Macron, quelques jours seulement avant la rencontre pr&#233;vue entre le pr&#233;sident fran&#231;ais et le leader de la refondation malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message veut probablement &#234;tre limpide : &#171; Tiens, essaie de faire mieux maintenant &#187;. Ce d&#233;corum illustre l'int&#233;r&#234;t croissant de la Russie pour Madagascar, qu'elle ne voit pas seulement comme une &#238;le lointaine, mais comme un verrou g&#233;ostrat&#233;gique majeur &#8230; M&#234;me si on peut imaginer le plaisir que Poutine a de mettre un &#171; petit caillou &#187; (&#224; la taille des &#238;les &#201;parses ?) dans les rangers d'une Europe qui d&#233;cid&#233;ment ne veut pas se laisser faire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nationalisme malagasy : Entre h&#233;ritage revendiqu&#233; des Menalamba et myopie politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans certains cercles nationalistes d'Antananarivo, ce virage vers Moscou est accueilli avec une vraie jubilation. On y voit enfin la fin de la &#171; Fran&#231;afrique &#187; (m&#234;me si elle est d&#233;j&#224; bien morte) , et une r&#233;ponse aux frustrations accumul&#233;es depuis la colonisation et le n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais. Ces cercles invoquent certainement l'esprit des Menalamba, ce mouvement de r&#233;sistance populaire qui, contrairement &#224; l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re de l'&#233;poque, avait refus&#233; de capituler face &#224; l'envahisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette lecture historique souffre d'une amn&#233;sie s&#233;lective. Si l'empire colonial fran&#231;ais a pu s'installer, c'est aussi parce qu'il avait su exploiter les calculs politiques de dirigeants locaux de l'&#233;poque, plus soucieux de leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats face &#224; leurs rivaux internes que du sort de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'histoire semble b&#233;gayer. Le narratif gouvernemental actuel voudrait pr&#233;senter, quelque part &#224; raison, le rapprochement russe comme un acte de souverainet&#233; pure, une forme de &#171; non-alignement &#187; moderne qui permettrait de choisir ses partenaires librement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le danger est de confondre &#171; changement de partenaire &#187; avec &#171; ind&#233;pendance &#187;. L&#224; aussi, il ne faut pas perdre de vue que nos probl&#232;mes de d&#233;veloppement rel&#232;vent davantage de l'incurie et du cynisme de g&#233;n&#233;rations de dirigeants malagasys que des seules initiatives &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances &#233;trang&#232;res, qu'elles soient russes, fran&#231;aises ou am&#233;ricaines, ne font que d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts nationaux respectifs. On doit encore et encore le redire : c'est &#224; nous, et &#224; nous seuls, de d&#233;finir et de d&#233;fendre nos enjeux. Sans esp&#233;rer que d'autres, m&#251;s par de sains desseins (saint des saints ?) g&#233;n&#233;reux et d&#233;sint&#233;ress&#233;s se chargent de d&#233;fendre NOS propres int&#233;r&#234;ts&#8230; Question d'autonomie v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les enjeux et int&#233;r&#234;ts de la Russie : Le prisme de la survie strat&#233;gique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre pourquoi Vladimir accorde tant d'importance au pouvoir malagasy, il faut regarder Madagascar &#224; travers les lunettes d'une Russie sous sanctions massives. L'int&#233;r&#234;t russe est structurel, non pas seulement opportuniste et rel&#232;ve de logiques, entre autres, deprojection de sa puissance navale et de guerre des minerais critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier chef, le joyau de la couronne malagasy pour les strat&#232;ges russes est semble-t-il Diego-Suarez. Ce port en eaux profondes, l'un des meilleurs de l'ouest de l'Oc&#233;an Indien, offrirait &#224; la flotte russe une capacit&#233; de projection in&#233;dite sur les routes maritimes reliant l'Atlantique et l'Oc&#233;an Indien. Apr&#232;s avoir sign&#233; un accord similaire avec S&#227;o Tom&#233; en avril 2025, la Russie cherche &#224; dupliquer, de mani&#232;re formellement d&#233;clar&#233;e, ce mod&#232;le &#224; Madagascar pour ancrer sa pr&#233;sence dans une zone historiquement sous influence occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le sous-sol malagasy va devenir, s'il ne l'est pas d&#233;j&#224;, un champ de bataille pour la transition &#233;nerg&#233;tique mondiale. La Russie s'int&#233;resse tr&#232;s probablement en particulier au graphite dont Madagascar est l'un des leaders mondiaux, aux terres rares ainsi qu'&#224; l'uranium. L'acc&#232;s &#224; ces ressources permettrait &#224; la Russie de consolider son statut de superpuissance &#233;nerg&#233;tique en mettant la main sur ces ressources strat&#233;giques. On n'oubliera l'affaire du chrome qui caract&#233;risait aussi il y a peu l'int&#233;r&#234;t des Russes pour les ressources du sous-sol malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'ins&#233;rant dans ces fili&#232;res, Moscou s&#233;curise ses propres besoins industriels et s'offre le plaisir de &#171; spoiler &#187; les strat&#233;gies des Occidentaux qui tentent de r&#233;duire leur d&#233;pendance &#224; la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, last but not least, l'or de Madagascar &#8211; dont l&#8216;extraction, souvent hors des circuits officiels, peut servir de matelas de liquidit&#233;s pour la Banque centrale russe pour contourner les sanctions financi&#232;res &#8211; est certainement au c&#339;ur de l'int&#233;r&#234;t des Poutine et autres Lavrov pour les ressources de la Grande Ile. .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le corridor financier A7 et l'architecture d'une finance de l'ombre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; de ces enjeux g&#233;ostrat&#233;giques et miniers, la venue &#224; Antananarivo de Mikhail Dorofeev, vice-pr&#233;sident d'une banque russe sous sanctions qui n'est pas un diplomate de salon mais un sp&#233;cialiste du contournement financier, n'est par ailleurs absolument pas fortuite. La Russie veut int&#233;grer Madagascar dans son syst&#232;me financier alternatif &#171; A7 &#187; qui veut cr&#233;er un nouveau corridor financier en Afrique australe pour &#233;chapper &#224; la surveillance occidentale et d&#233;finirait un m&#233;canisme financier alternatif con&#231;u pour op&#233;rer hors des radars des r&#233;seaux habituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif probable est de permettre le recyclage des revenus miniers et le commerce du fuel russe via des circuits de compensation opaques&#8230; Utilisant potentiellement l'or malagasy comme valeur refuge intra&#231;able. Pour le r&#233;gime malagasy, ce syst&#232;me peut promettre des liquidit&#233;s imm&#233;diates et une autonomie apparente face aux exigences de transparence des bailleurs de fonds traditionnels. Mais en ouvrant les portes &#224; ce corridor financier, la Grande &#206;le risque de devenir une zone grise financi&#232;re, s'exposant ainsi &#224; une mise au ban d&#233;finitive par le Tr&#233;sor am&#233;ricain. Le pari est audacieux, mais le prix de la d&#233;connexion du syst&#232;me financier mondial pourrait &#234;tre l'asphyxie durable de l'&#233;conomie malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'exp&#233;rience des &#171; financements parall&#232;les &#187; de la Pr&#233;sidence Zafy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lorsqu'Albert Zafy arrive au pouvoir au d&#233;but de la Troisi&#232;me R&#233;publique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;qui r&#234;vait de s'abstraire des autorit&#233;s de Bretton Woods devrait nous rappeler que le mirage de l'argent &#171; facile &#187; s'av&#232;re des plus dangereux tant &#233;conomiquement que politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La riposte des Occidentaux : Entre pragmatisme fran&#231;ais et offensive am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette perc&#233;e russe, les partenaires traditionnels tentent de sauver ce qui peut l'&#234;tre, chacun avec sa m&#233;thode. L'inqui&#233;tude de Paris et des Europ&#233;ens face au rapprochement entre Antananarivo et Moscou est profonde et multidimensionnelle, m&#234;lant s&#233;curit&#233; strat&#233;gique et int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques vitaux. La France, malgr&#233; le choc du coup d'&#201;tat qui avait renvers&#233; Rajoelina, a opt&#233; pour un pragmatisme prudent. Paris ne peut se permettre une rupture totale. Parce que la pr&#233;sence fran&#231;aise dans l'oc&#233;an Indien rel&#232;ve d'une logique de puissance r&#233;siduelle mais structurellement vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France y d&#233;fend d'abord des int&#233;r&#234;ts g&#233;ostrat&#233;giques : La R&#233;union, Mayotte, les &#201;parses et la base de Djibouti constituent un arc de pr&#233;sence militaire qui lui permet de surveiller les routes maritimes reliant le Golfe Persique &#224; l'Europe&#8230; Environ 20% du commerce mondial y transite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar repr&#233;sente ici un enjeu particulier. L'&#238;le est un verrou g&#233;ographique central du canal du Mozambique, zone qui peut s'av&#233;rer de plus en plus disput&#233;e pour sa position sur les c&#226;bles sous-marins num&#233;riques mais aussi pour ses potentielles ressources en hydrocarbures offshore. Perdre l'influence sur Tananarive, c'est ouvrir une br&#232;che dans ce dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; sah&#233;lisation &#187; &#8212; entendre la contagion du rejet fran&#231;ais coupl&#233;e &#224; l'instabilit&#233; institutionnelle &#8212; constitue le cauchemar de Paris pour la r&#233;gion. Wagner puis Africa Corps ont d&#233;montr&#233; qu'un vide d'influence se comble rapidement. La Russie, via des offres s&#233;curitaires sans conditionnalit&#233; d&#233;mocratique, s&#233;duit des &#233;lites locales fragilis&#233;es. Madagascar, dont la gouvernance reste fragile, est une cible naturelle de ce narratif souverainiste anti-fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris tient donc &#224; Madagascar pour des raisons combin&#233;es : r&#233;sidus de la Fran&#231;afrique, int&#233;r&#234;ts miniers et agricoles, mais surtout pour &#233;viter qu'un pivot malagasy vers Moscou ou P&#233;kin ne fracture d&#233;finitivement son dispositif indopacifique, dont la coh&#233;rence repose pr&#233;cis&#233;ment sur cette continuit&#233; g&#233;ographique entre La R&#233;union et les c&#244;tes est-africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Occidentaux derri&#232;re Paris, et europ&#233;ens au premier chef, peuvent redouter enfin de perdre l'acc&#232;s &#224; certains minerais critiques (graphite, terres rares, uranium) en offrant &#224; la Russie un levier de chantage industriel si elle venait &#224; contr&#244;ler ces cha&#238;nes d'approvisionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, la r&#233;action europ&#233;enne ne sera &#233;videmment pas frontale. Une forme de pragmatisme diplomatique s'assurera certainement de maintenir le dialogue pour &#233;viter une rupture totale et offrir une alternative aux &#171; offres de services &#187; russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le risque d'une mise sous conditionnalit&#233; de l'aide et du gel demeure : L'Europe pourrait geler certains programmes de coop&#233;ration ou soutiens budg&#233;taires en invoquant des clauses de transparence et de bonne gouvernance. Ou, dans des logiques de pression par les investissements, utiliser le poids de de leurs entreprises pour rappeler que le d&#233;veloppement structurel de l'&#238;le d&#233;pend encore largement des capitaux de l'Ouest &#8211; pr&#233;sent&#233;s bien plus p&#233;rennes que les promesses de fuel brad&#233; par le Kremlin &#8211; est une option que les occidentaux pourraient envisager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais face au rapprochement poutino malagasy, ce n'est peut-&#234;tre pas tant du c&#244;t&#233; de Paris qu'il faut pr&#234;ter attention que du c&#244;t&#233; de Washington qui risque de jouer une partition plus muscl&#233;e. Le d&#233;partement d'&#201;tat a multipli&#233; les rencontres avec Randrianirina pour discuter de coop&#233;ration s&#233;curitaire et d'investissements dans les min&#233;raux critiques. Le projet Base Toliara, un investissement am&#233;ricain de 700 millions de dollars dans le titane et les terres rares, est certainement au c&#339;ur de leurs pr&#233;occupations. Des figures controvers&#233;es comme Erik Prince ont m&#234;me &#233;t&#233; approch&#233;es pour offrir des services de renseignement et de protection du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que le pari de Michael Randrianirina peut s'av&#233;rer risqu&#233;. En jouant sur plusieurs tableaux, la pr&#233;sidence malagasy marche sur des &#339;ufs. Et jouer au billard de la g&#233;opolitique avec des &#339;ufs ( et non pas des boules ) n'est pas n&#233;cessairement ce qui apportera les bonnes solutions &#224; la stabilisation et au d&#233;veloppement du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement avec des financiers russes sous sanctions, comme Dorofeev, pourrait d&#233;clencher des mesures de r&#233;torsion s&#233;v&#232;res de la part des &#201;tats-Unis et de leur impulsif et impr&#233;visible patron. Lequel ne regarde probablement pas d'un bon &#339;il des perspectives d'accord militaire et de d&#233;fense. Avec en menace principale la perte de nos avantages commerciaux et en particulier de l'AGOA, ce qui menacerait plus de 100 000 emplois du secteur textile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est ici : Madagascar est-elle en train de gagner son ind&#233;pendance, ou bien est-elle en train de devenir le terrain de jeu d'une guerre froide 2.0 ? Entre le tapis rouge de Moscou et les avertissements de Washington. Le tango avec un pas &#224; gauche et deux pas &#224; droite peut s'av&#233;rer pour le moins hasardeux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 23/02/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'afindrafindrao est une danse traditionnelle qui se danse par paire o&#249; le couple se tient par les deux mains, et avance en se balan&#231;ant de gauche &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lorsqu'Albert Zafy arrive au pouvoir au d&#233;but de la Troisi&#232;me R&#233;publique, l'&#233;conomie malagasy est exsangue. Le Fonds Mon&#233;taire International (FMI) et la Banque Mondiale exigent, en &#233;change de leurs pr&#234;ts, l'application stricte de Programmes d'Ajustement Structurel (PAS) (qui, entre nous soit dit, s'av&#233;raient &#234;tre une aberration) : privatisations massives (notamment des banques et des entreprises d'&#201;tat), lib&#233;ralisation &#233;conomique, et aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. Le pr&#233;sident Zafy, anim&#233; par une vision tr&#232;s souverainiste et craignant le co&#251;t social explosif de ces mesures, refuse le diktat de Washington. Il rompt les n&#233;gociations avec le FMI. Mais l'&#201;tat a d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin de devises pour fonctionner. C'est l&#224; que na&#238;t la th&#233;orie des &#171; financements parall&#232;les &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refusant l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par le FMI, le pr&#233;sident malagasy Albert Zafy tente de s'affranchir du syst&#232;me financier international. Il s'est tourn&#233; vers des &#171; financements parall&#232;les &#187; via d'obscurs courtiers promettant des milliards sans condition. Ce mirage s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une vaste escroquerie internationale visant &#224; extorquer des garanties souveraines &#224; l'&#201;tat. L'isolement diplomatique et la ruine macro&#233;conomique cons&#233;cutive (inflation record, effondrement mon&#233;taire) ont finalement conduit &#224; la destitution de Zafy en 1996 pour violation constitutionnelle des r&#232;gles budg&#233;taires. Ce fiasco historique rappelle tragiquement les dangers de l'opacit&#233; et l'illusion des partenariats miracles. Ce devrait &#234;tre une le&#231;on d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communication d'Etat, du pr&#233;sident spectacle au pouvoir-silence</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Communication-d-Etat-du-president-spectacle-au-pouvoir-silence.html</link>
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		<dc:date>2026-02-16T04:18:07Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 16 Feb 2026 07:18:07 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : &#192; Madagascar, la chute de Rajoelina marque le passage d'un pr&#233;sident-spectacle, obnubil&#233; par une communication bling-bling, &#224; un pouvoir de transition adepte du silence institutionnel. Si cette sobri&#233;t&#233; rompt avec les exc&#232;s du pass&#233;, elle s'av&#232;re dangereuse. Face &#224; une jeunesse connect&#233;e, l'absence de r&#233;cit laisse un vide combl&#233; par le soup&#231;on et les rumeurs de continuit&#233;. La transition doit imp&#233;rativement rendre sa rupture lisible &lt;br class='autobr' /&gt; Mon r&#233;cent passage &#224; Tana m'a fait ressentir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_720-30-fd9c8.jpg?1771215514' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : &#192; Madagascar, la chute de Rajoelina marque le passage d'un pr&#233;sident-spectacle, obnubil&#233; par une communication bling-bling, &#224; un pouvoir de transition adepte du silence institutionnel. Si cette sobri&#233;t&#233; rompt avec les exc&#232;s du pass&#233;, elle s'av&#232;re dangereuse. Face &#224; une jeunesse connect&#233;e, l'absence de r&#233;cit laisse un vide combl&#233; par le soup&#231;on et les rumeurs de continuit&#233;. La transition doit imp&#233;rativement rendre sa rupture lisible&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.madagascartribune.vahiny.com/IMG/jpg/communication-rajoelina.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH273/communication-rajoelina-9ada3.jpg?1771215514' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mon r&#233;cent passage &#224; Tana m'a fait ressentir une chose inattendue : la chute de Rajoelina a largement chang&#233; l'acoustique politique. La chape de plomb sur la soci&#233;t&#233; semble s'&#234;tre effac&#233;e et la charge mentale sur les gens consid&#233;rablement all&#233;g&#233;e. Bien s&#251;r, la violence symbolique demeure, avec sa dimension tragique et &#233;mouvante. Deux villes cohabitent : l'une affair&#233;e dans sa survie sociale et sa culture de la lenteur, et l'autre avec ses deux pieds dans l'opulence et la modernit&#233;. &#201;videmment, les ph&#233;nom&#232;nes et certains acteurs corruptifs sont encore en place, et il est probable que de nouveaux profiteurs remplacent les anciens. Mais le sentiment est l&#224; : on peut croire, malgr&#233; les frustrations et les impatiences, &#224; de nouveaux possibles et &#224; de nouveaux projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition du bruit m&#233;diatique de l'ancien pouvoir rajoelinesque participe incontestablement de ce souffle d'air frais. On en a enfin fini des annonces de Miami sur Pangalanes, de l'importation de girafes, des Colis&#233;es et autres billeves&#233;es. D'un r&#233;gime qui narrait fort, vite, partout et sans rel&#226;che une ode &#224; la gloire d'un hyper-pr&#233;sident &#224; l'extr&#234;me vacuit&#233;, on est pass&#233; &#224; un pouvoir de transition qui parle peu. Ce dernier s'exprime parfois tard, comme si ses actes devaient suffire &#224; faire l&#233;gitimit&#233;. Cependant, dans un espace public hyper-r&#233;actif, le silence n'est pas neutre : c'est un vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature ayant horreur du vide, celui-ci se remplit d'un bruit qui ne rel&#232;ve pas toujours des &#233;l&#233;ments les plus avis&#233;s. La communication est une ar&#232;ne dont l'ancien r&#233;gime faisait un instrument central , tandis que la transition sembe la traiter comme accessoire. Or, l'acte sans r&#233;cit laisse le public d&#233;cider du sens, l'amenant parfois &#224; y voir de la ruse, la continuit&#233; des collusions ou la trahison de la r&#233;volution. Dans un pays o&#249; une jeunesse connect&#233;e vient de d&#233;montrer sa capacit&#233; de bascule, l'interpr&#233;tation rel&#232;ve purement du rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vitrine permanente : gouverner par affichage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rajoelina gouvernait comme on administre une plateforme de communication : pr&#233;sence continue, images calibr&#233;es et narration en boucle. La communication politique reposait sur l'hyperpersonnalisation d'un pr&#233;sident incarnant les annonces, les chantiers et les campagnes. Elle cultivait une esth&#233;tique de la grandeur &#224; coups de superlatifs, de chiffres mirobolants et de projets symboliques. &#192; travers les canaux pr&#233;sidentiels, les m&#233;dias proches et les r&#233;seaux sociaux, elle assumait la mise en sc&#232;ne d'une modernisation factice. Le r&#233;cit pr&#233;sidentiel vendait, tant au niveau national qu'international, un Madagascar &#171; d'exception &#187;, futur hub technologique, bient&#244;t grenier de l'Oc&#233;an Indien ou vitrine de la lutte environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on observe le classement de la Grande &#206;le en termes d'attractivit&#233; des investisseurs, on se dit pourtant qu'il &#233;tait grand temps de sortir de l'inanit&#233; des discours et du bling-bling. Le co&#251;t de cette strat&#233;gie de fa&#231;ade &#233;tait d'ailleurs pr&#233;visible : la dissonance. Face aux d&#233;lestages, &#224; l'inflation et &#224; la fragilisation des services, plus l'image se voulait polie, plus l'&#233;cart avec la r&#233;alit&#233; devenait insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ficelles d'un pouvoir qui voulait tenir le r&#233;cit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne m&#233;canique communicationnelle tenait en quelques principes s&#233;mantiques redoutables, du moins tant que le public voulait &#171; croire au film &#187;. Elle &#233;rigeait le chef en solution et sauveur absolu, multipliait les grands projets superlatifs et promettait la modernisation pour une &#171; nouvelle &#232;re &#187;, tout en d&#233;non&#231;ant syst&#233;matiquement la manipulation de &#171; forces hostiles &#187; et de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque le public a fini par juger ces ficelles trop grosses, il a rejett&#233; moins l'histoire narr&#233;e que l'escroquerie d'un r&#233;cit violemment confront&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; de ses d&#233;lestages, p&#233;nuries, inflation et d&#233;labrement g&#233;n&#233;ralis&#233;. La Gen Z a brillamment exploit&#233; cette br&#232;che avec un contre-r&#233;cit imm&#233;diat, document&#233; et viral. D&#232;s lors, la communication bling-bling de performance s'est retourn&#233;e contre son auteur : elle a cess&#233; de convaincre pour commencer &#224; exasp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transition : moins de spectacle, plus de brouillard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La transition s'installe quant &#224; elle avec un ton institutionnel ax&#233; sur la Constitution, la s&#233;curit&#233;, le chronogramme, la concertation et une dur&#233;e limit&#233;e. La feuille de route est pos&#233;e comme si le calendrier suffisait &#224; faire politique. Or, un pays n'avance pas au tableur : il avance &#224; l'horizon et au sens partag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pari implicite du nouveau pouvoir semble &#234;tre que la l&#233;gitimit&#233; d&#233;coulera des actes et des r&#233;alisations &#8212; proc&#232;s, r&#233;formes, &#233;lections &#8212; bien plus que du r&#233;cit. C'est pourtant un pari extr&#234;mement risqu&#233; quand l'interpr&#233;tation pr&#233;c&#232;de l'&#233;valuation, et quand le moindre silence se transforme in&#233;vitablement en soup&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa grammaire communicationnelle s'esquisse &#224; travers des logiques de rupture morale affich&#233;e : sobri&#233;t&#233; de mise en sc&#232;ne, concertation proclam&#233;e en priorit&#233;, d&#233;personnalisation relative et sobri&#233;t&#233; m&#233;diatique fuyant les images triomphalistes. Cependant, cette grammaire souffre d'une absence de vision et d'un r&#233;cit proactif, d&#233;laiss&#233;s au profit de logiques de r&#233;activit&#233; face aux critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas absence totale de communication, mais on fait face &#224; une &#171; communication de survie &#187; consistant &#224; ne pas trop promettre, ne pas trop s'exposer et &#233;viter les faux pas. Les d&#233;clarations tonitruantes de la ministre de la justice &#224; ses d&#233;buts, faute de r&#233;sultats probants, desservent ainsi d&#233;sormais la cr&#233;dibilit&#233; du pouvoir. Mais en ligne, cette prudence ressemble tr&#232;s vite &#224; de l'opacit&#233;, et l'opacit&#233; m&#232;ne tout droit &#224; la perception d'une continuit&#233;, nourrissant les soup&#231;ons de collusion et de trahison.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du trop-plein au soup&#231;on : la fin du &#8220;ch&#232;que en blanc&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous Rajoelina, la d&#233;fiance est n&#233;e par saturation face &#224; des promesses et des images sans cesse contredites par le quotidien. Les r&#233;seaux sociaux ont d'ailleurs largement document&#233; cette dissonance. Avec la transition, la nature du reproche change : on n'accuse plus l'exc&#232;s, mais le d&#233;ficit flagrant d'explication. Le public, et la Gen Z en particulier, ne veut ni de promesses, ni de silences, ni de l'injonction &#171; Minoa fotsiny &#187; (&#171; faites-nous confiance &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils exigent des garanties, des m&#233;canismes clairs et des preuves de participation pour savoir qui d&#233;cide, comment, avec quel contr&#244;le et quelle transparence. Cette jeunesse scrute les nominations, les lenteurs et les ambigu&#239;t&#233;s ; le moindre flou devient un signal d'alerte et la moindre incoh&#233;rence se transforme en capture d'&#233;cran ravageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile pointe du doigt cette prudence excessive et le manque de transparence, tandis que l'opposition oscille entre un soutien conditionnel et la d&#233;nonciation d'un simple changement de fa&#231;ade. Dans cet entre-deux incertain, le pouvoir laisse d'autres acteurs &#233;crire le r&#233;cit, parfois au prix d'une radicalisation du soup&#231;on. D'autant qu'il en est qui font leur lit de ce vide de communication, &#224;, savoir les opportunistes de tous genres qui, forts de leur virginit&#233; nouvelle, tapent dans la soupe, quitte &#224; cracher dedans aussit&#244;t que possible. Ce ph&#233;nom&#232;ne est d'autant plus pernicieux que l'intelligence artificielle amplifie dramatiquement ces d&#233;rives et cette d&#233;fiance, aliment&#233;es par une pl&#233;thore de productions, de pseudo-analyses et d'influenceurs manipul&#233;s qui tissent la toile d'une r&#233;alit&#233; largement d&#233;form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La communication comme r&#233;v&#233;lateur des priorit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La comparaison des deux grammaires communicationnelles r&#233;v&#232;le une hi&#233;rarchie claire : si l'ancien r&#233;gime faisait de la communication un v&#233;ritable capital politique , la transition la traite comme une simple variable d'ajustement au service de la reconstruction institutionnelle. Ce choix rompt certes avec la performance de fa&#231;ade, mais il abandonne dangereusement le terrain symbolique &#224; l'instant m&#234;me o&#249; le symbole d&#233;cidera de la l&#233;gitimit&#233;. Apr&#232;s une chute de r&#233;gime port&#233;e par une forte mobilisation num&#233;rique, la politique n'est plus un monologue : c'est devenue une co-production. Le public n'accorde plus sa confiance par d&#233;faut ; il attend un contrat de clart&#233; absolu et punit s&#233;v&#232;rement les zones grises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les tireurs embusqu&#233;s : l'argument de la &#8220;continuit&#233;&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce brouillard de communication, les adversaires trouvent un angle d'attaque simple et efficace : la &#171; continuit&#233; &#187;. Ils d&#233;noncent la continuit&#233; des r&#233;seaux, des privil&#232;ges, de l'impunit&#233;, de la corruption et de l'inaction. Comme la transition tranche rarement de mani&#232;re publique, l'accusation n'a m&#234;me pas besoin de prouver : il lui suffit de sugg&#233;rer. La rumeur prosp&#232;re ainsi sur les silences et la suspicion sur les prudences. Si hier l'exc&#232;s de parole donnait l'impression de travestir la r&#233;alit&#233;, aujourd'hui la retenue donne fortement l'impression de cacher des choses. Les partisans de l'ancien r&#233;gime peuvent alors se permettre de jouer la carte du &#171; nous, au moins, on construisait &#187;, tout en se recyclant en procureurs, dans une insupportable et cynique hypocrisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de l'inaction est le plus politiquement rentable : la transition s'appuie sur des proc&#233;dures, un calendrier et une prudence institutionnelle, imposant un tempo tr&#232;s peu visible. D'autant que le d&#233;labrement de la machine administrative, fait de ce projet de refondation une t&#226;che digne des douze travaux d'Hercule. Et, si on veut &#234;tre r&#233;aliste, le nettoyage des &#233;curies d'Augias n'est pas pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques, elles, n'ont besoin que de quelques images pour frapper : une nomination contest&#233;e, un dossier qui tra&#238;ne, une arrestation s&#233;lective, un &#171; gros poisson &#187; qui circule librement, ou une r&#233;forme annonc&#233;e sans mode d'emploi. Et la formule tombe, nette et sans appel : &#171; rupture promise, continuit&#233; organis&#233;e &#187;. Le pouvoir est face &#224; un triple pi&#232;ge : le silence, la posture d&#233;fensive ou une justice spectaculaire sans p&#233;dagogie. Chaque option nourrit une nouvelle critique, d'o&#249; l'urgence absolue de rendre la rupture lisible &#224; travers des m&#233;canismes, des dispositifs et des preuves v&#233;rifiables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fragilit&#233; interne : les luttes au sein de la junte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux offensives externes s'ajoute un facteur interne largement corrosif qui pompe probablement un maximum d'&#233;nergie : les luttes intestines. La junte et l'organisation de l'&#201;tat ne sont que des assemblages h&#233;t&#233;roclites. L'ennemi commun s'&#233;tant effac&#233;, les rivalit&#233;s et les ambitions font appara&#238;tre de profondes fractures, engendrant des luttes de pouvoir d'une extr&#234;me dangerosit&#233; d'autant qu'elles s'appuient sur des jeux d'alliances et d'influences &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faucons contre pragmatiques, s&#233;curitaires contre technocrates, rupturistes contre recycleurs et ambitions personnelles : m&#234;me invisibles pour le grand public, ces tensions laissent des traces &#233;videntes. Elles se traduisent par des h&#233;sitations, des nominations contradictoires, des signaux confus, un calendrier qui glisse et une lutte anticorruption rythm&#233;e par les rapports de force. Finalement, on gouverne moins par d&#233;cision que par recherche d'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fragilit&#233; a un effet m&#233;canique pervers : elle attise les surench&#232;res et les tentatives de r&#233;cup&#233;ration. Trop souvent, elle pousse &#224; compenser cette faiblesse par une nouvelle verticalit&#233; visant &#224; s&#233;curiser, contr&#244;ler et r&#233;duire le d&#233;bat, au risque de fabriquer exactement le fant&#244;me autoritaire qu'on pr&#233;tendait chasser. Le risque final est double : une paralysie &#224; force de temporisation et de colmatage, coupl&#233;e &#224; une d&#233;rive confondant le contr&#244;le avec la gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie par le haut porte un nom sobre : la coh&#233;rence. Elle doit &#234;tre interne, avec un cap et des arbitrages assum&#233;s, et externe, via un contrat public de transparence et de participation. Car en d&#233;finitive, un pouvoir qui ne raconte pas ce qu'il fait laisse in&#233;luctablement les autres raconter ce qu'il est. Et, &#224; Madagascar plus qu'ailleurs, &#171; les autres &#187; savent parfaitement faire basculer le sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 14/02/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>128 nominations, un classique du verrouillage express du pouvoir</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/128-nominations-un-classique-du-verrouillage-express-du-pouvoir.html</link>
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		<dc:date>2025-12-30T05:36:21Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 30 Dec 2025 08:36:21 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Abstract : La derni&#232;re rafale de nominations para&#238;t improvis&#233;e, mais ob&#233;it &#224; une logique de transition fragile : changer vite les serrures (finances, s&#233;curit&#233;, renseignement), reprendre la main sur le territoire via des int&#233;rims budg&#233;tairement brid&#233;s, et contr&#244;ler le r&#233;cit (m&#233;dias, diplomatie). En parall&#232;le, le pouvoir tente une coalition d'&#233;quilibre entre fid&#232;les, technocrates, ex-opposants, dissidents de l'ancien r&#233;gime et signaux &#224; la Gen Z. Failles : rythme illisible, turnover qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : La derni&#232;re rafale de nominations para&#238;t improvis&#233;e, mais ob&#233;it &#224; une logique de transition fragile : changer vite les serrures (finances, s&#233;curit&#233;, renseignement), reprendre la main sur le territoire via des int&#233;rims budg&#233;tairement brid&#233;s, et contr&#244;ler le r&#233;cit (m&#233;dias, diplomatie). En parall&#232;le, le pouvoir tente une coalition d'&#233;quilibre entre fid&#232;les, technocrates, ex-opposants, dissidents de l'ancien r&#233;gime et signaux &#224; la Gen Z. Failles : rythme illisible, turnover qui affaiblit l'&#201;tat, crit&#232;res opaques, risque de politisation du r&#233;galien, &#8220;casting&#8221; jeunesse gadget. Rem&#232;de : doctrine publique, lettres de mission, redevabilit&#233;. Sans r&#233;sultats rapides (eau, &#233;lectricit&#233;, prix, s&#233;curit&#233;), la l&#233;gitimit&#233; fond et la contestation reprend vite. Dur&#233;e de lecture 6 minutes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20069 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustraton-50ba2.jpg?1767073004' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vu d'en bas &#8212; c'est-&#224;-dire depuis les commentaires Facebook, les discussions de forums, les conversations au coin des gargotes &#8212; la s&#233;quence gouvernementale actuelle ressemble &#224; un festival de parapheurs : on d&#233;met, on r&#233;voque&#8230; puis on (re)nomme&#8230; &#224; la cha&#238;ne. Une avalanche de textes, de remplacements, d'int&#233;rims, de &#8220;DG par-ci, SG par-l&#224;&#8221;, jusqu'&#224; cette s&#233;ance du 22 d&#233;cembre qui a frapp&#233; les esprits par son volume : 128 nominations d'un coup. &lt;i&gt;Cent vingt-huit&lt;/i&gt;. Voil&#224;. Rideau. Applaudissements&#8230; ou hu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui : le public a des raisons d'&#234;tre agac&#233;. Une transition, m&#234;me fragile, ne devrait pas donner l'impression de pagaille et d'impr&#233;paration permanente. Parce qu'&#224; Madagascar, on a une m&#233;moire politique : les &#8220;r&#233;organisations&#8221; &#224; r&#233;p&#233;tition finissent souvent par &#234;tre le masque du m&#234;me vieux sport national &#8212; la redistribution des places, des moyens, des r&#233;seaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on se force &#224; regarder la m&#233;canique &#8212; et si on se force &#224; ne pas seulement &#233;couter le bruit &#8212; on peut y lire une coh&#233;rence strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait (il est) urgent de reconstituer un appareil d'&#201;tat en mode &#8220;verrouillage rapide&#8221;, tout en bricolant une coalition politique h&#233;t&#233;roclite : fid&#232;les, ex-opposants, technocrates, dissidents de l'ancien syst&#232;me, figures &#8220;Gen Z&#8221;&#8230; J'avais &#233;crit r&#233;cemment sur cette course contre la montre : on en est toujours l&#224;. La grande aiguille tourne trop vite. Et quand une transition sent le sol trembler, elle ne commence pas par philosopher : elle commence par s&#233;curiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regroupant les nominations par &#8220;blocs&#8221;, on peut lire quatre s&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;quence 1 &#8212; Changer les serrures : finances, renseignement, coercition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une transition qui vient d'arriver ne gouverne pas d'abord par des lois. Elle gouverne d'abord par les leviers qui font ob&#233;ir. Et ces leviers &#8212; &#224; Madagascar comme ailleurs &#8212; sont connus : recettes publiques (douanes/imp&#244;ts/tr&#233;sor), renseignement, forces de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 novembre illustre ce r&#233;flexe : des hauts responsables du minist&#232;re des Finances sont relev&#233;s, sur fond de soup&#231;ons et de contr&#244;le renforc&#233;. Dans le m&#234;me mouvement, la Pr&#233;sidence musclait son dispositif : secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, s&#233;curit&#233; &#224; la Pr&#233;sidence, agence anti-fraude (ANAF) plac&#233;e haut, tr&#232;s politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon&#8230; Ce n'est pas &#8220;joli-joli&#8221; en termes de perception : &#231;a ressemble &#224; une purge. Mais &#224; regarder froidement, c'est lisible : si tu ne contr&#244;les pas la caisse et le renseignement, tu ne contr&#244;les rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il esp&#233;rer que ces contr&#244;les ne servent pas &#224; rediriger les flux indispensables vers la bourse des nouveaux dirigeants. On peut y croire&#8230; On veut y croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux semaines plus tard, autre verrou : la gendarmerie. Le 20 novembre, pluie de nominations, r&#233;organisation, repositionnements. On peut crier au militarisme, &#224; la panique, &#224; l'obsession s&#233;curitaire. Mais une transition, surtout quand elle entend des forces &#8220;r&#233;actionnaires&#8221; grogner, cherche d'abord &#224; neutraliser le risque de sabotage, de double cha&#238;ne de commandement, de loyaut&#233;s concurrentes. Et des loyaut&#233;s concurrentes, dans notre histoire r&#233;cente, on sait ce que &#231;a co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;quence 2 &#8212; Reprendre le territoire : &#8220;int&#233;rim sous laisse&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur du pays, ce n'est pas Iavoloha : c'est la capacit&#233; &#224; faire ex&#233;cuter dans les r&#233;gions. Un pouvoir qui se laisse d&#233;border par la p&#233;riph&#233;rie signe son acte de d&#233;c&#232;s &#224; l'encre administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la transition a choisi une formule significative : l'int&#233;rim encadr&#233;, budg&#233;tairement brid&#233;. L'arr&#234;t&#233; n&#176;34794/2025 (2 d&#233;cembre) d&#233;signe, r&#233;gion par r&#233;gion, des responsables charg&#233;s de &#8220;l'exp&#233;dition des affaires courantes&#8221;, avec habilitation limit&#233;e &#224; certaines d&#233;penses : salaires, cotisations, contributions&#8230; mais exclusion des indemnit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, c'est un message double : aux barons locaux &#171; vous n'aurez pas la main sur le robinet &#187; ; aux citoyens &#171; on assure le minimum vital, on &#233;vite la razzia &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une mani&#232;re de gagner du temps : on bloque le terrain sans figer une architecture territoriale d&#233;finitive, le temps de trier les loyaut&#233;s, les comp&#233;tences, les r&#233;seaux&#8230; et les arrangements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;quence 3 &#8212; Contr&#244;ler le r&#233;cit : m&#233;dias publics et diplomatie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une transition qui ne ma&#238;trise pas le r&#233;cit se fait manger par le feuilleton et le wera wera : rumeurs, proc&#232;s d'intention, nostalgies (&#8220;on nous a vol&#233; la r&#233;volution&#8221;), contre-nostalgies (&#8220;on va livrer le pays&#8221;), et ce bruit de fond qui tue les gouvernements plus s&#251;rement que les motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la reprise en main de l'audiovisuel public. Conseil des ministres, ajustements, nominations : on reste dans le classique. Oui, on peut hurler au muselage de la libert&#233; d'expression. Mais la transition, elle, pense : &#8220;le r&#233;cit doit &#234;tre contr&#244;l&#233;&#8221;. Et &#224; mon humble avis, on n'a pas fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front ext&#233;rieur, le geste est tout aussi symbolique : abrogations et repositionnements diplomatiques. Ce n'est pas seulement &#8220;on change des personnes&#8221;. C'est : on coupe des lignes, on retire des relais, on signale aux partenaires que la hi&#233;rarchie a chang&#233;. La strat&#233;gie attribu&#233;e &#224; Christine Razanamahasoa (ancienne MAPAR pass&#233;e &#224; la dissidence) vise, dit-on, &#224; d&#233;manteler des r&#233;seaux d'influence de l'ancien r&#233;gime &#224; l'international. Qu'on l'approuve ou qu'on la redoute : c'est coh&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;quence 4 &#8212; Le vrai sujet : fabriquer une coalition avec des pi&#232;ces qui se d&#233;testent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les nominations sont un puzzle d'&#233;quilibres. On voit une architecture de &#8220;large ouverture&#8221; o&#249; cohabitent figures de l'ancienne opposition (TIM/collectifs), dissidents de l'ancien syst&#232;me, technocrates, profils soci&#233;t&#233; civile / &#8220;Gen Z&#8221;, bloc s&#233;curitaire assum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique est simple : &lt;strong&gt;on ne peut laisser personne dire &#8220;ce pouvoir n'est qu'un nouveau clan&#8221;&lt;/strong&gt;. Alors on distribue les bons points sur la base de a) la l&#233;gitimit&#233; morale (anciens opposants, figures &#8220;anti-syst&#232;me&#8221;) ; b) la capacit&#233; d'ex&#233;cution (s&#233;curit&#233;, administration, finances) ; c) la cr&#233;dibilit&#233; technique (technos, gestionnaires) ; d) la connexion &#224; la rue et aux r&#233;seaux (symbolique &#8220;Gen Z&#8221;, communication).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que cette coalition a une faiblesse structurelle : ses morceaux n'ont pas la m&#234;me d&#233;finition du but, de l'agenda, de l'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, la transition doit d'abord punir (justice, reddition des comptes)&#8230; et vite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d'autres, elle doit d'abord stabiliser (continuit&#233; de l'&#201;tat, services essentiels).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour d'autres encore, elle doit r&#233;former vite (&#233;nergie, JIRAMA, co&#251;t de la vie), sous peine de se faire bouter dehors par la d&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ici que la m&#233;ga vague du 22 d&#233;cembre prend sens : ce n'est pas seulement un panier fourre-tout administratif. C'est un achat de temps politique. Une tentative de densifier le filet du pouvoir avant que la contestation &#8212; et elle peut se reconstituer rapidement &#8212; ne retrouve ses appuis, ses financements, ses narratifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, on a ici une s&#233;quence tr&#232;s &#8220;gramscienne&#8221; : Gramsci &#233;non&#231;ait que tenir l'&#201;tat ne suffit pas ; il faut construire une h&#233;g&#233;monie, faire passer son ordre pour &#8220;normal&#8221;, &#8220;n&#233;cessaire&#8221;, &#8220;protecteur&#8221;, presque &#8220;&#233;vident&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#224; o&#249; &#231;a p&#234;che&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut reconna&#238;tre la logique, mais critiquer quand m&#234;me la m&#233;thode. Les lacunes flagrantes sont connues :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le rythme d&#233;truit la lisibilit&#233;. 128 nominations d'un coup, m&#234;me si certaines sont techniques, fabrique un sentiment d'improvisation : &#8220;ils courent partout&#8221;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le turnover affaiblit l'&#201;tat qu'on pr&#233;tend sauver. Abroger/nommer en rafales casse la continuit&#233;, d&#233;moralise les troupes, transforme l'administration en champ de bataille permanent.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'opacit&#233; nourrit la suspicion de copinage. M&#234;me si les profils sont solides, le public n'en sait rien. Sans crit&#232;res, sans doctrine, la nomination devient rumeur.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La politisation du r&#233;galien est un pari dangereux. Verrouiller s&#233;curit&#233;/renseignement peut stabiliser&#8230; ou installer la tentation de gouverner par la peur.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le &#8220;casting Gen Z&#8221; peut tourner au gadget. Nommer des figures visibles ne suffit pas. Sans r&#233;sultats concrets (eau, &#233;lectricit&#233;, prix, s&#233;curit&#233;), la jeunesse ne se dit pas &#8220;repr&#233;sent&#233;e&#8221; : elle se dit &#8220;r&#233;cup&#233;r&#233;e&#8221;.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Couper court au proc&#232;s en amateurisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si la strat&#233;gie para&#238;t coh&#233;rente, elle souffre d'un d&#233;faut mortel : &lt;strong&gt;elle n'est pas racont&#233;e proprement&lt;/strong&gt;. Une transition doit &#234;tre impitoyable sur la m&#233;thode, parce que sa seule monnaie, c'est la confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu publier une doctrine de nominations : crit&#232;res, dur&#233;e d'int&#233;rim, objectifs, lignes rouges anti-conflits d'int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu des lettres de mission publiques sur les postes-cl&#233;s (finances, &#233;nergie, s&#233;curit&#233;, territoires), avec indicateurs &#224; 30/60/90 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait fallu un m&#233;canisme de redevabilit&#233; (audit, rapport p&#233;riodique, comit&#233; citoyen) &#8212; exactement ce que toute charte de transition pr&#233;tend brandir quand elle parle de transparence et de refus du n&#233;potisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref : oui, ces nominations ont tout l'air d'un jeu de chaises musicales&#8230; et on conna&#238;t le danger de ce jeu. Elles refl&#232;tent surtout le stress d'une transition qui sait qu'elle peut mourir d'un d&#233;tail : une recette fiscale qui fuit, une r&#233;gion qui s'autonomise, une gendarmerie qui h&#233;site, un m&#233;dia public qui d&#233;rape, une rumeur qui enfle. Alors elle verrouille, elle replace, elle tisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est qu'&#224; force de verrouiller sans expliquer, elle donne au pays l'impression d'&#234;tre dirig&#233; par un gouvernement en &lt;strong&gt;d&#233;m&#233;nagement permanent&lt;/strong&gt;. Et &#224; d&#233;m&#233;nager trop souvent, on finit par casser les meubles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - 28/12/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://2424.mg/medias-la-creatrice-de-contenus-miorahasina-lorahgasy-randrianiaina-nommee-directrice-de-la-tvm/?utm_source=chatgpt.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;2424.mg+1&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://midi-madagasikara.mg/conseil-des-ministres-128-nouvelles-nominations-aux-hauts-emplois-de-letat/?utm_source=chatgpt.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Midi Madagasikara&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://cnlegis.gov.mg/uploads/D2025-1371-VF.pdf?utm_source=chatgpt.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cnlegis.gov.mg&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.mg/2025/11/conseil-des-ministres-le-grand-menage.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Express de Madagascar+2Orange actu Madagascar+2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar : l'in&#233;luctable syst&#233;mique des crises ? (Partie 2 : sc&#233;narios de sortie)</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Madagascar-l-ineluctable-30258.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Madagascar-l-ineluctable-30258.html</guid>
		<dc:date>2025-12-17T06:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 17 Dec 2025 09:00:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Partie 2 : Scenarios de Sortie &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la premi&#232;re partie de notre plong&#233;e dans la Cliodynamique de Peter Turchin, nous avons pos&#233; le diagnostic : Madagascar est une cocotte-minute qui a explos&#233; plusieurs fois &#8230; La derni&#232;re explosion date de 2025. Paup&#233;risation maximale, &#201;tat d&#233;sargent&#233; &#8230; Et surtout, une guerre fratricide entre les repr&#233;sentants de l'&#233;lite. &lt;br class='autobr' /&gt;
La question &#233;tant d&#233;sormais &#171; maintenant que &#231;a a p&#233;t&#233;, qu'est-ce qui vient apr&#232;s ? &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sortons ici de notre insularit&#233; et regardons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/illustration_2_logo_720-ce1e8.jpg?1766240681' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20035 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustration_2-3-c3f8c.jpg?1766239430' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partie 2 : Scenarios de Sortie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-ineluctable.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt; de notre plong&#233;e dans la &lt;strong&gt;Cliodynamique&lt;/strong&gt; de Peter Turchin, nous avons pos&#233; le diagnostic : Madagascar est une cocotte-minute qui a explos&#233; plusieurs fois &#8230; La derni&#232;re explosion date de 2025. Paup&#233;risation maximale, &#201;tat d&#233;sargent&#233; &#8230; Et surtout, une guerre fratricide entre les repr&#233;sentants de l'&#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question &#233;tant d&#233;sormais &#171; maintenant que &#231;a a p&#233;t&#233;, qu'est-ce qui vient apr&#232;s ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortons ici de notre insularit&#233; et regardons comment d'autres nations ont trait&#233; (ou subi) cette &#233;quation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Turchin nous enseigne que l'histoire est un laboratoire, observons les &#233;prouvettes voisines : le Vietnam, le Rwanda et le Ghana &#224; l'aune de la th&#233;orie (on aurait pu le faire sur d'autres &#233;tats de mani&#232;re pr&#233;dictive ou r&#233;trospective&#8230; y compris &#224; propos notre ch&#232;re Reny Malala, la France, ce que vous pouvez vous amuser &#224; faire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; Mod&#232;le &#187; du Grand Nettoyage : Vietnam et Rwanda&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns &#233;noncent &#171; &lt;i&gt;Il nous faut un Kagame !&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;Regardez le miracle vietnamien !&lt;/i&gt; &#187;. Il faut toutefois prendre garde &#224; bien regarder le prix sur l'&#233;tiquette avant d'acheter le produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la lecture turchinienne, le d&#233;collage &#233;conomique du Vietnam et du Rwanda n'est pas le fruit du hasard ou du g&#233;nie d'un seul homme. C'est le r&#233;sultat d'une &#171; r&#233;duction radicale &#187; (et terrifiante) par la violence de la surproduction des &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti Communiste du Vietnam en 1975 a r&#233;solu le probl&#232;me des factions rivales d'une mani&#232;re &#171; tr&#232;s simple &#187; : il a gagn&#233; la guerre. L'&#233;lite du Sud (bourgeoise, pro-am&#233;ricaine) a &#233;t&#233; d&#233;cim&#233;e, emprisonn&#233;e / reconditionn&#233;e &#8230; D'autant que la guerre avait aussi d&#233;cim&#233; les populations du Nord, il ne restait de fait plus qu'un seul groupe &#233;litiste, unifi&#233;, disciplin&#233;, sans concurrence interne pour freiner les projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idem quant au Rwanda de 1994. Le g&#233;nocide et la guerre civile ont &#233;t&#233; un (atroce) filtre darwinien. L'ancienne &#233;lite Hutu extr&#233;miste a fui ou a &#233;t&#233; vaincue. La nouvelle &#233;lite (le FPR) s'est retrouv&#233;e seule aux commandes, avec une &#171; Asabiya &#187; (coh&#233;sion de groupe) forg&#233;e dans le sang et la peur existentielle de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ces pays se sont-ils d&#233;velopp&#233;s ensuite ? Peut-&#234;tre parce que les &#233;lites survivantes avaient le dos au mur. Elles savaient que si elles ne d&#233;veloppaient pas le pays, elles disparaitraient. Et elles ont ainsi arr&#234;t&#233; de piller le pays pour commencer &#224; b&#226;tir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption est devenue une trahison, pour ne plus &#234;tre une composante syst&#233;mique, un mode de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que nous ne pouvons absolument pas souhaiter payer le prix des 3,3 millions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;de victimes militaires et civils de l'affrontement Vietcongs / Sud vietnamiens&#8230; Pas plus que les 800 000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; victimes de l'affrontement Tutsis Hutus du Rwanda. Mais la froideur du constat est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu qu'une grande partie des politiciens et op&#233;rateurs &#233;conomiques soit partie soit en exil soit au cimeti&#232;re pour que, enfin, les survivants se d&#233;cident &#224; construire des routes&#8230; Et b&#226;tir une nation. Le &#171; Fihavanana &#187;, m&#234;me hypocrite, nous a pr&#233;serv&#233;s du pire jusqu'ici. Mais, il faut le dire, &#224; jouer avec le feu sans op&#233;rer aux r&#233;formes de fond n&#233;cessaires, l'incendie risque de reprendre encore plus violent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Contre-Exemple pour la vigilance : Le Ghana et l'Illusion de la Stabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple plus proche de nous est souvent cit&#233; en mod&#232;le d&#233;mocratique en Afrique : le Ghana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana de Rawlings a servi de mod&#232;le (et pourrait nous servir de mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence). Rawlings a maintenu ses contre-&#233;lites &#224; l'&#233;cart pendant 11 ans avant de revenir &#224; la d&#233;mocratie. Et a fait du Ghana un mod&#232;le de stabilit&#233;, de d&#233;veloppement et de d&#233;mocratie en Afrique&#8230; Pour un temps&#8230; Pour un temps parce que si on applique le mod&#232;le de Turchin au Ghana d'aujourd'hui, on revoit tous les voyants clignoter comme un sapin de No&#235;l&#8230; C'est peut-&#234;tre de saison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana vit une &lt;strong&gt;d&#233;sint&#233;gration contr&#244;l&#233;e&lt;/strong&gt;. Le pays a produit massivement des dipl&#244;m&#233;s. Il existe d&#233;sormais, de mani&#232;re absurde, une &#171; Association des Dipl&#244;m&#233;s Ch&#244;meurs &#187;. On a l&#224; de fait une contre-&#233;lite qui s'est b&#226;tie, v&#233;ritable arm&#233;e de r&#233;serve pour une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Etat ghan&#233;en, apr&#232;s des ann&#233;es de stabilit&#233;, la situation &#233;conomique du Ghana s'est d&#233;grad&#233;e &#224; partir de 2021 ?2022 sous le poids d'un endettement public d&#233;j&#224; tr&#232;s &#233;lev&#233;, de d&#233;ficits budg&#233;taires chroniques, de chocs externes (Covid, Ukraine) et d'une perte de confiance des march&#233;s &#8230; R&#233;sultat : crise de change, flamb&#233;e de l'inflation&#8230;. Et si, aujourd'hui, le pays se stabilise &#233;conomiquement la situation, sous le contr&#244;le du FMI, reste fragile&#8230; Et contrainte par l'aust&#233;rit&#233; et la restructuration de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana n'a pas (encore) explos&#233; comme le Mali ou le Burkina&#8230; Gr&#226;ce en particulier aux soupapes que sont ses institutions traditionnelles (les Rois Ashanti, les chefs religieux), toujours respect&#233;es et capables de calmer le jeu. Et l'alternance politique (NPP vs NDC) semble y fonctionner encore un peu comme un calmant : &#171; &lt;i&gt;Patience, notre tour viendra dans 4 ans&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la fa&#231;ade se fissure. La jeunesse ghan&#233;enne ne croit plus en une alternance qui ne changera rien &#224; la d&#233;solation de son frigidaire vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ghana nous montre qu'une d&#233;mocratie formelle, sans redistribution &#233;conomique r&#233;elle, ne fait que retarder l'&#233;ch&#233;ance&#8230; Ou repousser le cycle &#8230; C'est un avertissement pour Madagascar : une &#233;lection sous deux ans, m&#234;me &#171; propre &#187;, ne r&#233;soudra rien si la structure &#233;conomique sous-jacente reste fragile &#8230; Je l'avais pressenti &#8230; Je l'ai dit &#8230; Je le redis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Solutions : Comment d&#233;samorcer la bombe sans la faire sauter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, sommes-nous condamn&#233;s &#224; choisir entre le chaos perp&#233;tuel que caract&#233;rise le cycle malgache actuel et l'efficacit&#233; froide d'une dictature violente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Turchin, propose une troisi&#232;me voie&#8230; Voie &#233;troite, difficile&#8230; Mais salutaire. Mais elle demande du courage politique, denr&#233;e malheureusement semble-t-il rare &#224; Tsimbazaza, Mahazoarivo, Ambohitsirohitra, Ambohidahy nos lieux symboliques du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les piliers d'une solution &#171; Turchinienne &#187; pour Madagascar sont d&#233;crits ici en trois vecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Inverser la Pompe &#224; Richesse (ou &#171; Le Sacrifice des &#201;lites &#187;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la mesure la plus dure. Les &#233;lites malgaches (politiques et &#233;conomiques, souvent les m&#234;mes) doivent comprendre qu'il est dans leur int&#233;r&#234;t vital de perdre de l'argent MAINTENANT pour ne pas perdre leur t&#234;te DEMAIN. Cela signifie une r&#233;forme judiciaire et fiscale r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin des exon&#233;rations douani&#232;res pour les copains. C'est la fin des trafics d'or et de pierres pr&#233;cieuses qui sortent sans laisser un ariary au Tr&#233;sor Public. L'&#201;tat doit d&#233;finitivement capter cette rente pour financer ce &#171; New Deal &#187; malgache dont nous avons imp&#233;rativement besoin : des infrastructures rurales et des services sociaux&#8230; C'est la fin des contrats indus &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#201;tat redevient capable de fournir efficacement ses services de base en termes d'eau, d'&#233;lectricit&#233;, de s&#233;curit&#233;, d'emploi, d'&#233;ducation, de sant&#233;, d'infrastructure, la tension populaire baisse instantan&#233;ment. Le &#171; Principe de Sacrifice &#187; s'&#233;nonce simplement : payez vos imp&#244;ts pour acheter votre s&#233;curit&#233; &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Cr&#233;er une Soupape &#201;conomique pour les &#201;lites (Diversifier ou Mourir)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la politique est-elle une guerre &#224; mort &#224; Madagascar ? Parce que c'est le seul business rentable. Si vous n'&#234;tes pas au pouvoir, le fisc vous tue, la douane vous bloque, les juges vous harc&#232;lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;connecter la r&#233;ussite &#233;conomique du pouvoir politique devient un imp&#233;ratif absolu. Une v&#233;ritable m&#233;ritocratie doit retrouver pleinement sa place. Le jeune brillant doit pouvoir devenir millionnaire en montant une start-up, une usine de transformation de vanille ou une coop&#233;rative agricole, SANS avoir besoin de se soumettre aux injonctions d'un ministre ou d'une quelconque et fallacieuse autorit&#233; &#8230; Ou d'un banquier. Si l'&#233;conomie priv&#233;e r&#233;elle se d&#233;veloppe, elle absorbera le surplus d'&#233;lites. C'est la seule et la meilleure assurance-vie d'un r&#233;gime en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. La D&#233;centralisation radicale (diviser pour faire r&#233;gner&#8230; la Paix)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit voir ici la d&#233;centralisation, non pas seulement comme un projet administratif ou &#233;conomique (m&#234;me si les enjeux doivent rester pr&#233;gnants). Il s'agit d'un enjeu strat&#233;gico-politico turchinien : le syst&#232;me &#171; Winner-Takes-All &#187; centralis&#233; &#224; Antananarivo est suicidaire. Tout le monde veut le palais d'Iavoloha parce que tout s'y d&#233;cide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diluer v&#233;ritablement le pouvoir, en attribuant les budgets et le pouvoir de d&#233;cision localement (au moins r&#233;gionalement) permet de disperser la comp&#233;tition. Au lieu de 100 candidats pr&#233;dateurs de la contre-&#233;lite qui se battent pour un fauteuil &#224; Tana, on en revient &#224; 4 pr&#233;dateurs par r&#233;gion&#8230;. Ce qui ferait m&#233;caniquement baisser la temp&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : les choix &#224; faire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de Turchin est formel : les cycles ne s'arr&#234;tent pas par magie. Ils s'arr&#234;tent quand les pressions structurelles sont soulag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar arrive &#224; la crois&#233;e des chemins. Le chemin de la facilit&#233;, c'est de continuer comme avant : les politiques actuelles semblent ne reconduire que l'existant. Colloque national, textes &#233;lectoraux, constitution, &#233;lections m&#234;me si elles sont un jour moins douteuses&#8230; Et des pri&#232;res pour que &#231;a tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a malheureusement de grandes chances que &#231;a ne tienne pas. La pression d&#233;mographique, la frustration &#233;conomique et la frustration des ambitions des contre-&#233;lites risquent d'&#234;tre trop fortes. Le chemin de la raison nous impose de reconna&#238;tre que le syst&#232;me actuel est &#224; bout de souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour transformer cette d&#233;sint&#233;gration en une transition ma&#238;tris&#233;e, il nous faudrait un Pacte R&#233;publicain in&#233;dit. Un pacte o&#249; les grands d&#233;cideurs, patrons, chefs militaires et leaders politiques accepteraient de &#171; poser les armes &#187; (&#233;conomiques et politiques) et de renoncer &#224; tout (on peut r&#234;ver) ou large partie de leurs pr&#233;l&#232;vements de pr&#233;dateurs pour que le navire ne se fracasse pas&#8230; Ou peut-&#234;tre un R&#233;f&#233;rendum &#8230; Qui fixerait un pouvoir capable de contr&#244;ler ses contre-&#233;lites et de lutter contre la corruption &#8230; Intelligemment, avec fermet&#233; et sans violence imb&#233;cile qui ne r&#233;soudrait pas l'&#233;quation&#8230; Et pr&#233;parer une VRAIE transition d&#233;mocratique&#8230; &#171; Esprit de Rawlings, inspire-nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut sembler utopique d'autant que le sc&#233;nario para&#238;t inexorable. Il revient &#224; chacun des acteurs de l'&#233;conomie, de la soci&#233;t&#233; civile, de la jeunesse, de l'administration, des partis politiques, des organisations confessionnelles, d'&#233;valuer pleinement le niveau de danger&#8230; Pour d&#233;cider si nous nous muons en b&#226;tisseurs &#8230; Ou en fossoyeurs de la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 16/12/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.britannica.com/question/How-many-people-died-in-the-Vietnam-War&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.britannica.com/question/How-many-people-died-in-the-Vietnam-War&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.britannica.com/event/Rwanda-genocide-of-1994&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.britannica.com/event/Rwanda-genocide-of-1994&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar : l'in&#233;luctable syst&#233;mique des crises ?</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Madagascar-l-ineluctable.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Madagascar-l-ineluctable.html</guid>
		<dc:date>2025-12-17T05:18:55Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 17 Dec 2025 08:18:55 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;PARTIE 1 &#8211; La m&#233;canique du chaos : pourquoi Madagascar retombe toujours dans la crise &lt;br class='autobr' /&gt;
On a parfois ce sentiment &#233;touffant que l'histoire malgache semble in&#233;luctablement enferm&#233;e dans sa spirale de pauvret&#233;&#8230; Enferm&#233;e dans cette croissance r&#233;guli&#232;re des in&#233;galit&#233;s (de plus en plus de pauvres de plus en plus pauvres face &#224; la mont&#233;e d'une oligarchie cynique &#224; vomir de plus en plus riche) &#8230; Et enferm&#233;e dans ce cycle de crises &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230; 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
On change quelques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_720-19-dce1f.jpg?1765948815' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustration-5-67fa3.jpg?1765948815' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PARTIE 1 &#8211; La m&#233;canique du chaos : pourquoi Madagascar retombe toujours dans la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a parfois ce sentiment &#233;touffant que l'histoire malgache semble in&#233;luctablement enferm&#233;e dans sa spirale de pauvret&#233;&#8230; Enferm&#233;e dans cette croissance r&#233;guli&#232;re des in&#233;galit&#233;s (de plus en plus de pauvres de plus en plus pauvres face &#224; la mont&#233;e d'une oligarchie cynique &#224; vomir de plus en plus riche) &#8230; Et enferm&#233;e dans ce cycle de crises &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230; 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On change quelques t&#234;tes, on change les couleurs des cravates ou des T-shirts que l'on passe du bleu &#224; l'orange&#8230; On br&#251;le quelques b&#226;timents et on pille quelques magasins &#8230; Et on recommence. M&#234;me mis&#232;re, m&#234;mes combines&#8230; m&#234;me d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a prononc&#233; le mot de &#171; mal&#233;diction &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ce n'&#233;tait pas une mal&#233;diction ? Et si ce cycle n'&#233;tait ni un &#8220;tody&#8221;, ni un karma qui revient, ni une fatalit&#233; mystique, mais une m&#233;canique sociale que l'on peut regarder en face, sans complaisance ni romantisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'entre en sc&#232;ne Peter Turchin. Ce n'est pas un astrologue. Ce n'est pas non plus un Nostradamus des temps modernes. Turchin est un chercheur, un biologiste reconverti en anthropologue et en historien des math&#233;matiques qui &#233;tudie les soci&#233;t&#233;s humaines comme il le ferait dans son laboratoire d'entomologiste : il cherche &#224; rep&#233;rer des cycles, des pressions, des ruptures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa discipline a un nom un peu barbare : la cliodynamique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Cliodynamique, de Clio &#8211; la muse de l'Histoire &#8211; et de dynamique &#8211; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Qu'on y adh&#232;re ou pas, elle a une vertu : elle force &#224; poser la question qui d&#233;range &#8212; &#8220;qu'est-ce qui, structurellement, rend nos crises si r&#233;p&#233;titives ?&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tr&#233;pied de l'Enfer : Le Mod&#232;le Turchinien pour les Nuls&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Turchin, l'histoire des soci&#233;t&#233;s complexes caract&#233;rise des cycles syst&#233;matiques d'int&#233;gration et de d&#233;sint&#233;gration, de stabilit&#233; et d'effondrement &#8230; Une soci&#233;t&#233; stable, c'est comme une cocotte-minute. Elle tient le coup tant que la pression est g&#233;rable. Mais quand trois facteurs sp&#233;cifiques se r&#233;unissent et passent au rouge, le couvercle saute. C'est de la physique sociale en forme d'anthropologie &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le caract&#233;rise 3 facteurs, vecteurs de d&#233;sint&#233;gration / d&#233;stabilisation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) La Paup&#233;risation populaire&lt;/strong&gt;. Ce n'est pas &#8220;&#234;tre pauvre&#8221;. C'est basculer de la vie vers la survie, avec des revenus r&#233;els qui reculent, des prix qui montent, et la sensation que la croissance &#8211; si elle existe &#8211; ignore les plus fragiles. Le peuple, qui cherche non plus un projet, mais des voies de survie (et de sortie) se mue en baril de poudre : Il s'enflammera et explosera &#224; la premi&#232;re &#233;tincelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) La Fragilit&#233; financi&#232;re de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;. Quand l'&#201;tat n'a plus les moyens de payer correctement, d'entretenir, d'investir, de s&#233;curiser, il perd sa capacit&#233; &#224; &#8220;tenir&#8221; le pays. Un &#201;tat riche ach&#232;te du temps social. Un &#201;tat d&#233;sargent&#233; n'a plus que l'injonction en recours &#8230; ou la communication d&#233;magogique &#8230; Ou la matraque de la r&#233;pression &#8230; Et sinon le vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) La Surproduction des &#233;lites&lt;/strong&gt;. C'est le facteur le plus explosif qui fonde le concept cl&#233; de Turchin. On connait le jeu des chaises musicales o&#249;, tant que la musique s'ex&#233;cute, les joueurs tournent autour d'un lot de chaises vides et se pr&#233;cipitent pour s'assoir quand la musique s'arr&#234;te : comme il y a toujours moins de chaises que de joueurs en lice, ceux qui n'ont pas eu leur fauteuil sont &#233;limin&#233;s&#8230; Frustr&#233;s, ces acteurs se muent en &lt;strong&gt;contre-&#233;lites&lt;/strong&gt;. Et ces contre-&#233;lites s'attachent &#224; mobiliser le Facteur 1 (le peuple paup&#233;ris&#233;) pour faire tomber le Facteur 2 (l'&#201;tat d&#233;sargent&#233;) &#8230; et prendre le fauteuil de ceux qui sont assis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliquons la grille &#224; notre histoire nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la Colonisation &#224; la IVe R&#233;publique : La Fabrique &#224; Frustration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Madagascar depuis deux si&#232;cles est l'histoire d'une machine qui fabrique trop d'&#233;lite pour une &#233;conomie trop petite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la monarchie d&#233;j&#224;, la comp&#233;tition entre Hova et Andriana pour les faveurs du Premier ministre Rainilaiarivony fragilisait le royaume face aux Fran&#231;ais. Mais le vrai cycle d'opposition &#233;lites /contre-&#233;lites commence avec la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration coloniale a structur&#233; un d&#233;but d'&#233;volution sociale centr&#233;e sur l'&#233;cole, le dipl&#244;me, la fonction. Mais elle a bloqu&#233; l'ascension des &#233;lites locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a form&#233; des m&#233;decins, des instituteurs, des &#233;crivains &#8230; Mais on leur a interdit les postes de commandement. R&#233;sultat ? &lt;strong&gt;1947&lt;/strong&gt;, o&#249; une contre-&#233;lite frustr&#233;e a mobilis&#233; une population exploit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Ind&#233;pendance de 1960 a ouvert les vannes de la mont&#233;e en statuts d'une classe qui n'&#233;tait jusque-l&#224; que la contre-&#233;lite des &#233;lites coloniales. Le jeu des chaises musicales s'ouvre alors avec une offre de postes abondante &#8230; Fauteuils de ministres, ambassadeurs, directeurs, secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux&#8230; Et on a pu servir le plus grand nombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Age d'or ? Non&#8230; Parce que la d&#233;mographie se met &#224; galoper. L'universit&#233; de Tana, &#224; l'&#233;poque un fleuron de l'enseignement sup&#233;rieur en Afrique, commence &#224; produire des milliers de dipl&#244;m&#233;s &#8230; Mais l'&#233;conomie n&#233;ocoloniale ne cr&#233;e pas suffisamment d'emplois qualifi&#233;s. 1972 voit alors descendre dans la rue les &#233;tudiants&#8230; Cette future &#233;lite est ici confront&#233;e &#224; une p&#233;nurie de postes &#224; statut parce que les places sont majoritairement occup&#233;es par les caciques du PSD &#8230; Et les coop&#233;rants fran&#231;ais&#8230; Le &#171; non &#224; l'imp&#233;rialisme culturel ! &#187; est aussi un &#171; nous aussi on m&#233;rite notre fauteuil ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma est l&#224; : Surproduction des &#233;lites + Paup&#233;risation = Chute du pouvoir Tsiranana. TSAK ! TSAK ! TSAK !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ratsiraka a tent&#233;, le premier, de geler le syst&#232;me par le socialisme. Il cr&#233;e une caste militaire (l'&#233;lite au pouvoir) mais appauvrit tout le reste. Et en accentuant la ruine de l'&#233;conomie, il coche en rouge la case &#171; Fragilit&#233; de l'&#201;tat &#187;. En 1991, l'&#201;tat est largement d&#233;sargent&#233;. Les Forces vives, m&#233;lange h&#233;t&#233;roclite d'&#233;lite exclue, d'&#201;glises et de bourgeois frustr&#233;s ont pouss&#233; le mur &#8230; Et le mur est tomb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Acc&#233;l&#233;ration des Cycles : La Guerre des Chefs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en arrive &#224; 2002. Marc Ravalomanana, n'est pas un homme du peuple. C'est un repr&#233;sentant de la contre-&#233;lite &#233;conomique (Tiko) bloqu&#233; par une &#233;lite politique (l'Arema). Il veut sa part du pouvoir pour prot&#233;ger son business. Et il utilise alors la rue, ses frustrations, son m&#233;contentement. Et il gagne&#8230; Et la nouvelle &#233;lite TIM et Tiko boys vire l'&#233;lite AREMA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une fois au pouvoir, il verrouille l'&#233;conomie pour son clan (Tiko-isation)&#8230; Et engendre une &#171; Surproduction d'&#233;lite exclue &#187; massive : les autres op&#233;rateurs &#233;conomiques, les militaires mis au placard, les jeunes loups de la politique &#8230; Et un certain Disk Jockey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, ainsi, l'&#233;quation Turchinienne est parfaite. Paup&#233;risation : Le prix du riz et de l'huile flambe, l'achat du Boeing Force One scandalise ; &#201;lites : Andry Rajoelina f&#233;d&#232;re autour de lui toute la contre-&#233;lite des d&#233;&#231;us du ravalomananisme ; &#201;tat fragile : L'arm&#233;e, divis&#233;e et sous-pay&#233;e, l&#226;che le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis 2009, nous n'avons rien r&#233;gl&#233;. Nous n'avons juste mis qu'un pansement sur une jambe de bois. La &#171; Transition &#187; a organis&#233; un pillage orgiaque du pays pour coopter les &#233;lites voraces (bois de rose) &#8230; Et en affaiblissant encore plus l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2025 : La Chronique d'une Explosion annonc&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait laisser &#224; tout un chacun le soin de mesurer les r&#233;cents &#233;v&#232;nements &#224; l'aune de l'&#233;quation de Turchin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2025 sentait la poudre et l'aiguille du compte-tours de Turchin &#233;tait coinc&#233;e en zone rouge. Paup&#233;risation absolue et insupportable. Le peuple n'en peut plus de privations. L'ins&#233;curit&#233; est le reflet d'un contrat social rompu. L'&#201;tat est sous perfusion et sous d&#233;pendance des bailleurs de fonds. La Jirama est un trou noir financier qui siffle tout le budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, la Surproduction des &#201;lites atteint des sommets. On l'a vu &#224; l'abondance des candidatures pour des postes au sein du nouveau pouvoir ou &#224; l'hallucinante pl&#233;thore de partis politiques qu'on n'a jamais vus d&#233;clar&#233;s en si grand nombre. La bataille de l'automne 2025 &#233;tait une bataille pour la survie biologique d'&#233;lites qui ne s'est n'est pas &#233;teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on suit le mod&#232;le, le renversement &#8211; qu'il soit par les urnes contest&#233;es, par la rue ou par la caserne &#8211; n'est pas un accident. C'est une correction statistique. Le syst&#232;me est trop lourd, trop corrompu, trop inefficace. Il doit &lt;strong&gt;purger&lt;/strong&gt; son exc&#232;s de pression. Et le constat est terrifiant&#8230; Parce que ce ne sont pas des &#233;lections ou une nouvelle constitution qui r&#233;soudront a priori cette &#233;quation :&lt;br class='autobr' /&gt;
Surproduction des &#233;lites ( Paup&#233;risation sur le terme ) / Etat Fragile = 0.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; pourquoi nos crises se ressemblent. &#192; chaque s&#233;quence, on retrouve la m&#234;me chor&#233;graphie : la population souffre, l'&#201;tat s'affaiblit, et la comp&#233;tition des aspirants au pouvoir se durcit. Les dates ne sont pas seulement des &#8220;coups d'&#201;tat&#8221;, des &#8220;r&#233;volutions&#8221; ou des &#8220;transitions&#8221;. Ce sont des moments o&#249; les trois pressions se synchronisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Peter Turchin, si on ne r&#233;sout pas le probl&#232;me structurel (trop d'&#233;lites, pas assez de g&#226;teau), les cycles de violence se rapprochent. Ce cycle n'implique pas que tout soit &#233;crit d'avance. Il dit autre chose, plus g&#234;nant : tant qu'on ne soulage pas les pressions structurelles, changer les personnes ne change pas la m&#233;canique. On peut repeindre la fa&#231;ade, le mur reste fissur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on ne peut r&#233;duire la masse &#233;litaire en concurrence, on ne peut agir que sur la r&#233;duction de la paup&#233;risation &#8230; Et sur la fragilit&#233; financi&#232;re de l'Etat &#8230; Ici ce n'est donc pas la structure que l'on remet en cause &#8230; C'est le syst&#232;me incapable de canaliser, faute de place, ses contre-&#233;lites. Qu'en sera-t-il demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le faux paradoxe : manque de comp&#233;tences&#8230; mais trop d'&#233;lites ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait objecter : &#8220;On manque de comp&#233;tences, on doit former massivement. Et toi tu parles de surproduction d'&#233;lites. Contradiction !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas contradiction. Il y a une tragique inad&#233;quation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1. &#171; &#201;lite &#187; ne veut pas dire &#171; Comp&#233;tent &#187;&lt;/i&gt; : dans le mod&#232;le de Turchin, Une &#233;lite n'est pas forc&#233;ment constitu&#233;e que de personnes talentueuses ou utiles &#224; la soci&#233;t&#233;. Un membre de l'&#233;lite est quelqu'un qui d&#233;tient du pouvoir social/politique ou qui, par son statut (dipl&#244;me, richesse, nom de famille), aspire &#171; l&#233;gitimement &#187; &#224; en d&#233;tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ainsi caract&#233;riser une surproduction d'aspirants aux fonctions du pouvoir et, en m&#234;me temps, une p&#233;nurie de techniciens (ing&#233;nieurs agronomes, hydrauliciens, techniciens industriels) capables de construire l'&#233;conomie du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2. Le probl&#232;me de l'inflation des dipl&#244;mes&lt;/i&gt; : C'est le pi&#232;ge des syst&#232;mes &#233;ducatifs d&#233;connect&#233;s du r&#233;el qui voit former massivement des &#171; cols blancs &#187; pour une &#233;conomie qui a besoin de &#171; cols bleus &#187;. Un jeune avec un Master sans d&#233;bouch&#233; caract&#233;rise un d&#233;classement. Et le d&#233;classement fabrique des contre-&#233;lites : des gens assez form&#233;s pour se sentir &#8220;l&#233;gitimes &#224;&#8221;, et assez frustr&#233;s pour devenir dangereux&#8230; Et assez nombreux pour faire masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3. La fuite des cerveaux&lt;/i&gt; : les comp&#233;tences exportables partent. Elles sortent de l'&#233;quation nationale. Et il ne reste souvent, localement, en termes d'&#233;lites avides de pouvoir social, que ceux dont la r&#233;ussite d&#233;pend le plus de la rente politique ou de l'acc&#232;s &#224; l'&#201;tat. L'ar&#232;ne se sature, l'administration se d&#233;grade : surproduction d'aspirants &#224; l'&#233;lite, p&#233;nurie de savoir-faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4. L'&#201;conomie est trop petite pour les talents existants&lt;/i&gt; : m&#234;me si nous formions des cadres parfaitement comp&#233;tents, le probl&#232;me de la surproduction demeurerait si l'&#233;conomie ne grandit pas. Si on forme 1000 excellents ing&#233;nieurs miniers demain, mais qu'il n'y a que 2 projets miniers actifs &#224; Madagascar, on a 900 &#233;lites comp&#233;tentes en surproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces 900 ing&#233;nieurs brillants, faute de poste technique, se muent d&#233;sormais en contre-&#233;lites qui vont se lancer en politique ou dans l'activisme pour survivre&#8230; Et deviennent des facteurs d'instabilit&#233;&#8230; Qui a dit &#171; Gen Z &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe se dissout donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion de cette partie, si Turchin a raison sur le diagnostic, des comparaisons historiques peuvent &#234;tre int&#233;ressantes &#224; &#233;tablir. C'est l&#224; que nous pouvons regarder ailleurs, vers le Vietnam, le Rwanda ou le Ghana, pour comprendre ce qui peut nous attendre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Madagascar-l-ineluctable-30258.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;(Partie 2 : Scenarios de Sortie)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 16/12/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Cliodynamique, de Clio &#8211; la muse de l'Histoire &#8211; et de dynamique &#8211; le mouvement &#8211; est une discipline empruntant &#224; l'anthropologie, &#224; l'histoire, aux sciences sociales, &#224; l'informatique ainsi qu'&#224; la biologie &#233;volutive.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.cliodynamique.org/cliodynamique/quest-ce-que-la-cliodynamique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cliodynamique.org/cliodynamique/quest-ce-que-la-cliodynamique&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/bk9bs0F_oIU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://youtu.be/bk9bs0F_oIU&lt;/a&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Peter-Turchin &#171; Le-Chaos-qui-vient-Elites-contre-elites-et-la-voie-de-la-desintegration-politique &#187;. Editions du Cherche Midi -2023&lt;br class='manualbr' /&gt;En 2012 (!!!) j'&#233;crivais dans &lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2012/01/10/50-ans-de-transition-deuxieme-partie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2012/01/10/50-ans-de-transition-deuxieme-partie/&lt;/a&gt; en m'appuyant sur les textes de Dankwaert Rustow &#171; La deuxi&#232;me condition/phase [ &#224; la d&#233;mocratisation] est l'existence d'une crise politique prolong&#233;e et insoluble qui voit s'ouvrir une fen&#234;tre d'opportunit&#233; &#224; la d&#233;mocratisation quand un constat absolu d'impasse au conflit est &#233;tabli. La troisi&#232;me phase est une phase de &#171; D&#233;cision &#187; qui &#233;merge quand les acteurs, constatant l'impasse du conflit apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; toutes les solutions, sont contraints de NEGOCIER un compromis et des r&#232;gles d&#233;mocratiques. L&#224;, il va falloir faire en sorte que les pseudo &#233;lites en question se sentent suffisamment &#233;trangl&#233;es par un r&#233;veil civique et militant avant que le pays n'ait lui-m&#234;me tr&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Refondation Madagascar : Asa fa tsy kabary (des actes et non des discours)</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Refondation-Madagascar-Asa-fa-tsy.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Refondation-Madagascar-Asa-fa-tsy.html</guid>
		<dc:date>2025-12-12T04:00:00Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 12 Dec 2025 07:00:00 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Pi&#232;ge des Grands Mots &lt;br class='autobr' /&gt;
On les adore, ces grands mots : R&#233;volution, Refondation, Transition. Ils font s&#233;rieux dans les communiqu&#233;s, rassurent les bailleurs et donnent &#224; certains le plaisir inavou&#233; de sentir le parfum de l'Histoire. On nous promet de changer les choses en profondeur, de retrouver une identit&#233;, de r&#233;diger une Constitution enfin adapt&#233;e &#224; nos r&#233;alit&#233;s. Et l'on pense que, une fois ce texte refondateur pondu, tous nos probl&#232;mes seront r&#233;solus. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais quand grandirons-nous ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-12-d8cf6.jpg?1765515644' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH272/image-1-2-c316c.jpg?1765515645' width='500' height='272' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Pi&#232;ge des Grands Mots&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On les adore, ces grands mots : R&#233;volution, Refondation, Transition. Ils font s&#233;rieux dans les communiqu&#233;s, rassurent les bailleurs et donnent &#224; certains le plaisir inavou&#233; de sentir le parfum de l'Histoire. On nous promet de changer les choses en profondeur, de retrouver une identit&#233;, de r&#233;diger une Constitution enfin adapt&#233;e &#224; nos r&#233;alit&#233;s. Et l'on pense que, une fois ce texte refondateur pondu, tous nos probl&#232;mes seront r&#233;solus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand grandirons-nous ? Quand sortirons-nous de ce d&#233;lire structuraliste qui &#233;nonce que de bonnes institutions engendrent m&#233;caniquement la d&#233;mocratie et le d&#233;veloppement ? Quand r&#233;aliserons-nous que la mise en place de ces &#171; bonnes &#187; institutions, si tant est qu'elles le soient, prendrait au bas mot quinze ans ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Formalisme, Opium des &#201;lites&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je me veux profond&#233;ment d&#233;mocrate, mais je le vois : notre d&#233;mocratie s'enferme une fois de plus dans un formalisme st&#233;rile. Le d&#233;bat FFKM ou pas FFKM importe peu &#8230; Avec ou sans, nous avons d&#233;j&#224; vu par le pass&#233; que ces processus de dialogue national n'ont produit que tr&#232;s peu de r&#233;sultats tangibles&#8230; Le seul qui ait vraiment &#233;t&#233; men&#233; au bout (on oublie les annonces de concertation de 2002 et 2013), &#224; savoir la convention de Panorama de 1991 qui pr&#233;parait la 3e r&#233;publique, n'a pas permis &#224; cette derni&#232;re de durer plus de 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons-nous attendre vingt ans de plus pour accepter que ce f&#233;tichisme institutionnel ne r&#233;sout rien du quotidien des citoyens ?&#8230; Un peu de pragmatisme que diable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le peuple veut en priorit&#233; de la s&#233;curit&#233;, de l'emploi, de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233;, un acc&#232;s aux soins et &#224; une &#233;cole de qualit&#233; pour les enfants, des infrastructures qui lui permettront de se d&#233;place, de communiquer et de distribuer ses produits&#8230; Et une justice juste &#233;quilibr&#233;e et ferme &#8230; Est-ce trop demander &#8230; Pourquoi pr&#233;f&#232;re-t-on se battre pour organiser au plus vite soit le r&#233;tablissement des anciennes &#233;lites pourries, soit leur remplacement par de nouvelles &#233;lites &#8230; moins pourries ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il s'agit aujourd'hui de reconstruire un pays bris&#233; par 60 ann&#233;es de gabegies, de corruptions et de renonciations. Qui peut VRAIMENT croire que cette reconstruction se fera en 2 ans ? &#8230; En 4 ans ???&#8230; En 10 ans ??? Qui peut VRAIMENT croire qu'il suffira d'une concertation nationale, d'une nouvelle &#233;lection et d'un vote pour que le pays, d'un claquement de doigts, refasse connaissance avec le progr&#232;s et une croissance inclusive&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'on puisse enfin permettre aux plus d&#233;munis de sortir de la mis&#232;re&#8230; On a encore en t&#234;te les ann&#233;es 70s et les conventions militantes qu'&#233;taient les Zaikabe &#8230; Le livre rouge de Ratsiraka s'est appuy&#233; sur cette s&#233;quence de mobilisation et de &#171; r&#233;novation nationale &#187; &#8230; pour l&#233;gitimer la Deuxi&#232;me R&#233;publique et sa ligne r&#233;volutionnaire &#8230; On en connait les dramatiques r&#233;sultats &#8230; C'&#233;tait pourtant formalis&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que Dieu nous garde qu'une configuration curieusement sym&#233;trique (r&#233;volte des jeunes, renversement du pouvoir, mont&#233;e au pouvoir de militaires &#8230;) produise les m&#234;mes tares.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la pens&#233;e magique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est tout le paradoxe malgache. Nous venons de vivre l'un des &#233;pisodes les plus brutaux de notre histoire politique r&#233;cente&#8230; Et l'un des plus riches &#8230; Et pourtant, le logiciel mental reste le m&#234;me. On change le d&#233;cor, on repeint la fa&#231;ade, on renomme le r&#233;gime, mais on conserve cette croyance magique : la d&#233;mocratie &#8211; ou ce que nous en faisons &#8211; finira bien par produire le d&#233;veloppement&#8230; Un jour&#8230; Plus tard&#8230; Quand on aura fini de discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est dans la pens&#233;e magique, l&#224;&#8230; Le &#171; Asa fa tsy kabary &#187; (des actes, pas des discours) de Tsiranana commence &#224; me manquer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Divorce entre le Pays L&#233;gal et le Pays R&#233;el&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On nous rejoue le m&#234;me sc&#233;nario : proclamer une refondation, promettre une grande concertation inclusive, r&#233;&#233;crire la Constitution, puis organiser des &#233;lections &#171; libres et transparentes &#187;. Comme si le d&#233;veloppement allait couler m&#233;caniquement d'un bon texte fondamental et de bulletins bien compt&#233;s. On instillera bien au milieu quelques promesses sur l'&#233;lectricit&#233;, l'eau ou les routes, alors que cela devrait &#234;tre LA priorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le peuple, lui, ne vit pas dans un pr&#233;ambule constitutionnel. Pour lui, la question n'est pas : &#171; Quel r&#233;gime est le plus conforme aux standards internationaux ? &#187;, mais bien : &#171; Demain, aurai-je de quoi nourrir ma famille ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus ironique, c'est que ce moment de &#171; refondation &#187; offre en r&#233;alit&#233; la possibilit&#233; d'un pouvoir fort. Non pas un pouvoir fort contre la population, mais un pouvoir fort contre les inerties : contre les mafias de l'&#233;lectricit&#233;, les monopoles de l'importation, les r&#233;seaux qui confisquent l'&#201;tat depuis des d&#233;cennies. Un pouvoir qui oserait dire : &#171; Pendant deux ans, on arr&#234;te de disperser l'&#233;nergie politique. On se concentre sur dix priorit&#233;s de survie. Et on vous en rend compte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, on tergiverse. On discute d'organigrammes, on chipote sur la couleur des feux rouges alors qu'on n'a toujours pas dessin&#233; le plan du quartier. On annonce une transition calibr&#233;e en mois, sans savoir en quoi la vie d'une paysanne d'Itasy ou d'un jeune ch&#244;meur de Toliara sera diff&#233;rente au bout du compte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Alternative : Un Agenda d'Urgence Nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sortir de cette illusion, ce n'est pas m&#233;priser la d&#233;mocratie. C'est arr&#234;ter de la r&#233;duire &#224; un calendrier et &#224; une grammaire institutionnelle. C'est accepter cette v&#233;rit&#233; brutale : une &#233;lection propre n'a jamais, &#224; elle seule, rempli un bidon d'eau ni cr&#233;&#233; un emploi durable. Elle peut emp&#234;cher le pire ; elle ne produit pas le mieux. Il faut qu'on accepte que cette reconstruction du cadre DEVRA PRENDRE DES ANNEES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question devient alors : comment s'attaquer tout de suite aux priorit&#233;s, sans basculer dans l'autoritarisme ? La piste est de poser noir sur blanc un &lt;strong&gt;**Agenda d'Urgence Nationale**&lt;/strong&gt;, lisible par un coll&#233;gien, tenu par le gouvernement, mais surveill&#233; par la soci&#233;t&#233;. Il ne s'agirait pas de slogans, mais d'engagements d'objectifs v&#233;rifiables sur les sujets de l'&#233;nergie, de l'eau, des infrastructures, de la s&#233;curit&#233;, de la sant&#233;, de l'emploi massif&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de la justice avec la men&#233;e &#224; terme d'au moins cinq dossiers embl&#233;matiques de corruption et de crimes d'&#201;tat pour r&#233;duire le sentiment d'impunit&#233;&#8230;. Et de l'emploi en lan&#231;ant des programmes massifs tels que des programmes de travaux &#224; haute intensit&#233; de main-d'&#339;uvre (HIMO) pour cr&#233;er des dizaines de milliers d'emplois temporaires dans la r&#233;habilitation d'infrastructures publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mettre en &#339;uvre cet agenda, il faut des &#233;quipes d'ex&#233;cution resserr&#233;es. Pas un &#233;ni&#232;me Haut-Conseil pl&#233;thorique, mais des **task forces** dot&#233;es d'un mandat clair, d'un d&#233;lai strict et comptables de leurs r&#233;sultats. Leur performance serait suivie via des **tableaux de bord publics**, affich&#233;s en ligne et dans les mairies, comment&#233;s et discut&#233;s par tous : voici ce qui a &#233;t&#233; promis, voil&#224; ce qui est fait, et voil&#224; pourquoi le reste ne l'est pas encore. C'est la fin des excuses et le d&#233;but de la redevabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;inventer la D&#233;mocratie : le Contr&#244;le Citoyen en Action&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et la d&#233;mocratie, dans tout &#231;a ? Elle ne dispara&#238;t pas, elle change de place. Elle cesse d'&#234;tre seulement la sc&#232;ne des grandes batailles de pouvoir pour devenir une machine de **contr&#244;le citoyen** sur cet agenda minimal. Elle devient aussi le laboratoire o&#249; s'exp&#233;rimente le nouveau contrat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On renforcerait les espaces de parole : des m&#233;dias et des journalistes prot&#233;g&#233;s, des syndicats et collectifs l&#233;gitimes pour challenger les r&#233;sultats, les assembl&#233;es locales (*fokonolona*) o&#249; l'on peut dire ce qui ne va pas. On pourrait m&#234;me imaginer dissoudre l'Assembl&#233;e Nationale actuelle pour la remplacer par une **assembl&#233;e citoyenne tournante** compos&#233;e en partie de citoyens tir&#233;s au sort. Son r&#244;le ne serait pas de l&#233;gif&#233;rer sur tout, mais de contr&#244;ler l'action de l'ex&#233;cutif sur les priorit&#233;s de l'Agenda d'Urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contrat doit &#234;tre clair : la priorit&#233; de la Transition n'est pas de produire un texte parfait, mais de prouver que l'&#201;tat peut, pour une fois, tenir parole sur des choses simples et vitales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : Jouer pour la Dignit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La G&#233;n&#233;ration Z qui a brav&#233; les balles ne s'est pas lev&#233;e pour ajouter une Constitution de plus &#224; la collection. Elle s'est lev&#233;e parce qu'elle &#233;touffait dans un pays o&#249; l'on promet le &#171; d&#233;veloppement &#187; comme on promet la pluie pendant la saison s&#232;che. Il ne faudrait pas que ces jeunes tombent &#224; leur tour dans le pi&#232;ge de ce conformisme mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, gardons le mot &#171; refondation &#187; si cela rassure. Mais cessons de le traiter comme une incantation juridique. Refonder, ce n'est pas seulement r&#233;&#233;crire les r&#232;gles du jeu ; c'est changer **ce pour quoi on joue**.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour o&#249; la Transition mettra plus d'&#233;nergie &#224; faire tourner les pompes &#224; eau qu'&#224; polir les communiqu&#233;s, on pourra commencer &#224; croire qu'on sort enfin du cycle. D'ici l&#224;, on continuera de faire du sur-place&#8230; Tr&#232;s d&#233;mocratiquement, dans le noir &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 11/12/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entre sursaut moral et d&#233;rive th&#233;ocratique : L'&#201;glise au pouvoir ?</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Entre-sursaut-moral-et-derive.html</link>
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		<dc:date>2025-12-02T04:11:47Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 02 Dec 2025 07:11:47 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On a souvent reproch&#233; &#224; la politique malgache de manquer de vision, de naviguer &#224; vue entre deux ajustements structurels et trois promesses de campagne aussi vite oubli&#233;es qu'&#233;nonc&#233;es. Mais le probl&#232;me est plus profond&#8230; On l'a d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233;. Ce qui manque &#224; la Grande &#206;le ce n'est pas seulement ou du bitume pour ses routes ou des devises pour sa Banque Centrale &#8230; Il manque &#224; sa gouvernance une colonne vert&#233;brale &#8230; Une &#233;thique&#8230; Qui ne soit pas que d&#233;clarative. &lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, si le rapport (voir en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-11-7c671.jpg?1764648744' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19952 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH279/illustration-4-d55a4.jpg?1764648744' width='500' height='279' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On a souvent reproch&#233; &#224; la politique malgache de manquer de vision, de naviguer &#224; vue entre deux ajustements structurels et trois promesses de campagne aussi vite oubli&#233;es qu'&#233;nonc&#233;es. Mais le probl&#232;me est plus profond&#8230; On l'a d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui manque &#224; la Grande &#206;le ce n'est pas seulement ou du bitume pour ses routes ou des devises pour sa Banque Centrale &#8230; Il manque &#224; sa gouvernance une colonne vert&#233;brale &#8230; Une &#233;thique&#8230; Qui ne soit pas que d&#233;clarative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, si le rapport (voir en pi&#232;ce jointe) de la commission politique de la concertation nationale chr&#233;tienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ou le mandat du pr&#233;sident au FFKM pour piloter les Consultations R&#233;gionales (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; peut nous faire de mani&#232;re &#233;pidermique hurler au loup d'une d&#233;rive th&#233;ocratique, une analyse plus pouss&#233;e s'impose&#8230; D'autant que le Pr&#233;sident confie au FFKM l'organisation des assises nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un simple manifeste cl&#233;rical. Ce document pose le diagnostic clinique d'une nation qui a perdu son &#226;me. Il ne s'agit pas ici seulement de s'alerter de la potentielle mont&#233;e d'une th&#233;ocratie pour gouverner la Nation, mais de comprendre ce qui motive les chefs d'&#201;glises quand ils remettent en question le socle constitutionnel actuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; la faillite morale d'une classe dirigeante rong&#233;e par la corruption et l'amateurisme, la concertation dit ne pas proposer une prise de pouvoir, mais une prise de conscience&#8230; un &#233;lectrochoc spirituel pour tenter de r&#233;animer une citoyennet&#233; moribonde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Citoyen-Chr&#233;tien : une exigence, pas une exclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut relire le texte avec froideur pour ne pas se m&#233;prendre sur l'intention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le rapport &#233;nonce &#171; &lt;strong&gt;Tsy azo sarahina&lt;/strong&gt; tanteraka ny maha-Kristianina sy ny maha-olom-pirenena &#187;, il faut y lire &#171; ton identit&#233; chr&#233;tienne et ton identit&#233; de citoyen font partie d'un m&#234;me &#8220;toi&#8221;. Tes choix politiques, professionnels, associatifs, ton rapport &#224; la justice, &#224; la corruption, &#224; la solidarit&#233;&#8230; doivent &#234;tre coh&#233;rents avec ta foi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on peut l'&#233;tendre &#8230; La foi n'est pas enferm&#233;e dans le priv&#233; ou le culte. Elle appelle le croyant &#224; se pr&#233;occuper du bien commun : de justice sociale, de d&#233;fense des plus vuln&#233;rables, de respect des lois justes, de participation &#224; la vie publique. Le &#8220;maha-Kristianina&#8221; pousse &#224; un &#8220;maha-olom-pirenena&#8221; responsable. Et le postulat &#171; le fait d'&#234;tre chr&#233;tien et le fait d'&#234;tre citoyen sont indissociables &#187;, ne pose pas une condition d'acc&#232;s &#224; la nationalit&#233;, mais bien une obligation de r&#233;sultat pour le croyant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une injonction &#224; sortir des sacristies et des presbyt&#232;res. Le message est clair : on ne peut pas se dire chr&#233;tien le dimanche et piller les caisses de l'&#201;tat le lundi. C'est un appel &#224; la fin de la schizophr&#233;nie malgache&#8230; cette capacit&#233; effrayante &#224; dissocier la foi priv&#233;e de l'inconduite publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet ne semble par ailleurs pas &#234;tre un projet d'exclusion : il est explicitement fait mention de la n&#233;cessit&#233; d'une &#201;glise qui &#171; respecte &#233;galement l'existence des autres religions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est ailleurs. Il est semble-t-il dans la qu&#234;te inqui&#232;te d'un nouveau &#171; mindset &#187;, d'un changement de mentalit&#233; radical. On peut sentir, &#224; travers les lignes, la lassitude des hommes de foi face &#224; l'inefficacit&#233; des lois. Et puisque le Code P&#233;nal ne suffit pas &#224; emp&#234;cher le vol, puisque les institutions de lutte contre la corruption tournent &#224; vide, on invoque d&#233;sormais une instance morale sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la r&#233;f&#233;rence &#224; Zach&#233;e &#171; Ny &#8220;Zakaiosy&#8221; dia fampibebahana, tsy sazy ; mila rafitra tsy mivadika amin'izany. &#187;, elle est peut-&#234;tre loin d'&#234;tre anodine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle va en h&#233;risser quelques-uns qui ne verront dans cet appel &#224; la transformation et &#224; la repentance du coupable plut&#244;t qu'&#224; sa sanction brutale que a) une tentative d'absolution des pourris de l'ancien r&#233;gime b) un v&#339;u pieu (un pieu vieux ?) de re-moralisation des m&#233;chants &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il faut quand m&#234;me avoir &#224; l'esprit que Zach&#233;e, dans l'&#201;vangile, ne se contente pas de demander pardon ; il rend ce qu'il a vol&#233;, &lt;strong&gt;au quadruple&lt;/strong&gt;&#8230; On est s&#251;rs de renflouer les caisses avec ce principe&#8230; S'il est appliqu&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transpos&#233; &#224; la politique malgache, ce principe de r&#233;paration est r&#233;volutionnaire. Imaginez un instant nos &#233;lites politiques et &#233;conomique pass&#233;es et actuelles soumises &#224; cette exigence : &#171; On vous menace non pas de la prison, qui ne r&#233;pare rien, mais de la restitution &#8230; Au quadruple &#8230; Et de la transformation de l'&#233;tat d'esprit&#8230; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e pourrait &#234;tre s&#233;duisante. Elle touche &#224; quelque chose de profond&#233;ment ancr&#233; dans notre culture mais qu'il serait temps d'actualiser : cette r&#233;f&#233;rence sempiternelle au &lt;i&gt;Fihavanana&lt;/i&gt; qui, sous l'alibi de la concorde, masque en fait la complaisance et la compromission. On passerait peut-&#234;tre &#224; l'adoption de vrais m&#233;canismes de v&#233;rit&#233; et de transparence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis abandonner le syst&#232;me de la sanction brutale et froide devrait soulager la surpopulation carc&#233;rale. L'enjeu de ce principe de r&#233;paration redevient alors un enjeu de gouvernance et d'organisation judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La tentation de la vertu par d&#233;cret&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cependant, et c'est ici que l'analyste doit reprendre sa place face au moraliste&#8230; Le chemin de &#171; l'enfer &#187; est pav&#233; de bonnes intentions&#8230; surtout quand elles se pr&#233;tendent constitutionnelles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le la&#239;c import&#233; de l'occident, pour n'avoir jamais r&#233;ussi &#224; emp&#234;cher nos d&#233;rives, a effectivement montr&#233; sa vacuit&#233;. Mais le rem&#232;de brutal d'un virage th&#233;ologique de la gouvernance du pays peut &#234;tre des plus dangereux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport de la commission politique de la concertation semble sugg&#233;rer de &#171; supprimer la la&#239;cit&#233; &#187; pour asseoir l'&#201;tat sur des &#171; valeurs chr&#233;tiennes &#187;. C'est un gros double saut p&#233;rilleux avec salto qu'il s'agit de r&#233;aliser&#8230; Si certaines valeurs chr&#233;tiennes sont universelles, graver la morale dans le marbre de la Constitution, c'est CONFONDRE LE PECHE ET LE DELIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est prendre le risque de transformer l'&#201;tat, la maison commune, en un tribunal des consciences&#8230; On r&#234;ve d'un virage id&#233;ologique et de la construction d'une nouvelle conscience citoyenne&#8230; Mais pas d'un syst&#232;me d'ali&#233;nation des masses sous couvert de la puret&#233; d'une doctrine morale &#224; d&#233;fendre&#8230; Pol Pot ne serait pas loin, m&#234;me habill&#233; de blanc cl&#233;rical. On ne peut passer brutalement d'une r&#233;publique sans foi ni loi &#224; une r&#233;publique &#224; trop de foi et trop de loi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'introduire des &#171; sentinelles &#187; chr&#233;tiennes au sein des structures de l'&#201;tat part d'une certaine logique : celle d'avoir des gardiens de l'int&#233;grit&#233;, des vigies &#233;thiques. Mais comment ne pas voir le danger op&#233;rationnel ? Qui gardera les gardiens ? On sait malheureusement ce que sont capables de faire des &#171; gardiens de la r&#233;volution &#187; dans l'histoire contemporaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un pays o&#249; le &lt;i&gt;Fifanajana&lt;/i&gt; (respect mutuel) est d&#233;j&#224; mis &#224; mal par les luttes partisanes, donner un mandat de surveillance morale &#224; une institution religieuse, c'est ouvrir une grosse bo&#238;te de Pandore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque serait au pire l'instauration d'une th&#233;ocratie brutale &#224; l'iranienne, et au mieux le glissement vers une &#171; d&#233;mocratie de la d&#233;votion &#187; o&#249; l'apparence de la pi&#233;t&#233; deviendrait le crit&#232;re ultime de la comp&#233;tence.&lt;br class='autobr' /&gt;
On &#233;nonce que seules des personnes &#171; justes et int&#232;gres, pr&#233;alablement &#233;prouv&#233;es &#187; peuvent acc&#233;der aux responsabilit&#233;s. Sur le papier, qui serait contre ? Mais dans la r&#233;alit&#233; de nos jeux de pouvoir, qui d&#233;livrera le certificat d'int&#233;grit&#233; ? &#8230; Si ce n'est pas comme cela qu'on cr&#233;e une nouvelle oligarchie, non plus bas&#233;e sur l'argent ou le parti, mais sur la proximit&#233; avec l'autel&#8230; :-(&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une la&#239;cit&#233; contextuelle ou une impasse constitutionnelle ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce risque, les travaux de Lalao Tsiarify nous proposent une cl&#233; de lecture apais&#233;e. Elle propose d'inventer une &#171; la&#239;cit&#233; contextuelle &#187; qui, fond&#233;e sur les r&#233;alit&#233;s culturelles locales, obligera &#224; int&#233;grer dans le champ public d'autres croyances, notamment l'Islam (dont le r&#244;le politique grandit) et les religions traditionnelles. Cette reconnaissance du &lt;strong&gt;pluralisme&lt;/strong&gt; agirait ainsi comme un contre-pouvoir : une th&#233;ocratie s'installe difficilement dans un syst&#232;me qui reconnait officiellement la diversit&#233; et l'&#233;galit&#233; de multiples croyances &#8230; Et de la tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concertation a raison de dire que les constitutions pr&#233;c&#233;dentes &#233;taient des &#171; copi&#233;s-coll&#233;s &#187; d&#233;connect&#233;s du r&#233;el malgache. Nous avons besoin de penser l'&#201;tat avec nos propres cat&#233;gories, notre propre langue, notre propre rapport au sacr&#233;. Mais cette reconstruction identitaire ne doit pas se faire par exclusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'objectif est de b&#226;tir un &lt;i&gt;Fanjakana Malagasy&lt;/i&gt; solide, il doit pouvoir abriter le chr&#233;tien fervent, le musulman pieux, et le traditionaliste attach&#233; aux &lt;i&gt;razana&lt;/i&gt;&#8230; Et le la&#239;c farouche&#8230; Et les acteurs de la Soci&#233;t&#233; Civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La morale qu'on semble appeler de nos v&#339;ux est une &#171; morale civique &#187; d'inspiration chr&#233;tienne. Si l'&#201;glise parvient &#224; insuffler cette exigence d'int&#233;grit&#233; dans la soci&#233;t&#233; civile, par l'&#233;ducation et la sensibilisation, elle aura rempli sa mission proph&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si elle cherche &#224; l'imposer par des verrous constitutionnels et des prestations de serment obligatoires devant Dieu, elle risque de d&#233;truire ce qu'elle veut sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique est un m&#233;tier, pas seulement une vocation. Elle requiert de la technicit&#233;, du compromis, et une gestion du profane qui s'accommode mal des absolus th&#233;ologiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vouloir que la th&#233;ologie &#171; &#233;claire et corrige &#187; l'exercice du pouvoir est une ambition intellectuelle int&#233;ressante&#8230; Mais le pouvoir, par nature, a tendance &#224; corrompre tout ce qu'il touche&#8230; y compris la th&#233;ologie. L'enfer est toujours pav&#233; de belles intentions &#8230; Et les gens en blanc devraient avoir l'humilit&#233; et la sagesse de le reconnaitre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le diagnostic de la concertation est un miroir tendu &#224; notre propre d&#233;cadence : nous avons construit une R&#233;publique sans r&#233;publicains, un &#201;tat de droit sans justice. L'appel &#224; un sursaut moral, &#224; ce &#171; nouveau mindset &#187;, est salutaire, voire vital.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais attention &#224; ne pas confondre la fin et les moyens. On ne l&#233;gif&#232;re pas sur les &#226;mes comme on l&#233;gif&#232;re sur la TVA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;ritable d&#233;fi de cette reconstruction n'est pas d'inscrire Dieu dans la Constitution, mais de faire en sorte que l'homme politique, qu'il jure sur la Bible ou sur l'Honneur, ait enfin peur de trahir la parole donn&#233;e au peuple. C'est l&#224;, et nulle part ailleurs, que r&#233;side la v&#233;ritable sacralit&#233; de la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 30/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;br class='autobr' /&gt;
Tsiarify, L. S. A. (2013). L'imbrication du politique et du spirituel &#224; Madagascar : un d&#233;fi pour la la&#239;cit&#233;. Chr&#233;tiens et soci&#233;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/wp-content/uploads/2025/12/rapport-final-ffkm-commission-politique-version-mg-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Commission Politique de la concertation nationale chr&#233;tienne. (2025). Rapport Final. Version malagasy et traduction&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/wp-content/uploads/2025/12/mandat-presidentiel-au-ffkm-version-mg-1.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mandat du pr&#233;sident au FFKM. Version malagasy et traduction&lt;/a&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;ou le mandat du pr&#233;sident au FFKM pour piloter les Consultations R&#233;gionales et les Assises Nationales (voir en pi&#232;ce jointe)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar, le PGE de la Refondation : chronique d'une course contre la montre</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Madagascar-le-PGE-de-la.html</link>
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		<dc:date>2025-11-28T03:11:59Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 28 Nov 2025 06:11:59 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est des silences qui, en politique, valent tous les discours. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et il est des changements de ton qui, &#224; eux seuls, constituent un programme. La pr&#233;sentation du Programme G&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat (PGE) par le Premier ministre la semaine derni&#232;re a provoqu&#233; chez l'observateur pr&#233;tendument avis&#233; que je suis un &#233;trange m&#233;lange de sentiments contradictoires. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, une satisfaction presque physique&#8230; Celle de voir enfin &#233;merger une sobri&#233;t&#233; et une rationalit&#233; rassurante. Enfin quelque chose qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-10-9d0e5.jpg?1764299530' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19933 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustration-3-cab85.jpg?1764299530' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est des silences qui, en politique, valent tous les discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est des changements de ton qui, &#224; eux seuls, constituent un programme. La pr&#233;sentation du Programme G&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat (PGE) par le Premier ministre la semaine derni&#232;re a provoqu&#233; chez l'observateur pr&#233;tendument avis&#233; que je suis un &#233;trange m&#233;lange de sentiments contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, une satisfaction presque physique&#8230; Celle de voir enfin &#233;merger une sobri&#233;t&#233; et une rationalit&#233; rassurante. Enfin quelque chose qui nous change des chim&#232;res d'hier, de ces &#171; Miami sur Pangalanes &#187;, de ces t&#233;l&#233;ph&#233;riques suspendus au-dessus de la mis&#232;re, de ces colis&#233;es incongrus&#8230; ou de l'importation baroque de girafes pour des touristes imaginaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait urgent, vital m&#234;me, de renouer avec un minimum de sobri&#233;t&#233;. On en avait assez de cet ostentatoire, de ce &#171; bling-bling &#187; d'&#201;tat qui ne faisait, en r&#233;alit&#233;, que masquer l'incomp&#233;tence et la corruption end&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture de ton de ce programme est donc en elle-m&#234;me un soulagement. D'aucuns ont jug&#233; la prestation du Ministre trop prudente. Mais pouvait-on en attendre plus ? Sans doute pas. Car l&#224; o&#249; les MAP, PEM et autres Fisandratana 2030 voulaient dresser une vision sur le temps long, ce PGE se devait de tracer une &#233;ch&#233;ance courte, brutale : la promesse de restituer le pouvoir au Civil dans 24 mois. Et 24 mois&#8230; c'est bref.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La c&#233;l&#233;rit&#233; et le paradoxe de l'urgence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne peut qu'&#234;tre surpris de la c&#233;l&#233;rit&#233; avec laquelle ce programme a pu &#233;clore. Globalement, un mois a suffi. La comparaison est cruelle pour le pass&#233; r&#233;cent : on se souvient de Rajoelina revenant triomphalement en 2017, en pr&#233;-campagne, pour annoncer qu'il s'&#233;tait retir&#233; cinq ans (!) pour r&#233;fl&#233;chir avec les &#171; meilleurs sp&#233;cialistes mondiaux &#187; sur son projet d'&#201;mergence&#8230; Pour en fait accoucher d'une souris, d'un texte qui semblait &#233;chapp&#233; des notes de cours d'un &#233;l&#232;ve m&#233;diocre de deuxi&#232;me ann&#233;e d'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention, danger : chicane en vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce PGE souffre d'une contradiction premi&#232;re, presque ontologique. Il veut &#233;tablir un contrat avec la nation&#8230; Mais il doit l'&#233;tablir sur une dur&#233;e pour le moins br&#232;ve. Deux ans pour rassurer. Deux ans pour remettre en marche une machine sociale d&#233;labr&#233;e. Deux ans pour relancer une machine &#233;conomique gripp&#233;e&#8230; C'est un semi-marathon qu'il va falloir courir au rythme d'un 400 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit bien d'incarner un nouveau contrat social&#8230; mais un Contrat Social d'urgence et de rupture. Ce n'est pas une simple feuille de route administrative ; le PGE se pr&#233;sente comme une r&#233;ponse morale et politique &#224; la crise multidimensionnelle que vient de vivre le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte repose ainsi sur une tension permanente entre deux imp&#233;ratifs : l'urgence et la profondeur. D'une part, stabiliser la nation imm&#233;diatement &#8212; r&#233;tablissement de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, de la s&#233;curit&#233; &#8212; pour soulager une population &#224; bout de souffle&#8230; D'autre part, poser les fondements d'une &#171; Refondation &#187; structurelle pour emp&#234;cher le retour des crises cycliques, en s'attaquant enfin aux racines du mal : la corruption, l'impunit&#233; et la faiblesse institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La lucidit&#233; du constat : &#171; Le pays est cass&#233; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut le dire, l'&#233;nonc&#233; m&#234;me du constat &#8212; &#171; le pays est cass&#233; &#187; &#8212; est en soi une nouveaut&#233;. Personne, dans les programmes pr&#233;c&#233;dents cit&#233;s plus haut, n'avait os&#233; formuler un tel diagnostic&#8230; Eux ne parlaient, l&#233;gitimement ou na&#239;vement, que de progr&#232;s et d'enrichissement. &#201;videmment, comme dans tout texte programmatique, il a &#233;t&#233; n&#233;cessaire, dans le PGE d'&#233;num&#233;rer les incontournables &#233;l&#233;ments de langage : &#171; lutter contre la pauvret&#233; &#187;, &#171; prot&#233;ger les plus vuln&#233;rables &#187;&#8230; Cela peut sonner un peu tarte &#224; la cr&#232;me, c'est vrai&#8230; Mais faisons contre mauvaise fortune bon c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui retient l'attention, c'est la mani&#232;re dont ce projet &#233;nonce les valeurs culturelles malgaches : &lt;i&gt;Fifanajana, Fihavanana, Fiaraha-mientana&lt;/i&gt;. Non pas comme des cosm&#233;tiques culturels ou un folklore d&#233;suet, mais comme le ciment moral de l'autorit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est, me semble-t-il, la premi&#232;re fois que l'on voit dans un document programmatique le terme de &#171; &lt;i&gt;Fifanajana&lt;/i&gt; &#187; port&#233; au premier chef. Le respect de l'autre&#8230; qui ne peut aller sans le respect de soi. C'est un propos &#233;minemment directeur si on l'&#233;rige v&#233;ritablement en principe de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; les programmes habituels se concentraient sur la croissance, le d&#233;veloppement sectoriel et les infrastructures &#8212; et la volont&#233; de faire plaisir aux bailleurs &#8212; le PGE met ainsi l'accent sur la l&#233;gitimit&#233;, la moralit&#233; et la transition d&#233;mocratique. Quant &#224; l'&#233;vocation litt&#233;rale dans le texte des &#171; magouilles &#187; ou des &#171; monopoles &#187;, ce ne sont peut-&#234;tre que des mots&#8230; mais le changement s&#233;mantique est l&#224;, et on a envie d'y croire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'inad&#233;quation Temps / Ambition : L'impossible &#233;quation ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, une n&#233;cessaire prudence s'impose. Si l'on peut accorder au pouvoir de la Refondation le b&#233;n&#233;fice de l'urgence, et les f&#233;liciter d'avoir r&#233;pondu rapidement aux inqui&#233;tudes, on doit faire &#233;tat de &#171; trous dans la raquette &#187;. Tout n'est pas bleu&#8230; Ou rose&#8230; Mais r&#233;jouissons-nous, ce n'est d&#233;j&#224; plus orange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet se confronte &#224; un premier &#233;cueil majeur : l'inad&#233;quation Temps/Ambition. Il vit un risque d'embouteillage maximum. Et il n'y aura visiblement pas de solution t&#233;l&#233;ph&#233;rique pour acc&#233;l&#233;rer le trajet cette fois-ci. Le programme promet des r&#233;formes colossales : refonte de la Constitution, Code de la nationalit&#233;, digitalisation de l'&#201;tat, d&#233;centralisation pouss&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela en devant g&#233;rer des urgences vitales, r&#233;pondre aux attentes l&#233;gitimes de la GEN'Z malagasy, de celles de la soci&#233;te civile et des citoyens en g&#233;n&#233;ral &#8230; et organiser des &#233;lections&#8230; Le tout en 24 mois. Le risque est immense : celui de survoler les r&#233;formes structurelles ou de retarder le calendrier &#233;lectoral&#8230; Et de cr&#233;er, in fine, une nouvelle crise de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cadrage budg&#233;taire : La souverainet&#233; en trompe-l'&#339;il&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et le cadrage budg&#233;taire dans tout cela ? Il ne s'agit pas de faire l'impasse sur ses apparentes carences. Le texte mentionne la n&#233;cessaire &#171; mobilisation des ressources &#187; et la rationalisation des d&#233;penses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'explique pas comment financer simultan&#233;ment des mesures sociales d'urgence, des infrastructures lourdes (routes, &#233;nergie) et un processus &#233;lectoral co&#251;teux dans une &#233;conomie en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance aux bailleurs internationaux est implicite mais constitue une vuln&#233;rabilit&#233; souveraine. Il faudra donc le dire clairement &#224; tous ceux qui veulent bouter dehors FMI, Banque Mondiale et autres partenaires sous pr&#233;texte d'autonomie imm&#233;diate : sans leur aide, point d'investissements aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien beau de dire que si la concertation nationale d&#233;cide de les pousser dehors, on s'y pliera&#8230; Mais de l&#224; &#224; la r&#233;alisation des chantiers, celui-l&#224; ne sera pas le moins critique. Bien que le gouvernement affiche une ambition de souverainet&#233; par l'aust&#233;rit&#233; et la pression fiscale, le PLF reste structurellement d&#233;pendant des bailleurs internationaux, qui financent l'essentiel des investissements structurants et pr&#232;s de 20% des ressources totales de tr&#233;sorerie. Il faut le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne d&#233;taillera pas ici au-del&#224; des principes g&#233;n&#233;raux l'ad&#233;quation de la loi de Finances (PLF 2026). Elle para&#238;t &#224; peu pr&#232;s en coh&#233;rence avec le PGE quand elle aligne massivement les ressources sur l'&#201;ducation et l'&#201;nergie, validant ces deux piliers. Mais elle pr&#233;sente encore des &#233;carts majeurs sur le volet social (Eau, Solidarit&#233;) qui paraissent sous-financ&#233;s par rapport aux discours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gestion des R&#233;sistances : Le danger des &#171; magouilles &#187; syst&#233;miques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais le v&#233;ritable d&#233;fi est ailleurs. En fait d'engagement de chantier lourd, le texte promet de mettre fin aux &#171; magouilles &#187;, de &#171; casser les monopoles &#187; et les &#171; privil&#232;ges &#187;&#8230; Mais comment ? Le pouvoir ne pourra pas faire longtemps l'impasse d'une pr&#233;sentation de la strat&#233;gie pour contrer les monstrueux r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts qui seront menac&#233;s. Ces r&#233;seaux ont eu tout le temps de b&#233;tonner leur d&#233;fense&#8230; et leur sauvegarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne pourra pas non plus ignorer les modalit&#233;s de compensation des cha&#238;nes de valeur &#8212; et des revenus des classes moyennes induits &#8212; qui vont s'effondrer si on r&#233;duit drastiquement les vecteurs de corruption&#8230; Les 4 000 salari&#233;s de Sodiat en savent quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche frontale d&#233;clar&#233;e (&#171; Tol&#233;rance Z&#233;ro &#187;) sans strat&#233;gie politique fine risque de provoquer des blocages institutionnels&#8230; ou pire, des sabotages &#233;conomiques. La strat&#233;gie semble sous-estimer &#8212; ou mettre sous le tapis ? &#8212; les rapports de force r&#233;els. Neutraliser les coalitions d'int&#233;r&#234;ts, les oligarchies &#233;conomiques, les clans politico-administratifs et les appareils s&#233;curitaires qui opposeront la r&#233;sistance la plus farouche s'av&#233;rera &#234;tre une t&#226;che titanesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la clart&#233; sur les ressources financi&#232;res reste limit&#233;e. On parle de bonne gestion, mais sans aborder la ren&#233;gociation de la dette, la revue des grands contrats extractifs&#8230; Ou la nationalisation de l'or &#8212; celle-l&#224;, j'y tiens ! &#8212; ou encore la r&#233;vision des niches fiscales. Ce sont tous des &#233;l&#233;ments auxquels nous devrons pr&#234;ter attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, quelles sont les priorit&#233;s de l'Agenda ? Le Plan de Refondation, bien qu'anim&#233; par une forte volont&#233; politique et morale, pr&#233;sente un d&#233;faut majeur : ses carences doctrinales, qui mettent &#224; mal la hi&#233;rarchisation des priorit&#233;s. En rendant tout &#171; important &#187; &#8212; eau, &#233;nergie, sant&#233;, &#233;ducation, routes &#8212; le plan ne d&#233;gage pas clairement les trois ou quatre batailles cl&#233;s des 24 mois qui pourraient compromettre son succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut donc conclure sur une note de gravit&#233; lucide. Ce PGE est un pari&#8230; Un pari noble, certes, mais un pari dangereux. Il tente de r&#233;concilier l'&#233;thique et la technique, l'urgence du quotidien et le temps long de la structure. Mais l'histoire politique ne s'&#233;crit pas &#8211; malheureusement &#8211; avec des bons sentiments, ni m&#234;me avec des constats justes. Elle s'&#233;crit dans la capacit&#233; &#224; choisir ses batailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant de trancher, en voulant tout mener de front dans un d&#233;lai aussi contraint, le gouvernement prend le risque de se noyer. Sans une hi&#233;rarchisation impitoyable des priorit&#233;s, sans une strat&#233;gie chirurgicale pour d&#233;manteler les oligarchies sans casser l'&#233;conomie, ce plan ambitieux risque de se fracasser sur le mur du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 24 mois qui s'ouvrent ne seront pas une promenade de sant&#233;&#8230; Ce sera un combat de chaque instant contre le temps, contre les habitudes, et surtout, contre les saboteurs de l'int&#233;rieur qui attendent, dans l'ombre, que l'&#233;lan de la refondation s'essouffle. La course a commenc&#233;&#8230; Esp&#233;rons que le souffle ne manquera pas. Et on devra les aider &#224; respirer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 27/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Corruption syst&#233;mique : le syst&#232;me invisible qui fait tourner Madagascar</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Corruption-systemique-le-systeme.html</link>
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		<dc:date>2025-11-19T04:38:48Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 19 Nov 2025 07:38:48 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un syst&#232;me o&#249; l'informalit&#233; n'est pas une d&#233;rive mais une architecture fonctionnelle &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il y a un mot qui aujourd'hui rime avec &#171; Refondation &#187; c'est bien &#171; Corruption &#187;&#8230; Ou mieux &#171; anti-corruption &#187;&#8230; Difficile de ne pas applaudir quand certains r&#233;seaux criminels, mafieux et notables jusque-l&#224; intouchables commencent enfin &#224; &#234;tre inqui&#233;t&#233;s&#8230;Difficile aussi de ne pas remarquer qu'on ne parle pas encore de tout le monde &#8212; que certains gros pr&#233;dateurs de l'&#232;re pr&#233;c&#233;dente semblent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-9-3960a.jpg?1763527182' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH333/illustration-2-e4bc8.jpg?1763527182' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un syst&#232;me o&#249; l'informalit&#233; n'est pas une d&#233;rive mais une architecture fonctionnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;S'il y a un mot qui aujourd'hui rime avec &#171; Refondation &#187; c'est bien &#171; Corruption &#187;&#8230; Ou mieux &#171; anti-corruption &#187;&#8230; Difficile de ne pas applaudir quand certains r&#233;seaux criminels, mafieux et notables jusque-l&#224; intouchables commencent enfin &#224; &#234;tre inqui&#233;t&#233;s&#8230;Difficile aussi de ne pas remarquer qu'on ne parle pas encore de tout le monde &#8212; que certains gros pr&#233;dateurs de l'&#232;re pr&#233;c&#233;dente semblent myst&#233;rieusement hors champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, trois dangers sont &#233;vidents :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Une chasse aux sorci&#232;res imb&#233;cile en forme de r&#232;glements de comptes politiques plut&#244;t que traitement des probl&#232;mes structurels.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une justice s&#233;lective, qui exhiberait quelques coupables tout en laissant filer les gros poissons &#8212; sp&#233;cialit&#233; locale (le brevet du filet qui laisse passer les gros poissons est un brevet malagasy).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une vision simpliste, qui r&#233;duirait le probl&#232;me &#224; quelques individus, alors que la corruption est en fait un v&#233;ritable &#233;l&#233;ment d'infrastructure du fonctionnement socio-&#233;conomique du pays.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Madagascar vit aujourd'hui dans un syst&#232;me o&#249; l'informalit&#233; n'est plus un dysfonctionnement : c'est le m&#233;canisme central qui fait tourner l'ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat formel existe sur le papier. Mais l'&#201;tat r&#233;el fonctionne &#224; travers les interm&#233;diaires, les arrangements, les rentes, les r&#233;seaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce syst&#232;me n'est pas n&#233; d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je revois encore, dans les ann&#233;es 60, mon grand-p&#232;re, mpanera respect&#233;, grand, &#233;l&#233;gant, imposant, plant&#233; sous les arcades de l'ancien H&#244;tel de Ville. On venait le voir pour tout : papiers, certificats, proc&#233;dures, litiges. On le saluait comme on salue un notable. &#192; l'&#233;poque, le gamin que j'&#233;tais n'y voyait que du prestige. Aujourd'hui, je r&#233;alise qu'il incarnait un mode d'acc&#232;s au droit&#8230; Et qu'il ne s'agissait pas d'une anomalie mais bien d'un rouage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation directe entre l'usager et l'administration n'a jamais &#233;t&#233; la norme. Le mpanera &#233;tait (et reste) ce qui permettait au syst&#232;me de fonctionner malgr&#233; sa fragilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cela ne rel&#232;ve pas du folklore : il s'agit d'une logique institutionnelle parfaitement rationnelle dans un &#201;tat sous-dimensionn&#233;, sous-pay&#233;, sous-&#233;quip&#233;&#8230; Et plong&#233; dans l'incertitude permanente.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La pauvret&#233; structurelle : le carburant du syst&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, la fronti&#232;re entre &#8220;paiement parall&#232;le&#8221; et &#8220;service acc&#233;l&#233;r&#233;&#8221; devient floue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'usager, l'enjeu est clair : r&#233;duire le temps perdu, r&#233;duire l'incertitude, &#233;viter la paralysie administrative rel&#232;ve de logiques de survie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'agent, la r&#233;alit&#233; est brutale : salaires insuffisants, absence de perspectives, besoin de survie &#233;conomique&#8230; Tiens, on parle encore de survie &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : chacun &#8220;arrange&#8221; ce qui peut &#234;tre arrang&#233;. Non pas par go&#251;t, mais par n&#233;cessit&#233; structurelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas un probl&#232;me individuel : c'est une &#233;conomie politique compl&#232;te o&#249; la r&#232;gle non &#233;crite est plus forte que la r&#232;gle &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une cha&#238;ne de valeur informelle : du guichet au sommet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au clich&#233; que l'on a qui r&#233;duirait la corruption &#224; une somme de petites magouilles isol&#233;es, Madagascar fonctionne avec une cha&#238;ne de valeur informelle parfaitement hi&#233;rarchis&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la base on a l'usager qui demande&#8230; Puis le petit interm&#233;diaire qui facilite &#8230; Et ensuite l'agent qui d&#233;bloque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus haut &#8230; Les autorisations co&#251;teuses, les permis, les attributions fonci&#232;res, les imports, les march&#233;s publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et tout en haut : &lt;strong&gt;le jackpot&lt;/strong&gt;, o&#249; la rente sert &#224; financer des loyaut&#233;s politiques, des client&#232;les, des coalitions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas un &#8220;d&#233;r&#232;glement&#8221; : c'est &lt;strong&gt;le business model cach&#233; de l'administration&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En pratique, la corruption joue deux r&#244;les : elle fluidifie ce qu'un &#201;tat sous-capacit&#233; ne parvient pas &#224; faire. Elle finance des positions administratives sous-r&#233;mun&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, toucher un maillon, c'est toucher toute la cha&#238;ne. C'est perturber une &#233;conomie parall&#232;le qui fait vivre des milliers de gens et consolide des &#233;quilibres de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opacit&#233; administrative : une ressource, pas une faiblesse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On croit souvent que l'opacit&#233; est un d&#233;faut. ERREUR !!! &#8230; c'est une ressource strat&#233;gique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Proc&#233;dures non disponibles, d&#233;lais incoh&#233;rents, instructions contradictoires, guichets multiples : ce chaos n'est pas fortuit. Il produit une asym&#233;trie d'information qui rend l'interm&#233;diaire indispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un syst&#232;me limpide, le mpanera serait inutile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un syst&#232;me opaque, il devient le seul guide fiable. Et &#224; Madagascar, l'opacit&#233; est le principal capital politique de certaines strates administratives.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La gouvernance politique s'appuie sur l'informalit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux d'interm&#233;diation ne survivent pas malgr&#233; le politique : ils survivent gr&#226;ce au politique. Ils permettent de distribuer des faveurs, de consolider des client&#232;les, d'acheter des loyaut&#233;s, de contourner les lourdeurs du droit &#8230; Et de stabiliser des alliances.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat formel et l'&#201;tat informel cohabitent. Le premier donne la l&#233;gitimit&#233;. Le second donne l'efficacit&#233; &#8212; et les rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, supprimer l'un sans reconfigurer l'autre cr&#233;e une crise syst&#233;mique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pour cela que chaque &#8220;op&#233;ration anticorruption&#8221; qui s'attaque aux individus sans s'attaquer aux structures &lt;strong&gt;&#233;choue m&#233;caniquement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un &#201;tat sous-&#233;quip&#233; et sous-financ&#233; depuis 60 ans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas que moral. Il est &lt;strong&gt;budg&#233;taire et structurel&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'ind&#233;pendance, Madagascar n'a jamais financ&#233; une administration capable d'ex&#233;cuter les lois qu'elle produit. R&#233;sultat : effectifs insuffisants, moyens d&#233;risoires, outils obsol&#232;tes et proc&#233;dures ing&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration fonctionne en sous-capacit&#233; permanente. Le guichet, satur&#233;, devient une zone grise o&#249; l'improvisation est la seule option et o&#249; l'informalit&#233; comble le vide. Et ce d&#233;ficit de capacit&#233; devient h&#233;r&#233;ditaire : il se transmet d'une g&#233;n&#233;ration d'agents &#224; la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;conomie politique de la corruption : une question d'incitations, pas de morale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e n'est pas un d&#233;faut moral collectif.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un alignement d'incitations :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La r&#232;gle co&#251;te plus cher &#224; suivre qu'&#224; contourner.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le droit n'est jamais garanti sans interm&#233;diaire.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La sanction est improbable.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La survie d&#233;pend souvent de la rente informelle.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le pouvoir politique distribue des positions qui donnent acc&#232;s &#224; ces rentes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans cet environnement, &#234;tre &#8220;vertueux&#8221; n'est pas seulement difficile : c'est &#233;conomiquement irrationnel. C'est pour cela que les campagnes moralisantes ou les discours de bonne gouvernance ne changent rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles oublient la m&#233;canique centrale : les incitations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi les politiques anticorruption &#233;chouent elles syst&#233;matiquement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les approches classiques &#8212; commissions, lois, campagnes publiques &#8212; &#233;chouent parce qu'elles reposent sur trois postulats faux :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Elles supposent un &#201;tat capable, alors que l'&#201;tat r&#233;el fonctionne par compromis et m&#233;diation.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Elles ciblent des individus, alors que la corruption est un &#233;cosyst&#232;me complet.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Elles cr&#233;ent plus de normes que d'outils, et donc&#8230; de nouvelles opportunit&#233;s de rentes.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;L'anticorruption devient parfois un instrument politique ou de vengeance politique&#8230; Et non un outil de r&#233;forme&#8230; Pourvu que les Instances Hautement Sup&#233;rieures guident les initiatives du pouvoir actuel &#8230; Et de son pouvoir judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les facteurs de verrouillage : pourquoi le syst&#232;me se reproduit il ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me se perp&#233;tue parce qu'il reste parfaitement logique pour ceux qui y participent. Il garantit d'abord une manne &#233;conomique consid&#233;rable, dont d&#233;pendent directement ou indirectement &lt;strong&gt;des centaines de milliers de personnes&lt;/strong&gt;. Il assure aussi une v&#233;ritable utilit&#233; sociale, puisqu'il offre des solutions concr&#232;tes l&#224; o&#249; l'&#201;tat n'en fournit pas ou plus. Faute d'alternative cr&#233;dible &#8212; aucune proc&#233;dure officielle n'&#233;tant plus rapide, plus simple ou plus fiable &#8212; il devient la voie la plus rationnelle pour avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute un co&#251;t politique immense : ces pratiques entretiennent des r&#233;seaux de loyaut&#233; sans lesquels certains &#233;quilibres de pouvoir s'effondreraient&#8230; BIM !!! &#8230; Et, pour finir, l'informalit&#233; s'apprend comme une norme d&#232;s l'entr&#233;e dans l'administration, ce qui en fait un comportement transmis, reproduit et int&#233;gr&#233; naturellement par chaque nouvelle g&#233;n&#233;ration d'agents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La machine est coh&#233;rente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Changer une pi&#232;ce ne change rien tant que l'ensemble ne change pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;l&#233;ments d'une transformation r&#233;aliste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences r&#233;ellement concluantes montrent qu'une transformation durable repose sur plusieurs mouvements compl&#233;mentaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Digitaliser les d&#233;marches pour r&#233;duire les zones de rente ; simplifier les proc&#233;dures , r&#233;duire les autorisations et raccourcir les circuits ; revaloriser de mani&#232;re cibl&#233;e les salaires, mais de mani&#232;re cibl&#233;e et li&#233;e &#224; des objectifs pr&#233;cis et mesurables sont des mesures essentielles &#224; une v&#233;ritable r&#233;forme en profondeur &#8230; On le sait &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait aussi qu'une vraie r&#233;forme suppose une capacit&#233; REELLE &#224; sanctionner les NIVEAUX SUPERIEURS en prot&#233;geant les lanceurs d'alertes, sanction sans laquelle rien ne changera en profondeur.&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait aussi qu'une vraie r&#233;forme exige enfin de cr&#233;er des formes alternatives de s&#233;curit&#233; &#233;conomique pour ceux qui perdront leurs rentes informelles &#8230; Sans oublier la n&#233;cessaire stabilisation de l'administration afin de limiter les rotations politiques&#8230;. Qu'on arr&#234;te de changer les techniciens &#224; chaque changement politique pour r&#233;pondre &#224; l'enjeu de satisfaire de nouvelles alliances &#8230; On prend 10 ans de retard &#224; chaque fois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un tel programme ne peut r&#233;ussir que s'il est vu coh&#233;rent&#8230; Que s'il est, men&#233; selon un calendrier ma&#238;tris&#233; et soutenu par une coalition institutionnelle suffisamment solide pour ne pas c&#233;der aux r&#233;sistances internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on peut pourtant avoir le d&#233;sesp&#233;rant sentiment que, au plus haut niveau, certains ont entretenu d&#233;lib&#233;r&#233;ment ces dysfonctionnements &#8230; Dysfonctionnements qui ont permis de garder sous contr&#244;le la population&#8230; Peut on esp&#233;rer qu'on y mettra fin ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Maintenant qu'on sait&#8230; Y'a plus qu'&#224;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La corruption malgache n'est pas un accident.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un syst&#232;me complet, logique, r&#233;silient, rationnel dans son environnement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combattre exige autre chose que des discours : il faut reconfigurer les incitations, les capacit&#233;s et les &#233;quilibres politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
La t&#226;che est &#8230; Au moins immense&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il n'y a pas de refondation possible sans elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 18/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences :&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Michael Johnston &#8212; Syndromes of Corruption&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Madagascar correspond au mod&#232;le des &#171; oligarchies et cartels &#187;, o&#249; l'&#201;tat faible d&#233;pend de r&#233;seaux priv&#233;s.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Jean-Fran&#231;ois Bayart &#8212; La Politique du Ventre&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;L'&#201;tat postcolonial africain est un &#201;tat &#8220;patrimonial&#8221;, o&#249; la corruption est un mode d'int&#233;gration sociale.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Chabal &amp; Daloz &#8212; Africa Works&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;La corruption n'est pas un dysfonctionnement, mais une &lt;strong&gt;pratique rationnelle&lt;/strong&gt; dans un syst&#232;me o&#249; la r&#232;gle est l'exception.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;strong&gt;Joel Migdal &#8212; Strong Societies and Weak States&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Quand la soci&#233;t&#233; est plus forte que l'&#201;tat, ce sont les r&#233;seaux, pas les institutions, qui dominent.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar 2025, anatomie d'un effondrement politique</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Madagascar-2025-anatomie-d-un.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Madagascar-2025-anatomie-d-un.html</guid>
		<dc:date>2025-11-10T04:40:43Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 10 Nov 2025 07:40:43 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les al&#233;as de l'Histoire &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Histoire n'avance jamais droit. Elle chancelle, recule, saute des chapitres, change d'auteur sans pr&#233;venir. On voudrait y lire une logique, des plans, des causalit&#233;s claires&#8230; Y identifier les mains invisibles qui guident les r&#233;volutions ou les chutes des pouvoirs&#8230; Mais en fait l'histoire se d&#233;brouille seule. Elle na&#238;t du hasard, de l'orgueil et des hubris d&#233;mesur&#233;s, des rancunes d'officiers brim&#233;s, des col&#232;res d'un peuple exasp&#233;r&#233;, des calculs et des complots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-8-35f3d.jpg?1762749644' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L364xH486/image-1-20ee4.jpg?1762698388' width='364' height='486' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les al&#233;as de l'Histoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Histoire n'avance jamais droit. Elle chancelle, recule, saute des chapitres, change d'auteur sans pr&#233;venir. On voudrait y lire une logique, des plans, des causalit&#233;s claires&#8230; Y identifier les mains invisibles qui guident les r&#233;volutions ou les chutes des pouvoirs&#8230; Mais en fait l'histoire se d&#233;brouille seule. Elle na&#238;t du hasard, de l'orgueil et des hubris d&#233;mesur&#233;s, des rancunes d'officiers brim&#233;s, des col&#232;res d'un peuple exasp&#233;r&#233;, des calculs et des complots tristes d'une opposition impuissante et de ses satellites en orbite&#8230; L'Histoire avance ainsi, bancale et impr&#233;visible, tiss&#233;e de co&#239;ncidences, d'ambitions bless&#233;es et d'occasions saisies au vol.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le kal&#233;idoscope de la politique malagasy&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour rajouter de l'impr&#233;visibilit&#233; &#224; l'impr&#233;visible, la politique malgache s'av&#232;re en fait &#234;tre un &#233;norme kal&#233;idoscope&#8230; Vous savez ce dispositif pour &#233;merveiller les enfants, b&#226;ti d'un tube optique contenant des fragments color&#233;s et des miroirs &#8230; Le moindre mouvement y transforme par r&#233;flexion (r&#233;flexion n'est peut-&#234;tre pas le bon mot) crois&#233;e des images instables qui se recomposent de mani&#232;re permanente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me de la recomposition permanente de la sc&#232;ne politique gasy &#8230; Les initiatives des uns et des autres, improvisations impulsives prises au fil de rencontres et d'improbables opportunit&#233;s, dessinent un tableau que les politistes, para&#238;t-il avis&#233;s, pr&#233;tendent d&#233;crypter &#8230; La politique fiction malagasy est un cadre riche o&#249; peut s'exercer l'imagination la plus d&#233;brid&#233;e&#8230;. Mais par-dessus tout cela domine encore et toujours &#8230; le hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, faut-il croire aux complots ? Oui, mais pas comme &#224; des faits &#233;tablis&#8230; Plut&#244;t comme des hypoth&#232;ses d'organisation du chaos que l'on a envie d'attribuer &#224; certains. L'id&#233;e de complot donne forme &#224; l'incompr&#233;hensible : on peut au moins avoir le sentiment que quelqu'un est aux commandes de l'avion. M&#234;me si l'origine de la licence des pilotes n'est pas rassurante. Mais le plus souvent, personne ne tient vraiment le manche. Au bout du compte c'est le hasard qui conduit&#8230; Certains pr&#233;tendent savoir o&#249; il va&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence malgache Septembre Octobre 2025 en est l'illustration&#8230; Le renversement effectif du pouvoir de Andry Rajaoelina &#233;tait-il le fruit d'un complot ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des rumeurs de renversement du pouvoir bruissaient depuis quelques mois&#8230; Avec l'&#233;chafaudage de logiques d'organisation th&#233;orique d'une transition&#8230; Sur fond de mis&#232;re, de d&#233;gradation des conditions de vie et d'exasp&#233;ration sociale de tous ceux-l&#224; qui, entre d&#233;lestages, p&#233;nuries d'eau, probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; n'en pouvaient plus de l'incapacit&#233; du pouvoir &#8230; Incapacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux probl&#232;mes vitaux tout en croyant que les gens pouvaient se satisfaire de cosm&#233;tique et de spectacle &#8230; incapacit&#233; &#224; entendre et &#224; prendre en compte &#8230; incapacit&#233; &#224; freiner cette choquante explosion des in&#233;galit&#233;s : l'enrichissement d'une frange et la paup&#233;risation d'une masse croissante&#8230; Et sur fond de cette insupportable violence symbolique : l'impunit&#233; de la corruption de haut vol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les cercles &#171; avertis &#187;, on entendait : &#171; &#231;a va n&#233;cessairement exploser&#8230; &#187;&#8230; Mais tout un chacun savait que quatre facteurs majeurs devaient &#234;tre a minima r&#233;unis pour qu'un renversement soit rendu possible, :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'appui ou tout au moins la bienveillance ou la neutralit&#233; des forces arm&#233;es,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la lev&#233;e d'un mouvement populaire de grande envergure,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des moyens financiers cons&#233;quents pour pouvoir influer sur le premier facteur&lt;/li&gt;&lt;li&gt; et enfin, la mansu&#233;tude de la communaut&#233; internationale&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; parce qu'il faut, autant que possible, l'habillage d'un semblant de constitutionnalit&#233; &#8230; On ne va pas subir de nouveau ces mortif&#232;res sanctions internationales.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur du r&#233;acteur devait obligatoirement se construire autour de ces 4 &#233;l&#233;ments&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour le reste, les soutiens, les r&#233;seaux, les &#233;quipes&#8230; le programme &#8230; On fera comme d'habitude : on improvisera&#8230; On saura bien trouver dans le microcosme les alliances opportunistes pour faire tourner la machine si on arrive &#224; en prendre les commandes&#8230; Des palanqu&#233;es de comp&#233;titeurs sont toujours pr&#234;ts, avec leurs CV, sur la ligne de d&#233;part de la course aux fauteuils.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Complot il y a eu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais en fait, complot il y a bien eu &#8230; UN VRAI complot engag&#233; au cours de cette s&#233;quence&#8230; un beau vrai complot &#8230; pas comme ceux que nos r&#233;publiques banani&#232;res savent inventer&#8230; Pour se faire peur &#8230; Ou faire peur en embastillant quelques lampistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, on avait ici la vraie belle conspiration de certains qui croyaient avoir assur&#233; la conjonction des quatre facteurs &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce complot c'&#233;tait celui d'un milliardaire aujourd'hui embastill&#233; alli&#233; &#224; un pr&#233;sident du s&#233;nat aujourd'hui disparu, tous deux ligu&#233;s contre un pr&#233;sident de la r&#233;publique aujourd'hui en fuite on ne sait o&#249;, complot qui croyait profiter de l'inesp&#233;r&#233; mouvement populaire d'une extraordinaire ampleur spontan&#233;e qu'il aurait d&#251; faire d&#233;g&#233;n&#233;rer en pillages et destructions pour pouvoir engager une r&#233;pression encore plus dure par des corps d'arm&#233;e qu'ils leur croyaient acquis pour couvrir une proc&#233;dure d'urgence profitant de l'absence du pr&#233;sident en titre qui de fait se serait spontan&#233;ment exil&#233; en laissant au num&#233;ro deux de l'Etat l'opportunit&#233; de prendre la t&#234;te du pouvoir tout en satisfaisant les exigences de constitutionnalit&#233; pour satisfaire la communaut&#233; internationale &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouf&#8230; Elle est longue celle-l&#224; &#8230; La confusion de la s&#233;quence rendait impossible une narration structur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le beau sc&#233;nario du complot imagin&#233; s'est trouv&#233; largement contrari&#233; : le lapin pr&#233;sident revient, dissout le gouvernement, limoge le pr&#233;sident du S&#233;nat, nomme un militaire pour reb&#226;tir une administration centrale, en esp&#233;rant reprendre la main &#8230; Et &#8230; Catastrophe les alli&#233;s militaires des uns et des autres, que chacun se croyait respectivement acquis, commencent par d&#233;serter le palais, arr&#234;tent de se tirer dessus, refusent de tirer sur la foule &#8230; et ouvrent la place symbolique du 13 Mai aux manifestants &#8230; Et c'est la d&#233;bandade g&#233;n&#233;rale &#8230; La sc&#232;ne du g&#233;n&#233;ral au stetson et aux m&#233;dailles cliquetantes en train de se sauver devait &#234;tre des plus r&#233;jouissantes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution ou Implosion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais on n'a pas assist&#233; &#224; une r&#233;volution au sens propre du terme mais &#224; l'implosion d'un syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution d&#233;signe basculement volontaire et organis&#233; du pouvoir. Elle r&#233;sulte d'une mobilisation collective, structur&#233;e, port&#233;e par une intention politique claire : renverser un ordre &#233;tabli pour en construire un autre&#8230; Elle suppose des acteurs identifi&#233;s, une strat&#233;gie, un horizon commun. Le changement est dirig&#233;, assum&#233;&#8230; Il se traduit par une reconfiguration des institutions&#8230; Et des valeurs qui les fondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'implosion, au contraire, ne rel&#232;ve pas d'un projet &#8230; C'est une d&#233;faillance qui traduit l'usure interne d'un syst&#232;me. Les alliances se d&#233;litent, les structures se d&#233;sagr&#232;gent, les &#233;lites se neutralisent &#8230; Ce n'est pas une conqu&#234;te, mais un effondrement diffus&#8230; Qui laisse un vide que d'autres forces finissent par remplir &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'occupation de l'espace vide &#8211; les ma&#238;tres et les soldats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce vide s'est opportun&#233;ment install&#233; un pouvoir militaire&#8230; qui ne surgit pas du n&#233;ant. Ce pouvoir militaire s'inscrit dans une g&#233;n&#233;alogie de crises successives o&#249; plusieurs de ses acteurs ont d&#233;j&#224; jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour du colonel Micha&#235;l Randrianirina, nouveau visage charismatique de la transition, se sont rassembl&#233;s des officiers aux trajectoires entrem&#234;l&#233;es : strat&#232;ges du commandement, v&#233;t&#233;rans frustr&#233;s des mutineries de 2009 dont ils avaient &#233;t&#233; les artisans, coordinateurs logistiques, m&#233;diateurs exp&#233;riment&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous appartiennent &#224; une g&#233;n&#233;ration d'officiers form&#233;e par les transitions, rompus aux jeux d'&#233;quilibres entre casernes et palais, loyaut&#233;s et opportunismes&#8230; &#224; la comp&#233;tence b&#226;tie pour certains &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs r&#233;seaux et leur exp&#233;rience des renversements pass&#233;s expliquent peut-&#234;tre la pr&#233;cision de la prise de pouvoir d'octobre 2025&#8230; Celle-l&#224; n'avait rien d'une mutinerie impromptue &#8230; C'&#233;tait la reconduction inesp&#233;r&#233;e d'un sc&#233;nario appris&#8230; puis retravaill&#233; a minima &#8230; Sc&#233;nario qui semble s'&#234;tre r&#233;alis&#233; in extremis juste avant que ne commence &#224; s'&#233;teindre la flamme GenZ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se d'une coordination issue de cercles initi&#233;s ajoute quand m&#234;me une touche de coh&#233;rence jusque-l&#224; invisible : la structuration des milieux d'influence est telle &#224; Madagascar que plusieurs de ces officiers ont probablement fr&#233;quent&#233; les m&#234;mes milieux&#8230; Milieux o&#249; se m&#234;lent hi&#233;rarchie, discipline et serment de fraternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture du pouvoir mis en place associant chef charismatique, strat&#232;ge, garant institutionnel et m&#233;diateurs fait furieusement penser plus &#224; un organigramme de loge qu'&#224; une logique de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution et d&#233;litement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Madagascar est un cas d'&#233;cole&#8230; Parce qu'en fait, entre hasard et d&#233;litement, il apparait qu'on n'a jamais eu de r&#233;volution si on s'en tient &#224; cette caract&#233;risation. On n'aurait donc eu affaire qu'&#224; des implosions &#8230; On n'aurait vu jusque-l&#224; que des s&#233;quences d&#233;coulant logiquement de processus de d&#233;litement&#8230; Et se pose alors un questionnement : pourquoi et comment ces pouvoirs se d&#233;litent ils de mani&#232;re aussi syst&#233;matique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre parce que le pouvoir &#224; Madagascar ne se construit jamais ni sur une base id&#233;ologique ni sur une base institutionnelle solide&#8230; Il se construit sur des &#233;quilibres pr&#233;caires de personnes &#8230; de clans&#8230; de rentes. Chaque r&#233;gime h&#233;rite d'un appareil d&#233;vitalis&#233;, d'une administration instrumentalis&#233;e et d'une soci&#233;t&#233; civile d&#233;mobilis&#233;e. Le d&#233;litement proc&#232;de d'une usure interne : client&#233;lisme, exclusion, perte de l&#233;gitimit&#233;&#8230; Et puis &#8230; Effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans culture de continuit&#233; ni responsabilit&#233; collective, chaque transition devient recyclage. Ce ne sont pas des r&#233;volutions, mais des implosions successives d'un syst&#232;me incapable de se r&#233;former de l'int&#233;rieur&#8230; Et o&#249; le changement d'hommes masque la permanence des m&#234;mes logiques de capture et de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez dit culture de continuit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 09/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Analyse du d&#233;cret d'organisation de la pr&#233;sidence de la transition : le pouvoir qui veut durer</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Analyse-du-decret-d-organisation.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Analyse-du-decret-d-organisation.html</guid>
		<dc:date>2025-11-06T04:33:05Z</dc:date>

      <pubDate>Thu, 06 Nov 2025 07:33:05 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Certains d&#233;crets ne sont pas de simples textes administratifs ; ils sont de v&#233;ritables radiographies politiques. Le d&#233;cret n&#176;2025-1135 du 31 octobre 2025, fixant l'organisation de la Pr&#233;sidence de la Refondation, est de ceux-l&#224;. Une premi&#232;re lecture interpelle par la projection des effectifs, avoisinant les 600 agents. On a ici une inflation qui pourrait sembler ind&#233;cente mais qui r&#233;v&#232;le une mutation profonde : la transformation de la Pr&#233;sidence en un &#201;tat dans l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une Pr&#233;sidence (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/image_logo-539cb.jpg?1762403608' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19841 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L415xH415/image-9-e204e.jpg?1762395469' width='415' height='415' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;crets ne sont pas de simples textes administratifs ; ils sont de v&#233;ritables radiographies politiques. Le d&#233;cret n&#176;2025-1135 du 31 octobre 2025, fixant l'organisation de la Pr&#233;sidence de la Refondation, est de ceux-l&#224;. Une premi&#232;re lecture interpelle par la projection des effectifs, avoisinant les 600 agents. On a ici une inflation qui pourrait sembler ind&#233;cente mais qui r&#233;v&#232;le une mutation profonde : la transformation de la Pr&#233;sidence en un &#201;tat dans l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une Pr&#233;sidence absorbante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce texte ne se contente pas de r&#233;organiser : il refonde. Sous la mandature pr&#233;c&#233;dente, la Pr&#233;sidence se limitait &#224; un cabinet d'une cinquantaine de collaborateurs et une dizaine de directions, pour un total d'&#224; peine deux cents agents. Aujourd'hui, la structure est hypertrophi&#233;e : un Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral bureaucratique, quatre Hauts Conseillers de la Refondation dot&#233;s de leurs propres mini-cabinets, six Conseillers sp&#233;ciaux, sept directions strat&#233;giques rattach&#233;es directement au Chef de l'&#201;tat, et un Conseil consultatif des &#8220;forces vives de la Nation&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes plus face &#224; une Pr&#233;sidence, mais &#224; un m&#233;ta-gouvernement, un organe de commandement qui absorbe les fonctions dispers&#233;es de l'ex&#233;cutif. La Primature est rel&#233;gu&#233;e au rang de fusible administratif, tandis que la Pr&#233;sidence devient le centre de gravit&#233; absolu du pouvoir. Cette inflation n'est pas le fruit du hasard ou du n&#233;potisme. Elle est calcul&#233;e, fonctionnelle et assum&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quatre Hauts Conseillers de la Refondation en sont l'illustration. Ils ne sont pas des figures honorifiques mais les pilotes de quatre p&#244;les strat&#233;giques : socio-&#233;conomique, ressources strat&#233;giques, d&#233;fense-s&#233;curit&#233;, et relations internationales. Ces quatre colonnes forment le temple de la Refondation, un ordre permanent contrastant avec le caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re des minist&#232;res contraints par une &#233;valuation de leurs resultats dans deux mois. Le Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral, avec ses directions d&#233;di&#233;es (RH, finances, patrimoine, juridique, SI), marque la reprise en main de toutes les fonctions vitales de l'&#201;tat. Les circuits de d&#233;cision &#8212; budgets, nominations, contr&#244;les &#8212; se referment autour du Palais, renforc&#233;s par une nouvelle Direction des Syst&#232;mes d'Information qui fait de la donn&#233;e une arme de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Pr&#233;sidence-plateforme et la R&#233;publique de gestion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;merge alors une &#8220;Pr&#233;sidence-plateforme&#8221; : une machine &#224; gouverner et &#224; surveiller, &#224; la fois quartier g&#233;n&#233;ral militaire, cellule administrative et agora consultative. C'est une structure hybride con&#231;ue pour absorber les tensions d'un pays fractur&#233;, en canalisant les forces contraires. Le mot &#8220;Refondation&#8221; agit comme un mantra, neutralisant les clivages en promettant de les refa&#231;onner. Le pouvoir ne s'exerce plus &#8220;au nom du peuple&#8221;, mais &#8220;pour la Refondation&#8221;, transformant la transition en un projet moral et le pouvoir en mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re ce mot se cache un projet implicite : transformer la crise politique en une crise de gouvernance, puis en une vaste r&#233;forme administrative. L'objectif est de faire de la Pr&#233;sidence la matrice d'un ordre durable. Le Chef de l'&#201;tat n'est plus un leader politique mais un chef d'op&#233;ration ; la Pr&#233;sidence, un centre de commandement int&#233;gr&#233;. La l&#233;gitimit&#233; est d&#233;plac&#233;e du champ politique vers celui de la comp&#233;tence. On ne g&#232;re plus une vision, on g&#232;re une refondation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une structure &#224; double fond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie est d'autant plus habile qu'elle s'appuie sur une dualit&#233;. &#192; premi&#232;re vue, le gouvernement para&#238;t fragile, compos&#233; de ministres jeunes et parfois improvis&#233;s. Mais derri&#232;re cette vitrine, l'appareil d'&#201;tat est d'une coh&#233;rence glaciale. Ce d&#233;calage est la m&#233;thode : pendant que les civils apprennent, les structures militaires et administratives tiennent les leviers. Trois cercles de pouvoir se dessinent : un noyau militaire rationaliste autour du Pr&#233;sident et des Hauts Conseillers ; un r&#233;seau technico-administratif qui garantit la coh&#233;rence interne ; et un cercle soci&#233;tal symbolique (Conseil Consultatif) qui donne un visage humain &#224; cette machine froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle Pr&#233;sidence signe le retour de l'&#201;tat dans son sens le plus brut : centralisation, verticalit&#233;, hi&#233;rarchie. La transition militaire se pr&#233;sente comme une th&#233;rapie d'autorit&#233; apr&#232;s le chaos, une p&#233;dagogie de l'ordre. Le pouvoir est exerc&#233; par la technicit&#233;, l'administration par la rationalit&#233;, et la politique est neutralis&#233;e par la proc&#233;dure. La Refondation devient une technocratie d'&#201;tat en treillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble fonctionne comme un &#201;tat-major civil : un chef supr&#234;me, quatre colonnes de commandement (les Hauts Conseillers), des cellules de support (Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral), des unit&#233;s op&#233;rationnelles et un cercle de consultation. Cette architecture dense et redondante vise la solidit&#233; plus que la souplesse, une forteresse administrative con&#231;ue pour durer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : l'&#201;tat qui se refonderait en s'&#233;tendant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'inflation des effectifs ne serait pas une d&#233;rive ; ce serait un sympt&#244;me. Celui d'une Pr&#233;sidence qui ne gouvernerait plus un &#201;tat, mais qui le recomposerait autour d'elle. Ce qui se jouerait ici, ce ne serait pas une transition, mais une r&#233;&#233;criture de la R&#233;publique : une tentative de refonder l'autorit&#233; par la structure, la confiance par la m&#233;thode, la l&#233;gitimit&#233; par la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la confusion apparente, il y aurait sans doute une vision pr&#233;cise : reprendre la main sur l'appareil d'&#201;tat, le reconstruire depuis le Palais. La Refondation ne serait peut-&#234;tre pas un id&#233;al ; ce serait un dispositif. Mais dans un pays satur&#233; de crises, ce serait d&#233;j&#224; une strat&#233;gie. Et Rawlings au Ghana n'avait pas fait moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela, bien s&#251;r, n'est que conjecture pitchboulienne &#8230; En esp&#233;rant toutefois qu'elle rel&#232;ve de la clairvoyance, et non encore d'un p&#233;ch&#233; de mon incorrigible optimisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant, cette analyse a un avantage. Elle apporte un &#233;clairage &#224; la question qui nous taraude depuis le 11 Octobre : a-t-on affaire &#224; un pool d'officiers id&#233;alistes (peut-&#234;tre revanchards) nationalistes port&#233;s par un projet et une vision, ou sommes nous confront&#233;s &#224; un groupe de mercenaires opportunistes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenir nous le dira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 05/11/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Double nationalit&#233;, d&#233;ch&#233;ance, m&#233;tissage et Diaspora : la Nation face &#224; un miroir</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Double-nationalite-decheance.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Double-nationalite-decheance.html</guid>
		<dc:date>2025-10-27T05:51:30Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 27 Oct 2025 08:51:30 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sp&#233;ciale d&#233;dicace &#224; toutes les mamans gasy de la Diaspora &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; du pr&#233;sident Andry Rajoelina marque un tournant majeur de la vie politique malagasy. Elle met non seulement fin &#224; une anomalie juridique &#8212; un chef d'&#201;tat qui a volontairement demand&#233; sa naturalisation fran&#231;aise, devant perdre de ce fait sa nationalit&#233; malgache. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette affaire n'est pas un simple incident administratif. C'est une aberration politique et morale : celle d'un pays d&#233;couvrant que celui qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo-7-afbb7.jpg?1761544313' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L498xH746/image-7-5704b.jpg?1761528432' width='498' height='746' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sp&#233;ciale d&#233;dicace &#224; toutes les mamans gasy de la Diaspora&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; du pr&#233;sident Andry Rajoelina marque un tournant majeur de la vie politique malagasy. Elle met non seulement fin &#224; une anomalie juridique &#8212; un chef d'&#201;tat qui a volontairement demand&#233; sa naturalisation fran&#231;aise, devant perdre de ce fait sa nationalit&#233; malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire n'est pas un simple incident administratif. C'est une aberration politique et morale : celle d'un pays d&#233;couvrant que celui qui incarnait sa souverainet&#233; l'a juridiquement trahie. &#8212; mais elle oblige surtout la nation &#224; se regarder en face : veut-elle se penser comme exclusive ou ouverte ? M&#233;fiante ou confiante envers ses enfants d'ici et d'ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une d&#233;ch&#233;ance pour une trahison symbolique opportuniste et ind&#233;cente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le scandale de la double nationalit&#233; d'Andry Rajoelina ne rel&#232;ve pas d'un hasard, mais d'un choix opportuniste. Il s'agit de la duplicit&#233; d'un dirigeant revendiquant les droits de deux nations tout en exer&#231;ant la plus haute charge d'une seule. Comment repr&#233;senter la Nation sans en faire partie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu le capitaine de foot qui arrive sur le terrain en palmes de plong&#233;e : une image d'absurdit&#233; et d'humiliation symbolique. Le peuple n'a plus accept&#233; cette dissociation entre la fonction et l'appartenance. Le slogan &#171; Miala prezida vazaha &#187; a alors r&#233;sonn&#233; comme un cri de mobilisation nationale, sur fond de sentiment anti-imp&#233;rialiste aliment&#233; par le soup&#231;on d'all&#233;geance &#224; reny malala.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;ch&#233;ance : n&#233;cessit&#233; et danger&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce scandale, la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; pr&#233;vue par la loi &#233;tait pleinement l&#233;gitime &#8212; et m&#234;me souhaitable. Mais il faut manier cet outil avec la plus grande prudence. Dans les r&#233;gimes fragiles, il devient ais&#233;ment une arme politique. Instrumentalis&#233;, il peut servir &#224; &#233;liminer des opposants sous couvert de patriotisme ; d&#233;tourn&#233; moralement, il alimente la suspicion envers les binationaux, assimil&#233;s &#224; des &#8220;demi-citoyens&#8221;. Mal encadr&#233;, il engendre l'arbitraire et fragilise l'&#201;tat de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;passant son cadre judiciaire &#8212; fraude ou trahison prouv&#233;e &#8212; la d&#233;ch&#233;ance finit par diviser, discriminer et radicaliser. La citoyennet&#233;, cens&#233;e unir, devient instrument d'exclusion. Et on voit fleurir ici et l&#224; des appels &#224; la d&#233;ch&#233;ance en cha&#238;ne de tous les binationaux. Alors que, on le sait, les nations qui, &#224; l'inverse, ont r&#233;affirm&#233; l'&#233;galit&#233; des appartenances &#8212; du Canada &#224; l'Afrique du Sud ou au Rwanda post-1994 &#8212; ont consolid&#233; leur coh&#233;sion en choisissant la confiance plut&#244;t que la peur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une diaspora qui se m&#233;tisse, miroir de la 19e tribu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans la caract&#233;risation de ce que j'appelais la 19&#232;me tribu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;qu'il faut lire les donn&#233;es de l'enqu&#234;te &lt;strong&gt;Diaspora AINGA &amp; AKO&lt;/strong&gt;, men&#233;e par l'IRD dans le cadre du projet TADY avec le soutien de Fact Madagascar. Longtemps per&#231;ue comme p&#233;riph&#233;rique, la diaspora malagasy incarne un visage contemporain de la Nation : jeune, ouverte et profond&#233;ment m&#233;tiss&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats sont &#233;loquents : une grande partie de la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration se d&#233;finit autant malgache que fran&#231;aise. Et c'est &#233;minemment normal. Cette pluralit&#233; n'est pas une perte, mais une extension vivante de la nation malgache dans le monde. Cette &#8220;dix-neuvi&#232;me tribu&#8221;, celle des malagasy ampielezana, conserve un lien profond avec l'&#238;le :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 70 % envoient r&#233;guli&#232;rement des fonds ou soutiennent des projets de d&#233;veloppement ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 80 % sont pr&#234;ts &#224; partager leurs comp&#233;tences ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la moiti&#233; participe &#224; des associations culturelles ou caritatives.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tissage, loin d'affaiblir l'identit&#233;, en devient la force. Et non, on est tr&#232;s loin du &#8220;Grand Remplacement&#8221; &#8212; qu'on se rassure. Ce n'est pas parce qu'un C&#233;dric vazaha rainiliainga a perverti l'id&#233;e d'identit&#233; nationale qu'il faut jeter tous les binationaux avec l'eau du bain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le m&#233;tissage en horizon d'avenir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vouloir une identit&#233; &#8220;pure&#8221;, c'est ignorer la nature m&#234;me de Madagascar : un carrefour de peuples, de langues et de cultures depuis mille ans. La grandeur d'une nation ne r&#233;side pas dans la fermeture, mais dans sa capacit&#233; &#224; transformer l'alt&#233;rit&#233; en &#233;nergie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Franco-Malgaches ne sont pas des &#8220;&#233;trangers privil&#233;gi&#233;s&#8221;, mais des vecteurs d'enrichissement r&#233;ciproque. Leurs exp&#233;riences, leurs r&#233;seaux et leur double culture sont des leviers de d&#233;veloppement et de diplomatie. Leur m&#233;tissage linguistique et professionnel constitue un atout strat&#233;gique dans un monde o&#249; la diversit&#233; fait la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te AINGA le souligne : une int&#233;gration r&#233;ussie de la diaspora doublerait les transferts financiers et renforcerait la confiance envers les institutions. La reconnaissance de cette &#8220;23&#232;me r&#233;gion ext&#233;rieure&#8221; ne fragilise pas la Nation et l'&#201;tat malgache : elle les prolonge.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la m&#233;fiance &#224; la confiance : revisiter la loyaut&#233; nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise ouverte par la d&#233;ch&#233;ance du pr&#233;sident offre une occasion rare : repenser le contrat civique. L'enjeu n'est pas d'opposer ouverture et exclusivit&#233;, mais de red&#233;finir ce que signifie &#234;tre Malgache aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loyaut&#233; ne se mesure plus &#224; un passeport, mais &#224; la contribution au destin collectif. &#202;tre Malgache, c'est enseigner, entreprendre, soigner, investir, d&#233;fendre la dignit&#233; du pays &#8212; qu'on vive &#224; Antananarivo, Paris, Montr&#233;al ou Mahajanga. Voil&#224; la v&#233;ritable souverainet&#233; : celle d'un peuple qui se reconna&#238;t dans ses valeurs plus que dans ses fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ch&#233;ance d'Andry Rajoelina doit servir de le&#231;on, non de mod&#232;le. La trahison n'est pas dans la double appartenance, mais dans le reniement volontaire de son all&#233;geance. La fid&#233;lit&#233;, elle, peut se d&#233;cliner au pluriel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : reconstruire la Nation en assumant le monde&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Rajoelina n'a pas seulement r&#233;v&#233;l&#233; une faute individuelle&#8230; Elle a mis &#224; nu une question essentielle : qu'est-ce qu'&#234;tre Malgache ? Parce qu'on ne peut opposer puret&#233; identitaire et ouverture diasporique. L'avenir r&#233;side dans la synth&#232;se de nos origines et de nos horizons : et vivre un pays enracin&#233; dans sa culture mais capable d'embrasser le monde sans se perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe moral est clair : en pr&#233;tendant d&#233;fendre la souverainet&#233; et l'identit&#233;, on risque de diviser la communaut&#233; nationale et d'entretenir la peur de l'alt&#233;rit&#233;. Une nation ne se prot&#232;ge pas en retranchant ses enfants, mais en renfor&#231;ant les liens qui les unissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ch&#233;ance doit rester exceptionnelle, encadr&#233;e et transparente &#8212; pour corriger l'indignit&#233;, et non pas pour entretenir la m&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre &#8220;dix-neuvi&#232;me tribu&#8221;, cette diaspora m&#233;tiss&#233;e, ne menace pas la Nation : elle en est le prolongement. Elle porte la conscience projet&#233;e de Madagascar dans le monde. L'enjeu n'est pas de la contenir, mais de l'int&#233;grer pleinement au r&#233;cit national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nation qui sait accueillir ses enfants d'ailleurs s'assure un avenir chez elle. Pourvu que le plus grand nombre l'entende&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 26/10/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2019/06/01/23eme-region-ou-19eme-tribu-de-madagascar-la-diaspora/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2019/06/01/23eme-region-ou-19eme-tribu-de-madagascar-la-diaspora/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'arrestation de Ravatomanga, la roue tourne enfin</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/L-arrestation-de-Ravatomanga-la.html</link>
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		<dc:date>2025-10-25T04:25:54Z</dc:date>

      <pubDate>Sat, 25 Oct 2025 07:25:54 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Et d'un !!! &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re fissure dans ce mur de l'impunit&#233; malagasy vient non pas d'Antananarivo, mais de Port-Louis. Et la temp&#234;te tropicale qui nous int&#233;resse dans l'Oc&#233;an Indien n'est pas Chenge qui approche Madagascar, c'est le cyclone Rableu qui nait &#224; Maurice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mamy Ravatomanga, ce magnat r&#233;put&#233; intouchable, omnipr&#233;sent m&#233;c&#232;ne et mentor jusqu'il y a peu du r&#233;gime Rajoelina, a &#233;t&#233; interpell&#233; par la Financial Crimes Commission mauricienne. YESSS !!! Motif : soup&#231;ons de blanchiment. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo_pitchboule-3081a.jpg?1761366373' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L424xH424/image-6-0d303.jpg?1761336174' width='424' height='424' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et d'un !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fissure dans ce mur de l'impunit&#233; malagasy vient non pas d'Antananarivo, mais de Port-Louis. Et la temp&#234;te tropicale qui nous int&#233;resse dans l'Oc&#233;an Indien n'est pas Chenge qui approche Madagascar, c'est le cyclone Rableu qui nait &#224; Maurice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mamy Ravatomanga, ce magnat r&#233;put&#233; intouchable, omnipr&#233;sent m&#233;c&#232;ne et mentor jusqu'il y a peu du r&#233;gime Rajoelina, a &#233;t&#233; interpell&#233; par la &lt;i&gt;Financial Crimes Commission&lt;/i&gt; mauricienne. YESSS !!! Motif : soup&#231;ons de blanchiment. R&#233;sultat : un s&#233;isme, un souffle d'air neuf qui pourrait prendre l'allure d'un tsunami dans une R&#233;publique trop longtemps asphyxi&#233;e par ses propres silences et ses compromis en forme de compromissions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peu dire que l'&#233;v&#233;nement r&#233;jouit (RE YESSS !!!) &#8230; Et qu'il ranime un espoir presque oubli&#233; : celui de voir, enfin, un &#8220;intouchable&#8221; confront&#233; &#224; la rigueur d'une proc&#233;dure judiciaire. Depuis des lustres, que dis-je depuis une &#233;ternit&#233; &#224; Madagascar, les grands et gros poissons passent entre les mailles pendant que les lampistes remplissent les prisons. C'est d'ailleurs un grand et myst&#233;rieux savoir-faire malagasy : faire des filets qui ne gardent que le menu fretin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les procureurs se taisent. Les dossiers s'empilent, avec une certaine propension &#224; faire curieusement descendre en bas de la pile les gros scandales qu'on oublie. Et Bing &#8230; voil&#224; qu'un jet priv&#233; et des comptes troubles viennent, d'une &#238;le voisine, rappeler &#224; tout le monde qu'un jour ou l'autre, la roue tourne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrestation d'un homme de cette stature, dans un syst&#232;me o&#249; l'argent et le pouvoir politique se confondent depuis trop longtemps, a valeur d'&#233;lectrochoc. Et le fait que cette arrestation ait eu lieu hors du territoire national ne change rien &#8212; au contraire. C'est la preuve que la justice, quand elle le veut, peut s'abstraire des fronti&#232;res et faire tomber les masques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ravatomanga n'est pas un simple &#8220;homme d'affaires&#8221;. C'est le pilier &#233;conomique du r&#233;gime, le financier des campagnes, le propri&#233;taire des m&#233;dias, l'ombre port&#233;e de l'&#201;tat. Le symbole d'un syst&#232;me o&#249; les affaires se font et se d&#233;font autour du pouvoir, o&#249; l'&#201;tat s'est privatis&#233; &#224; mesure de l'effacement de la morale publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voir arr&#234;t&#233;, m&#234;me provisoirement, c'est un peu comme voir le volcan de l'impunit&#233; enfin fumer. &#171; Ca va leur p&#8230; &#224; la g&#8230; YESS Encore &#187;. Et cette fum&#233;e, disons-le, a une odeur grisante : celle d'une justice qui ose&#8230; Et celle d'une peur qui va peut-&#234;tre changer de camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plaisir et l'&#233;motion pass&#233;s, vient le temps des questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que si cette arrestation a valeur de symbole, elle doit interroger tout autant qu'elle rassure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord sur sa port&#233;e r&#233;elle : s'agit-il du premier acte d'un grand m&#233;nage ou d'un simple &#233;pisode, calibr&#233; pour calmer l'opinion ? Les observateurs avertis savent que les &#8220;affaires&#8221; malgaches ne sont jamais isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ravatomanga, c'est un n&#339;ud de relations, un centre de gravit&#233; reliant politiques, militaires et entrepreneurs de l'ombre. Son nom revient dans les dossiers de march&#233;s publics, d'importations opaques, de financements politiques. Le toucher, c'est in&#233;vitablement toucher les &#233;quilibres du syst&#232;me Rajoelina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi toucher &#224; des accointances dans les cercles militaires qui, quand l'un contr&#244;lait les sous, les autres contr&#244;laient la force &#8230; Ce contr&#244;le a peut-&#234;tre laiss&#233; voir ses limites&#8230; Mais sait on jamais &#8230; On a vu, et pas seulement dans les films noirs am&#233;ricains, des parrains mafieux tirer les ficelles de leurs r&#233;seaux depuis leur cellule dor&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur le plan diplomatique, l'affaire ouvre aussi des perspectives in&#233;dites.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#238;le Maurice n'agit pas en &#233;lectron libre : pour qu'une telle arrestation se produise, il fallait probablement des signaux, des coop&#233;rations, peut-&#234;tre m&#234;me des pressions. Difficile d'imaginer la FCC lancer une telle op&#233;ration sans coordination avec des partenaires internationaux &#8212; Union europ&#233;enne, &#201;tats-Unis &#8230; le Royaume Uni qui a encore en travers de la gorge l'affaire Romy Voos &#8230; Et dont l'ambassadeur vient si justement rappeler l'attachement du Royaume d'Angleterre &#224; la lutte contre la corruption&#8230; Ou tout simplement Paris dont ne sait absolument plus d&#233;crypter le jeu trouble dans son &#171; je t'aime moi non plus &#187; avec les Rajoelina, Ravatomanga et autres op&#233;rateurs Karana ou pas &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peut-&#234;tre l&#224; un message plus large, un avertissement discret adress&#233; aux &#233;lites malgaches : &lt;i&gt;la complaisance r&#233;gionale a des limites&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais attention.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le risque inverse serait de transformer cette bouff&#233;e d'air frais de justice en une naus&#233;abonde et aveugle &lt;strong&gt;chasse aux sorci&#232;res&lt;/strong&gt;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que les chaines de corruption &#224; la Ravatomanga ne sont pas des &#233;difices dont il suffirait de d&#233;truire le sommet : c'est chaine de valeurs (de non valeurs ?), une chaine de corruption qui traverse toute l'&#233;chelle sociale &#8230; C'est une liane parasite qui s'est accroch&#233;e et d&#233;velopp&#233;e des racines au sommet de l'arbre&#8230; Du sommet de l'&#201;tat jusqu'aux guichets les plus ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux de Ravatomanga &#8212; ses march&#233;s, ses commissions, ses client&#232;les &#8212; traversent toutes les cat&#233;gories sociales. Des ministres jusqu'aux petites mains des administrations locales, beaucoup ont profit&#233;, cautionn&#233;, ou simplement surv&#233;cu en fermant les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire tomber un homme sans questionner la structure reviendrait &#224; repeindre la fa&#231;ade d'un b&#226;timent dont les fondations pourrissent. Ca on sait faire. Il suffit de la visite d'une personnalit&#233; pour passer un petit coup de cosm&#233;tique et laisser les choses pourrir en dessous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affaire devrait servir &lt;strong&gt;d'exemple &#233;ducatif&lt;/strong&gt;, pas de d&#233;fouloir collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu n'est pas de &#8220;faire payer&#8221; mais de comprendre comment un pays tout entier s'est habitu&#233; &#224; l'opacit&#233;. Une justice stupidement et aveuglement vengeresse serait aussi st&#233;rile que l'impunit&#233; qu'elle pr&#233;tend remplacer. La vraie victoire serait que cette arrestation d&#233;clenche un vrai sursaut moral &#8212; dans les administrations, dans les entreprises, et surtout dans les consciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrestation de Mamy Ravatomanga ne suffira pas &#224; purifier le syst&#232;me, mais elle l'&#233;branle. Elle &#233;veille ce m&#233;lange de jubilation et de prudence, d'espoir&#8230; Et de m&#233;fiance et de crainte. Mais pour une fois, oui, on peut sourire. RE RE YESSS ENCORE UNE FOIS &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'un symbole vient de s'effondrer. Parce que la peur a chang&#233; de camp. C'est peut-&#234;tre le premier gros domino qui vient de tomber. Il aura peut-&#234;tre des choses &#224; n&#233;gocier quant &#224; d&#233;s&#233;quilibrer les autres dominos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'un. Qu'il y en ait d'autres &#8212; mais cette fois, avec discernement, justice, et lucidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ET ENCORE MERCI A LA JEUNESSE DE NOUS AVOIR OFFERT CE PLAISIR&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L267xH149/image-5-99b54.jpg?1761336174' width='267' height='149' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 24/10/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;cerise sur le g&#226;teau, je viens de lire la nouvelle de la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; de C&#233;dric. YES !!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les chasse-neiges sib&#233;riens et les illusions tropicales</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Les-chasse-neiges-siberiens-et-les.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Les-chasse-neiges-siberiens-et-les.html</guid>
		<dc:date>2025-10-22T05:09:48Z</dc:date>

      <pubDate>Wed, 22 Oct 2025 08:09:48 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quand j'ai vu arriver les hommes en treillis sur la place du 13 mai, j'ai eu, comme tout le monde, un &#233;lan d'enthousiasme et de soulagement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais deux jours apr&#232;s la chute d'Andry Rajoelina, la Russie, par la voix de son ambassadeur Andrey Andreev, proposait d&#233;j&#224; au CNDT un partenariat &#171; s&#233;curit&#233;, &#233;conomie, formation &#187;. Et ce 21 octobre 2025, le m&#234;me Andreev rencontre le pr&#233;sident de transition Micha&#235;l Randrianirina pour pr&#233;parer un accord-cadre de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale dans l'oc&#233;an Indien&#8230; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH333/image-4-40785.jpg?1761187016' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand j'ai vu arriver les hommes en treillis sur la place du 13 mai, j'ai eu, comme tout le monde, un &#233;lan d'enthousiasme et de soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais deux jours apr&#232;s la chute d'Andry Rajoelina, la Russie, par la voix de son ambassadeur Andrey Andreev, proposait d&#233;j&#224; au CNDT un partenariat &#171; s&#233;curit&#233;, &#233;conomie, formation &#187;. Et ce 21 octobre 2025, le m&#234;me Andreev rencontre le pr&#233;sident de transition Micha&#235;l Randrianirina pour pr&#233;parer un accord-cadre de s&#233;curit&#233; r&#233;gionale dans l'oc&#233;an Indien&#8230; Sur le mod&#232;le du Sahel. A&#239;e &#8230; Colonels+Russie+Mod&#232;le AES, mariage dangereux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ironie de l'histoire : en 2009, c'&#233;tait Jean-Marc Chataignier, ambassadeur de France, qui venait serrer la main d'un Rajoelina tout fra&#238;chement putschiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on a de la m&#233;moire : dans les ann&#233;es 1970 (oui je sais, je suis hasbeen), lors du virage socialiste, les Sovi&#233;tiques avaient fourni &#224; Madagascar au titre de l'aide technique et de la coop&#233;ration socialiste, dans le cadre des accords bilat&#233;raux sign&#233;s entre Antananarivo et Moscou &#8230; &lt;strong&gt;de vrais chasse-neiges&lt;/strong&gt; ! On affirmait qu'ils pouvaient &#234;tre reconvertis en tracteurs pour la r&#233;volution agricole. Symbole d'une aide plus id&#233;ologique que sinc&#232;re : l'affichage d'une amiti&#233; politique l'emportait sur les besoins r&#233;els. Mais c'&#233;tait aussi l'expression d'un insoutenable m&#233;pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinquante ans plus tard, &#224; l'heure o&#249; un discours de rapprochement avec Moscou refait surface, l'anecdote m&#233;rite d'&#234;tre rappel&#233;e : les grandes puissances ne reviennent jamais par g&#233;n&#233;rosit&#233;. Et surtout pas celle-l&#224; qui signe en cyrillique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour m&#233;thodique de l'influence russe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis trois ans, la Russie r&#233;investit l'Afrique avec une strat&#233;gie limpide : occuper l'espace laiss&#233; vide par la France et les &#201;tats-Unis, s'appuyer sur des r&#233;gimes fragiles et obtenir en retour des positions &#233;conomiques et militaires. Le sch&#233;ma est r&#244;d&#233; : propagande anti-occidentale, d&#233;stabilisation, soutien aux putschistes, accords miniers, puis contr&#244;le de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrafrique, Mali, Burkina Faso, Niger : quatre laboratoires du mod&#232;le.Madagascar n'en fait pas encore partie, mais les signaux de rapprochement se multiplient : d&#233;l&#233;gations, discours, promesses de &#171; coop&#233;ration &#233;quilibr&#233;e &#187;. Et toujours, la rengaine : &#171; accords de s&#233;curit&#233; &#187;. Contre qui doit on se prot&#233;ger au fait ? Ah oui, j'oubliais les conflits des Eparses&#8230; :-/&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sah&#233;lienne montre surtout qu'&#224; ces slogans succ&#232;dent d&#233;pendance, opacit&#233; et recul institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mirage de l'AES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alliance des &#201;tats du Sahel (AES) se pr&#233;sente comme un rempart contre la domination occidentale ; c'est surtout une bou&#233;e pour des r&#233;gimes militaires isol&#233;s. Au Mali, la pr&#233;sence du groupe Wagner n'a pas ramen&#233; la s&#233;curit&#233; ; au Burkina, le territoire reste morcel&#233; ; au Niger, la rupture avec les partenaires a paralys&#233; une &#233;conomie d&#233;j&#224; exsangue. Aucune souverainet&#233; nouvelle n'en est sortie : seulement un changement de tutelle encore plus vampirisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les erreurs fran&#231;aises, facteur aggravant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Russie s'infiltre, c'est aussi parce que la France a perdu le fil. Les maladresses (je reste poli) de Macron l'ont illustr&#233; : sa sortie sur l'exfiltration de Rajoelina fut un mod&#232;le d'impr&#233;paration. Entre sa main gauche qui invoque la Constitution et la droite qui salue &#171; la jeunesse admirable &#187;, la France r&#233;ussit &#224; se d&#233;cr&#233;dibiliser toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps per&#231;ue comme arrogante, elle n'a pas su transformer son histoire en partenariat de confiance. &#192; force d'osciller entre ing&#233;rence et inertie, elle a fini par perdre son auditoire. D&#233;fendre la stabilit&#233; des r&#233;gimes plut&#244;t que la l&#233;gitimit&#233; des peuples est un pari perdant. La France ne perd pas Madagascar parce que la Russie la conquiert ; elle la perd parce qu'elle n'&#233;coute pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pr&#233;c&#233;dents oubli&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement avec l'URSS sous Ratsiraka devait industrialiser, m&#233;caniser, planifier. Il a surtout import&#233; des mod&#232;les sans adaptation. Les chasse-neiges sib&#233;riens cens&#233;s labourer les rizi&#232;res, les MIG-21 sans pilotes, sans moyens d'entretien, les usines fant&#244;mes : tout y &#233;tait. Pourtant les chenilles des engins de Sib&#233;rie &#233;taient parfaitement adapt&#233;es aux sols et aux rizi&#232;res de l'&#238;le rouge&#8230; Non&#8230; J'ironise (jaune).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ratsiraka voulait des symboles ; il les a eus &#8212; mais d&#233;coup&#233;s ensuite au chalumeau. Il n'a pas eu l'id&#233;e du t&#233;l&#233;ph&#233;rique, lui. Sous couvert d'ind&#233;pendance, nous avons surtout accru notre d&#233;pendance : technique, financi&#232;re, id&#233;ologique. Le parall&#232;le avec le Sahel est frappant : posture politique d'abord, strat&#233;gie de d&#233;veloppement ensuite (quand il en reste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les nouveaux app&#233;tits miniers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Russes d'aujourd'hui s'int&#233;ressent moins &#224; la fraternit&#233; qu'aux ressources : nickel, cobalt, graphite, or, uranium&#8230; Chrome &#224; Madagascar. Moscou s'impose comme acteur extractif majeur du continent : Lukoil, Gazprom, Rosneft, Alrosa, Nordgold, Rostec, Rosatom&#8230; Avec leur mod&#232;le : &#171; &lt;strong&gt;s&#233;curit&#233; contre ressources&lt;/strong&gt; &#187;. S&#233;curit&#233; contre qui d&#233;j&#224; ? Ah oui, les ennemis internes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces paramilitaires d'&lt;strong&gt;Africa Corps&lt;/strong&gt; remplacent Wagner pour s&#233;curiser r&#233;gimes et sites au Mali, en Centrafrique, au Burkina. Parall&#232;lement, la Russie m&#232;ne une diplomatie alimentaire et &#233;nerg&#233;tique : bl&#233;, engrais, m&#233;taux critiques de la transition &#233;nerg&#233;tique &#8230; Qui pourraient &#234;tre les m&#233;taux critiques de notre transition politique. Objectif : contourner les sanctions, p&#233;renniser sa pr&#233;sence et rallier un bloc africain au BRICS+.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les illusions de la rupture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critiquer la Fran&#231;afrique est sain &#8230; Bien que le concept et le vocables largement utilis&#233;s par des sp&#233;cialistes de la mobilisation et de la col&#232;re des foules, soient compl&#232;tement d&#233;tourn&#233;s de leur signification premi&#232;re&#8230; Mais croire qu'il suffit de changer d'alli&#233; pour &#234;tre libre rel&#232;ve de la fable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anti-occidentalisme de fa&#231;ade ne fait pas une politique &#233;trang&#232;re. Les alliances dict&#233;es par le ressentiment produisent rarement autre chose que de nouvelles d&#233;pendances. La v&#233;ritable ind&#233;pendance repose sur la comp&#233;tence, la transparence et la vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jeunes Malgaches qui r&#233;clament des services publics n'attendent ni Moscou ni Paris : ils veulent un &#201;tat capable de d&#233;cider et de rendre des comptes. C'est l&#224; que se joue la souverainet&#233; &#8212; dans la gouvernance, pas dans les slogans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une diplomatie &#224; reconstruire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar doit refonder sa politique ext&#233;rieure autour de trois mots : clart&#233;, r&#233;ciprocit&#233;, coh&#233;rence. Clart&#233; : savoir ce qu'on veut avant de signer. R&#233;ciprocit&#233; : exiger des accords &#233;quilibr&#233;s et v&#233;rifiables. Coh&#233;rence : ne pas confondre opportunit&#233; diplomatique et alignement id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diversifier nos partenaires est l&#233;gitime ; r&#233;p&#233;ter les d&#233;pendances du pass&#233; serait suicidaire. Les chasse-neiges, les MIG et les t&#233;l&#233;ph&#233;riques rappellent le prix des choix faits sans lucidit&#233;&#8230; ou sans courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une le&#231;on de r&#233;alisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'a pas vocation &#224; devenir un nouveau laboratoire g&#233;opolitique. Tout au moins pas dans ce sens. Le pays a besoin de stabilit&#233;, de comp&#233;tences, et d'investissements utiles. Les grandes puissances doivent &#234;tre des partenaires, pas des tuteurs &#8212; et encore moins des sangsues. On a d&#233;j&#224; donn&#233;, merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diplomatie malgache doit redevenir un instrument de d&#233;veloppement, non une vitrine d'ego politiques. Le vrai danger, c'est la pr&#233;cipitation : un pouvoir stress&#233; pris entre le marteau des sanctions et l'enclume d'un peuple &#233;puis&#233; risque de c&#233;der aux sir&#232;nes faciles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance ne s'affirme pas &lt;strong&gt;contre&lt;/strong&gt; quelqu'un, mais &lt;strong&gt;pour&lt;/strong&gt; quelque chose : la capacit&#233; d'un &#201;tat &#224; d&#233;cider, produire et prot&#233;ger. Voil&#224; le principe qui devrait guider nos n&#233;gociations, qu'elles aient lieu &#224; Paris, P&#233;kin ou Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maladresses (je reste poli) fran&#231;aises ont pr&#233;par&#233; le terrain ; les ambitions russes s'y engouffrent. D'autres ; pas moins opaques, vont s'y engouffrer. Mais la responsabilit&#233; ultime appartient aux malagasy : celle de ne pas r&#233;p&#233;ter les erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chasse-neiges des ann&#233;es 70 et le t&#233;l&#233;ph&#233;rique de 2025 ne sont pas que des aberrations techniques : ce sont les symboles d'une c&#233;cit&#233; politique face au cynisme des puissances. La Russie, &#224; peine moins que la France dans son attitude r&#233;cente, n'a pas donn&#233; la preuve d'un grand respect pour ses interlocuteurs. Il ne faut oublier ni les MIGs, ni les chasse-neiges, ni le Sahel de l'AES&#8230; et ses colonels&#8230;.Ni les t&#233;l&#233;ph&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; le pays cherche sa voie, souvenons-nous : la souverainet&#233; n'est pas un alignement, mais une lucidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH324/mig-21-maf1-24bfc.jpg?1761109844' width='500' height='324' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 21/10/2025&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Transition politique &#224; Madagascar : deux ans pour restaurer la l&#233;gitimit&#233; par la justice</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Transition-politique-a-Madagascar.html</link>
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		<dc:date>2025-10-20T04:38:39Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 20 Oct 2025 07:38:39 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'&#233;crivais il y a (d&#233;j&#224; !) 13 ans &#171; [&#8230;] cette transition n'est pas la premi&#232;re que vit le pays &#8230; 1960, 1972, 1975, 1991, 2002 &#8230; Si on ne bat pas un record l&#224;, on ne doit pas en &#234;tre bien loin &#8230; Le pays vit des crises &#224; r&#233;p&#233;tition, c'est une LaPalissade. Mais, justement, n'est-il pas int&#233;ressant de s'attacher non pas aux crises elles-m&#234;mes, mais &#224; ces p&#233;riodes de transition manqu&#233;es, &#224; leurs dynamiques propres et aux processus inaboutis qui auraient th&#233;oriquement d&#251; r&#233;soudre le probl&#232;me de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19718 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L336xH505/image-3-2-c88c0.jpg?1761187048' width='336' height='505' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivais il y a (d&#233;j&#224; !) 13 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#171; [&#8230;] &lt;i&gt;cette transition n'est pas la premi&#232;re que vit le pays &#8230; 1960, 1972, 1975, 1991, 2002 &#8230; Si on ne bat pas un record l&#224;, on ne doit pas en &#234;tre bien loin &#8230; Le pays vit des crises &#224; r&#233;p&#233;tition, c'est une LaPalissade. Mais, justement, n'est-il pas int&#233;ressant de s'attacher non pas aux crises elles-m&#234;mes, mais &#224; ces p&#233;riodes de transition manqu&#233;es, &#224; leurs dynamiques propres et aux processus inaboutis qui auraient th&#233;oriquement d&#251; r&#233;soudre le probl&#232;me de la d&#233;mocratisation du pays&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Et si on rajoute d&#233;sormais &#224; cette &#233;num&#233;ration 2009, 2025 &#8230; La question se pose donc de mani&#232;re encore plus aig&#252;e&#8230; Parce qu'aucune des transitions politiques successives n'a permis de restaurer la confiance entre l'Etat et les citoyens. Le mot &lt;i&gt;transition &lt;/i&gt; s'est us&#233; &#224; force d'&#234;tre invoqu&#233; sans jamais produire de rupture r&#233;elle avec les pratiques du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte qu'un ami m'&#233;non&#231;ait : &#171; &lt;i&gt;Une transition de deux ans n'est pas cr&#233;dible, sauf si nous organisons une justice transitionnelle pendant la transition politique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation, d'apparence technique, pose une question centrale : comment redonner sens &#224; une p&#233;riode d'exception sans qu'elle ne se transforme en une nouvelle parenth&#232;se de consolidation pour les forces d&#233;j&#224; en place ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse tient dans un postulat simple en forme de rappel : la justice est le fondement de toute l&#233;gitimit&#233; politique durable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transition : un outil exceptionnel qui exige un contrat moral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une transition n'est pas un r&#233;gime de gouvernement ordinaire. Il s'agit d'un moment d'exception qui doit r&#233;parer une rupture de l'ordre constitutionnel et &#224; pr&#233;parer le retour &#224; la l&#233;galit&#233; r&#233;publicaine&#8230; ET &#224; la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir&#8230; Mais cette r&#233;paration ne peut &#234;tre seulement institutionnelle. Elle doit &#234;tre &#233;galement morale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas pr&#233;sent, la &lt;i&gt;Charte de Transition de la R&#233;publique&lt;/i&gt; adopt&#233;e par le Conseil de D&#233;fense Nationale de Transition (CDNT) semble fixer des principes : restauration de l'&#233;thique publique, refondation de l'&#201;tat, r&#233;conciliation nationale, retour &#224; la l&#233;galit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ici la dur&#233;e envisag&#233;e de vingt-quatre mois, possiblement renouvelable une fois, ne peut &#234;tre justifi&#233;e que si elle s'accompagne d'un engagement ferme &#224; rendre compte des d&#233;rives du pass&#233;&#8230; Et &#224; pr&#233;venir leur r&#233;p&#233;tition. Si c'est pour laisser le champ d&#233;vast&#233; dans le m&#234;me &#233;tat, autant rendre la main sous 60 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de la transition ne doit pas se mesurer en mois, mais en sinc&#233;rit&#233;. Deux ans peuvent suffire &#224; condition que chaque jour soit consacr&#233; &#224; r&#233;tablir la confiance du peuple dans l'&#201;tat &#8230; Donc &#224; r&#233;habiliter les institutions &#8230; Donc &#224; restaurer la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice transitionnelle : un instrument de v&#233;rit&#233; et de refondation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;justice transitionnelle&lt;/i&gt; n'a pas pour vocation de punir syst&#233;matiquement. Elle n'a pas vocation &#224; venger. Dieu nous garde de r&#233;inventer la Terreur &#224; la malagasy et ses horreurs&#8230; La justice transitionnelle vise &#224; &#233;tablir la v&#233;rit&#233;, &#224; reconna&#238;tre les torts, &#224; r&#233;parer les victimes &#8230; Et veut garantir qu'on ne r&#233;p&#232;te plus ces d&#233;rives et ces abus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle devrait se d&#233;ployer &#224; travers plusieurs leviers : a) la mise en place de commissions v&#233;rit&#233; et r&#233;conciliation (&lt;i&gt;&#171; encore !!! &#187; diront justement certains&#8230; Mais que celles-ci soient effectivement mises en place et en op&#233;rantes&lt;/i&gt;) b) l'ouverture des archives politiques et militaires, c) la reconnaissance publique des violations des droits fondamentaux et d) la r&#233;forme des institutions judiciaires et s&#233;curitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre contexte malagasy, cette d&#233;marche est incontournable. Les crises de 1972, 1991, 2002, 2009 et 2025 ont toutes en commun un encha&#238;nement de violations des droits humains, de manipulations institutionnelles et de compromissions entre &#233;lites politiques, militaires et &#233;conomiques, qui elles-m&#234;mes ont fait suite &#224; des logiques de spoliation, de corruption, de n&#233;potisme et autres collusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alliances bleues symbolisent ce m&#233;lange des sph&#232;res de pouvoir o&#249; se sont confondues autorit&#233; politique, force arm&#233;e et int&#233;r&#234;t priv&#233;. Ce sont ces interconnexions, souvent &#233;voqu&#233;es, parfois fantasm&#233;es mais jamais &#233;lucid&#233;es qui nourrissent ce sentiment d'impunit&#233;. Sentiment d'impunit&#233; qui mine la cr&#233;dibilit&#233; de tout processus dit de transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette commission ind&#233;pendante v&#233;rit&#233; et justice devrait donc &#234;tre institu&#233;e d&#232;s le d&#233;but de la p&#233;riode transitoire. Sa mission ne serait pas de juger en lieu et place des tribunaux, mais de produire un r&#233;cit officiel, document&#233;, des d&#233;rives du pass&#233; et de formuler des recommandations contraignantes pour la r&#233;forme des institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cit qui servira de socle, ENFIN, &#224; la construction d'une Histoire accept&#233;e par tous&#8230; Et d'une Nation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La v&#233;rit&#233; comme condition de la r&#233;conciliation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Charte de Transition &#233;voque la &lt;i&gt;r&#233;conciliation nationale&lt;/i&gt; comme objectif central, mais sans en pr&#233;ciser les instruments. Cette r&#233;conciliation ne peut &#234;tre d&#233;cr&#233;t&#233;e. Elle suppose la reconnaissance de la v&#233;rit&#233; et l'engagement la r&#233;paration des injustices. Elle ne serait, sinon, qu'un nouvel artifice politique : une amnistie de fait qui efface les fautes sans corriger les causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transitions pr&#233;c&#233;dentes ont peut-&#234;tre &#233;chou&#233; pour cette raison : certains ont confondu RECONCILIATION et OUBLI (commode). En 2009, la HAT avait d&#233;j&#224; promis la moralisation de la vie publique et la justice pour les victimes. A-t-on vu autre chose que de l'engagement purement et idiotement symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs responsables des pr&#233;c&#233;dentes d&#233;rives institutionnelles n'ont-ils pas &#233;t&#233; jusqu'ici (r&#233;)int&#233;gr&#233;s dans le syst&#232;me politique sans avoir &#224; rendre de comptes. Ce processus mortif&#232;re alimente le scepticisme populaire et d&#233;cr&#233;dibilise les institutions qui seront issues des prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;conciliation durable repose de fait sur un diagnostic partag&#233; du pass&#233;. Cela implique de rendre visibles les responsabilit&#233;s : celles des dirigeants, des forces justice et de s&#233;curit&#233;, mais aussi des r&#233;seaux &#233;conomiques qui ont profit&#233; du chaos (KO ?) de l'&#201;tat. Sans cette mise &#224; plat on ne fera que pr&#233;parer la prochaine crise. En particulier si la transition ne garantit pas a minima sa transparence, son ind&#233;pendance et sa capacit&#233; &#224; la reddition des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces garanties constituent le socle d'un &#201;tat transitoire l&#233;gitime. Elles traduiront la volont&#233; ou non de substituer d'une part la redevabilit&#233; &#224; la Nation &#224; la personnalisation du pouvoir et, d'autre part, la transparence &#224; la connivence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ici, les enjeux d'ind&#233;pendance en termes d'organes de justice transitionnelle sont essentiels. Ces organes doivent &#234;tre compos&#233;s de personnalit&#233;s reconnues pour leur int&#233;grit&#233; et non affili&#233;es &#224; des partis ou des institutions militaires. La pr&#233;sence d'experts &#233;trangers ou d'observateurs r&#233;gionaux pourrait id&#233;alement renforcer cette cr&#233;dibilit&#233;, sans qu'elle puisse pour autant porter atteinte &#224; la souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transition, un temps limit&#233; pour une &#339;uvre durable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux ans peuvent para&#238;tre courts pour reconstruire un &#201;tat. Mais 730 jours para&#238;tront longs pour une population qui attend d&#233;sormais des r&#233;sultats tangibles. L'enjeu n'est donc pas la dur&#233;e, mais la clart&#233; des priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tablir la justice et la v&#233;rit&#233; historique &#224; travers une commission nationale ind&#233;pendante, r&#233;former les institutions garantes de la d&#233;mocratie, pr&#233;parer des &#233;lections inclusives et cr&#233;dibles sont trois chantiers prioritaires de la transition qui se met en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre ambition &#8211; au-del&#224; des logiques de redressement &#233;conomique et d'actions sociales imm&#233;diates &#8211; que seraient la r&#233;daction pr&#233;cipit&#233;e d'une nouvelle Constitution, la multiplication des minist&#232;res, ou la recherche de consensus artificiels &#8212;diluerait la mission premi&#232;re de la transition : rendre l'&#201;tat &#224; la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice comme condition de la l&#233;gitimit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La transition ne sera jug&#233;e que sur un seul crit&#232;re : aura-t-elle restaur&#233; la confiance des Malagasy dans leurs institutions ? Cette confiance ne na&#238;tra ni de promesses, ni de discours, mais de la conviction que nul n'est au-dessus de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Organiser une justice transitionnelle n'est pas un luxe acad&#233;mique, c'est une exigence politique et historique. Elle seule permettra d'interrompre le cycle des crises, d'assainir la vie publique et de rendre aux citoyens le sentiment que la R&#233;publique existe encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans de transition ne seront cr&#233;dibles que s'ils sont deux ans de v&#233;rit&#233;, de justice et de r&#233;forme. Sans cela, la p&#233;riode ne fera que reproduire l'histoire d'une R&#233;publique suspendue, incapable de se juger pour mieux rena&#238;tre. La justice n'est pas un volet secondaire du processus politique : elle en est le c&#339;ur, la condition de l&#233;gitimit&#233; et la seule promesse que la transition puisse tenir envers le peuple malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 18/10/25&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2012/01/09/50-ans-de-transition-1ere-partie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2012/01/09/50-ans-de-transition-1ere-partie/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'impasse absolue&#8230; Il doit partir</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/L-impasse-absolue-Il-doit-partir.html</link>
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		<dc:date>2025-10-10T05:22:46Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 10 Oct 2025 08:22:46 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il a cru que le peuple l'aimait &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a cru que le peuple l'aimait. Parce qu'il lui offrait du riz, de l'huile et des lampes solaires. Parce qu'il pensait qu'un concert ou un t-shirt valaient bulletin de confiance. Parce qu'il confondait assistance et adh&#233;sion. Il s'est convaincu que quelques distributions suffiraient &#224; calmer la faim&#8230; Et &#224; &#233;teindre les frustrations &#8230; &#171; le malagasy n'est pas pauvre&#8230; Il ne mange pas de caviar, mais il est heureux &#187; , disait-il &#224; un m&#233;dia &#233;tranger. Il a cru (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19653 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L352xH350/edito-3-96658.jpg?1761187048' width='352' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il a cru que le peuple l'aimait&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a cru que le peuple l'aimait. Parce qu'il lui offrait du riz, de l'huile et des lampes solaires. Parce qu'il pensait qu'un concert ou un t-shirt valaient bulletin de confiance. Parce qu'il confondait assistance et adh&#233;sion. Il s'est convaincu que quelques distributions suffiraient &#224; calmer la faim&#8230; Et &#224; &#233;teindre les frustrations &#8230; &#171; le malagasy n'est pas pauvre&#8230; Il ne mange pas de caviar, mais il est heureux &#187; , disait-il &#224; un m&#233;dia &#233;tranger. Il a cru que le peuple &#233;tait na&#239;f. Il n'a pas compris que, si une petite partie de ce peuple pouvait lui rester acquise par une visc&#233;rale fid&#233;lit&#233; endog&#232;ne, la plus grande partie attendait son heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Acheter la paix, louer la loyaut&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a cru qu'en payant, il pouvait se s&#233;curiser. Des enveloppes de 500 000 ar pour les forces de l'ordre, des primes pour les cadres, des postes pour les fid&#232;les. Tout s'est achet&#233;, tout s'est n&#233;goci&#233;. Jusqu'&#224; la loyaut&#233;. Mais quand l'argent se tarira, la loyaut&#233; restera-t-elle ?.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les grad&#233;s ont pris, sans croire. Les policiers ont ob&#233;i, sans adh&#233;rer. La hi&#233;rarchie a suivi, par r&#233;flexe, et pas n&#233;cessairement par conviction. Aujourd'hui, certains regardent d&#233;j&#224; ailleurs. Ils savent que la protection du pouvoir ne vaut probablement plus grand-chose dans cette atmosph&#232;re de fin de r&#232;gne o&#249; il va falloir trouver de quoi survivre face &#224; l'hostilit&#233; publique. &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La rupture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture est l&#224;. Totale. Irr&#233;m&#233;diable. Et l'impasse est absolue. Trop de mensonges, trop de promesses recycl&#233;es, trop d'arrogance. Les d&#233;lestages, les scandales, les inaugurations r&#233;p&#233;t&#233;es. Les erreurs assum&#233;es sans cons&#233;quence.&lt;br class='manualbr' /&gt;La communication comme seule politique. Les d&#233;penses somptuaires. Le n&#233;potisme familial. Les chiffres gonfl&#233;s, les bilans trafiqu&#233;s. Le pays ne l'&#233;coute plus. Sa voix ne produit plus d'effet. Son autorit&#233; ne repose plus sur rien. Il parle d&#233;sormais seul, dans le vide. Impasse absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;conomie hors service&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#233;tend redresser les choses, r&#233;soudre les dysfonctionnements. Il &#233;met la promesse de partir &#8230; dans un an &#8230; Si les probl&#232;mes de Jirama ne sont pas r&#233;solus&#8230; Mat&#233;riellement, les caisses vides, pourra-t-il seulement &#233;baucher la moindre solution ? Et fonde-t-on un programme sur la seule promesse d'une al&#233;atoire am&#233;lioration de la distribution d'&#233;lectricit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie est en panne, Jirama ou pas Jirama. Les jeunes partent, Avec une inflation toujours insupportablement &#233;lev&#233;e &#224; plus de 8%, un PIB &#224; la croissance insuffisante pour r&#233;sorber la pauvret&#233;, le taux de celle-ci atteindra 85 &#224; 90 % en 2026( !!!). Les bailleurs sont lass&#233;s. Trop d'irr&#233;gularit&#233;s, trop d'interf&#233;rences politiques. Les financements existent, mais ne sont plus d&#233;caiss&#233;s. Les conditionnalit&#233;s sont ignor&#233;es, les dossiers ralentis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#8220;Plan &#201;mergence Madagascar&#8221; n'est plus cit&#233; que par ses r&#233;dacteurs. Aucun indicateur n'a &#233;t&#233; tenu. Les infrastructures vitrines n'ont pas cr&#233;&#233; d'emplois. L'&#201;tat survit sur les restes des programmes des bailleurs et des taxes &#224; la consommation. Tout est &#224; l'arr&#234;t, sauf la propagande. Sauf son hubris d&#233;mesur&#233;. Que pourra t il redresser ? Impasse &#233;conomique absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'isolement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impasse est aussi politique. Le pouvoir est isol&#233;. Les alliances bleues anciennes se d&#233;font&#8230; Quand elles ne mutent pas en guerres d&#233;clar&#233;es. Les partenaires ext&#233;rieurs se tiennent &#224; distance. Les bailleurs attendent la suite faute d&#8216; interlocuteur cr&#233;dible. Autour de lui, le vide. Quelques fid&#232;les de circonstance. Les institutions fonctionnent &#224; l'inertie. Plus personne ne prend de d&#233;cision de fond. Le syst&#232;me tourne sur lui-m&#234;me. Il n'y a plus d'&#233;coute, plus de respect, plus d'image. L'usure politique est devenue une donn&#233;e structurelle&#8230; La nomination contrainte de hauts grad&#233;s au gouvernement faute d'alternative en est l'image&#8230; Impasse politique absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le constat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a cru que le peuple l'aimait. Il a cru que l'argent et la peur suffiraient &#224; le prot&#233;ger. Il a cru que la communication rempla&#231;ait la gestion. Il s'est tromp&#233; sur tout. La rupture est d&#233;finitive.&lt;br class='manualbr' /&gt;L'impasse soci&#233;tale est absolue. Il n'y a plus de confiance, plus de cr&#233;dit, plus d'autorit&#233;. Le d&#233;part est in&#233;vitable. Sa forme d&#233;cidera du reste. S'il s'accroche, le pays basculera dans l'instabilit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;S'il part dans l'ordre, le pays pourra respirer. Mais une chose est acquise : le cycle Rajoelina est termin&#233;. Politiquement, moralement, &#233;conomiquement. La suite appartient &#224; ceux qui n'ont plus rien &#224; perdre et qui ne veulent plus &#234;tre tromp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le danger de l'acharnement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire serait qu'il s'accroche. Qu'il choisisse la force plut&#244;t que la sortie. Que ces images de bless&#233;s ou de barbarie sordide de ces bidasses, se banalisent. Qu'il transforme la peur en m&#233;thode de gouvernement. Ce serait la d&#233;rive finale : un pouvoir sans contr&#244;le, une r&#233;pression sans limite. Un &#201;tat qui ne prot&#232;ge plus, mais qui &#233;crase. Un chef retranch&#233; derri&#232;re ses milices, coup&#233; du r&#233;el, enferm&#233; dans la parano&#239;a du maintien. La cons&#233;quence d&#233;passerait le champ du politique. Ce serait une rupture morale, ontologique, m&#233;taphysique &#8230; qui viderait le pays de ce qui lui reste de sens, gouvern&#233; par la peur et o&#249; plus rien ne relierait les citoyens entre eux.&lt;br class='manualbr' /&gt;Un pr&#233;sident qui r&#232;gne contre son peuple n'est plus qu'un tyran, et un peuple gouvern&#233; par la peur cesse d'&#234;tre une nation. &#171; Je ne peux pas faire pire que Ravalomanana &#187; pariait il &#224; l'&#233;poque&#8230; Il a malheureusement largement gagn&#233; son d&#233;fi &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;part n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit donc partir. Le postulat &#233;nonc&#233; ne rel&#232;ve plus de l'opinion&#8230; C'est un constat d'&#233;vidence. Il ne peut plus gouverner. Rester, c'est prolonger la crise. C&#233;der c'est trahir son camp (et ses propres int&#233;r&#234;ts) &#8230; Partir, c'est offrir une (petite) chance de stabilisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un d&#233;part improvis&#233; serait dangereux. On l'a v&#233;cu d&#233;j&#224; v&#233;cu. L'&#201;tat malagasy est trop fragile pour encaisser encore une vacance brutale. Les forces de l'ordre sont fragment&#233;es si ce n'est en rivalit&#233; ouverte &#8230; Les administrations d&#233;sorganis&#233;es. Le S&#233;nat et son stetson n'ont ni autorit&#233; ni l&#233;gitimit&#233; pour assurer une transition.&lt;br class='manualbr' /&gt;Il faut donc pr&#233;parer cette sortie. La n&#233;gocier, l'encadrer, la s&#233;curiser. Non pas pour le prot&#233;ger, lui, le titulaire du pouvoir, mais bien pour prot&#233;ger le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de rupture brutale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population n'acceptera pas un nouveau cycle d'autoritarisme d&#233;guis&#233;. Mais le coup d'&#201;tat n'est pas une solution. On le sait. Il ne produirait qu'encore plus de chaos, de r&#232;glements de comptes, de magouilles et de luttes intestine st&#233;riles.&lt;br class='manualbr' /&gt;Le pays n'a pas besoin d'une chute spectaculaire, il a besoin d'un ATTERRISSAGE CONTR&#212;L&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;La rue ne veut pas de militaires, elle veut du changement r&#233;el. Mais une rupture brutale ouvrirait la porte &#224; l'effondrement institutionnel, &#224; la divisions des forces arm&#233;es, aux violences sociales, et &#224; la paralysie &#233;conomique&#8230; Et de fait au d&#233;sespoir collectif. Sans transition encadr&#233;e, le pays risque la fragmentation . Seul un d&#233;part n&#233;goci&#233; ou un accord politique impos&#233; clair , soutenu par les instances morales, les jeunes, et la soci&#233;t&#233; civile, autour d'un calendrier de d&#233;part, d'une d&#233;l&#233;gation progressive du pouvoir et de la garantie de continuit&#233; des services publics peut pr&#233;server la stabilit&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Une supervision par une instance morale reconnue et accept&#233;e de tous devra mener, avec un nouveau gouvernement, &#224; des &#233;lections apais&#233;es.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce n'est pas un luxe, c'est une condition de survie nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'apr&#232;s &#224; construire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;part d'Andry Rajoelina ne sera pas une d&#233;livrance. Juste une respiration. Une parenth&#232;se o&#249; tout peut encore basculer, dans un sens ou dans l'autre. Ce d&#233;part ne fera pas dispara&#238;tre la mis&#232;re, ni la corruption, ni le d&#233;sordre. Mais il ouvre un passage &#233;troit, fragile. Une chance de reprendre souffle avant que l'on se noie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'une solution de transition. Cette transition devra &#234;tre simple, nette, sans maquillage politique&#8230; Pour stabiliser, auditer, pr&#233;parer des &#233;lections auxquelles on puisse enfin croire et qui nous ressemblent. Pour r&#233;tablir un minimum de confiance entre l'&#201;tat et ceux qu'il a trahis.&lt;br class='manualbr' /&gt;Les &#233;glises, les syndicats, les partis, la soci&#233;t&#233; civile, la communaut&#233; &#233;conomique, devront en poser les n&#233;cessaires garde-fous. Mais ce sont les jeunes &#8212; ceux qui se sont lev&#233;s &#8212; qui donneront la mesure du possible. Eux n'attendront plus.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quant &#224; l'arm&#233;e, elle, devra simplement veiller. Les bailleurs, accompagner sans s'imposer. Et nous, surtout, &#233;viter la vengeance&#8230; Et reconstruire sans r&#233;p&#233;ter.&lt;br class='manualbr' /&gt;Parce que reb&#226;tir un pays, ce n'est pas que tourner la page. C'est refuser d'&#233;crire les suivantes avec la m&#234;me encre contamin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin d'un pouvoir, d&#233;but d'un inventaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana Pitchboule)- 09/10/25&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/10/09/les-chroniques-de-ragidro-limpasse-absolue-il-doit-partir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Robots et fant&#244;mes : quand le pouvoir nie jusqu'&#224; l'existence de ses propres citoyens</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Robots-et-fantomes-quand-le.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Robots-et-fantomes-quand-le.html</guid>
		<dc:date>2025-10-06T06:43:15Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 06 Oct 2025 09:43:15 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'allocution du pr&#233;sident malgache de ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi m'a &#233;videmment fait rire&#8230; Probablement comme beaucoup &#224; en voir la floraison de caricatures et de mots d'esprit qui lui ont aussit&#244;t r&#233;pondu sur la toile &#8230; m&#234;me si je gardais de l'inqui&#233;tude en arri&#232;re pens&#233;e des menaces &#224; peine voil&#233;es que contenait son discours. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#224; lire le dernier communiqu&#233; du r&#233;gime, ce qui pourrait &#234;tre une mauvaise farce cyberpunk (c'est &#224; la mode ici) m'a profond&#233;ment irrit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La farce cyberpunk qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L334xH500/image-3-c94f6.jpg?1761187048' width='334' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'allocution du pr&#233;sident malgache de ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi m'a &#233;videmment fait rire&#8230; Probablement comme beaucoup &#224; en voir la floraison de caricatures et de mots d'esprit qui lui ont aussit&#244;t r&#233;pondu sur la toile &#8230; m&#234;me si je gardais de l'inqui&#233;tude en arri&#232;re pens&#233;e des menaces &#224; peine voil&#233;es que contenait son discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; lire le dernier communiqu&#233; du r&#233;gime, ce qui pourrait &#234;tre une mauvaise farce cyberpunk (c'est &#224; la mode ici) m'a profond&#233;ment irrit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour &#233;crire deux papiers en trois jours, il fallait que je sois f&#226;ch&#233;&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La farce cyberpunk qui tourne au tragique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'en fait, que sont les contestations sociales ? Ce seraient donc de simples &#171; robots &#187;, des &#171; cyberattaques &#187; t&#233;l&#233;guid&#233;es de l'&#233;tranger, des &#171; intelligences artificielles &#187; inject&#233;es par des puissances obscures (ou mal&#233;fiques, au choix). C'est donc tout&#8230; sauf la r&#233;alit&#233; : des jeunes (et des moins jeunes) qui en ont assez des coupures, de la mis&#232;re, de l'injustice, de la corruption &#8230; et dont les vies restent suspendues &#224; l'esp&#233;rance d'un avenir plus digne. Ceux l&#224; n'existent pas&#8230; &#171; Vous avez vu des contestataires avec des revendications l&#233;gitimes ? Moi pas &#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la farce tourne au tragique. Car ce communiqu&#233; r&#233;v&#232;le que ce discours n'est pas une maladresse isol&#233;e d'un dirigeant dont on d&#233;nonce depuis quinze ans l'hubris. Ce discours est r&#233;p&#233;t&#233;, scand&#233; par les membres du gouvernement&#8230; Y compris ceux qu'on croyait les plus brillants&#8230; R&#233;cital de l'absurde, o&#249; le d&#233;lire de toute puissance du chef devient la partition obligatoire d'un orchestre d&#233;sormais muet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le manuel du d&#233;ni&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; que l'ironie se change en danger. Car ce qui pouvait passer pour une maladresse isol&#233;e devient une v&#233;ritable m&#233;thode, presque un cat&#233;chisme. On n'est plus dans l'erreur, mais dans une strat&#233;gie, une p&#233;dagogie du d&#233;ni que l'on d&#233;cline dans le manuel du pouvoir en cinq le&#231;ons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on 1 &#8211; Le d&#233;ni de r&#233;alit&#233; : rien n'est vrai, sauf le complot. Les coupures d'eau, le prix du riz, les d&#233;lestages, la mis&#232;re urbaine ? Balay&#233;s : Illusions fabriqu&#233;es par l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on n&#176;2 &#8211; La parano&#239;a s&#233;curitaire : l'ennemi est partout&#8230; surtout l&#224; o&#249; il n'est pas. Chaque jeune manifestant devient un agent infiltr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on n&#176;3 &#8211; La diabolisation des opposants : Ce ne sont pas des citoyens, mais des pantins t&#233;l&#233;guid&#233;s, des marionnettes de forces obscures (mal&#233;fiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on n&#176;4 La strat&#233;gie de diversion : quand la mis&#232;re hurle, on parle d'algorithmes mal&#233;fiques. Les coupures d'eau deviennent un &#171; bug &#187; g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le&#231;on n&#176; 5 &#8211; L'alignement oblig&#233; : interdiction aux membres du gouvernement de rompre la chorale. Le d&#233;lire du chef devient la v&#233;rit&#233; de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;j&#224; vu ailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on l'a trop souvent vu d&#233;rouler ce manuel. Car ce discours n'est pas nouveau. Il porte la marque de r&#233;gimes fragilis&#233;s, qui choisissent la fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse du Zimbabwe de Mugabe, du Cameroun 2019 , de Guin&#233;e 2020, de Tunisie 2011, d'Iran, de la Russie, de la Chine, ce sont les m&#234;mes rengaines et les m&#234;mes caricatures &#8230; Ce ne sont jamais les d&#233;cennies d'incomp&#233;tence, de client&#233;lisme et de corruption que l'on remettra en question pour caract&#233;riser les manifestations &#8230; On attribuera les troubles &#224; d'obscures manipulations &#233;trang&#232;res, &#224; des agitateurs financ&#233;s de l'ext&#233;rieur, &#224; des extr&#233;mistes manipul&#233;s&#8230; Ou &#224; des tra&#238;tres. &#171; On en a m&#234;me les preuves &#8230; Fournies par nos experts en cybers&#233;curit&#233; &#187; &#171; &#8230; Preuves que bien s&#251;r personne ne verra jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours le m&#234;me sch&#233;ma : externalise la responsabilit&#233;, d&#233;l&#233;gitime la contestation, tu justifieras mieux de la r&#233;pression. Mais derri&#232;re cette m&#233;canique r&#233;p&#233;t&#233;e se cache quelque d'extr&#234;mement grave : la n&#233;gation m&#234;me de l'existence de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nier l'autre pour mieux l'effacer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui rend la chose insupportable, ce n'est pas seulement l'absurdit&#233; du discours. C'est la violence symbolique radicale qu'il contient : nier l'alt&#233;rit&#233;. L'autre n'est plus un citoyen qui souffre, mais un objet manipul&#233;. Il n'a plus de voix, plus de droits, plus de dignit&#233;. Il est r&#233;duit &#224; une fonction : celle de menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philosophiquement. L'autre n'est plus un visage, mais une ombre. Politiquement, c'est la d&#233;shumanisation : on gouverne plus facilement contre des &#171; agents &#187; que contre des voisins. Psychologiquement, c'est un &#233;vitement : si l'autre n'existe pas, je n'ai pas &#224; r&#233;pondre de son malheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et historiquement, c'est la premi&#232;re &#233;tape de toutes les violences de masse : avant de frapper, on efface. Avant de tuer, on nie. Dachau et Gaza et d'autres drames sont l&#224; pour nous rappeler que &#171; nier l'existence de l'autre, c'est d&#233;j&#224; commencer &#224; vouloir le faire dispara&#238;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;GEN Z, cible et espoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;canique n'appartient pas qu'au pass&#233; : elle s'actualise sous nos yeux. Et aujourd'hui, c'est notre jeunesse malgache, la GEN Z, qui se retrouve directement vis&#233;e par cette intimidation de la part du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces jeunes qui n'ont pas grandi avec 2009, qui ne portent pas nos vieilles rancunes, mais qui veulent simplement vivre autrement, le pouvoir les traite comme des robots, des avatars, des fant&#244;mes. L'intimidation est claire : vous n'&#234;tes rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment peuvent-ils (doivent-ils) r&#233;sister &#224; cette n&#233;gation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GEN Z n'a pas besoin de mode d'emploi. Elle sait d&#233;j&#224; que pour survivre, il faut raconter sa v&#233;rit&#233; face aux fables officielles, tenir ensemble quand la peur cherche &#224; isoler, et s'ancrer dans la vie quotidienne des familles et des quartiers pour ne pas rester enferm&#233;e dans l'image de &#171; jeunes rebelles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a compris aussi que le num&#233;rique est &#224; la fois un terrain d'attaque et une arme de d&#233;fense, qu'il faut manier avec prudence, inventivit&#233; et humour. Et surtout, elle sait qu'elle ne doit pas se laisser entra&#238;ner dans les pi&#232;ges de la violence : l'art, le rire, les symboles d&#233;tourn&#233;s frappent plus fort que les pierres. Enfin, elle n'est pas seule : la diaspora, les ONG, les regards ext&#233;rieurs savent reconna&#238;tre en elle non pas une marionnette, mais une g&#233;n&#233;ration debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'est pas seule. Derri&#232;re elle se tiennent les g&#233;n&#233;rations qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e, : les baby- boomers, la g&#233;n&#233;ration X des d&#233;sillusions, les Y et les mill&#233;nials qui ont port&#233; les contradictions d'un monde en crise. A eux d'accompagner, &#224; elle d'inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si le r&#233;gime voit des robots, des algorithmes, des fant&#244;mes, c'est peut-&#234;tre parce qu'il n'ose plus regarder en face les personnes de chair et de sang qu'il a trahies.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; 03/10/25&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/10/03/les-chroniques-de-ragidro-robots-et-fantomes-quand-le-pouvoir-nie-jusqua-lexistence-de-ses-propres-citoyens/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour &#233;crire deux papiers en trois jours, il fallait que je sois f&#226;ch&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>G&#233;n&#233;ration One Piece : Wake Up 2013 n'a pas pris, Gen Z 2025 a explos&#233;</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Generation-One-Piece-Wake-Up-2013.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/Generation-One-Piece-Wake-Up-2013.html</guid>
		<dc:date>2025-10-03T05:16:53Z</dc:date>

      <pubDate>Fri, 03 Oct 2025 08:16:53 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Oui, je le reconnais volontiers : je suis de la g&#233;n&#233;ration des has been. De ceux qui ont v&#233;cu 2009. De ceux qui ont cru qu'un meeting, une p&#233;tition, une tribune pouvaient faire &#233;voluer les choses et peut-&#234;tre changer le pays. Je l'avais d'ailleurs &#233;crit dans mon texte : &#171; Nous avons v&#233;cu 2009. Pas eux. &#187; Eh bien, voil&#224;. Aujourd'hui Eux sont l&#224;. Et ils ne nous ressemblent pas. Et c'est tant mieux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une g&#233;n&#233;ration qui navigue autrement &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement Gen Z Madagascar ne s'inscrit dans aucune (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Oui, je le reconnais volontiers : je suis de la g&#233;n&#233;ration des has been.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;De ceux qui ont &lt;strong&gt;v&#233;cu 2009&lt;/strong&gt;. De ceux qui ont cru qu'un meeting, une p&#233;tition, une tribune pouvaient faire &#233;voluer les choses et peut-&#234;tre changer le pays.&lt;br class='manualbr' /&gt;Je l'avais d'ailleurs &#233;crit dans mon texte : &lt;i&gt;&#171; Nous avons v&#233;cu 2009. Pas eux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Eh bien, voil&#224;. Aujourd'hui &lt;strong&gt;Eux sont l&#224;&lt;/strong&gt;. Et ils ne nous ressemblent pas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et c'est tant mieux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L499xH500/edito-2-92a63.jpg?1761187048' width='499' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une g&#233;n&#233;ration qui navigue autrement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement Gen Z Madagascar ne s'inscrit dans aucune lign&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne descend pas de Wake Up, ni des luttes de 1972&#8230; Celles que j'ai v&#233;cues jeune et auxquelles GEN Z me fait avec un peu de nostalgie penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il descend encore moins (et c'est heureux) des mouvements de 2009. Il est vrai que le drapeau pirate de Luffy d&#233;tourn&#233; &#224; la Gasy est quand m&#234;me autrement plus cr&#233;atif et plus gai que des t-shirts orange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233; ailleurs : dans le monde num&#233;rique, dans les r&#233;seaux, dans la col&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette jeunesse ne lit pas nos manifestes, elle regarde des mangas.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle ne croit plus aux partis, elle croit aux crews.&lt;br class='manualbr' /&gt;Elle ne suit pas des leaders, elle suit des principes.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et c'est l&#224; que j'ai d&#233;couvert le socle symbolique de cette g&#233;n&#233;ration : le manga One Piece (oui, je sais &#8230; je suis has been).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;One Piece&lt;/i&gt; , un manifeste politique sans le dire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;One Piece&lt;/strong&gt;, c'est bien plus qu'un manga, ou un dessin anim&#233;, ou m&#234;me aujourd'hui une s&#233;rie (r&#233;jouissante) sur NetFlix. C'est une &#233;pop&#233;e politique d&#233;guis&#233;e en histoire de jeunes pirates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y apprend que :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;la libert&#233; vaut plus que la gloire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;l'amiti&#233; est une force r&#233;volutionnaire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;le pouvoir corrompt toujours,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;la dignit&#233; se conquiert par la loyaut&#233;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt;et que &lt;i&gt;le rire est une arme contre la peur&lt;/i&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Luffy et ses compagnons incarnent le refus du conformisme, le courage joyeux de ceux qui se battent sans haine, et la foi dans une fraternit&#233; horizontale.&lt;br class='manualbr' /&gt;Pas besoin de lire Marx ni Fanon.&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;i&gt;Ils ont Luffy.&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Et dans un monde satur&#233; de mensonges, &lt;strong&gt;cela suffit pour r&#234;ver juste&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les anciens parlaient, les jeunes &#233;coutaient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les jeunes agissent &#8212; et les anciens commentent. Je me souviens ici de Wake Up Madagascar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hommage &#224; Ketakandriana&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en 2013. C'&#233;tait magnifique. C'&#233;tait sinc&#232;re. Mais &#231;a n'a pas pris comme a pu prendre GEN Z.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Peut-&#234;tre parce que Wake Up &#233;tait trop raisonnable, trop &#8220;citoyen&#8221;, trop confiant dans les principes et la vertu de la morale publique. Wake Up croyait peut-&#234;tre qu'il fallait convaincre. Les GEN Z savent qu'il faut bousculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Wake Up &#224; Gen Z : le passage du verbe &#224; l'acte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wake Up Madagascar, c'&#233;tait une jeunesse urbaine, connect&#233;e, &#233;duqu&#233;e. Une &#233;lite qui r&#234;vait d'un &#201;tat meilleur. Mais qui ne parlait peut-&#234;tre pas assez la langue du peuple. Et qui n'avait pas encore les outils d'aujourd'hui et leur diffusion pour se propager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gen Z Madagascar, c'est la rue, le t&#233;l&#233;phone, la vid&#233;o, le hashtag. C'est la foule qui apprend &#224; dire non, &#224; filmer la violence, &#224; rire de ses oppresseurs. C'est le peuple num&#233;rique, sans leader, sans drapeau, sans parti &#8212; mais avec une conscience aigu&#235; de l'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wake Up voulait &#8220;r&#233;veiller les consciences&#8221;. Gen Z veut &#8220;r&#233;veiller le pays.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;volution connect&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, Wake Up imprimait encore des tracts. En 2025, ils font un live TikTok et atteignent 100 000 personnes. En 2013, les cam&#233;ras appartenaient aux journalistes. En 2025, chaque smartphone est une cam&#233;ra de v&#233;rit&#233;. Leur force, c'est la viralit&#233;. Leur arme, c'est la sinc&#233;rit&#233;. Leur champ de bataille, c'est la toile. Et quand ils enflamment la toile, ce sont les puissants qui tremblent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une col&#232;re saine et morale, pas haineuse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me frappe dans ce mouvement, c'est que malgr&#233; la rage, malgr&#233; la violence &#224; laquelle il est confront&#233;, malgr&#233; les tentatives de d&#233;cr&#233;dibilisation et les pillages, il reste digne et enthousiaste. Pas de violence gratuite, pas de vengeance. Une col&#232;re nette, claire, assum&#233;e. Ils ne veulent pas br&#251;ler le pays : ils veulent qu'on arr&#234;te de le voler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur &#8220;non-alignement&#8221; n'est pas un slogan. Leur &#8220;non-alignement&#8221; est une &#233;thique. Et cette &#233;thique-l&#224;, le peuple la sent. C'est ce qui explique leur cr&#233;dibilit&#233; spontan&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faut-il une th&#233;orie pour durer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la question qui revient souvent : &lt;i&gt;Peuvent-ils durer sans id&#233;ologie ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1972, la jeunesse avait Marx. En 2013, elle avait la morale. En 2025, elle a la rage m&#234;me si elle para&#238;t joyeuse. Mais la rage, si elle ne s'organise pas, s'&#233;puise. Le d&#233;fi pour Gen Z Madagascar, c'est donc d'apprendre &#224; penser sans se figer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas besoin de copier les anciens sch&#233;mas. Ils inventeront leurs mots, leurs symboles, leurs utopies. Et peut-&#234;tre qu'ils trouveront et adopteront, entre la spontan&#233;it&#233; et la strat&#233;gie, entre la cr&#233;ativit&#233; et les rencontres, une nouvelle grammaire politique plus &#233;thique, plus morale, plus durable, plus respectueuse des Communs. Une grammaire faite d'images, d'&#233;motions, de partages &#8212; et d'intelligence collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des &#8220;anciens&#8221;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre r&#244;le &#224; nous, les has been, n'est pas de les juger. Ni de leur donner des le&#231;ons. Et encore moins de les r&#233;cup&#233;rer. Notre r&#244;le, c'est de les accompagner. De leur pr&#234;ter un peu de notre 'exp&#233;rience &#8212; sans leur voler leur horizon. Nous avons nos cicatrices. Ils ont leur foi. Et c'est leur foi qui fera avancer le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parler au futur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas parler d'avenir sans parler au futur. Et on ne peut parler au futur &lt;strong&gt;qu'avec ceux qui le portent&lt;/strong&gt;. Ce futur, ce n'est pas dans les programmes, ni dans les institutions, mais dans les yeux de ces jeunes qui filment, dessinent, chantent, d&#233;noncent, codent et r&#234;vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, laissons-les naviguer (ce sont des pirates). M&#234;me si la mer est agit&#233;e. M&#234;me si nous ne comprenons pas toujours leur cap. On a r&#234;v&#233; de Libertalia, ils le r&#233;inventent peut &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#224; la fin, c'est &lt;strong&gt;eux&lt;/strong&gt; qui peuvent ramener Madagascar vers la lumi&#232;re. Et ce jour-l&#224;, peut-&#234;tre, nous pourrons sourire et dire, avec tendresse et humilit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons v&#233;cu 2009, pas eux. Mais c'est bien eux qui vivront 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; 02 octobre 2025&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hommage &#224; Ketakandriana&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'or de Madagascar ou le miroir d'une corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#8230;</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Les-chroniques-de-Ragidro-l-or-de.html</link>
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		<dc:date>2025-09-08T05:34:04Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 08 Sep 2025 08:34:04 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : Ce texte veut caract&#233;riser les d&#233;rives de la fili&#232;re aurif&#232;re malgache. Alors que les exportations officielles enregistr&#233;es en 2024 au guichet unique ne repr&#233;sentent que quelques kilos, plusieurs tonnes quitteraient chaque ann&#233;e le pays par des circuits parall&#232;les. L'exploitation repose sur des milliers d'orpailleurs travaillant dans des conditions pr&#233;caires, mais elle est en r&#233;alit&#233; structur&#233;e et prot&#233;g&#233;e par des r&#233;seaux m&#234;lant acteurs &#233;conomiques, judiciaires et s&#233;curitaires. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/dubai-gasy-or_illustration_720-68784.jpg?1761187049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Ce texte veut caract&#233;riser les d&#233;rives de la fili&#232;re aurif&#232;re malgache. Alors que les exportations officielles enregistr&#233;es en 2024 au guichet unique ne repr&#233;sentent que quelques kilos, plusieurs tonnes quitteraient chaque ann&#233;e le pays par des circuits parall&#232;les. L'exploitation repose sur des milliers d'orpailleurs travaillant dans des conditions pr&#233;caires, mais elle est en r&#233;alit&#233; structur&#233;e et prot&#233;g&#233;e par des r&#233;seaux m&#234;lant acteurs &#233;conomiques, judiciaires et s&#233;curitaires. Les m&#233;canismes de sous-d&#233;claration, de corruption et de contrebande aboutissent &#224; un blanchiment des profits, notamment &#224; Duba&#239;, souvent via l'immobilier. Les cons&#233;quences sont lourdes : pertes fiscales &#233;quivalant &#224; une part significative du budget national, d&#233;litement institutionnel et faible impact socio-&#233;conomique pour les populations locales. L'&#233;tude conclut sur l'urgence de mesures de transparence et de gouvernance adapt&#233;es pour redresser la situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19530 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH333/dubai-gasy-or_illustration_600-da545.jpg?1761187049' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Guichet Unique d'Exportation, structure mise en place l'ann&#233;e derni&#232;re par le d&#233;cret 2024-1345, &#233;tait cens&#233; encadrer et l&#233;galiser les ventes et l'exportation de l'or. Selon les donn&#233;es du minist&#232;re des mines, ont transit&#233; via ce guichet unique en dix mois &#8230;. Douze kilos de m&#233;tal jaune !!! Non &#8230; On ne r&#234;ve pas. DOUZE KILOS !!! &#8230; Quand on sait qu'on peut, au bas mot, estimer qu'une tonne de ce pr&#233;cieux m&#233;tal quitte clandestinement le pays chaque mois&#8230; Douze kilos face &#224; douze tonnes &#8230; Au cours actuel, soit 100$ le gramme &#8230; Douze kilos c'est donc un million deux cent mille dollars de valeurs d&#233;clar&#233;es (1 200 000 $) contre un milliard deux cent millions de dollars (1 200 000 000 $) de valeurs volatilis&#233;es si on avait pass&#233; nos douze tonnes &#8230; C'est donc un milliard cent quatre-vingt-dix-huit millions huit cent mille dollars (1 198 800 000 $) qui n'a pas &#233;t&#233; tax&#233; &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon&#8230; Certains esprits chagrins diront que mon estimation de douze tonnes d'or d&#233;tourn&#233;es par an est sur&#233;valu&#233;e &#8230; il ne s'agirait QUE&#8230; de sept tonnes !!! &#8230; AU FOU !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien ! Il ne faut pas aller chercher loin les moyens de financer les d&#233;ficits budg&#233;taires de l'Etat malgache. Il suffit d'aller vider les poches de tous ces pourris de la fili&#232;re or &#8230; et de mettre un grand coup de pied dans cette fourmili&#232;re aurif&#232;re&#8230; Et on aura de quoi construire des routes, des centres m&#233;dicaux, des centres de formation, des &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur et de soutenir l'investissement &#8230; Tiens, on pourrait m&#234;me monter un Fonds de l'Or Gasy sur l'or et sur les avoirs r&#233;cup&#233;r&#233;s pour soutenir le Fonds Souverain Malagasy qui a tant de mal &#224; d&#233;marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12 kilos !!!&lt;/strong&gt; Ce chiffre d&#233;risoire est peut-&#234;tre le pire reflet de l'&#233;tat de d&#233;litement du pays et caract&#233;rise un niveau de corruption terrifiant. Et pendant ce temps certains vont se gargariser de &#171; r&#233;formes ambitieuses &#187;, de &#171; modernisation institutionnelle et modernisation du cadre l&#233;gal &#187;, de &#171; renforcement des institutions &#187; et de &#171; progression de la transparence &#187; &#8230; alors que les vrais v&#233;ritables ma&#238;tres de l'or continuent tranquillement leur business mortif&#232;re &#8230;et que 38 nationaux malgaches propri&#233;taires immobiliers &#224; Duba&#239; se marrent doucement en regardant le soleil se coucher sur le Burj Khalifa.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;cryptage d'un syst&#232;me maffieux qui saigne le pays &#224; blanc depuis des d&#233;cennies.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation illicite de l'or n'est pas le fruit d'activit&#233;s &#171; artisanales &#187; d&#233;sorganis&#233;es. Il s'agit bien d'un syst&#232;me structur&#233;, prot&#233;g&#233; au plus haut niveau o&#249; des acteurs des forces de l'ordre, de la magistrature et des op&#233;rateurs &#233;conomiques li&#233;s au pouvoir politique seraient identifi&#233;s comme sponsors et b&#233;n&#233;ficiaires de ce trafic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs r&#233;seaux s'appuient sur une main-d'&#339;uvre exploit&#233;e, des vides juridiques d&#233;lib&#233;r&#233;ment entretenus et une corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e des forces de l'ordre et de l'administration pour acheminer l'or vers les march&#233;s internationaux, principalement Duba&#239;, o&#249; les profits sont blanchis dans l'immobilier de luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, la fili&#232;re or &#224; Madagascar est encadr&#233;e par un ensemble de lois et de r&#233;gulations visant &#224; assurer la tra&#231;abilit&#233;, la taxation et le contr&#244;le de la production. Le Code minier pr&#233;voit plusieurs types de permis et des autorisations d'orpaillage. La cha&#238;ne de valeur officielle devrait se d&#233;composer th&#233;oriquement en niveaux comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Niveau Administratif : Obtention des permis et autorisations n&#233;cessaires&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Niveau Exploitation : Extraction de l'or dans les p&#233;rim&#232;tres autoris&#233;s (carr&#233;s miniers ou couloirs d'orpaillage).&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Niveau Transport : Acheminement de l'or avec un laissez-passer et un r&#233;c&#233;piss&#233; de paiement d'une redevance&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Niveau Commercialisation : Vente de l'or &#224; des collecteurs agr&#233;&#233;s, qui le revendent ensuite &#224; des comptoirs officiels.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Niveau Transformation : Fonte et poin&#231;onnage de l'or par des comptoirs agr&#233;&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Niveau Exportation : Vente &#224; l'international par des exportateurs agr&#233;&#233;s, apr&#232;s contr&#244;le de conformit&#233; au guichet unique.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Cette organisation officielle est &#233;videmment largement contourn&#233;e. Et &lt;strong&gt;chaque niveau&lt;/strong&gt;, depuis l'octroi des autorisations, jusqu'&#224; l'exportation en passant par l'extraction, le transport, la transformation ou la commercialisation va donner opportunit&#233; &#224; toute une palanqu&#233;e d'acteurs et d'interm&#233;diaires de se sucrer largement de la mani&#232;re la plus opaque et la plus ill&#233;gale au passage&#8230; Sur le dos des ouvriers et des petits producteurs &#233;videmment surexploit&#233;s&#8230; Et sur le dos de l'Etat &#8230; Donc des malgaches&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut savoir que l'essentiel de l'or export&#233; ill&#233;galement ne provient pas des couloirs d'orpaillage officiels. Ces images o&#249; l'on voit des orpailleurs, hommes, femmes et enfants confondus, pataugeant dans l'eau, travailler &#224; la b&#226;t&#233;e pour essayer de s&#233;parer du sable quelques grains d'or ne refl&#232;tent plus la r&#233;alit&#233; de la production de l'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au sein d'exploitations souterraines, souvent ill&#233;gales, mortellement dangereuses appel&#233;es &#171; fatana &#187; que des travailleurs exploit&#233;s, pay&#233;s 2 &#224; 4 $ par jour, creusent des puits de 30 &#224; 50 m&#232;tres de profondeur pour atteindre les filons en roche m&#232;re. Ces exploitations semblent &#233;chapper &#224; toute forme de taxation ou de contr&#244;le &#233;tatique. Et c'est au sein de ce syst&#232;me informel que les m&#233;canismes de corruption et de d&#233;tournement s'enracinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 486 fatana actifs de Betsiaka dans la r&#233;gion Diana et les 125 de Dabolava dans le Menabe ont &#233;t&#233; financ&#233;s par des sponsors, hauts grad&#233;s des forces de l'ordre, responsables de tribunaux, op&#233;rateurs &#233;conomiques li&#233;s au pouvoir&#8230; les uns prot&#233;geant les autres en contrepartie d'une part de la production et institutionnalisant ainsi l'accaparement des sites les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le co&#251;t r&#233;el d'un fatana ? 30 millions d'ariary (7 500 USD) d'investissement initial pour les &#233;quipements : groupe &#233;lectrog&#232;ne, motopompe, mat&#233;riel de creusage. Puis 12 millions d'ariary (3 000 USD) de fonctionnement mensuel pour les rations des 5 &#224; 10 ouvriers qui descendent dans ces puits de la mort de 30 &#224; 50 m&#232;tres de profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat ? De 100 grammes &#224; 1 kilo d'or par mois et par fatana. Multipliez par 611 fatana actifs, vous obtenez une production mensuelle th&#233;orique de 60 &#224; 600 kilos. Sur l'ann&#233;e, on parle ainsi de 700 kilos &#224; 7 tonnes. Peut-&#234;tre plus&#8230; Au b&#233;n&#233;fice de qui ? Certainement pas au profit des orpailleurs/mineurs qui gagnent 10 000 &#224; 20 000 ariary par jour en risquant leur vie dans des galeries qui s'effondrent r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs des services techniques concern&#233;s et des collectivit&#233;s territoriales d&#233;centralis&#233;es sont &#233;videmment impliqu&#233;s dans ces syst&#232;mes de sous-d&#233;clarations syst&#233;matiques. Transports sans laissez-passer ni r&#233;c&#233;piss&#233; de redevance ? Pas de probl&#232;me&#8230; Moyennant finances bien s&#251;r..&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Blanchiment : Duba&#239;, paradis des pr&#233;dateurs malgaches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois l'or arriv&#233; dans les souks de Duba&#239;, l&#224; o&#249; les questions sur sa provenance sont probablement aussi rares que la pluie dans leurs d&#233;serts, les profits seront m&#233;thodiquement blanchis dans l'immobilier de luxe. Les 38 Malgaches propri&#233;taires immobiliers identifi&#233;s par l'Observatoire europ&#233;en de la fiscalit&#233; ne repr&#233;sentent probablement qu'une fraction de la r&#233;alit&#233;. Ces donn&#233;es, bas&#233;es sur les &#171; Dubai Unlocked &#187; de l'OCCCRP (1) , sont probablement sous-estim&#233;es, car les nouvelles acquisitions utilisent des montages de plus en plus sophistiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, ce sont des centaines de millions de $ qui sont ainsi blanchis via l'axe Afrique du Sud-Duba&#239;, privant Madagascar de ressources cruciales pour l'&#233;ducation, la sant&#233; et les infrastructures&#8230; Mais bon ce n'est pas grave&#8230; On peut continuer &#224; laisser les maffieux s'enrichir&#8230;. On ira mendier des sous aupr&#232;s des bailleurs qui appr&#233;cieront certainement que le pays s'endette pour financer des villas de luxe dans des paradis fiscaux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;chec Programm&#233; des &#171; R&#233;formes &#187; : Pourquoi &#231;a ne marche pas ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er de nouvelles institutions ou de nouvelles lois sans d&#233;manteler au pr&#233;alable les r&#233;seaux qui les contr&#244;lent, c'est repeindre une maison qui br&#251;le. Les malgaches sont toujours aussi brillants quand il s'agit de s'affirmer en nouveaux &#171; mpanera &#187;, interm&#233;diaires sp&#233;cialis&#233;s &#171; facilitateurs de conformit&#233; &#187; qui savent naviguer dans le cadre r&#233;glementaire et proposer aux r&#233;seaux criminels des services de mise en conformit&#233; apparente&#8230; Moyennant commissions substantielles&#8230;La r&#232;glementation ne r&#233;sout jamais rien : comment lutter efficacement contre un syst&#232;me quand ses principaux b&#233;n&#233;ficiaires si&#232;gent dans les plus hautes sph&#232;res du pouvoir ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un trafic mortif&#232;re : l'urgence absolue d'agir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce pillage organis&#233; n'est pas qu'une question &#233;conomique ou technique. C'est un cancer qui ronge les fondements m&#234;mes de l'&#201;tat malgache et enferme le pays dans cette spirale de la pauvret&#233;. Chaque tonne d'or qui part en contrebande, ce sont des &#233;coles qui ne se construisent pas, des h&#244;pitaux qui manquent d'&#233;quipements vitaux et de m&#233;dicaments, des routes qui restent impraticables condamnant des millions de Malgaches &#224; l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact social est, lui aussi, dramatique : 200 000 orpailleurs maintenus dans des conditions de travail dignes du 19e si&#232;cle, des familles enti&#232;res d&#233;pendantes d'un syst&#232;me qui les exploite sans vergogne, des communaut&#233;s locales priv&#233;es des retomb&#233;es l&#233;gitimes de leurs richesses naturelles. Ces hommes et femmes qui risquent leur vie quotidiennement dans les &#171; fatana &#187; ne touchent que d'infimes miettes d'un g&#226;teau qu'ils confectionnent de leur sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact institutionnel est d&#233;vastateur : corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e des forces de l'ordre transform&#233;es en milices priv&#233;es, capture des institutions de contr&#244;le par les r&#233;seaux criminels, &#233;rosion totale de la confiance des citoyens envers un &#201;tat qui les trahit. Quand les garants de l'ordre public deviennent les complices du d&#233;sordre organis&#233;, c'est tout l'&#233;difice d&#233;mocratique qui s'effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact g&#233;opolitique est inqui&#233;tant : Madagascar devient un maillon faible dans la lutte internationale contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Interpol a alert&#233; sur le fait que l'extraction ill&#233;gale d'or en Afrique peut servir de source de financement pour des groupes terroristes. Les produits de l'or malgache pourraient indirectement contribuer &#224; l'instabilit&#233; r&#233;gionale et mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact soci&#233;tal est, lui, profond&#233;ment inqui&#233;tant : comment r&#233;&#233;duquer les gens &#224; la transparence et &#224; la d&#233;fense du bien commun quand, face &#224; la pauvret&#233; ou la mis&#232;re, ce ph&#233;nom&#232;ne collusif fait vivre des milliers de personnes, donc des milliers de familles ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et encore, s'il ne s'agissait que de l'or &#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et ce scandaleux d&#233;sastre corruptif s'&#233;tend de mani&#232;re strictement identique aux domaines des pierres pr&#233;cieuses et du bois de rose &#8230; Il ne faut pas les oublier ceux-l&#224;, avec leurs mafias nationales, asiatiques ou &#233;miratis elles aussi identifi&#233;es&#8230; Il en est d'autres encore. Mais le trafic aurif&#232;re est particuli&#232;rement structurant en termes de d&#233;viance de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime, que dues &#224; ces effrayants ph&#233;nom&#232;nes de corruption sur ces seuls trois domaines cit&#233;s, les pertes fiscales totales seraient de 695 millions d'euros par an r&#233;partis en 360 millions sur le volet de l'or, 206 millions sur le volet bois de rose et 129 millions sur le domaine pierres pr&#233;cieuses.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : Que Faire ? Quelques exigences pour que sonne l'heure de v&#233;rit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se r&#233;fugier sur le seul domaine des richesses mini&#232;res en termes de d&#233;veloppement n'est toutefois pas une panac&#233;e. On sait ce que sont la &#171; mal&#233;diction des ressources &#187; ou le &#171; pi&#232;ge de la rente &#187; qui voient des pays riches en ressources finir par stagner faute d'ind&#233;pendance de leur &#233;conomie face aux &#233;normes mannes financi&#232;res g&#233;n&#233;r&#233;es. Mais certaines nations ont toutefois r&#233;ussi leur mutation. Le Botswana en est l'illustration qui a su utiliser ses ressources diamantif&#232;res pour assurer un d&#233;veloppement r&#233;ussi au b&#233;n&#233;fice de sa population. Allez &#8230; Si j'&#233;tais pr&#233;sident, je nationaliserais toutes ces fili&#232;res &#8230; Et je promulguerais une loi pour instaurer en crimes &#233;conomiques passibles de Cour d'Assises les actes de spoliation des Biens Communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#234;ve de plaisanterie, ici il faut avoir la lucidit&#233; et le courage politique de s'attaquer aux vrais responsables au plus haut niveau en appliquant des sanctions exemplaires &#8230; Assurer un gel imm&#233;diat des avoirs, faire mener des poursuites judiciaires sans complaisance par une Task Force interminist&#233;rielle d&#233;di&#233;e, avec des magistrats et policiers sp&#233;cialement form&#233;s et prot&#233;g&#233;s. Sans cela, toute r&#233;forme restera cosm&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar est encore l&#224;, encore une fois, &#224; un tournant historique. On peut continuer &#224; se jouer cette com&#233;die path&#233;tique des &#171; r&#233;formes &#187; qui ne changent rien au fond tout en permettant aux pr&#233;dateurs de s'enrichir tranquillement&#8230; On peut sinon avoir enfin le courage collectif de nous attaquer aux vrais probl&#232;mes avec la d&#233;termination qu'exige l'urgence de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'or de Madagascar aurait pu &#234;tre une b&#233;n&#233;diction. C'est aujourd'hui clairement une mal&#233;diction qui transforme une richesse nationale en caisse noire personnelle pour une &#233;lite sans scrupules et d&#233;truit nos fondamentaux soci&#233;taux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'est pas trop tard pour inverser la tendance. &#192; condition d'avoir la volont&#233; politique de s'attaquer frontalement aux int&#233;r&#234;ts particuliers qui saignent le pays &#224; blanc depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire peut juger impitoyablement nos dirigeants sur leur capacit&#233; &#224; faire le bon choix. Quant &#224; nous, citoyens, nous pouvons les juger aux urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question n'est ni technique ni r&#233;glementaire. Elle est &#233;minemment et &#233;videmment politique : pouvons-nous mettre en place des dirigeants assez courageux pour nous attaquer &#224; ceux qui auraient pu facilement &#234;tre leurs propres complices ? Ou bien devrons-nous nous contenter de la soupe habituelle des &#171; r&#233;formes ambitieuses &#187; qui se mordent la queue faute de volont&#233;, de priorit&#233;s et de moyens r&#233;els d'ex&#233;cution &#8230; alors que le pays se vide de sa substance ? Au lieu d'aller harceler (racketter ?) &#224; coups de redressements fiscaux mesquins les entrepreneurs, on ferait mieux d'aller chercher l'argent l&#224; o&#249; il est vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; septembre 2025&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Chr. Michelsen Institute (CMI). (2022). Le secteur de l'or &#224; Madagascar : au c&#339;ur des pratiques illicites. U4 Report 2022:2. &lt;a href=&#034;https://www.u4.no/publications/le-secteur-de-lor-madagascar-au-cur-des-pratiques-illicites&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.u4.no/publications/le-secteur-de-lor-madagascar-au-cur-des-pratiques-illicites&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Transparency International. (2020). &#201;valuation des risques de corruption dans le processus d'octroi des permis miniers &#224; Madagascar. &lt;a href=&#034;https://transparency.org.au/wp-content/uploads/2020/05/Madagascar_Synthesis-report.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://transparency.org.au/wp-content/uploads/2020/05/Madagascar_Synthesis-report.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Rabenandrasana, C., Harris, I., &amp; Rabemazava, D. (2022). Le secteur de l'or &#224; Madagascar : au c&#339;ur des pratiques illicites. Le cas de Dabolava et Betsiaka. U4 Anti-Corruption Resource Centre, Chr. Michelsen Institute. &lt;a href=&#034;https://www.u4.no/publications/le-secteur-de-lor-madagascar-au-cur-des-pratiques-illicites.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.u4.no/publications/le-secteur-de-lor-madagascar-au-cur-des-pratiques-illicites.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>SRI et le paradoxe malgache du court-termisme ou &#171; Quand Madagascar importe le riz de sa propre invention &#187;</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/SRI-et-le-paradoxe-malgache-du.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascartribune.vahiny.com/SRI-et-le-paradoxe-malgache-du.html</guid>
		<dc:date>2025-09-01T05:52:05Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 01 Sep 2025 08:52:05 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : L'&#233;chec relatif du Syst&#232;me de Riziculture Intensive (SRI) &#224; Madagascar r&#233;v&#232;le un paradigme soci&#233;tal profond : la pr&#233;f&#233;rence syst&#233;matique pour la s&#233;curit&#233; du court terme au d&#233;triment des investissements prometteurs &#224; long terme. Invent&#233; par des paysans malgaches dans les ann&#233;es 1980, le SRI affiche des performances remarquables dans plus de 50 pays (gains de 30-100%, &#233;conomies d'eau de 40%), mais Madagascar n'atteint que 20-25% d'adoption effective et importe d&#233;sormais du riz de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/sri_illustration_600-e324b.jpg?1761187049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19509 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH333/sri_illustration_600-b9a9b.jpg?1761187049' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Abstract &lt;/strong&gt; : L'&#233;chec relatif du Syst&#232;me de Riziculture Intensive (SRI) &#224; Madagascar r&#233;v&#232;le un paradigme soci&#233;tal profond : la pr&#233;f&#233;rence syst&#233;matique pour la s&#233;curit&#233; du court terme au d&#233;triment des investissements prometteurs &#224; long terme. Invent&#233; par des paysans malgaches dans les ann&#233;es 1980, le SRI affiche des performances remarquables dans plus de 50 pays (gains de 30-100%, &#233;conomies d'eau de 40%), mais Madagascar n'atteint que 20-25% d'adoption effective et importe d&#233;sormais du riz de pays utilisant cette technique malgache. Cette dynamique illustre un m&#233;canisme fondamental qui structure tous les domaines de la vie collective malgache : politique, &#233;conomie, &#233;ducation, sant&#233; et environnement. Cette pr&#233;f&#233;rence pour l'imm&#233;diat, si elle r&#233;v&#232;le une tendance anthropologiquement universelle de l'humanit&#233;, est &#224; Madagascar renforc&#233;e par l'incertitude chronique et la pauvret&#233;, et cr&#233;e un cercle vicieux hypoth&#233;quant l'avenir du pays.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du Syst&#232;me de Riziculture Intensive (SRI) &#224; Madagascar d&#233;passe largement le cadre agricole pour peut-&#234;tre r&#233;v&#233;ler un paradigme soci&#233;tal profond qui qui impr&#232;gne tous les domaines de notre vie collective. Cette innovation, n&#233;e dans les rizi&#232;res d'Antananarivo et de Fianarantsoa dans les ann&#233;es 1980, caract&#233;rise un vrai cas d'&#233;cole pour illustrer comment la pr&#233;f&#233;rence syst&#233;matique pour la s&#233;curit&#233; du court terme au d&#233;triment des investissements prometteurs &#224; moyen-long terme structure nos choix collectifs et individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SRI pr&#233;sentait toutes les caract&#233;ristiques de ce qui pouvait s'av&#233;rer une r&#233;volution technique et agricole : conception locale participative des paysans gasy, faible co&#251;t en intrants, adaptation aux contraintes nationales, r&#233;duction de la contrainte hydrique, potentiel de rendement consid&#233;rable&#8230; Ici, son &#233;chec relatif &#224; Madagascar r&#233;v&#232;le des m&#233;canismes qui d&#233;passent l'agriculture pour interroger notre rapport collectif au risque, &#224; l'innovation et au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le SRI : r&#233;v&#233;lateur d'un paradigme national ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres du SRI parlent d'eux-m&#234;mes et illustrent parfaitement (cette &#233;nigme et) ce paradoxe malgache. &#192; l'&#233;chelle mondiale, le syst&#232;me affiche des performances remarquables dans plus de cinquante pays qui ont adopt&#233; le syst&#232;me : gains de rendement de 30% &#224; 100%, &#233;conomies d'eau de 40%, r&#233;duction des co&#251;ts d'intrants. En Afrique subsaharienne, les hausses de rendement document&#233;es oscillent entre 37% et 100%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est d'autant plus aberrante que Madagascar, o&#249; le taux de pratiques effectives du SRI ne d&#233;passe pas 20 &#224; 25% des m&#233;nages &lt;strong&gt;form&#233;s&lt;/strong&gt;, importe d&#233;sormais du riz depuis ces pays qui ont adopt&#233; une technique qui a &#233;t&#233; invent&#233;e par et pour des paysans malgaches&#8230; Technique qui permet &#224; ces pays de d&#233;gager les surplus &#224; exporter&#8230; vers Madagascar &#8230; Plus absurde que &#231;a, tu meurs &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;v&#233;lateur encore : &#224; Madagascar 70% des adoptants initiaux vont abandonner la technique. Cette situation r&#233;v&#232;le un m&#233;canisme fondamental : face &#224; une innovation prometteuse mais exigeante (qui fonde 38% &#224; 54% de travail suppl&#233;mentaire mais pour des gains qui peuvent aller jusqu'&#224; 6 fois la pratique paysanne classique), les producteurs privil&#233;gient massivement la s&#233;curit&#233; imm&#233;diate du syst&#232;me traditionnel, m&#234;me moins performant, plut&#244;t que l'investissement dans une technique dont les b&#233;n&#233;fices av&#233;r&#233;s et attest&#233;s, ne se mat&#233;rialiseront qu'&#224; moyen terme. On ne peut toutefois pas les en bl&#226;mer.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assez paradoxalement, le SRI dans son acception classique appara&#238;t comme un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le paradigme politique : l'&#233;lectoralisme contre la vision strat&#233;gique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On retrouve une manifestation &#233;vidente de cette dynamique o&#249; on pr&#233;f&#232;re le court terme &#224; la projection de long terme, m&#234;me si elle s'av&#232;re prometteuse, dans l'analyse des politiques publiques malgaches, ou tout au moins des pratiques politiques de qui vous savez. Elle r&#233;v&#232;le une pr&#233;f&#233;rence syst&#233;matique pour les mesures &#224; impact d'image imm&#233;diat au d&#233;triment des r&#233;formes structurelles n&#233;cessaires au d&#233;veloppement &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut le reconna&#238;tre, sur le sujet rizicole, depuis l'ind&#233;pendance les gouvernements successifs semblent toujours avoir eu recours &#224; des importations massives de riz et &#224; des distributions gratuites en p&#233;riode pr&#233;-&#233;lectorale &#8230; Plus facile &#224; mettre en &#339;uvre que de favoriser les investissements &lt;strong&gt;MASSIFS&lt;/strong&gt; dans les infrastructures agricoles, la recherche agronomique ou la formation des producteurs. Cette strat&#233;gie d'importations opportunistes pouvait garantir une paix sociale imm&#233;diate et, surtout, des dividendes &#233;lectoraux mais perp&#233;tue la d&#233;pendance alimentaire du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique quant &#224; la gestion des infrastructures illustre &#233;galement ce paradigme. Les projets &#224; forte visibilit&#233; avec des inaugurations &#224; grands flonflons de 8 kms d'autoroute, seront toujours lanc&#233;s au d&#233;triment d'investissements moins spectaculaires mais plus structurants sur la viabilisation de routes rurales par exemple. Cette orientation explique pourquoi Madagascar accumule les &#171; premi&#232;res pierres &#187; et les inaugurations sans jamais d&#233;velopper de v&#233;ritables politiques sectorielles coh&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;conomie de la survie : quand l'informel prime sur l'investissement productif&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le secteur &#233;conomique malgache illustre parfaitement cette pr&#233;f&#233;rence pour la s&#233;curit&#233; imm&#233;diate. L'hypertrophie du secteur informel &#8211; qui repr&#233;sente plus de 70% de l'&#233;conomie &#8211; ne t&#233;moigne-t-elle pas de ces pr&#233;f&#233;rences de survie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entrepreneurs malgaches, confront&#233;s &#224; un environnement institutionnel instable et &#224; des difficult&#233;s d'acc&#232;s au cr&#233;dit, privil&#233;gient massivement les activit&#233;s commerciales &#224; rotation rapide plut&#244;t que les investissements, qu'ils soient artisanaux, commerciaux, industriels ou agricoles &#224; long terme. Il s'agit en effet de garantir des revenus imm&#233;diats (faibles) mais limite consid&#233;rablement les perspectives de cr&#233;ation de valeur ajout&#233;e (plus forte) et d'emplois durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple du secteur minier en est un autre r&#233;v&#233;lateur. Malgr&#233; des ressources que l'on sait consid&#233;rables, les politiques semblent privil&#233;gier l'exploitation artisanale et l'exportation de mati&#232;res premi&#232;res brutes plut&#244;t que le d&#233;veloppement d'industries de transformation. Cette approche qui concerne tant les grandes op&#233;rations QMM &amp; Co que les petites exploitations de pierre ou d'or g&#233;n&#232;re des revenus imm&#233;diats mais prive le pays des b&#233;n&#233;fices d'une cha&#238;ne de valeurs de la transformation. Il est toutefois fort probable que l'entretien de ce syst&#232;me soit &#233;tabli au profit de quelques profiteurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;ducation sacrifi&#233;e : quand l'urgence &#233;conomique prime sur la formation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le secteur &#233;ducatif constitue peut-&#234;tre l'illustration la plus dramatique de ce paradigme politique du court terme. Au niveau institutionnel, face aux d&#233;ficits budg&#233;taires, c'est en d&#233;faveur du budget de l'&#233;ducation national que &#8216;&#201;tat malgache arbitrera pour en r&#233;duire les investissements &#8230; tout en maintenant les d&#233;penses de fonctionnement&#8230; L&#224; encore on veut pr&#233;server artificiellement la paix sociale imm&#233;diate mais on hypoth&#232;que gravement la qualit&#233; du syst&#232;me &#233;ducatif&#8230; Et l'avenir des forces vives du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors m&#234;me que de nombreuses familles malgaches privil&#233;gient encore aujourd'hui l'insertion imm&#233;diate de leurs enfants dans des activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus plut&#244;t que la poursuite d'&#233;tudes dont les b&#233;n&#233;fices ne se mat&#233;rialiseront qu'&#224; long terme. Cette logique explique les taux &#233;lev&#233;s d'abandon scolaire, particuli&#232;rement dans les zones rurales o&#249; les enfants sont rapidement mobilis&#233;s pour les travaux agricoles ou les activit&#233;s commerciales familiales. Les familles font un calcul rationnel : un enfant qui travaille g&#233;n&#232;re un revenu imm&#233;diat, tandis qu'un enfant scolaris&#233; repr&#233;sente un co&#251;t sans garantie de retour sur investissement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sant&#233; et environnement : urgence versus durabilit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de sant&#233; malgache r&#233;v&#232;le lui aussi cette m&#234;me pr&#233;f&#233;rence pour les solutions imm&#233;diates. Les politiques de sant&#233; privil&#233;gient syst&#233;matiquement les interventions curatives d'urgence au d&#233;triment des programmes de pr&#233;vention. Le programme de lutte contre la dr&#233;panocytose qui se focalisait ainsi sur l'information, le d&#233;pistage, l'&#233;ducation, bref sur l'anticipation, s'est vu r&#233;viser ses priorit&#233;s au risque de d&#233;clencher une flamb&#233;e de la propagation d'une maladie connue pour son extr&#234;me violence &#8230; Encore ici, on pr&#233;f&#232;rera investir massivement dans des campagnes de vaccination d'urgence lors d'&#233;pid&#233;mies tout en n&#233;gligeant le renforcement du syst&#232;me de sant&#233; de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion environnementale illustre de mani&#232;re identique le d&#233;sastre de cette aversion du futur. Face aux pressions &#233;conomiques imm&#233;diates, les communaut&#233;s locales privil&#233;gient l'exploitation des ressources naturelles plut&#244;t que leur conservation. La d&#233;forestation massive t&#233;moigne de cette logique : les paysans donnent faveur &#224; la conversion des for&#234;ts en terres agricoles ou &#224; la production de charbon de bois, activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus imm&#233;diats, plut&#244;t que la conservation foresti&#232;re dont les bienfaits ne se mat&#233;rialisent qu'&#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les biais cognitifs : une constante anthropologique &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;f&#233;rence g&#233;n&#233;ralis&#233;e pour le court terme ne rel&#232;ve pas de l'irrationalit&#233; mais s'enracine dans des m&#233;canismes psychosociologiques profonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas ici d'imaginer un quelconque tropisme purement malgache qui serait &#233;nonc&#233; : &#171; c'est un probl&#232;me culturel du malgache qui ne sait pas imaginer un demain plus grand. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non&#8230; Ces biais de myopie temporelle sont universels. Cette universalit&#233; r&#233;v&#232;le leur nature profond&#233;ment anthropologique. Les m&#233;canismes cognitifs qui poussent &#224; privil&#233;gier les gains imm&#233;diats aux b&#233;n&#233;fices futurs, &#224; sur&#233;valuer les risques de l'innovation et &#224; sous-&#233;valuer les co&#251;ts du statu quo, constituent des constantes de la psychologie humaine&#8230; Ce que l'on appelle des biais cognitifs de confort ou de n&#233;gativit&#233; &#8230;Le court-termisme du capitalisme financier en est l'illustration &#8230; Comme l'est aussi l'incapacit&#233; des dirigeants du monde moderne &#224; se fixer une ligne politique sur le r&#233;chauffement climatique que l'on sait nous mener dans le mur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence entre pays d&#233;velopp&#233;s et pays en d&#233;veloppement ne r&#233;side pas dans l'inexistence ou l'existence de ces biais mais dans la capacit&#233; institutionnelle (r&#233;duite, mais elle existe) &#224; les contrecarrer. Les pays d&#233;velopp&#233;s ont progressivement construit des institutions (syst&#232;mes de protection sociale, m&#233;canismes de financement &#224; long terme, contre-pouvoirs d&#233;mocratiques) qui permettent de limiter les effets pervers du court-termisme&#8230; m&#234;me si on doit regretter qu'ils ne soient pas &#8230; moins atterrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces traits sont &#224; Madagascar renforc&#233;s par le contexte socio-&#233;conomique malgache. L'incertitude chronique constitue le premier facteur explicatif. Dans un environnement caract&#233;ris&#233; par l'instabilit&#233; politique, la mis&#232;re, les crises &#233;conomiques r&#233;currentes et l'absence de protection sociale, les acteurs d&#233;veloppent naturellement des strat&#233;gies de minimisation des risques privil&#233;giant les gains certains &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvret&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e renforce cette logique. Quand la survie quotidienne est en jeu, il devient rationnel de privil&#233;gier les revenus imm&#233;diats m&#234;me faibles plut&#244;t que les investissements &#224; long terme m&#234;me prometteurs. L'absence de m&#233;canismes de protection sociale amplifie ce ph&#233;nom&#232;ne : sans filet de s&#233;curit&#233;, les acteurs ne peuvent se permettre de prendre des risques qui pourraient compromettre leur survie imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme pr&#233;sente la caract&#233;ristique perverse d'un cercle vicieux. Plus les acteurs privil&#233;gient les solutions de court terme, plus ils fragilisent les bases du d&#233;veloppement &#224; long terme, ce qui renforce l'incertitude et justifie a posteriori les strat&#233;gies de politique de l'imm&#233;diatet&#233;. Cette dynamique explique partiellement pourquoi Madagascar semble enferm&#233;e dans un &#233;quilibre de sous-d&#233;veloppement dont il peine &#224; sortir malgr&#233; ses potentialit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une r&#233;volution des mentalit&#233;s : strat&#233;gies de sortie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sortie de ce paradigme n&#233;cessite une approche syst&#233;mique qui s'attaque simultan&#233;ment aux causes et aux cons&#233;quences du court-termisme. Cette approche doit int&#233;grer plusieurs dimensions compl&#233;mentaires : la r&#233;duction de l'incertitude par le renforcement de la stabilit&#233; institutionnelle et le d&#233;veloppement de m&#233;canismes de protection sociale ; l'accompagnement des transitions pour permettre aux acteurs de passer progressivement des logiques de court terme aux strat&#233;gies de long terme ; la d&#233;monstration par l'exemple &#224; travers des projets pilotes r&#233;ussis qui peuvent cr&#233;er un effet d'entra&#238;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse du paradigme de cette pr&#233;f&#233;rence pour le court terme malgache r&#233;v&#232;le ainsi la n&#233;cessit&#233; d'une v&#233;ritable r&#233;volution culturelle, r&#233;volution des mentalit&#233;s. Cette r&#233;volution ne peut &#234;tre impos&#233;e de l'ext&#233;rieur mais doit &#233;merger d'une prise de conscience collective des co&#251;ts du court-termisme et des avantages potentiels des strat&#233;gies de long terme. Elle implique un changement profond dans notre rapport au temps, au risque et &#224; l'innovation. Elle n&#233;cessite le d&#233;veloppement d'une vision partag&#233;e du d&#233;veloppement qui transcende les clivages politiques et sociaux. Elle exige aussi de sortir de ces logiques du &#171; tia kely &#187; dont on se satisfait trop souvent &#8230; pour retrouver l'ambition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : du SRI aux enjeux civilisationnels &#8230; mais il est aussi question de respect &#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du SRI &#224; Madagascar r&#233;v&#232;le au bout du compte des enjeux qui d&#233;passent largement l'agriculture pour interroger notre mod&#232;le de soci&#233;t&#233;. Elle illustre comment la pr&#233;f&#233;rence syst&#233;matique pour la s&#233;curit&#233; du court terme au d&#233;triment des investissements prometteurs &#224; long terme structure nos choix collectifs et hypoth&#232;que notre avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette analyse sugg&#232;re que le d&#233;veloppement de Madagascar ne pourra se faire sans une transformation profonde de notre rapport au temps et au risque. Elle appelle &#224; substituer aux logiques de survie imm&#233;diate des strat&#233;gies d'investissement dans l'avenir, et aux impulsions de gestion du pr&#233;sent imm&#233;diat une vision de long terme. Le d&#233;fi est consid&#233;rable, car il implique de modifier des comportements profond&#233;ment enracin&#233;s dans notre histoire et notre culture. Mais l'enjeu en vaut la peine : il s'agit de notre capacit&#233; collective &#224; construire un avenir durable pour les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conditions d&#233;passent largement le cadre technique pour interroger nos mod&#232;les de soci&#233;t&#233; et nos choix civilisationnels. C'est peut- &#234;tre l&#224; le v&#233;ritable enseignement de cette histoire : que le d&#233;veloppement est d'abord affaire de transformation des mentalit&#233;s et des structures sociales&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience du SRI nous enseigne enfin que les bonnes id&#233;es ne se suffisent pas &#224; elles seules. Le YAKAFOCON est &#224; bannir&#8230; au m&#234;me titre que doivent &#234;tre bannies les d&#233;marches Top Down qui proposent des initiatives brillantes dont on n'est pas assur&#233; du besoin qu'elles sont cens&#233;es satisfaire&#8230; et donc de leur appropriation. L'exp&#233;rience nous enseigne que nous ne pouvons pas imposer aux gens des politiques et des solutions fond&#233;es sur la seule base de nos pr&#233;tendues sinc&#233;rit&#233; et comp&#233;tence&#8230; Exigence d'humilit&#233; absolue &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et elle nous enseigne que la transformation &#233;voqu&#233;e des mentalit&#233;s ne peut relever du seul registre de la rationalit&#233; &#233;conomique &#8230; mais du registre du c&#339;ur &#8230; Il s'agit bien d'une v&#233;ritable r&#233;volution culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana Pitchboule) 29/08/25&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Assez paradoxalement, le SRI dans son acception classique appara&#238;t comme un itin&#233;raire technique bien adapt&#233; aux exploitants les plus nantis, tout en s'av&#233;rant largement hors de port&#233;e des plus d&#233;munis. En effet, les petits exploitants arbitrent entre la rentabilit&#233; esp&#233;r&#233;e &#224; la fin de la saison culturale de leur force de travail utilis&#233;e &#224; pratiquer le SRI et le gain mon&#233;taire certain et imm&#233;diat tir&#233; de la vente de cette force de travail dans d'autres exploitations notamment. Deux &#233;l&#233;ments viennent peser sur ce simple calcul de rentabilit&#233; : la prise de risque li&#233;e au renoncement d'un gain certain en &#233;change d'un gain al&#233;atoire (eu &#233;gard aux al&#233;as agricoles) et le co&#251;t d'opportunit&#233; correspondant au renoncement d'un gain imm&#233;diat en &#233;change d'un gain futur. Cet arbitrage am&#232;ne les riziculteurs d&#233;munis &#224; la recherche d'un compromis rationnel entre esp&#233;rance de gain (satisfaisante), prise de risque (r&#233;duite) et co&#251;t d'opportunit&#233; des facteurs (acceptable).&lt;br class='autobr' /&gt;
de Colloque scientifique. &#171; Dynamiques rurales &#224; Madagascar : perspectives sociales, &#233;conomiques et d&#233;mographiques &#187; &#8211; Antananarivo, 23-24 avril 2007. IRD Dial Instat.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19508 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/IMG/jpg/references.jpg' width=&#034;751&#034; height=&#034;179&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaza, Madagascar et l'&#233;thique de l'indignation</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Gaza-Madagascar-et-l-ethique-de-l.html</link>
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		<dc:date>2025-08-26T05:12:07Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 26 Aug 2025 08:12:07 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ou &#171; Si j'&#233;tais un philosophe politique&#8230;&#171; Quand le silence devient complice &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a des sujets dont on peut parler, mais seulement &#224; voix basse. C'est un air connu. Ainsi en va-t-il du sujet de Gaza dans la diplomatie malgache : la Grande &#206;le a vot&#233;, &#224; l'ONU, pour un cessez-le-feu humanitaire, pour la lib&#233;ration des otages et la protection des civils, s'alignant sur la majorit&#233; africaine et internationale. Mais ce vote s'est fait sans &#233;clat, sans d&#233;claration tonitruante, sans communication (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/gazamadaethiqueindignation_logo-2-b6343.jpg?1761187049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ou &#171; &lt;strong&gt;Si j'&#233;tais un philosophe politique&#8230;&lt;/strong&gt;&#171; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19490 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH333/gazamadaethiqueindignation_500-edd59.jpg?1761187049' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand le silence devient complice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a des sujets dont on peut parler, mais seulement &#224; voix basse. C'est un air connu. Ainsi en va-t-il du sujet de Gaza dans la diplomatie malgache : la Grande &#206;le a vot&#233;, &#224; l'ONU, pour un cessez-le-feu humanitaire, pour la lib&#233;ration des otages et la protection des civils, s'alignant sur la majorit&#233; africaine et internationale. Mais ce vote s'est fait sans &#233;clat, sans d&#233;claration tonitruante, sans communication officielle appuy&#233;e&#8230; Le grand communicateur sait ainsi parfois se taire &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? On s'entend bien&#8230; Parce qu'il fallait m&#233;nager les &#233;quilibres : ne pas froisser Isra&#235;l (et remettre en question les derniers projets et autre Agropole) et les &#201;tats-Unis, tout en restant fid&#232;le au consensus africain, europ&#233;en et onusien. La politique gasy dans toute sa splendeur : l'art de dire oui en murmurant pour que personne n'entende vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me silence prudent se retrouve sur un autre front, plus proche et pourtant tout aussi tragique : celui de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s &#224; Madagascar. Chacun sait leur ampleur, chacun en mesure le co&#251;t humain. Mais dans le discours formel, ces r&#233;alit&#233;s restent souvent att&#233;nu&#233;es, dilu&#233;es dans des promesses de d&#233;veloppement&#8230; Ou effac&#233;e derri&#232;re les slogans de l'&#201;mergence quand elles ne sont pas utilis&#233;es pour faire de l'image lors de pseudos campagnes &#233;lectorales &#8230; Ou embarqu&#233;es dans les cabines de t&#233;l&#233;ph&#233;riques &#8230; On peut en parler, certes mais, l&#224; encore, plus discr&#232;tement que &#231;a, tu meurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette double occultation&#8212; Gaza au nom du pragmatisme en diplomatie internationale, la pauvret&#233; au nom de la l&#233;gitimit&#233; politique qui fuit ses responsabilit&#233;s &#8212; nous place devant une question : pourquoi les gouvernements choisissent-ils la discr&#233;tion l&#224; o&#249; l'&#233;thique commanderait de parler fort ? Realpolitik, nous r&#233;pondra-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment nous, citoyens, intellectuels ou militants, pouvons-nous r&#233;habiliter la voix de notre humanit&#233; l&#224; o&#249; r&#232;gne la prudence calcul&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Indignation et universalit&#233; : quand les images nous rattrapent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certaines images marquent et devraient nous emp&#234;cher de dormir&#8230; Moi, personnellement, elles m'emp&#234;chent (souvent) de dormir&#8230; &#192; Gaza, ce sont les immeubles r&#233;duits en poussi&#232;re, les h&#244;pitaux bombard&#233;s, les personnes les plus vuln&#233;rables et les enfants fauch&#233;s, mutil&#233;s&#8230; Ce sont les &#233;meutes de la faim &#8230;. C'est l'horreur imm&#233;diate, brutale, m&#233;diatis&#233;e : un peuple soumis &#224; la guerre et &#224; un r&#233;gime d'occupation qui confine au g&#233;nocide. On regarde les cam&#233;ras tourner&#8230; et on s'indigne&#8230; (&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;vuls&#233; et r&#233;volt&#233; &#224; la pens&#233;e d'un ami et ancien &#233;l&#232;ve, journaliste de AL (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar et dans tant d'autres pays africains, sans les cam&#233;ras en continu, les images ne montrent (pas toujours) ni explosions, ni destructions, ni amputations. Mais &#171; seulement &#187; des visages d'enfants creus&#233;s par la faim, des m&#232;res sans abri, des paysages urbains d&#233;laiss&#233;s et pollu&#233;s, des familles du Sud face au Kere. Ici, la mort avance &#224; bas bruit&#8230; Pas de breaking news pour annoncer qu'un enfant malgache vient de mourir d'un manque de soins m&#233;dicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand Isra&#235;l parle de mensonge quant &#224; la famine &#224; Gaza, le pouvoir malgache menace les journalistes qui enqu&#234;tent sur les morts suspectes d'Ambohimalaza. On n'a pas besoin d'aller au Moyen Orient pour rencontrer le cynisme le plus r&#233;voltant &#8230; &#171; on a les m&#234;mes &#224; la maison &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux r&#233;alit&#233;s ne doivent jamais &#234;tre confondues. On ne s'y trompera pas. Rien n'&#233;quivaut &#224; l'horreur d'une guerre et aux massacres collectifs qu'elle entra&#238;ne. Mais Gaza et Madagascar posent, chacune &#224; sa mani&#232;re, une m&#234;me question fondamentale : que vaut une vie humaine dans l'ordre des choses de ces grands ? Et pourquoi certaines vies font- elles plus de bruit que d'autres quand elles s'&#233;teignent ? Quoiqu'on peut parfois se demander si un &#233;quivalent de l'arme de la faim mise en oeuvre par Isra&#235;l &#224; Gaza n'est pas ici, &#224;, Madagascar, d&#233;lib&#233;r&#233;ment utilis&#233;e pour conf&#233;rer &#224; qui on sait plus de pouvoir de manipulation des masses pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza d&#233;crivait l'indignation comme un affect politique puissant : la douleur ressentie devant l'injustice faite &#224; autrui. Nous nous indignons devant Gaza, parce que la violence est insoutenable et qu'elle passe en boucle sur nos &#233;crans. Nous nous indignons aussi, parfois, devant la pauvret&#233; end&#233;mique, quand ses visages nous apparaissent trop proches ou quand un reportage nous rappelle brutalement la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'indignation seule est fragile : elle monte avec les images insupportables, puis retombe avec la prochaine actualit&#233;. Aujourd'hui Gaza, demain l'Ukraine, apr&#232;s-demain le Soudan&#8230; Et Madagascar ? Madagascar reste dans l'angle mort de l'indignation mondiale. Pas assez spectaculaire, pas assez g&#233;opolitique, pas assez&#8230; vendeur. La mis&#232;re semble trop souvent rester dans l'angle mort des pr&#233;occupations du pouvoir malagasy au b&#233;n&#233;fice de ses enjeux d'image &#8230; et d'enrichissement personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie &#233;thique commence quand l'indignation se transforme en responsabilit&#233;. Quand on arr&#234;te de zapper entre les trag&#233;dies pour comprendre ce qui les relie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La dignit&#233; comme fil rouge : au-del&#224; des apparences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'on cherche le point commun entre ces situations, il se trouve certainement dans la notion de dignit&#233;. Il ne s'agit toutefois pas de la dignit&#233; de fa&#231;ade qu'on brandit dans les discours officiels. Il s'agit de la vraie dignit&#233;, celle qui reconnait que chaque personne a une valeur en soi, inali&#233;nable, qui ne d&#233;pend ni de sa richesse, ni de sa force, ni de son utilit&#233; sociale&#8230;. Ou politique. Elle ne s'accorde pas, elle ne se m&#233;rite pas : elle est inh&#233;rente au simple fait d'&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Gaza, c'est le droit m&#234;me d'exister, en s&#233;curit&#233;, qui est bafou&#233;. Les populations civiles sont r&#233;duites &#224; des cibles, utilis&#233;es comme levier dans un conflit de forces asym&#233;triques. On les bombarde au nom de la s&#233;curit&#233;, on les affame au nom de la strat&#233;gie, on les d&#233;place au nom de la n&#233;cessit&#233; militaire. R&#233;sultat : des vies humaines transform&#233;es en variables d'ajustement g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, c'est le droit &#224; un minimum vital qui semble ni&#233; : le droit de manger &#224; sa faim, d'apprendre, de se soigner, de construire une vie digne. Ici, pas de bombes, mais un abandon qui revient au m&#234;me scandale : consid&#233;rer certaines vies comme secondaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand 75% de la population vit sous le seuil de pauvret&#233;, quand l'esp&#233;rance de vie stagne l&#224; o&#249; elle stagne, quand l'acc&#232;s &#224; l'eau potable reste un luxe pour des millions de Malgaches&#8230; on peut se demander o&#249; est pass&#233;e le respect de cette fameuse dignit&#233; humaine dont parlent si bien nos dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kant &#233;non&#231;ait de mani&#232;re fondamentale : &#171; Traite l'humanit&#233; toujours comme une fin, et jamais seulement comme un moyen. &#187;. Certains devraient retourner &#224; l'&#233;cole. Et apprendre &#224; compter au passage. Au lieu de se faire d&#233;livrer des ceintures de flanelle de Karat&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaza et Madagascar nous rappellent ensemble cette &#233;vidence d&#233;rangeante : trop souvent, des peuples entiers sont trait&#233;s comme des moyens. Moyens de pression g&#233;opolitique pour les Palestiniens, moyens statistiques pour obtenir de l'aide internationale pour les Malgaches, moyens pour maintenir un syst&#232;me &#233;conomique in&#233;galitaire qui arrange bien du monde. Dans les deux cas, la personne dispara&#238;t derri&#232;re les logiques de puissance de certains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ethique et in&#233;galit&#233;s : quand la violence devient ordinaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La guerre choque parce qu'elle est imm&#233;diate, visible, sanglante. La pauvret&#233;, elle, tue en silence. Et pourtant, d'un point de vue &#233;thique, le scandale est le m&#234;me : des vies humaines condamn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Redonner tout son sens au respect de la dignit&#233; de l'homme et son corollaire, r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s, ne rel&#232;vent pas seulement de la sph&#232;re &#233;conomique. Il s'agit d'une exigence morale &#224; laquelle nous ne pouvons pas renoncer : avons-nous le droit de tol&#233;rer l'intol&#233;rable sous pr&#233;texte qu'il est ordinaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la guerre met en p&#233;ril le droit &#224; la vie, la pauvret&#233; nie le droit &#224; une vie digne. La D&#233;claration universelle des droits de l'homme ne parle pas seulement du droit d'exister, mais aussi du droit &#224; l'&#233;ducation, au travail, &#224; la sant&#233;, au bien-&#234;tre. Autrement dit, elle fait de l'&#233;galit&#233; r&#233;elle de conditions un imp&#233;ratif. Pas juste une aspiration, un imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'&#233;tablir un parall&#232;le simpliste entre bombes et faim. On s'entend bien&#8230; La guerre est une violence extr&#234;me, un crime politique qui appelle une r&#233;ponse imm&#233;diate. Mais la pauvret&#233; extr&#234;me et les in&#233;galit&#233;s structurelles sont une autre forme de violence ? plus diffuse, mais tout aussi &#233;thiquement intol&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette violence-l&#224;, on la tol&#232;re parce qu'elle ne fait pas de bruit. Parce qu'elle s'habille de fatalit&#233; &#233;conomique, de contraintes budg&#233;taires, de r&#233;alisme politique. Parce qu'il est plus facile de pleurer sur les victimes de Gaza que de remettre en question un syst&#232;me &#233;conomique mondial qui maintient Madagascar dans la d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaza nous rappelle l'urgence de la paix. Madagascar nous rappelle l'urgence de la justice sociale. L'&#233;thique nous oblige &#224; tenir les deux ensemble, m&#234;me si c'est inconfortable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Solidarit&#233; comme exigence &#233;thique et politique : au- del&#224; des bons sentiments&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'injustice, l'indignation ne suffit pas : elle doit devenir solidarit&#233;. Mais attention, pas la solidarit&#233; de fa&#231;ade qu'on exhibe dans les galas de charit&#233; ou les campagnes de communication. La vraie solidarit&#233;, celle qui co&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; n'est pas une charit&#233; qui apaise les consciences en distribuant quelques miettes. Elle est une responsabilit&#233; active, qui s'ancre dans la conviction que ma libert&#233; et ma s&#233;curit&#233; n'ont de sens que si l'autre peut aussi vivre libre et digne. C'est r&#233;volutionnaire comme id&#233;e, non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, cette id&#233;e est au c&#339;ur du fihavanana : ce lien social qui nous rappelle que nul ne vit pour soi seul, et que le sort de l'un engage la communaut&#233; enti&#232;re. Dans le monde arabe, l'Oummah exprime une conviction proche : l'injustice contre un peuple est une injustice contre l'humanit&#233; enti&#232;re. Belles paroles&#8230; mais qu'est-ce qu'on en fait concr&#232;tement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces principes culturels rejoignent l'&#233;thique universelle : la solidarit&#233; est le seul antidote &#224; la n&#233;gation de la dignit&#233; humaine. C'est pourquoi la mobilisation internationale pour Gaza devrait trouver un &#233;cho dans la mobilisation nationale et continentale contre les in&#233;galit&#233;s. Mais voil&#224;, c'est plus facile de manifester pour une cause lointaine que de remettre en question les privil&#232;ges du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple malgache. Combien de ceux qui s'indignent (&#224; juste titre) du sort des Palestiniens s'indignent-ils aussi du fait que leurs compatriotes n'ont pas acc&#232;s &#224; l'eau potable ? Combien de ceux qui d&#233;noncent l'occupation de Gaza d&#233;noncent-ils aussi l'accaparement des terres malgaches par des int&#233;r&#234;ts &#233;trangers ? Combien de ceux qui r&#233;clament justice pour les victimes de bombardements r&#233;clament-ils aussi justice pour les victimes de la malnutrition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; v&#233;ritable exige de sortir du confort de l'indignation s&#233;lective. Elle demande de comprendre que les m&#233;canismes qui produisent l'injustice &#224; Gaza et l'injustice &#224; Madagascar ne sont pas si diff&#233;rents : logiques de domination, instrumentalisation des populations, priorit&#233; donn&#233;e aux int&#233;r&#234;ts g&#233;opolitiques ou &#233;conomiques sur les droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette solidarit&#233;-l&#224; d&#233;range, parce qu'elle oblige &#224; regarder en face nos propres contradictions et nos propres complicit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;thique de la coh&#233;rence : sortir de l'hypocrisie confortable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notre &#233;poque souffre d'une incoh&#233;rence morale chronique. Certains crient justice pour Gaza, mais d&#233;tournent le regard du sordide d'Andavamamba &#8230; Quand d'autres qui disent &#234;tre choqu&#233;s de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s, restent silencieux devant les massacres lointains&#8230;. Est-ce vraiment normal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette schizophr&#233;nie &#233;thique en arrange bien certains. C'est celle-l&#224; m&#234;me qui b&#226;tit des bonnes consciences &#224; peu de frais &#224; coups de r&#233;seaux sociaux, de posts Instagram ou FB&#8230; Mais qui ne change rien. L'indignation n'est plus qu'un produit de consommation comme un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;thique v&#233;ritable exigerait d'&#233;largir le p&#233;rim&#232;tre de notre compassion. Elle demande de comprendre que la lutte contre l'oppression, o&#249; qu'elle se trouve, participe d'un m&#234;me combat. Non pas pour confondre toutes les situations ? chaque contexte a sa singularit&#233; ? mais pour refuser la hi&#233;rarchisation des vies humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hannah Arendt avait diagnostiqu&#233; le mal radical : rendre des vies &#171; superflues &#187;. &#192; Gaza, ce mal prend la forme d'un g&#233;nocide programm&#233;. &#192; Madagascar, il prend la forme d'un abandon structurel organis&#233;. Deux r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes, mais qui posent la m&#234;me exigence : refuser que des vies soient trait&#233;es comme insignifiantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette coh&#233;rence d&#233;range. Elle oblige &#224; sortir du confort de l'indignation s&#233;lective. Elle force &#224; reconna&#238;tre que le syst&#232;me qui permet &#224; certains de vivre dans l'opulence pendant que d'autres cr&#232;vent dans la peur et la mis&#232;re, quand ce n'est pas sous les bombes, n'est pas un accident de l'histoire&#8230; Il s'agit d' une construction politique qu'on devrait pouvoir d&#233;construire &#8230; A condition de le vouloir profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, cette coh&#233;rence impliquerait de reconna&#238;tre que la &#171; g&#233;opolitique du pauvre &#187; dans laquelle s'enlise le pays n'est pas une fatalit&#233;. Reconna&#238;tre que les accords l&#233;onins avec les multinationales ou certaines puissances &#233;trang&#232;res, que la d&#233;pendance aux bailleurs de fonds, que la corruption end&#233;mique&#8230; tout cela participe du m&#234;me syst&#232;me qui maintient et entretient les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peut-&#234;tre plus facile de pleurer sur Gaza que de remettre en question les m&#233;canismes qui maintiennent Madagascar dans la pauvret&#233;. Plus facile de s'indigner de l'occupation militaire (sans minimiser le moins du monde son horreur absolue) que la domination &#233;conomique. Et plus simple de s'indigner contre la violence visible que contre la violence structurelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Politique et responsabilit&#233; : passer des mots aux actes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;thique sans politique reste impuissante. C'est une &#233;vidence qu'on pr&#233;f&#232;re oublier. Il ne suffit pas de s'indigner, ni m&#234;me de proclamer des valeurs dans des d&#233;clarations l&#233;nifiantes. Il faut traduire cette &#233;thique en d&#233;cisions, en institutions, en choix concrets&#8230;. En responsabilit&#233;s&#8230; Et l&#224;, &#231;a se complique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Gaza, cela signifie &#339;uvrer pour une paix juste qui reconnaisse la dignit&#233; des Palestiniens, au-del&#224; des rapports de force&#8230; Et au-del&#224; de l'&#233;motion. Mais QUI a vraiment int&#233;r&#234;t &#224; cette paix ? Pas les marchands d'armes, pas les extr&#233;mistes des deux bords, pas les puissances qui utilisent le conflit pour leurs propres agendas g&#233;opolitiques&#8230; Et surtout pas les politiques qui d&#233;fendent avant tout leur survie au d&#233;triment des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Madagascar et l'Afrique, cela signife construire des politiques courageuses qui r&#233;duisent r&#233;ellement les in&#233;galit&#233;s : investir massivement dans l'&#233;ducation, la sant&#233;, la protection sociale, au lieu de se contenter de r&#233;formes de fa&#231;ade ou de d&#233;pendre &#233;ternellement des inancements ext&#233;rieurs. Et ici, en miroir, QUI a vraiment int&#233;r&#234;t &#224; ce que Madagascar sorte de la d&#233;pendance ? Pas les multinationales qui exploitent ses ressources, pas les bailleurs qui maintiennent leur influence par l'aide conditionn&#233;e &#8230; Et surtout pas les &#233;lites locales qui profitent ad nauseam du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; ne rel&#232;ve pas seulement des &#201;tats. C'est aussi celle des &#233;lites, des soci&#233;t&#233;s civiles, des diasporas, des citoyens. Mais l&#224; encore, il faut sortir des discours convenus. La diaspora malagasy envoie chaque ann&#233;e des centaines de millions de dollars au pays sous forme de transferts. C'est bien. Mais est-ce que ces transferts transforment structurellement l'&#233;conomie malgache ? &#8230; Ou bien ne font-ils que maintenir le statu quo en entretenant des logiques de survie sans remettre en question le syst&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; doit devenir une pratique quotidienne, pas seulement un slogan qu'on sort dans les moments de crise. Cela implique des choix concrets. Ces choix ont un co&#251;t. Ils nous obligent &#224; sortir de notre zone de confort&#8230; A remettre en question nos privil&#232;ges &#8230; A accepter que la justice pour les autres puisse impliquer moins de confort pour nous-m&#234;mes&#8230; L'accepter, l'assumer, serait en soi r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : Tenir ensemble, ou l'art de ne pas se mentir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Gaza et Madagascar ne sont pas comparables : une guerre n'est pas une pauvret&#233;, un g&#233;nocide n'est pas une in&#233;galit&#233;. On s'entend bien&#8230; Mais Gaza et Madagascar se refl&#232;tent dans le miroir &#233;thique : elles nous rappellent que l'indignation n'a de sens que si elle d&#233;bouche sur une responsabilit&#233; universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On jugera notre &#233;poque non pas sur la force de nos discours, mais sur la coh&#233;rence de nos engagements. Et l&#224;, on risque de ne pas &#234;tre beaux &#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aurons-nous su regarder Gaza et Madagascar avec les m&#234;mes yeux, sans minimiser l'horreur de l'un ni banaliser la mis&#232;re de l'autre ? Aurons-nous su sortir de l'indignation s&#233;lective qui en arrange tant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aurons-nous su traduire notre indignation en responsabilit&#233;s, en actes de solidarit&#233;, en politiques justes, en choix de courage ? Aurons-nous su b&#226;tir une &#233;thique politique qui refuse de sacrifier un seul individu ? Ou aurons-nous entretenu ces logiques qui hi&#233;rarchisent les vies humaines selon leur utilit&#233; g&#233;opolitique ou m&#233;diatique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;St&#233;phane Hessel nous l'avait rappel&#233; : &#171; La pire des attitudes, c'est l'indiff&#233;rence. Dire &#8216;je n'y peux rien, je me d&#233;brouille', c'est perdre l'une des qualit&#233;s essentielles de l'homme : la facult&#233; de s'indigner et l'engagement qui en d&#233;coule. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que Gaza et Madagascar nous regardent. Et elles attendent autre chose que nos indignations de salon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - Ao&#251;t 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Parce qu'il faut bien que quelqu'un dise ce que tout le monde pense tout bas&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb10-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;vuls&#233; et r&#233;volt&#233; &#224; la pens&#233;e d'un ami et ancien &#233;l&#232;ve, journaliste de AL Jazeera qui a &#233;t&#233; assassin&#233; avec ses coll&#232;gues sous leur tente par un bombardement isra&#233;lien il y a deux semaines. Hommage profond. Et col&#232;re immense&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar &#224; la pr&#233;sidence de la SADC, enjeux et opportunit&#233;s</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Madagascar-a-la-presidence-de-la.html</link>
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		<dc:date>2025-08-11T05:55:14Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 11 Aug 2025 08:55:14 +0300</pubDate>

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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;**Si j'&#233;tais journaliste &#8230;. &lt;br class='autobr' /&gt; En 2025-2026, Madagascar prend la pr&#233;sidence tournante de la Communaut&#233; de d&#233;veloppement d'Afrique australe (SADC), &#224; un moment o&#249; sa situation politique, &#233;conomique et g&#233;opolitique reste particuli&#232;rement fragile. Sur le plan interne, la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir est contest&#233;e, marqu&#233;e par une abstention &#233;lectorale record, une d&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e envers les institutions, une polarisation croissante et une fragmentation des &#233;lites. Ce contexte fragilise la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH112/anr-sadc_logo-f15d7.jpg?1761187049' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;**Si j'&#233;tais journaliste &#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19447 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L450xH675/anr-sadc_illustration_450-5fdb1.jpg?1761187049' width='450' height='675' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En 2025-2026, Madagascar prend la pr&#233;sidence tournante de la Communaut&#233; de d&#233;veloppement d'Afrique australe (SADC), &#224; un moment o&#249; sa situation politique, &#233;conomique et g&#233;opolitique reste particuli&#232;rement fragile. Sur le plan interne, la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir est contest&#233;e, marqu&#233;e par une abstention &#233;lectorale record, une d&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e envers les institutions, une polarisation croissante et une fragmentation des &#233;lites. Ce contexte fragilise la capacit&#233; du pays &#224; incarner les principes de d&#233;mocratie et de stabilit&#233; que pourtant la SADC revendique officiellement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur le plan r&#233;gional, cette pr&#233;sidence offre toutefois &#224; Madagascar une tribune rare pour renforcer sa visibilit&#233; et tenter de redorer son image. On peut m&#234;me r&#234;ver voir Madagascar jouer un r&#244;le d'arbitre potentiel dans la gestion ou la pr&#233;vention des crises sur la R&#233;gion. Le pays peut s'inscrire ici dans une strat&#233;gie diplomatique amorc&#233;e depuis 2018 qui veut confirmer le &#171; statut pivot &#187; de Madagascar dans l'oc&#233;an Indien : position g&#233;ographique cl&#233; &#224; proximit&#233; du canal du Mozambique, ressources naturelles strat&#233;giques et capacit&#233; d'influence sur les routes maritimes. France, Russie, Inde, Chine, Japon, USA y m&#232;nent des strat&#233;gies concurrentes, qui peuvent chercher &#224; transformer la Grande &#206;le en t&#234;te de pont ou en verrou strat&#233;gique dans la comp&#233;tition indo-pacifique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si le partenariat avec la France, illustr&#233; par la visite d'Emmanuel Macron, reste essentiel ( tout en pr&#233;tendant amorcer un dialogue sur la souverainet&#233; des &#238;les &#201;parses ) le pr&#233;sident malgache r&#234;ve de s'affirmer en acteur r&#233;gional. Son engagement renforc&#233;, malgr&#233; des tensions, dans la coop&#233;ration avec l'Union europ&#233;enne, avec la Francophonie, les pays asiatiques, la Turquie, la Russie, le Japon ou la Chine et autres Cor&#233;e pourrait conforter l'ambition d'accro&#238;tre son r&#244;le sur la sc&#232;ne africaine et indianoc&#233;anique&#8230; Si cet engagement n'est pas que le fruit de seules logiques d'image. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'exercice de cette pr&#233;sidence peut comporter en effet des contradictions : risque de d&#233;calage entre discours et r&#233;alit&#233; nationale, instrumentalisation interne &#224; des fins de l&#233;gitimation politique, vuln&#233;rabilit&#233; accrue aux ing&#233;rences ext&#233;rieures, et menace sur la cr&#233;dibilit&#233; de la SADC si celle-ci se montre incapable d'accompagner Madagascar dans ses d&#233;fis de gouvernance.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette pr&#233;sidence est ainsi une opportunit&#233; diplomatique majeure. Mais c'est aussi une &#233;preuve de coh&#233;rence politique. Elle testera la capacit&#233; de Madagascar et de ses dirigeants &#224; transformer un r&#244;le symbolique en levier concret pour la stabilit&#233; interne de l'&#206;le et pour l'int&#233;gration r&#233;gionale, dans un environnement o&#249; la rivalit&#233; des puissances et les fractures internes imposent un d&#233;licat &#233;quilibre entre affirmation souveraine et r&#233;alit&#233;s de d&#233;pendance.&#8230; Epreuve d&#233;licate et cruciale en termes de cr&#233;dibilit&#233; et d'image. pour L'Ile Rouge et pour le pouvoir en place&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est dans ce contexte que je me suis mis au jeu d'une fiction : &#171; Si j'&#233;tais journaliste &#8230;. Ou Entretien &lt;strong&gt;imaginaire &lt;/strong&gt; (&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IMAGINAIRE ! Faut quand m&#234;me pas r&#234;ver&#034; id=&#034;nh11-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) avec le PRM , &#224; la veille de la pr&#233;sidence malgache de la SADC &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#244;le g&#233;opolitique de Madagascar : un balcon sur l'oc&#233;an Indien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journaliste&lt;/strong&gt; : Monsieur le Pr&#233;sident, permettez moi de commencer par ce que beaucoup d'analystes consid&#232;rent comme notre plus grand atout &#8212; et peut-&#234;tre notre grande occasion manqu&#233;e. Madagascar est la plus grande &#238;le de l'oc&#233;an Indien et y occupe une position que les marines marchandes et militaires connaissent mieux que la plupart de nos concitoyens. Au large, le canal du Mozambique : 1 600 km de voie maritime qui concentre une part majeure du trafic &#233;nerg&#233;tique mondial, reliant le Golfe et l'Asie aux ports d'Afrique australe et &#224; l'Europe. Dans un monde o&#249; les tensions sur les routes maritimes se multiplient, &#234;tre sur ce &#171; balcon &#187; donne un poids strat&#233;gique que peu de pays de taille comparable poss&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ce r&#244;le reste souvent cantonn&#233; &#224; des discours g&#233;n&#233;raux. Seriez-vous pr&#234;t &#224; faire de la pr&#233;sidence de la SADC une tribune pour positionner Madagascar comme un hub logistique r&#233;gional et un acteur central de la s&#233;curit&#233; maritime, &#224; l'image de ce qu'a tent&#233; Maurice dans la zone du sud-ouest de l'oc&#233;an Indien avec son accord de surveillance maritime r&#233;gionale ? Et comment comptez-vous mobiliser, dans ce cadre, des projets communs de valorisation durable des ressources halieutiques, secteur qui repr&#233;sente d&#233;j&#224; plus de 5 % de notre PIB ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse&lt;/strong&gt; : Madagascar a toujours &#233;t&#233; conscient de sa position dans l'oc&#233;an Indien. Nous travaillons avec nos partenaires pour en faire un atout &#233;conomique et s&#233;curitaire, et la pr&#233;sidence de la SADC nous donne un cadre pour renforcer cette coop&#233;ration.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Industrialisation et infrastructures : l'enjeu des corridors commerciaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journaliste&lt;/strong&gt; : Lors de la Semaine de l'Industrialisation de la SADC, vous avez mis en avant le programme &#171; One District, One Factory &#187; ODOF, qui compte selon vos dire d&#233;j&#224; 57 unit&#233;s implant&#233;es sur le territoire. Ce mod&#232;le, inspir&#233; de certaines exp&#233;riences, ghan&#233;ennes en particulier avec 321 unit&#233;s cr&#233;&#233;es, vise &#224; cr&#233;er de la valeur ajout&#233;e localement et &#224; d&#233;centraliser l'emploi industriel. Mais nous savons que, sans cha&#238;nes logistiques performantes, sans corridors de transport fiables, ces usines peuvent rester des &#238;lots isol&#233;s, comme ce fut le cas dans certaines zones &#233;conomiques sp&#233;ciales en Tanzanie ou au Mozambique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Madagascar souffre encore d'un r&#233;seau routier incomplet : selon les donn&#233;es de 2023, &#224; peine 20 % des routes nationales sont en bon &#233;tat, et le fret int&#233;rieur reste deux &#224; trois fois plus cher que dans la moyenne SADC. Envisagez-vous d'utiliser votre pr&#233;sidence pour pousser un plan concert&#233; de corridors commerciaux, int&#233;grant ports, routes, rails et plateformes logistiques r&#233;gionales, afin de relier ces districts industriels aux march&#233;s d'Afrique australe et au-del&#224; ? Par ailleurs, qu'en est -il des modalit&#233;s de financement de ces projets d'industrialisation locale ? Si on a bien vu l'implication du SIM dans le projet, sommes-nous condamn&#233;s &#224; des financements des bailleurs internationaux pour ce qui rel&#232;ve d'enjeux de d&#233;veloppement local ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse&lt;/strong&gt; : C'est effectivement un enjeu crucial. L'int&#233;gration r&#233;gionale passe par de meilleures infrastructures, et des logiques de financements optimis&#233;s et nous voulons profiter de notre mandat pour faire avancer ces sujets.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;nergie : ambitions et r&#233;alit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journaliste&lt;/strong&gt; : Vous avez fix&#233; un objectif de 70 % d'&#233;nergies renouvelables dans le mix national d'ici 2028. Entre 2019 et 2023, la part du renouvelable est pass&#233;e de 16 % &#224; 28 %, un progr&#232;s notable. Mais atteindre 70 % n&#233;cessitera des investissements massifs, l'&#233;quivalent de plusieurs centaines de millions de dollars, ainsi que des technologies adapt&#233;es aux contraintes locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, une grande partie des projets actuels repose sur des financements ext&#233;rieurs : barrages hydro&#233;lectriques cofinanc&#233;s par la Banque africaine de d&#233;veloppement, projets solaires appuy&#233;s par la Chine, modernisation de r&#233;seaux &#233;lectriques financ&#233;e par l'AFD. Ces partenariats sont pr&#233;cieux, mais ils peuvent aussi entra&#238;ner une d&#233;pendance strat&#233;gique. Comment comptez-vous diversifier les partenaires, s&#233;curiser les financements et prot&#233;ger la souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique du pays face &#224; des acteurs dont les agendas &#8212; Chine, France, Inde, Russie, USA ou autres cor&#233;ens &#8212; peuvent diverger, voire entrer en conflit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse&lt;/strong&gt; : La diversification est essentielle. Nous multiplions les partenariats pour ne pas d&#233;pendre d'un seul acteur et nous veillons &#224; s&#233;curiser les financements sur le long terme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Agriculture : productivit&#233; et &#233;quit&#233; territoriale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journaliste&lt;/strong&gt; : Vous avez annonc&#233; vouloir multiplier par 3,6 la productivit&#233; rizicole, passant de 2,5 &#224; 9 tonnes par hectare gr&#226;ce &#224; la m&#233;canisation, aux intrants de qualit&#233; et &#224; l'accompagnement technique des producteurs. C'est un objectif mobilisateur. Mais l'exp&#233;rience de nos voisins montre que, sans plan foncier solide, sans acc&#232;s garanti aux march&#233;s, et sans politiques de stockage et de transformation, les gains de productivit&#233; peuvent rapidement s'essouffler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Malawi, par exemple, l'augmentation de la production de ma&#239;s en 2015 n'a pas entra&#238;n&#233; de hausse durable des revenus paysans faute de d&#233;bouch&#233;s organis&#233;s. Comment comptez-vous &#233;viter ce pi&#232;ge et vous assurer que les r&#233;gions rurales enclav&#233;es ne soient pas marginalis&#233;es ? Envisagez-vous de plaider, dans le cadre SADC, pour un fonds r&#233;gional d'int&#233;gration des fili&#232;res agricoles, afin de connecter nos producteurs aux cha&#238;nes de valeur r&#233;gionales et internationales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse&lt;/strong&gt; : Nous voulons que toutes les r&#233;gions b&#233;n&#233;ficient des r&#233;formes agricoles, et des programmes sp&#233;cifiques sont pr&#233;vus pour les zones les plus &#233;loign&#233;es.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gouvernance r&#233;gionale : lenteurs et r&#233;formes possibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journaliste&lt;/strong&gt; : La SADC a un mandat ambitieux, mais souffre de lenteurs chroniques. Les divergences d'agendas nationaux, les conflits d'int&#233;r&#234;ts sur les grands axes logistiques, la faiblesse des institutions r&#233;gionales freinent l'int&#233;gration. Des projets comme la ligne ferroviaire Trans-Kalahari ou la modernisation des ports de Beira et Dar es Salaam montrent qu'il faut parfois plus de dix ans entre la d&#233;cision et la mise en service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comptez-vous utiliser votre mandat pour renforcer les m&#233;canismes de suivi et de r&#233;gulation des projets communs ? Seriez-vous pr&#234;t &#224; proposer une r&#233;forme des proc&#233;dures internes, voire un m&#233;canisme contraignant, pour que les d&#233;cisions prises en sommet se traduisent en r&#233;alisations tangibles sur le terrain, y compris &#224; Majunga, Tul&#233;ar ou Fort-Dauphin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse&lt;/strong&gt; : Nous allons travailler &#224; renforcer la confiance et l'alignement des priorit&#233;s entre &#201;tats membres, tout en respectant la souverainet&#233; de chacun.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Environnement : le parent discret&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journaliste&lt;/strong&gt; : Dans vos annonces, la dimension environnementale reste discr&#232;te. Pourtant, Madagascar est l'un des spots mondiaux en termes de biodiversit&#233;. Les projets industriels et logistiques, s'ils ne sont pas accompagn&#233;s de mesures strictes, peuvent avoir des impacts irr&#233;versibles : d&#233;forestation, &#233;rosion des sols, pression sur les ressources en eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Envisagez-vous d'utiliser votre pr&#233;sidence pour mettre en place un m&#233;canisme r&#233;gional de suivi environnemental et pour inscrire, dans chaque projet SADC soutenu par Madagascar, des normes contraignantes en mati&#232;re de durabilit&#233;, &#224; l'image du &#171; Green Growth Strategy &#187; adopt&#233; par l'&#201;thiopie dans ses plans industriels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse&lt;/strong&gt; : Nous avons conscience de l'importance de pr&#233;server notre environnement, et nous travaillerons &#224; inclure ces crit&#232;res dans nos projets.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;pendance ext&#233;rieure et mont&#233;e en comp&#233;tence locale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journaliste&lt;/strong&gt; : Beaucoup de projets structurants reposent sur des capitaux et des technologies ext&#233;rieures. Cette d&#233;pendance r&#233;duit l'autonomie de d&#233;cision et expose aux fluctuations internationales. Sans mont&#233;e en comp&#233;tence locale, nous risquons de rester un site d'extraction ou d'assemblage, d&#233;pendant des march&#233;s ext&#233;rieurs. Quelles mesures concr&#232;tes prenez-vous pour renforcer la formation, favoriser le transfert technologique et b&#226;tir un tissu industriel capable de concevoir et d'innover &#224; partir de nos ressources ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse&lt;/strong&gt; : La mont&#233;e en comp&#233;tences est au c&#339;ur de notre strat&#233;gie. Nous voulons cr&#233;er des centres de formation et encourager le transfert technologique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vision historique et h&#233;ritage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Journaliste&lt;/strong&gt; : Dans dix ans, que voudriez-vous que l'histoire retienne de votre pr&#233;sidence de la SADC ? Une s&#233;rie de discours et de photos officielles, ou la preuve qu'un &#201;tat insulaire, conscient de son poids g&#233;opolitique, peut transformer un mandat r&#233;gional en levier concret de prosp&#233;rit&#233; nationale et collective ? Et comment comptez-vous &#233;viter que cette pr&#233;sidence ne soit, comme souvent, qu'une parenth&#232;se protocolaire vite referm&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;R&#233;ponse&lt;/strong&gt; : Je souhaite que l'on se souvienne de cette pr&#233;sidence comme d'un moment o&#249; Madagascar a contribu&#233; concr&#232;tement au d&#233;veloppement r&#233;gional.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule). 10/08/2025&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/08/10/madagascar-a-la-presidence-de-la-sadc-enjeux-et-opportunites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IMAGINAIRE ! Faut quand m&#234;me pas r&#234;ver&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;vision constitutionnelle, vers un nouveau putsch juridique</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Les-chroniques-de-Ragidro-Revision.html</link>
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		<dc:date>2025-07-21T06:03:58Z</dc:date>

      <pubDate>Mon, 21 Jul 2025 09:03:58 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est un air connu. Trop connu. Ce refrain qui a travers&#233; &#8211; et continue de traverser &#8211; l'Afrique post-ind&#233;pendance depuis quelques d&#233;cennies. On en connait l'air&#8230; C'est celui de &lt;br class='autobr' /&gt;
On change, on change la Constitution, On masque, on masque nos vraies intentions ! On garde l'tr&#244;ne on vous prend pour des c&#8230; ! Un Ptit NON par ici, un gros OUI par l&#224;, Mais au final, c'est nous qu'on restera ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Id&#233;e simple et brutale : prolonger le pouvoir co&#251;te que co&#251;te. On appelle &#231;a des &#171; coups d'&#201;tat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/clown-baril-de-poudre-1_720-8c250.jpg?1761197648' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_19367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH333/clown-baril-de-poudre-1_550-0231e.jpg?1761197648' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est un air connu. Trop connu. Ce refrain qui a travers&#233; &#8211; et continue de traverser &#8211; l'Afrique post-ind&#233;pendance depuis quelques d&#233;cennies. On en connait l'air&#8230; C'est celui de&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On change, on change la Constitution,&lt;br class='autobr' /&gt;
On masque, on masque nos vraies intentions !&lt;br class='autobr' /&gt;
On garde l'tr&#244;ne on vous prend pour des c&#8230; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un Ptit NON par ici, un gros OUI par l&#224;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais au final, c'est nous qu'on restera !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Id&#233;e simple et brutale : prolonger le pouvoir co&#251;te que co&#251;te. On appelle &#231;a des &#171; coups d'&#201;tat constitutionnels &#187;. Ce pourrait &#234;tre un oxymore ? C'est malheureusement une d&#233;clinaison d&#233;sormais courante de la partition de ces r&#233;gimes illib&#233;raux. On aura toujours des malins pour inventer mille fa&#231;ons de prendre (garder) le pouvoir : par les armes, par la rue&#8230; ici par des urnes (bourr&#233;es ?)&#8230; et un stylo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar va peut-&#234;tre s'ajouter &#224; la liste de ces d&#233;mocraties de fa&#231;ade. Notre Cedric national en place, arriv&#233; au pouvoir par un putsch militaire en 2009, semble avoir des vell&#233;it&#233;s de refondateur juridique &#8230; et commence &#224; chuchoter une r&#233;vision constitutionnelle. Celle-l&#224; lui ouvrirait la voie &#224; un troisi&#232;me mandat officiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiel, on s'entend bien &#8230; Car pour ceux qui ont suivi le feuilleton depuis 2009, il s'agirait bel et bien l&#224; d'un quatri&#232;me tour de piste. Le premier ne devait &#234;tre qu'une transition &#8230; Pendant laquelle &#171; il ne pouvait pas faire pire que son pr&#233;d&#233;cesseur &#187;. Heureusement qu'il avait pris cette r&#233;solution&#8230; O&#249; en serait le pays sinon ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La violence des mots, la violence des actes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de &#171; coup d'&#201;tat constitutionnel &#187; est, il faut le rappeler, un acte de violence absolue &#8230; non pas violence brutale&#8230; Il ne s'agit pas d'un passage arm&#233;&#8230; Mais un acte de violence symbolique, plus insidieuse&#8230; C'est la violence de celui qui, sous couvert de l&#233;galit&#233;, confisque la souverainet&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On veut manipuler ici, comme un vulgaire r&#232;glement int&#233;rieur d'entreprise, la Constitution qui doit fonder le contrat social de la Nation. Dans la droite ligne des Sassou Nguesso, on voudra &#233;videmment nous vendre la r&#233;forme comme un acte de &#171; modernisation institutionnelle &#187; qui consolidera la marche du pays vers l'Emergence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'y trompera pas. On reconna&#238;tra l&#224; l'odeur de ces dirigeants qui s'accrochent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment comme des sangsues en envisageant un &#233;ternel retour&#8230; Qui pourrait, d'ailleurs, permettre de fonder l'installation d'un pouvoir dynastique&#8230; On a d&#233;sormais quelques images qui le laissent supposer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident actuel, mis au pouvoir par un coup de force en 2009, promettait une rupture avec les pratiques autoritaires. Seize ans plus tard, la logique putschiste se recycle : hier logique militaire, aujourd'hui logique juridico-politique. La violence arm&#233;e directe d'hier laisse place &#224; une violence symbolique que l'on tente d'habiller de l&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le spectre africain des r&#233;visions pi&#233;g&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand on se r&#233;f&#232;re aux initiatives de r&#233;visions constitutionnelles en Afrique, on fait le constat que plus de quinze pays ont succomb&#233; &#224; cette tentation depuis 2000. Mais &#8230; Dans un certain nombre de cas, la man&#339;uvre a fini par se retourner contre ses auteurs : coups militaires au Gabon (2023) et en Guin&#233;e (2021), insurrections populaires au Burkina Faso (2014), chaos au Burundi (2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq des huit coups d'&#201;tat militaires en Afrique entre 2015 et 2023 ont ainsi renvers&#233; des pr&#233;sidents qui avaient tent&#233; de modifier leur Constitution pour prolonger leur mandat &#8230; Et leur pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire enseigne que chaque manipulation constitutionnelle est une &#233;tincelle plac&#233;e au bord d'un baril de poudre : elle alimente la d&#233;fiance, l&#233;gitime les oppositions les plus radicales et peut, &#224; terme, r&#233;activer l'arm&#233;e comme arbitre ultime. Le pouvoir &#224; en place Madagascar, en voulant rejoindre ce club, joue avec le feu &#8230; Pyromane &#224; c&#244;t&#233;, on l'a dit, d'un baril de poudre &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les illusions du &#171; coup l&#233;gal &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident malgache esp&#232;re &#233;videmment ma&#238;triser le risque : l'&#233;conomie est fragile &#8230;La soci&#233;t&#233; civile est &#233;puis&#233;e&#8230; Les grands bailleurs internationaux h&#233;sitent &#224; sanctionner un r&#233;gime qui leur permet de maintenir a minima une stabilit&#233; de fa&#231;ade. Mais, si les gens n'ont certainement plus envie de vivre une crise, la m&#233;moire politique du pays demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient qu'&#224; Madagascar, les bascules ont toujours &#233;t&#233; brutales : 1972, 1991, 2002, 2009 nous rappellent que l'&#233;quilibre malgache est pr&#233;caire&#8230; et que le m&#233;contentement peut se cristalliser&#8230; ANR ne devrait pas oublier que la politique gasy est en fait une roulette russe&#8230; Chaque tour de mandat suppl&#233;mentaire est une balle ajout&#233;e dans le barillet&#8230; Ses pr&#233;d&#233;cesseurs ne l'avaient probablement pas vu non plus. A moins qu'il ne soit convaincu qu'il sera le dernier &#224; oser et &#224; prendre le pouvoir par la rue et un coup d'Etat&#8230; Hubris, quand tu nous tiens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un coup d'&#201;tat qui ne dit pas son nom&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut bien habiller le geste de belles paroles, convoquer des juristes aux ordres ou organiser un r&#233;f&#233;rendum &#224; la participation pipaut&#233;e, mais la r&#233;alit&#233; est t&#234;tue : changer les r&#232;gles en cours de jeu pour rester au pouvoir n'est pas une r&#233;forme, c'est un coup d'&#201;tat qui ne dit pas son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Grande Ile est connue pour ses alternances avort&#233;es&#8230; Le pays a-t-il besoin d'un nouveau chapitre de confiscation du pouvoir ? &#192; d&#233;faut d'y r&#233;fl&#233;chir, ANR risque de red&#233;couvrir ce que certains sur le continent ont appris : les constitutions qu'on tord finissent souvent par se briser &#8211; et avec elles, les r&#233;gimes qui les manipulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire, parfois, b&#233;gaye ; mais elle a aussi une f&#226;cheuse tendance &#224; punir les pr&#233;sidents qui s'ent&#234;tent &#224; croire qu'elle ne les concerne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, n'en a-t-on pas assez de voir resservir les m&#234;mes d&#233;sesp&#233;rantes recettes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait dans la marmite de la d&#233;mocratie malgache, &#224; force d'ingr&#233;dients douteux et de recettes approximatives (je n'ai pas parl&#233; de botulisme) on finit par rater le plat &#8230; Et au lieu d'essayer de le rattraper on finit par jeter la cocotte et son contenu ! Sans s'occuper des convives et de leurs ventres creux&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de trouver un nouveau VRAI Chef cuisinier qui puisse vraiment r&#233;enchanter l'auberge gasy et son public&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule &#8211; assist&#233; par IA) &#8211; Juillet 2025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>Les chroniques de Ragidro : Iles Eparses &#8230; si j'&#233;tais n&#233;gociateur</title>
		<link>https://www.madagascartribune.vahiny.com/Les-chroniques-de-Ragidro-Iles.html</link>
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		<dc:date>2025-07-01T06:29:16Z</dc:date>

      <pubDate>Tue, 01 Jul 2025 09:29:16 +0300</pubDate>

		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le bruit fait autour des n&#233;gociations entre Madagascar et la France sur les Iles Eparses, ne pouvait que, moi, m'interpeller &#8230; Je me suis r&#234;v&#233; dans la d&#233;l&#233;gation de n&#233;gociateurs malagasy&#8230; Je me suis r&#233;veill&#233; &#8230; :-... &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes l&#224;, face &#224; vous. Parlons clair. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous sommes l&#224;, face &#224; vous, &#224; discuter de quelques grains de sable et de r&#233;cifs que vous dites rattach&#233;s &#224; vos &#8220;Terres Australes&#8221; et que nous appelons nos &#171; Nosy Kely &#187; (petites iles). &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous voulez les garder, nous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascartribune.vahiny.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L150xH100/logo2-b8ea3.jpg?1761197648' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascartribune.vahiny.com/local/cache-vignettes/L500xH334/logo2-3c701.jpg?1761197648' width='500' height='334' alt='' /&gt;
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&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le bruit fait autour des n&#233;gociations entre Madagascar et la France sur les Iles Eparses, ne pouvait que, moi, m'interpeller &#8230; Je me suis r&#234;v&#233; dans la d&#233;l&#233;gation de n&#233;gociateurs malagasy&#8230; Je me suis r&#233;veill&#233; &#8230;&lt;/i&gt; :-...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes l&#224;, face &#224; vous. Parlons clair.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes l&#224;, face &#224; vous, &#224; discuter de quelques grains de sable et de r&#233;cifs que vous dites rattach&#233;s &#224; vos &#8220;Terres Australes&#8221; et que nous appelons nos &#171; Nosy Kely &#187; (petites iles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voulez les garder, nous les r&#233;clamons. Depuis 1979, l'ONU nous donne raison. Depuis 1960, l'histoire nous donne raison. Et depuis que le monde est monde et depuis qu'on pr&#233;tend que le bon sens existe, le monde sait que ce qui est juste n'est pas toujours ce qui est l&#233;gal&#8230; Surtout quand les cartes ont &#233;t&#233; dessin&#233;es par ceux qui d&#233;tenaient la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlons clair &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons clairs, vous ne gardez pas les Eparses par attachement affectif. Ce ne sont pas la po&#233;sie et les tortues d'Europa ou les sables blancs et les eaux cristallines de Juan de Nova qui vous pr&#233;occupent. La ZEE, le quadrillage maritime, les lignes de fond halieutiques, les hypoth&#233;tiques gaz et p&#233;trole ou les suppos&#233;es richesses des nodules polym&#233;talliques pourraient &#234;tre des sujets plus essentiels et plus dignes d'int&#233;r&#234;t. Mais en fait, vous tenez &#224; ces &#238;les parce qu'elles vous prolongent strat&#233;giquement&#8230; Et parce qu'elles projettent votre puissance loin des ronds-points de l'Hexagone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La souverainet&#233; est un principe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous ? Nous n'aurions, para&#238;t-il, pas les moyens de faire flotter un drapeau tous les matins sur ces &#238;lots. Pas de fr&#233;gate, pas de satellite, pas de budget pour une station m&#233;t&#233;o. Mais cela n'autorise personne &#224; nous les confisquer. Ce n'est pas parce que nous ne pouvons pas, pour l'instant, y exercer notre souverainet&#233; que ce droit ne nous appartient pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souverainet&#233; n'est pas une m&#233;daille qu'on m&#233;rite. C'est un principe. Et quand bien m&#234;me nous ne serions pas pr&#234;ts &#224; les administrer aujourd'hui, cela ne vous autorise pas &#224; les verrouiller pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une question de perte d'influence &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car soyons honn&#234;tes : vous n'osez pas nous les restituer, non pas parce que nous serions incapables d'en faire quelque chose, mais, au-del&#224; de vos enjeux g&#233;ostrat&#233;giques, d'abord parce que vous avez peur que nous les n&#233;gociions avec d'autres puissances. Pour d'autres alliances&#8230; Pour d'autres agendas. Nous comprenons votre crainte. Elle est rationnelle. Elle s'appelle la perte d'influence. Vous l'habillez de pr&#233;cautions diplomatiques, de solution de co-gestion, de coop&#233;ration scientifique. Mais au fond, ce qui vous insupporte, c'est l'id&#233;e de ne plus tenir les cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous savons ce que vous ne pouvez pas faire&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons tr&#232;s bien par ailleurs dans quel pi&#232;ge vous &#234;tes. Vous ne pouvez pas, politiquement, juridiquement, symboliquement, c&#233;der un centim&#232;tre carr&#233; de &#8220;territoire de la R&#233;publique&#8221; sans que vos colonnes de matinales (de droite) ne hurlent &#224; la forfaiture. Vous ne pouvez pas restituer ce que vous avez proclam&#233; v&#244;tre sans que certains, chez vous, crient &#224; l'abandon, au reniement, &#224; l'humiliation nationale. Et nous savons que dans vos imaginaires, l'expression &#8220;perdre un bout de la France&#8221; est un crime supr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas na&#239;fs. Nous voyons les mirages que vous entretenez pour &#233;viter la d&#233;cision : le mot &#8220;cogestion&#8221; comme rideau, les protocoles scientifiques comme d&#233;rivatifs, les rencontres bilat&#233;rales sans &#233;ch&#233;ance comme tranquillisants diplomatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne venons pas vous demander de perdre la face. Nous venons vous aider &#224; ne pas perdre le sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; Mais nous savons aussi ce que vous pourriez oser.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffirait de consid&#233;rer que, en v&#233;rit&#233;, vous ne perdez rien. Vous c&#233;dez une anomalie historique, vous corrigez une distorsion coloniale. Vous gagnez un alli&#233;, vous &#233;vitez un pr&#233;c&#233;dent impos&#233;. Et surtout, vous pourriez d&#233;montrer que la France peut &#234;tre une puissance mondiale sans &#234;tre une puissance possessive. Les exemples d'anomalies diplomatiques et g&#233;opolitiques actuelles suffisent &#224; montrer que la France peut se grandir en adoptant une posture de progr&#232;s&#8230; Elle l'a d&#233;j&#224; fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et nous, de notre c&#244;t&#233;, nous reconnaissons nos propres contradictions.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;clamons la souverainet&#233; sur des territoires que nous n'avons pas les moyens d'administrer aujourd'hui. Nous &#233;voquons le potentiel halieutique mais nos pirogues ne chasseront pas les thoniers chinois&#8230; Ou espagnols&#8230; Ou fran&#231;ais. Nous parlons d'int&#233;grit&#233;, mais nous savons que sans coop&#233;ration, ce serait du sable sous tutelle, des eaux sans surveillance, des droits sans effectivit&#233;. Quant aux fabuleux gisements promis par certains, disons-le franchement : aujourd'hui, c'est une gal&#233;jade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors disons les choses franchement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce conflit ne porte ni sur la vie de ces &#238;les (elles sont vides), ni sur leur usage imm&#233;diat (il est marginal), ni m&#234;me sur leur valeur &#233;conomique r&#233;elle (elle est sp&#233;culative).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce conflit porte sur la ma&#238;trise des r&#233;cits : qui &#233;crit l'histoire, qui la cl&#244;t, qui la reconna&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous, rendre ces &#238;les &#224; Madagascar, m&#234;me dans quarante ans, c'est ouvrir la bo&#238;te de Pandore : Mayotte, Polyn&#233;sie, Nouvelle-Cal&#233;donie&#8230; C'est tout le domino de votre outre-mer qui se voit vaciller&#8230; Pour nous, les reprendre c'est refermer un cycle d'inf&#233;riorit&#233;, c'est dire que notre voix porte, m&#234;me apr&#232;s soixante ans de silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et pourtant, il y a peut-&#234;tre une autre voie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pourrions b&#226;tir ensemble une souverainet&#233; en transition. Une souverainet&#233; qui commence par la reconnaissance de notre droit, et pourrait s'accompagner d'un transfert de capacit&#233;. Un passage de relais ma&#238;tris&#233;, construit, structur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une p&#233;riode de co-administration, mais sans ambigu&#239;t&#233; sur l'objectif : le retour plein et entier &#224; la souverainet&#233; malgache. Vous voulez pr&#233;server votre r&#244;le strat&#233;gique ? Aidez-nous &#224; b&#226;tir les moyens de notre pr&#233;sence maritime et de notre s&#233;curit&#233; maritime. Vous craignez un vide ? Remplissez-le avec nous, pas &#224; notre place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que sans cela, vous poursuivez une fiction n&#233;ocoloniale que vous avez cess&#233; d'assumer, mais que vous n'avez pas cess&#233; d'exercer. Quant &#224; nous, &#224; d&#233;faut de pouvoir affronter frontalement cette fiction coloniale, nous la nommons&#8230; Cela ne suffit-il pas &#224; fissurer la fa&#231;ade ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, mettons cartes sur table. Nous savons que les hydrocarbures vous excitent moins qu'en 2008 quand, avant la crise de 2009, le baril flirtait avec les 140$. Nous savons que Total s'agite mais temporise. Nous savons que les scientifiques viennent observer les oiseaux mais pas les p&#234;cheurs clandestins. Nous savons que les Glorieuses sont vides, et que Juan de Nova est muette, quand Europa dort sous le vent. La seule vraie richesse de ces &#238;les aujourd'hui, ce sont les &#233;motions qu'elles suscitent : les v&#244;tres, celles de possession feutr&#233;e ; les n&#244;tres, celles d'une d&#233;possession am&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, nous ne venons pas vous demander un acte de charit&#233;. Nous venons vous proposer un pacte politique. Une mani&#232;re &#233;l&#233;gante de solder ce contentieux historique sans perdre la face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fa&#231;on pour vous de montrer au monde que vous savez encore r&#233;parer les erreurs du pass&#233;, sans attendre qu'un tribunal vous y contraigne comme pour les Chagos. Et une fa&#231;on pour nous de prouver que la souverainet&#233; peut se construire avec m&#233;thode, pas seulement avec slogans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous tenez &#224; ces &#238;les ? Nous tenons &#224; notre dignit&#233;. Faisons en sorte que ces deux attachements ne s'excluent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; 01/07/25&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript74191602069d26cb5b6b5a4.28340549&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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