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Toaka gasy : la loi sur sa production et sa commercialisation officialisée

jeudi 29 janvier | Mandimbisoa R. |  924 visites  | 1 commentaire 

La production et la commercialisation du toaka gasy viennent de franchir une étape décisive. Dans une décision rendue après contrôle de constitutionnalité, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a déclaré conforme à la Constitution la loi portant sur la production et la commercialisation de cette boisson alcoolisée traditionnelle sur l’ensemble du territoire national.

Le texte, adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat devait obtenir l’avis de conformité de la juridiction constitutionnelle avant d’entrer en vigueur. Cette loi vise à donner un cadre juridique à une boisson longtemps produite et vendue de manière largement informelle. Le texte définit le toaka gasy comme une « boisson alcoolisée produite selon la pratique traditionnelle malagasy, par la fermentation et/ou la distillation des matières d’origine végétale ou de miel ». En reconnaissant officiellement cette production, l’État entend encadrer à la fois la fabrication, la commercialisation et la distribution, tout en valorisant un savoir-faire ancestral.

La HCC souligne que le texte touche directement à la sécurité des consommateurs, considérée comme une composante des droits et libertés fondamentaux. Elle rappelle en ce sens que la Constitution consacre le droit de tout individu à la protection de la santé, et que la sécurité sanitaire en constitue un volet essentiel. Pour répondre à cette exigence, la loi prévoit plusieurs mécanismes destinés à limiter les risques liés à la consommation et à la qualité des produits mis sur le marché.

Parmi les dispositions mises en avant figurent l’instauration d’un système d’autorisation préalable pour produire le toaka gasy, la réglementation des matières premières, la standardisation des procédures de production ainsi que l’imposition de normes sanitaires contrôlées par les autorités relevant du ministère de la Santé publique. La loi fixe une limite au taux d’alcool, plafonné à 44% maximum, afin de renforcer la prévention des risques sanitaires.

Selon la HCC, ces dispositions permettent de concilier plusieurs principes constitutionnels : la préservation d’un héritage culturel et artisanal, la liberté d’entreprise, mais aussi l’intérêt général et l’ordre public. La Cour rappelle d’ailleurs que l’État garantit la liberté d’entreprise, à condition qu’elle respecte les exigences liées à la santé publique, aux bonnes mœurs, à l’environnement et à la stabilité sociale.

Au-delà de l’aspect sanitaire, la légalisation du toaka gasy ouvre aussi un nouveau champ économique. En structurant la filière, la loi pourrait permettre une meilleure organisation de la production, encourager l’émergence de producteurs agréés, renforcer la traçabilité, et favoriser la création d’activités génératrices de revenus, notamment dans les zones rurales où la distillation traditionnelle constitue parfois une source importante de subsistance.

Après la promulgation de cette loi, la commercialisation du toaka gasy sera officiellement autorisée. L’enjeu se situe désormais dans la mise en œuvre concrète des dispositions prévues : délivrance des autorisations, contrôle du respect des normes, encadrement de la distribution et suivi sanitaire, afin que cette commercialisation se traduise sur le terrain par une production mieux maîtrisée et une consommation davantage sécurisée.

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1 commentaire

Vos commentaires

  • 29 janvier à 15:57 | Jipo (#4988)

    Et bien voilà !
    Le droit de bouillir avec beaucoup de "préventions" ( comme toujours) pour ne pas dire de contraintes dissuasives plus que promotionnelles ..
    Comment voulez vous contrôler et responsabiliser tant le producteur que le consommateur ???
    Une fois vendu l’ acquéreur comme le vendeur fait ce qu’ il veut de son achat, de là à accuser le vendeur (comme systématiquement en france) de l’ état d’ ébriété du consommateur , on attend avec impatience une condamnation du propriétaire d’ avoir acquis un logement pour tenter les pauvres squatteurs et les tenir responsables & en cas de non entretien du logement , de fuite d’ eau ou électrique : demander à ce facho de propriétaire d’ indemniser la victime squatteur ...
    De mette en cause tous les débits de boissons et restaurants dont le seul but est de s’ en prendre à la santé des honnêtes citoyens totalement ignorant des effets de l’ abus d’ alcool...
    Cette "prévention d’ encadrement" sous couvert de santé publique est simplement une manière de pouvoir taxer le producteur qui aura le malheur de vouloir arrondir de manière ostentatoire ses fins de mois enviées de tous en plus de bruler du bois pour s’ enrichir ...
    Et dans le pire des cas , ou si par le plus grand des hasards un consommateur arrivait à s’ empoisonner ? avec l’ ile Maurice à coté , sachant que l’ alcool ne détruit ni désinfecte les microbes en plus d’ en être un nid ...
    Une initiative initialement partie d’ une bonne intention mais qui devant les urgences et priorités sur la table faute de pont parait bien dérisoire pour ne pas dire futile, particulièrement connaissant le niveau de vie des amateurs de ces paradis éphémères & leurs couts ...
    "Qu’ importe la sentence pour quelques minutes de bonheur" ...

    Répondre

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